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COMEDIE

EN VERS
'EN UN ACTE.
Fat MonjîeuT D V FRESNr.

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ACTEVR S.

GERONTE. Pere d'irabejle, . ,% ,

IS A B E L L E. Amante de Valere. r

BELISE 0 l

V Sœurs.
ARAMINTE.J „ i l

VALERE. Neveu de Belife & d'Araminre,
Amoureux a'ifabclle.

IRONT IN. Valet de Valere.

Un Laquais»

La Scène eft dans la Maifon de Belife
& d'Araminte.

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SCEl^E PREMIERE.

ISABELLE , Vai ERE. thaatn de fin tîti

fins Je voir. VALERE

Uoy ! ne pouvoir tirer raifon de mes deux tantes /' ISABELLE. Je n'en puis revenir. Quelles extravagantes! VALERE. Oiïy, plus j'y penfe, & moins je vois d'expediens.i.

ISABELLE. Avoir pour un neveu des procedez CBMiaJH*" ',

VALERE. 'v .' -.

Nous n'en tirerons rien.

ISABELLE. \q

ODitux! V^o*-*^

VALERE. VV

. Tantes cruelles»

Depuis dix ans toujours injuftices nouvelles,
Julie Ciel!

ISABELLE, s'appertevinit»usdeux-
Q^el travers ; Mais...

fA L E D E D I T.

VALERE.

^ ,.'**' TT"^" Quelle cruauté, , Se défokr ainw chacun de fon côté, •.,

Sans trouver nu! moyen de réduire ces folles!

ISABELLE. Won pore leur a dit de piquantes paroles-* —* Et va les menacer encor îcparément, Carichacime le tient dans ion appartement-.

VALERE. Oiii, depuis peu je vois que toutes deux s'évitent, Se difent quelques mots en paflant, & fe quittent. Pour moiaquaud je leur parle elles tournent le dos> Leur dureté pour moi paroît à tout propos.

ISABELLE. Leur dureté pour vous les condamne. Ah ! Valere, EJl.es poufL-n.t trop loin leur mauvais caxaûerç, Ne vous pas aimer? •

VALERE. T

Moi, j'efperois que par vos» Mes deux tantes feroient quelque-chole pour nous, Et que vous ayant vue, adorable li'abellc, Elles s'atteudriroient.

ISABELLE.

Leur barbarie eft telle, -Qu'elles parlent de vous avec averfion.

VALERE. Vous voir , n'approuver pas ma tendre paflion » Aii I Quel travers d'efprits! .

ISABELLE. i * Eou voir haïr Vajere.1

Leur mauvais cœur mefair trembler, j'en delelpere.

VALERE.
Vôtre père pourtant va les prefler, ainfi
N^usefperons encore, il va nous joindre icy.

ISABELLE.
Oui , donnons - nous au moins ce moment d'ef,

peranceMais je fuis indignée encore quand je penfe A leurs derniers difeours.

'VAL ERE.'

Sur elles vous comptiez Ci relies vous ont fait hier cent amitiez.

ISABELLE.
C'eft par-lique je vois qu'elle m"ont méprifée»
Car c'eft en m'embralfant qu'elles m'ont refuféc
La prude méprifante avec les airs hautains ,'
Prend un ton doucereux , 6c mêle à fes dédains'
JEt careffe aff.ciée, & fade railleriej
Vous mord en vous flattant, talent de pruderie i
Ma tendrejfe pourvoie, m'a-1-elle dit là-haut>
Fait qui je m veux pas vaut maiitrfi-to':,
C'eft-k-dke ydonner au neveu qui meprefft
Du bien pour fatisfaire une folle tendreffe.
Mai ime rendre tomplice en vous autotifant. ,

^Et dent difeours pareflsd'un ton demi plaifaw'
faites, faites plutôt tontre le mariage,
Comme nous , un Dédit qui vous maintienne fage.
Pour vous faire imite/ nôtre forte d'efprit,
Uns refus vous tiendront du moins lieu de Dcdit. .

VA LE RE. ,
Voilà fes fots difeours, toujours même rubrique.
Mais rien de fi borné que ion eipm gotique.
Sans monde , fans bon feos > ne hantant que fa

fœur, .'. t.":

Moins dure qu'elle, mais plus folle par malheur.

ISABELLE,. Je fuis contre Aramnue un peu moins indignée» Même dans des momens j'ay crû l'avoir gagnée» Maisfon efprit lujet aux révolutions S'agite en même temps de plufieurs partions. Dans fa vivacité brouillonne & turbulente > Voicy ce que m'a dit à peu près cette tante, f extravague parfois, mais j'ay des fentimens: faimerois l'amour, mais j'abhorre Us amans. Abhorre•^ les aufi, je le veux, je l'ordonne. Sans teffe je promets, mais jamais je ne donne. fe bais bien mon neveu, mais je vous aime tant... De fes galimatias je conclurois pourtant Qu'elle feroit pour vous plus que fa fœur aînée.

. Aiij

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