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LIV. Devotions à la

6.3.

fion de la nudité. Et comme le cardinal Estienne étoit AN.

mort assez subitement, peu de tems aprés qu'il euc blâmé cette pratique : il dit que ce peut bien être en punition de cet attentat , quoique d'ailleurs il avouë que ce cardinal avoit de la vertu.

* Pierre Damien parle encore de quelques autres sainte Vierge. devotions nouvelles, mais déja établies de son tems,

savoir le petit office de la Vierge: le samedi consacré en son honneur, le vendredi à la croix & le lun

di aux anges. Voici ce qu'il en dit en écrivant au carOpusc. xxxm: dinal Didier abbé du mont-Cassin : Il s'est établi en

quelques églises une belle coûtume , que l'on celebre tous les samedis une messe particuliere de la sainte Vierge, s'il ne se rencontre une fête ou une ferie de Carême. Nous avons aussi dans nos ermitages & nos monasteres trois jours de la semaine assignez à des saints , en l'honneur desquels nous celebrons des messes. Or selon la pieuse opinion des hommes illustres, les ames des défunts ne souffrent point le dimanche, & retournent le lundi au lieu de leurs fupplices. C'est pourquoi: on dit la messe ce jourlà en l'honneur des anges , pour attirer leur protection aux morts & à ceux qui doivent mourir. On attribuë aussi avec raison le vendredi à la croix, & ce jour nos freres se donnent l'un à l'autre la discipline en chapitre avec les verges, & jeûnent au pain & à l'eau. Et ensuite : Ce même jour ils celebrent la messe de la croix, pour obtenir sa protection. Quant au samedi , qui est le jour où il est écrit que Dieu se reposa, il est trés convenable de le dédier à la sainte Vierge , où la sagesse s'est reposée par le mystere de l'incarnation. Et il ne faut

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pas douter que ceux qui lui rendent ces honneurs, ĀN, Joan ne s'attirent son secours.

Le petit office de la Vierge étoit en ufage dés le fiecle precedent, puisqu'il est marqué que saint Uldaric d'Ausbourg le disoit tous les jours. Pierre Damien ex- vita n. 44. horte un moine nommé Estienne à ne pas manquer à Sup. lib. lv.n. cette pratique, & rapporte sur ce sujet l'exemple d'un 40 lib.v 1. epife clerc de Nevers, qui étant malade à l'extremitè fut vifité par la sainte Vierge, & elle lui fit couler de son lait dans la bouche & le guerit à l'instant : parce qu'il avoit été fidele a dire fon office tous les jours. Il rapporte ailleurs l'exemple d'un autre clerc, qui bien que chargé opufc. X.6.17 de grands pechez & même d'impureté, se trouvant à l'article de la mort, fut assuré par la sainte Vierge que fes pechez lui étoient remis: par la même raison d'avoir recité son office à toutes les heures. Les écrits de Pierre Damien sont remplis de femblables histoires , & ce sont ses preuves les plus ordinaires. Au refte on ne peut nier que ces dévotions ne fussent bonnes en elles-mêmes, mais la fuite des tems a fait voir , qu'il eût mieux yalu s'en tenir aux sages institutions des anciens. Car en accablant les clercs & les moines de tant d'offices, on a diminué le tems de l'étude & du travail; & les offices mêmes étant si longs ont été acquitez plus negligemment.

Le pape Nicolas avoit envoïé deux legats en An- Vine gleterre, dont l'un étoit Hermenfroi évêque de Sion. quede Vorchel Aldrede archevêque d'Yorc, qui les avoit amenez, les presenta au roi Edouard ; & ce prince les aïant sie. n.4%

reçus avec un trés-grand honneur suivant sa pieté fac o.ben.pars 'ordinaire, les renvoïa chez l'archevêque avec lequel “*

ils avoient fait connoissance pendant le voïage, en

tre.

Vita vulst.6.10.

2. p. 848

AN. 1062.

attendant le parlement de Pâques où ils reviendroient à la cour & auroient audiance. L'archevêque Aldrede aïant suivi l'ordre du pape , & parcouru avec les legats presque toute l'Angleterre, vint à Vorchestre aux approches du carême de l'année 1062. & de-là étant allé dans ses terres, il laissa les legats dans le monastere de la cathedrale, dont Vulstan étoic prevôt.

