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trcs, Jean fut sacré évêque d'Orléans, & tint ce siège An 1099. plus de vingt ans. Il s'acquitta même assez bien de son devoir, comme on peut juger par les lettres qu'Ives lui écrivoit de tems en tems pour diverses affaires ecclésiastiques.

Le pape Urbain tint à Rome le concile dans le 1*11.

/ > n. N J■ • 1 -ri r i Concile de

tems marque, cclt-a-dire, latroineme lemainc âpres Rome. Pâques, qui cette année 1059. étoit le dixième d'A- to.x.f.au. vril. II s'y trouva cent cinquante évêques, entre autres Anselme archevêque de Cantorberi, Daïmbcrt Jj£MmMk de Sens, qui reconnut alors la primatie de Lion: Leger de Bourges, Amat de Bourdeaux, Byzance de Trani, Gautier évêque d'Albanc , Odon d'Ostie, Gontard de Fondit, Leutald de Senlis, Lambert d'Arras, Humbaudd'Auxerre, Norgaud d'Austun, Ismcon de Die, Geofroi de Maguelone. Chacun étoit aíîìs à EJmer. t, son rang selon la coutume, mais il y eut de la diffi- íJovtr' 4°* culté pour placer Anselme , parce que personne ne se souvenoit d'avoir vû dans un concile de Rome un archevêque de Cantorberi. Le pape lui fit donc mettre un siège dans le cercle que formoit la séance ; ce qui marquoit une grande distinction.

Nous avons dix-huit canons de ce concile, dont les onze premiers font les mêmes mot pour mot que les douze premiers du concile de Plaisance, tenu en fo.x.?.;o$: lopy. touchant les ordinations des simoniaques & des schismatiques, que le pape avoit déja fait confirmer dans le Concile de clermont & dans les suivans. En celui-ci on défendit encore aux abbez & aux autres supérieurs des églises, de recevoir de la main des laïques des dîmes ou d'autres droits ecclésiastiques, fans ca*.ìs.i6.c.i?i le consentement de l'évêque. On défendit tout ce Tome XUL P p p p

"qui sent la íìmonie, même d'exiger à l'ordination des eveques des chapes, des tapis, ou d autres petits pres.n.17. u. sens. On ordonna que tous les ridelles jeûneroient Chr.u»UtMi. tous les vendredis pour leurs péchez, principalement

pour ceux dont ils auroient oublié de se confesser. Umer. Le concile se tenoit dans l'église de saint Pierre,

& lc bruit de ceux qui entroient & sortoient continuellement pour y faire leurs prières, empêchoit que l'on entendît distinctement ce qui étoit résolu dans le concilç: outre la grande multitude de ceux qui y assistoient. C'est pourquoi le pape ordonna à Reinger évêque de Luques, qui avoit la voix forte, de se lever au milieu de l'assemblée & prononcer les décrets du concile. Mais aprés en avoir dit quelques-uns, tout d'un coup changeant de visage, de voix & de geste, il s'interrompit, & tournant ses regards vers les assistans, il dit: Mais que faisons-nous? Nous chargeons d'ordonnances, ceux qui nous font soumis,& nous ne nous opposons pas aux violences des tyrans qui oppriment 1 église, & dont tout le monde se plaint. Nous avons ici un prélat venu des extremitez du monde, qui demeure assis modestement, mais dont lc silence crie, & demande justice des cruels traicemens qu'il a foufferts. Voici la seconde année qu'il est ici sans avoir encore reçû aucun secours. Si vous n'entendez pas tous de qui je parle, c'est d'Anselme archevêque d'Angleterre. L'évêque aïant ansi parlé, frappa troisfois la terre de la crosse qu'il tenoit a la main, & témoigna encore son indignation en scrant les dents & les lèvres. Le pape lui dit: C'est assez , mon frère, c'est assez , nous y donnerons bon ordre. Reinger reprit ensuite Je reste des décrets du concile : mais avant que de s'af- ^N J0 seoir , il recommanda encore de faire justice à Anselme, qui garda toûjours le silence, étonné de cette saillie, à laquelle il n'avoit aucune part.

