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Aïant vécu quelques années dans ce monastère avec grande édification, il passa à celui deTremite dans une iste de la mer Adriatique, dite autrefois de Dionvede: mais voïant que l'abbé le vouloit mettre à fa place, il s'en retira & demeura trois mois avec des ermites: enfin par ordre du pape il revint à sainte Sophie. Cetoit Léon IX. qui peu de tems aprés ctant venu à Benevent, connut le mérite de Didier, par le cardinal Humbert & le chancelier Frideric, & le prit tellement en amitié, que souvent il le faisoit íèrvir à. l'autel, & chanter l'évangilc à sa messe. Ensuite Didier alla à Salerne, pour se faire traiter d'une grande maladie causée par ses abstinences & ses veilles. II y fit amitié avec Alfane clerc tres - noble & trés-sage, lui persuada d'embrasser la vie monastique , & l'emmena à sainte Sophie de Benevent. •

Victor II. aïant succédé à Léon IX. Alfane craignit son indignation, parce que ses frères étoient accusés de la mort de Guaimar prince de Salerne; & voulut essaïer de gagner ses bonnes grâces: espérant d'y réussir par le moyen du chant qu'il sâvoit cn perfection, & de la médecine dont il avoit auííì une grande connoissance, & dont il avoit apporté quelques livres de Salerne. Aïant donc composé & préparé autant qu'il pût de médicaments, il alla à la fuite de l'archevêque de Benevent, trouver le pape à Florence & y emmena Didier. Les deux amis acquirent bien-tôt une grande familiarité auprés du pape: mais Didier considérant que le séjour en cette cour ne convenoit point à sa profession , persuada à Alfane de s'en retirer. Ils vinrent se prosterner aux pieds du pape, lui demandant leur congé, & la perTome Xlll

^n ~ mission de passer au mont-Cassin pour y vivre plus I0^' régulièrement \ & l'aïant obtenue" ils s'acheminèrent à ce monastère avec deux moines que l'abbé Pierre avoit envoïez au pape, pour lui faire savoir son élection. Didier & Alfane y demeurèrent quelque tems y se faisant aimer de tous les frerers : puis Gifulfc prince de Salerne demanda Alfane pour être abbé de saint Benoît prés la même ville , & enfin pour en être ars*p. n. xi. chevêque, comme j'ay dit. li est célèbre entre les auteurs ecclésiastiques de ce siécle pour plusieurs ouvrages qu'il composa. Didier fut envoie au monastère de saint Benoît de Capouë, pour le gouverner comme prévôt, & en renouvella l'église : ensuite l'abbé Frideric étant devenu pape sous le nom d'Estienne IX. le fit venir à Rome, & peu de tems aprés il fut lui-même élu abbé & destiné à la légation de C. P. II renouvella tous les bâtimensdu montCaflìn, & en fut compté pour le quatrième restaurateur aprés saint Benoît, Pctronax & Aligerne. coSdc Ro. Au m°iS d'Avril de la même année 1059. indiction douzième, le pape Nicolas II. tint à Rome un To.i.conc.p concile, od se trouvèrent cent treize évêques, avec des abbez, des prêtres & des diacres. C etoit au palais de Latran dans la basilique de Constantin, les saints évangiles étoient proposez. Quand on fut aísis, le pape dit : Vous savez, mes frères, comme aprés la mort d'Etienne mon prédécesseur le saint siège a été exposé aux insultes des simoniaques, ensorte que l'église même sembloit être en péril. Afin donc de prévenir de tels accidents, nous ordonnons suivant l'autorité des peres, que le pape venant à mourir, les évêques cardinaux traitent ensemble les pre

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miers de sélection, qu'ils y appellent ensuite 1cs clercs cardinaux, & enfin que le reste du clergé & le peuple y donne son consentement. Nous devons surtout nous souvenir de cette sentence du bienheureux Léon nôtre prédécesseur : Il n'y a point de raison de compter entre les évêques ceux qui ne font ni élûs par le clergé, ni demandez par le peuple, ni consacrez pat les évêques de la province avec le jugement du métropolitain. Et comme le pape n'a point de métropolitain, les évêques cardinaux en tiennent la place.

