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6. L.

AN. 1077 défendu de dire la messe le jour , & ordonné de la di

re la nuit ; afin que le baptême general foit celebré entre la mort & la resurrection de Jesus-Christ. Il recommande le jeûne des grandes & des petites litanies, c'est-à-dire de saint Marc & des Rogations , nonobftant le tems pascal, & toutes les vigiles des apôtres fans distinction.

La défense de celebrer les noces en Carême, comOpusc. XLI. mençoit alors dés la Septuagesime , & s'étendoit auffi

outre l'Avent au Carême de la saint Jean, qui étoit de trois semaines. Or quelques uns pretendoient que l'on pouvoir se marier pendant ce tems, pourvû que l'on remît la consommation du mariage au tems où il étoit libre de le contracter. Pierre Damien s'élevecontre cette erreur, & soutient que ces mariages sont nuls ; parce que l'union des corps n'est pas essentielle au mariage, qui consiste principalement dans le consentement solemnel. Il reinarque que les canons ordonnoient quarante jours de penitence aux personnes mariées, qui ne gardoient pas la continence pendant le

Carême. XLV. . Dans un autre ouvrage il se plaint, que la corrupDiscipline mo• tion des mæurs n'a pas seulement infecté les feculiers, Opusc. XII. . mais les moines mêmes. Nous , dit-il, qui nous gloQ. 20 rifions d'avoir renoncé au monde, pourquoi retour

nons-nous aux biens que nous avons méprisez pour l'amour de Dieu ; pourquoi recherchons-nous contre toutes les loix divines & humaines ce qu'elles nous permettoient de posseder quand nous l'avons quitté ? Mais, dira quelqu'un de ces moines proprietaires , je garde crés-peu d'argent & seulement pour la necessité ; je ne reçois rien des biens du monastere , fije me

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nastique,

défais du peu que j'ai, comment vivrai-je ? Pierre An. 1071. Damien répond: Le monastere vous doit fournir vos besoins en espece, non pas en argent : un habit , par exemple, pour les vêtir aussi-tôt. Que n'en usez-vous de même à l'égard de ce que vous recevez du dehors ? que ne l'emploïez-vous à vos besoins au lieu de le garder en argent?

Aprés le vice de proprieté, il attaque l'inquietude c.gr des inoines & leurs frequens voïages. Quelques-uns ; dit-il, quittent le monde pour en éviter l'agitation & trouver du repos dans un monastere : mais quand ils y font l'inquietude les prend , & ils s'imaginent être en prison. Les seculiers en sont scandalisez, & 6.10. détournez d'embrasser la vie monastique. Car, disent-ils, qui étoit plus fervent qu'un tel lorsqu'il est entré dans le monastere ? Il a déja oublié ce qu'il a promis , & ne respire que l'esprit du siecle: il est plus c. ir. du monde que moi sous un autre habit. Cette inquietude attire toutes sortes de relâchemens: Un moine en voïage ne peut jeûner, les honnêtetez pressantes de ses hôtes ne le permettent pas : souvent même il ne garde pas la mesure de la sobrieté, de peur de passer pour incivil ou pour hypocrite. Les discours de ceux qui l'accompagnent l'empêchent de pfalmodier avec attention. Il ne peut chanter la nuit, parce qu'il n'est pas feul ; ni faire des genuflexions, parce qu'il est fatigué; ni garder le fefence, parce qu'il se trouve souvent en necessité de le rompre. Il est trop dissipé pour s'appliquer à la lecture où à l'oraison : il voit souvent des objets dangereux pour la chasteté, du moins de l'esprit : les contre - tems frequens l'exposent à dos mouvemens d'impatience , & à des paroles qu'il faut

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ensuite expier par des larmes. S'il prêche ceux au milieu desquels il se trouve, la vaine gloire l'attaque : s'il garde le silence, il s'accuse d'être inutile au prochain. Mais quand il rentre dans sa cellule , tout ce qu'il a vû & tout ce qu'il a oüi se presente en foule à son imagination, principalement quand il veut s'appliquer à la priere ; & plus il fait d'effort pour chasser ces images importunes, plus il en est inquieté. Enfin le moine qui sort, ne peut guere éviter de communiquer avec des pecheurs excommuniez, ou dignes de l'être : ce qui est presque le même. Car l'auteur tenoit pour excommuniez , tous ceux qui avoient encouru l'excommunication portée par les decrets des conciles anciens ou modernes.