Il les traita avec toute l'humanité & la liberalité possible , sans toutefois rien relâcher de sa regularité & de son austerité. Il passoit les nuits à chanter des pseaumes avec de frequentes genuflexions: trois jours de la semaine il ne prenoit aucune nourriture & gardoit le silence : les trois autres jours il mangeoit des choux ou des poreaux avec son pain, le dimanche du poisson & buvoit du vin. Tous les jours il nourrissoit trois pauvres & leur lavoit les pieds. Les legats admirerent cette maniere de vie, & les instructions que Vulstan solltenoit d'un tel exemple. Etant donc retournez à la cour, comme il fur question de choisir un évêque de Vorchestre, ils proposerent Vulstan ; & faisant connoître son merite, ils obtinrent aisément l'agrément du bon roi Edouard. Les deux archevêques Stigand de Cantorberi & Aldrede d’Yorc y consentirent ; & ce qui determina ce dernier, c'est qu'il regardoit Vulstan comme un homme simple, qui souffriroit ses usurpations sur l'église de Vorchestre, dont il pretendoit retenir les revenus.

On manda Vulstan en diligence, mais quand il fut arrivé à la cour, la difficulté fut de lui faire accepter l'évêché. Il falut que les legats y emploial

sent

"o viraiap. Bol.19

sent toute l'autorité du pape. Un reclus nommé AN. 1067. Vulsin qui vivoit en solitude depuis plus de quarante ans, aida à le déterminer, lui reprochant vivement Jan.10.239. son obstination & sa desobeissance. Le roi lui donna donc l'investiture de l'évêché de Vorchestre : & il fut sacré à Yorc par l'archevêque Aldrede le dimanche huiciéme de Septembre 1062. Il auroit dû être sacré par l'archevêque de Cantorberi, dont il étoit suffragant : mais Stigand, qui remplissoit alors ce fiege, avoit été interdit par le pape, pour l'avoir usurpé du vivant de Robert son prédecesseur. Toutefois ce fut à lui que Vulstan promit obéissance, & Aldrede declara , qu'il ne pretendoit point que cette ordination lui donnât aucun droit sur le nouvel évêque.

Vulltan étoit alors âgé d'environ cinquante ans, né dans le comté de Varvic de pasens trés - pieux, qui sur la fin de leurs jours embrasserent l'un & l'autre la vie monastique. Aprés leur mort il s'attacha à Brichege évêque de Vorchestre, qui touché de son merite l'ordonna prêtre encore jeune, & lui offrit une cure d'un bon revenu prés de la ville : mais Vulstan la refusa, & peu de tems aprés il embrassa la vie monastique dans la cathedrale de la même ville. Il passa par les charges du monastere, fut maître des enfans, chantre & facristain. Tous les jours il disoit les sept pseaumes avec une genuflexion à chaque yerset, & toutes les nuits il disoit de même le grand pseaume cent dix-huitiéme; & se profternoit sept fois le jour devant chacun de dix-huit autels de l'église.

On le fit enfin prevôt du monastere vers l'an 1046. & en cette place il prenoit soia non seulement des

Tome XIII.

ANTO62. moines, mais du peuple. Dés le matin il se presen

toit à la porte de l'église, pour secourir les oprimez, ou baptiser les enfans des pauvres ; car les prêtres avoient déja introduit la niauvaise coûtume de ne point baptiser gratis. Cette charité de Vulltan attira un grand concours de peuple des villes & de la campagne, des riches comme des pauvres ; & il sembloic qu'il n'y eut point d'enfant bien baptisé, s'il ne l'étoit de la main, tant étoit grande l'opinion de sa sainteté. Voïant aussi la corruption des maurs que causoit le défaut d'instruction, il se mit à prêcher dans l'église tous les dimanches & les jours solemnels. Un moine savant & éloquent lui en fit des reproches, comme d'une entreprise sur les fonctions épiscopales : mais il fut reduit à lui demander pardon. Tel étoit le prevôt Vulstan quand il fut ordonné évêque

de Vorchestre, dont il remplit le liege trente-quatre • ans. LVI. S. Edouard roi

Saint Edouard qui regnoit en Angleterre depuis d'Angleterre., vingt ans, étoit fils du roi Ethelred & d'Emme

Vita. ap. Boll. s, Jan. to... ffæur de Richard duc de Normandic. L'an 2013. peu 230. Sup.lib. IIXn

de tems aprés sa naissance, le roi son pere l'envoïa avec fa mere en Normandie, pour éviter la violence des Danois ; & il y demeura pendant le regne de Canut le grand, & de ses deux fils Harold & Canue II. Aprés feur more il fut rappellé en 1042. par Godoüin comte de Cant, qui avoit épousé la fille de Canut I. & qui donna sa sæur à Edouard , mais il garda toute l'autorité. Car Edouard étoit un homme trés-simple, & qui avoir plus de pieté que de capacité pour le gouvernement : mais on vit une protection particuliere de Dieu sur lui, en ce que l'An-:

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