Bisance archevêque de Trani vint à ce concile, Vi{*s-M'.p*t: avec des députez de Ion cierge & de ion peuple, poursuivre la canonisation de saint Nicolas Peregrin, mort depuis prés de cinq ans. L'archevêque s«/>. », u. expliqua en peu de mots au concile la vie du saint, sa mort & les miracles qui l'avoient suivie; & le concile l'aïant écouté attentivement, en rendit grâces à Dieu. Ensuite on présenta au pape la relation écrite de ses miracles. Le pape la lut avec empressement , puis de l'avis du concile il répondit, qu'ils croioient tout ce qui étoit raporté du saint par un témoignage si autentique , qu'ils accordoient à l'cvêque ce qu'il demandoit, & laissoit le tout à fa volonté. L'archevêque pria le pape de prononcer lui-même , & obtint une bulle , où le pape disoit: L'archevêque Bisance nous aïant prié instamment de mettre au catalogue des saints le véritable Nicolas surnommé Peregrin: nous lui avons commis l'affairc, par la confiance que nous avons en fa vertu & en fa science, afin qu'aprés en avoir plus mûrement délibéré , il fasse ce que Dieu lui inspirera. En vertu de cette commission, l'archevêque ht bâtir à l'honneur du saint une nouvelle église, où son corps fut depuis transféré.

Sur la fin du concile, le pape & tous les évêques E<w.í. prononcèrent excommunication contre tous les laï- N"*"" ques, qui donneroient les investitures des églises, & contre tous les ecclésiastiques qui les, recevroient,

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An lopp ou donneroient la consécration à ceux qui les auroient reçues. On comprit fous le meme anathème ceux qui faifoient'hommages aux laïques pour les dignitez ecclésiastiques. Car, disoit le pape, on ne peut voir sans horreur, que des mains élevées à cet honneur suprême, de créer le Créateur & l'offrir à son perc pour le salut de tout le monde, soient reduits à ectté infamie, de se soumettre à des mains qui font continuellement fouillées d'attouchemens infâmes, de rapines & d'effusion de sang. Tous crièrent: Ainsi soit-il, & ce fût la fin du concile. •lxiii. En ce concile de Rome on confirma 1 élection dcTeroUanfi!* de Jean archidiacre d'Arras pour l'évêché de TeroiïaVM.t7.]Mmí nc- Jcan ^tolt n^ * Varneton entre Ipres & Liste, & 9.x.796' avoit étudié fous Lambert d'Utrect, & fous Ives depuis évêque de Chartres. Il fut d'abord chanoine séculier à saint Pierre de Liste, puis chanoine régulier au mont saint Eloi prés d'Arras, d'où l'évêquc Lambert le tira pour l'aider en fes fonctions, & le fit son archidiacre avec deux autres qui furentausii évêques, Clairembaud de Senlis & Robert d'Arras aprés Lambert. Jean ne reçût qu'avec bien de la peine, la dignité d'archidiacrej & l'aïant acceptée, loin démettre fur le clergé de nouvelles impositions, comme ses prédécesseurs , il le déchargea de celles qu'ils avoient établies. t. 3> Depuis la mort de Drogon évêque de Teroiiane,

arrivée Tan 1079. cette église avoit été assiégée au dehors par les vexations du comte de Flandres & Gng.rii.iith d'autres seigneurs, & au dedans par la corruption des vu.af.i6. mœurs. Hubert successeur de Drogon, aprés avoir été convaincu d'heresie, fut ordonné évêque par simonic; & aïant été dangereusement blessé par ses ^N ennemis, fe retira à saint Bertin où il se fit moine. Gre^ lX°^ Lambert envahit ensuite l'évêché à la faveur du "* ''H comte avec tant de violence, qu'il rompit les portes de l'église. Comme le clergé ne vouloit point communiquer avec lui, il le mit en fuite & le dispersa. Gng.vx.it.io. Apres qu'il eut tenu le siège deux ans, on lui coupa xl't%1' la langue & les doigts de la main droite, on le chassa & Gérard fut mis à fa place. Il avoit été élu par lc clergé & demandé par le peuple : mais il donna de l'argent au roi pour obtenir son agrément : ce qui le réduisit à une telle indigence , qu'il vendoit les prébendes & alienoit les biens de l'église fans en estre plus à son aise. Aprés quinze ans d'épiscopat, il fut accusé de simonie auprés du pape Urbain, & n'aïant pu s'en purger, il quitta son siège & se retira au mont saint Eloi, où il finit en paix.

Alors l'église de Tcroùane retomba dans une plus grande confusion. Car les archidiacres avec lc clergé de la cathédrale élurent Archambaud chanoine de saint Orner : mais comme il refusa plus fortement que les autres ne le demandoient, son élection fut aisément cassée! Ils élurent ensuite Aubert chanoine d'Amiens, qui depuis peu l'étoit aussi de Teroiiane; mais contre les canons, qui défendent à un clerc d'être tiré en deux églises. C'est pourquoi les abbez zelez pour la discipline, élurent Jean archidiacre d'Arras dont ils connoissoient le mérite; & les laïques qui étoient prefens se rendirent volontiers à cet avis. Comme le clergé de la cathédrale reclamoit & vouloit soutenir son élection, on appella au pape, dans le tems du concile de Rome ,_où l'on cassa l'élection

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