Le moine qui sort ne peut entierement éviter le vice de proprieté, sous pretexte des necessitez du voïage. Il veut aussi être plus proprement vêtu pour paroître en public, & ne s'aperçoit pas qu'il se rend par là plus méprisablc aux seculiers. D'autres au contraire affectent de porter des habits extraordinairement pauvres & difformes , pour attirer les yeux du peuple & se faire montrer au doigt comme des prodiges de mortification. Les vrais parfaits n'affectent rien, & ne refusent pas des habits précieux fi l'occasion le demande...

Le relâchement le plus déplorable est celui des ermites, dont quelques-uns ne demeurent dans leurs cellules qu'en Carême, & se promenent tout le reste de l'année. L'habitude de garder sa cellule la fait trouver agreable , les courses la rendent horrible. La vie eremitique est douce si elle est continuelle, mais si elle est interrompue, c'est un tourment. L'autorité

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d'un moine absent est grande ; mais elle s'évanoüit ĀN
par sa presence. Le monde écoutoit autrefois les pré-ca
dications des moines , aujourd'hui personne n'en est
touché. C'est inutilement qu'on donne des avis aux
princes & aux papes : les évêques trouvent mauvais,
que nous parlions dans les conciles contre leurs desor-
dres, je le sai par experience. Il ne reste aux moines
de bon parti, que de conserver le repos de leur soli- -, 31:
tude.

Pierre Damien blâme un ermite , qui étant sorti du monastere peu aprés sa conversion , & ayant que d'être suffisamment éprouvé, avoit choisi sa demeu- Oposa. L1.6.3. re dans une grande ville, & lui dit : Ceux qui cherchent la solicude dans les villes , comme si on manquoit de forêts , donnent lieu de croire qu'ils ne defirent pas la perfection de la vie solitaire, mais la gloire qui en revient. Là entouré du peuple qui vous estime, vous ne dites rien qui ne soit reçu comme un oracle ; & vous ne vous mesurez pas sur le témoignage de vôtre conscience , mais sur l'opinion de cette multitude qui vous flate. Elle se pare de la pâleur de votre vifage, & s'étonne du seul nom de jeûne. Car c'est un prodige dans une ville de s'abstenir de vin , & dans le desert c'est une honte d'en boire. L'huile est comptée dans le desert pour de grandes délices, le peuple regarde comme une grande abstinence de ne point manger de graisse. Aller nuds pieds eft la regle du defert, dans la ville c'est une austerité excessive. La rareté rend ici merveilleux ce qui n'est ailleurs que la vie ordinaire des ermites,

Dans un autre opuscule Pierre Damien combat opufc: x47 l'opinion d'un évêque , qui soutenoit que ceux qui

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3. m. 29.

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4, n. 191.

1. &.

ANTO avoient pris l'habit monastique étant malades à l'ex

tremité, pouvoient le quitter s'ils revenoient en fan. sup.lib. XL.n. té, & reprendre la vie seculiere. J'ai raporté plusieurs

het betref.fac. exemples de cet usage depuis la fin du septième fie1. A štor.n.tos. cle. C'étoit une des manieres de professer à l'article Idem.pref 2. fac.

de la mort la penitence publique , & de s'engager
dans l'état monastique sans probation precedente.
Car anciennement la prise d'habit & la profession n'é-'
coient point separées, suivant la regle de saint Be-

noist , & on n'y étoit reçu régulierement qu'aprés Opuse. XVI. c. l'année de probation. C'eit sur quoi se fondoit cet

évêque que Pierre Damien combat, & il soutenoit
que ceux qui avoient pris l'habit monastique sans no-
viciat precedent, n'étoient point engagez.

* Pierre Damien èn avertit le pape , qui écrivit à
Gisler évêque d'Ossimo, de réprimer cette erreur , &
de fraper d'anathême ceux qui la soutiendroient opi.
niâtrement. C'est à cet évêque Giller à qui Pierre
adresse son traité pour la refüter. Il soutient que la
probation n'a été ordonnée que comme une précau-
tion contre la legereté ou la dissimulation de ceux
qui se presentent pour embrasser la vie monastique ,
non comme une condition necessaire, & que le su-
pericur peut en dispenser quand il est suffisamment
persuadé de la fermeté du postulant , & de la sincerité
de la conversion. Enfin que la profession est irrevo-
cable de quelque maniere qu'elle se fasse , pourvû que
ce soit avec une pleine volonté. Il apporte l'exemple
du baptême, qui n'est pas moins valable quand il est
donné d'abord, qu'aprés de longues épreuves , & des
enfans offerts au monastere par leurs parens suivant la
regle de saint Benoist. Nous avons toutefois une let-

tre

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