On choisira dans le sein de l'église même, s'il s'y trouve un sujet capable, sinon dans une autre, sauf l'honneur dû à nôtre cher fils Henri, qui est maintenant roi, &c qui fera s'il plaît à Dieu empereur, comme nous lui avons déja accordé; & on rendra le même honneur à fes successeurs, à qui le saint siège aura personnellement accordé le même droit. Que si le pouvoir des méchans prévaut jusques à empêcher qu'on ne puisse faire dans Rome une élection pure & gratuite: les cardinaux évêques avec le reste du clergé, & les laïques catholiques, quoi qu'en petit nombre, auront droit d'élire le pape dans le lieu qu'ils jugeront le plus convenable. Que si aprés l'élection la guerre , ou quelque autre obstacle venant de la malice des hommes , empêche que l'élû ne soit intronisé dans le saint siège suivant la coutume : il ne laissera pas , comme vrai pape, d'avoir l'autorité de gouverner l'église Romaine, & de disooser de tous ses biens: comme nous savons que saint Grégoire Va fait avant sa consécration.

Si quelqu'un est élu, ordonné, ou intronisé au ^N I0 mépris de décret, qu'il soit anathematisé & déposé avec tousses complices, comme ante-christ, usurpateur & destructeur de la Chrétienté; & que route audiance lui soit déniée sur ce point. On ajoûte quantité de malédictions contre les infracteurs de ce décret: quivfut souscrit par le pape, par Boniface évêque d'Albane, Humbert de sainte Rufìne , Pierre d'Ostie, qui est Pierre Damien, & d'autres évêques au nombre de soixante & seize, avec les prêtres & les diacres. On fait ici paíîer pour un privilège personnel le droit de l'empereur, pour approuver l'élection du pape, quoi que dans la fuite de cette histoire nous aïons vû ce droit établi depuis plusieurs siécles. Il semble que la cour de Rome vouloit se prévaloir de la minorité du roi Henri. u. 5. c»nc f. En ce même concile de Rome on fit treize caIC?? nons, dont le premier n'est que l'abregé de ce dé

cret touchant l'élection du pape. Ensuite on défend 5 d'entendre la messe d'un prêtre, que l'on sait certainement avoir une concubine. Tout prêtre, diacre j ou soûdiacre, qui depuis la constitution du pape Léon, aura pris ou gardé une concubine, on lui défend de célébrer la messe, y lire l'évangile ou 1 epitre, demeurer dans le sanctuaire pendant l'office , ou receí.4. voir sa part des revenus de l'église. Ceux qui ont gardé la continence, suivant la même constitution, mangeront & dormiront ensemble prés des églises pour lesquelles ils font ordonnez; & mettront en commun tout ce qu'il leur vient de l'église, s'étudiant à pratiquer la vie commune & apostolique. C'est l'origine des chanoines réguliers. Défense à 71 un prêts e de tenir ensemble deux églises : défense de prendre l'htbit monastique dans l'efperancc d être" abbé.'

On fit aussi dans ce concile un décret particulier f.tl0o. contre les simoniaques, portant qu'ils seroient déposez sans miséricorde. Quant à ceux, ajoute le pape , qui ont été ordonnez gratuitement par des íìmoniaques : nous décidons la question agitée depuis long - tems , en leur permettant par indulgence de demeurer dans les ordres qu'ils ont reçus. Car la multitude de ceux qui ont été ainsi ordonnez, est si grande, que nous ne pouvons observer à leur égard la rigueur des canons. Toutefois nous défendons tres- expressément à nos successeurs, de prendre pour règle cette indulgence, que la nécessité du tems nous a extorqueée. Mais à l'avenir, si. quelqu'un se laisse ordonner par celui qu'il sait être simoniaque, l'un & l'autre sera déposé.

En conséquence de ces décrets du concile de Rome , le pape écrivit une lettre aux évêques, aux clercs, & à tous les fidèles de Gaule, particulièrement d'Aquitaine & de Gascogne, où il marque une partie de ce qui y avoit été ordonné: apparemment ce qui étoit le plus nécessaire pour ces provinces : savoir le décret contre les clercs mariez, qu'il traite de Nicolaïte, avec l'ordonnance pour la vie commune des clercs continents. Les cleis & les moines apostats qui quittent la tonsure & renoncent à leur profession, seront excommuniez. Excommunication contre ceux qui pillent les pellerins, les clercs, les moines, les femmes & les pauvres fans armes; & contre ceux qui violent la franchise des églises à soixante pas à l'en tour, & des chapelles à trente pas.

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