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qu'Amalaric a été tué la cinquième année de son regne, il est
clair que ce fut en l'année cinq tens trente - un, ou en cinq
cens trente-deux qu'il mourut. Or nous verrons par la suite de
l'Histoire , que les Rois Francs faisoient encore la guerre aux
Visigots en cinq cens quarante-deux, & que ce ne fut qu'alors,
suivant les apparences, qu'ils reprirent , ou qu'ils acheverent de
reprendre ce que certe Nation avoit recouvré après la mort de
Clovis , & qu'ils la réduisirent à n'avoir plus dans les Gaules
que les huic Cités qu'elle désignoit, comme on l'a vû déjà par
le nom d'Espagne citérieure. Ce n'aura donc été qu'en cinq
cens quarante-deux que les Visigots, qui avoient été chassés
pour la seconde fois du Rouergue & de quelques autres Cités,
se seront, comme dit Procope , retirés auprès de Theudis, qui
regnoit sur l'Espagne citérieure, aussi-bien que sur l'Espagne ulté-
rieure. En effet, ce Prince qui étoit monté sur le thrồne en cing
cens trente & un ou l'année suivante, regna jusques à l'année cinq
cens quarante-huit ou cinq cens quarante-neuf. (a) D'ailleurs
nous voyons par Isidore de Séville, que Theudis eut à soutenir la
guerre contre les Rois des Francs, depuis qu'il fut monté sur le trôi
ne, » L'an de Jesus-Christ cinq cens trente & un ou trente-deux,
» dit cet Auteur, & la sixiéme année du regne de Justinien , qui
» avoir été fait Empereur d'Orient en cinq cens vingt-sept, Theu-
» dis fut proclamé Roi en Espagne à la place d'Amalaric. They.
» dis regna dix-sept ans; & quoiqu'il fut Arien, il traita bien les
» Catholiques, laissant aux Evêques de notre Communion la
» liberté de tenir un Concile à Toléde, & d'y faire concernant
» la discipline Ecclésiastique , los Canons qu'ils jugeroient à
» propos. Sous son regne les Rois des Francs pafferent les Py:
» renées à la tête d'une puissante armée , qui fic beaucoup de
» désordre dans l'Espagne Tarragonoise. Les Visigots sous la
>> conduite de Theudifclus, prirent les derrieres de cette armée,
» ils se faisirent des cols par lesquels elle avoit passé, & ils rem-
» porterent ensuite sur elle de grands avantages. Mais le Géné-
>> ral s'étant laissé gagner par argent & par priéres, il retira pour

(a) Acra quingentesima fexagesima no- | interclufis , Francorum exercicum - mulea: na , anno Imperii Justiniani sexto post cum admiratione victoria prostraverunt. Amalaricum Theudix in Spania creacus in Dux idem prece atque ingenti pecunia fibi regnum annis decem & feptem.... Eo re objccta vicem fugæ hoftibus residuis unius gnante, dum Francorum Reges.cum infini. | diei noctisque (pacio præbuit. Cætera infecis copiis in Spanias convenissent, & Tar- | licium curba , cui cranfitus collati temporis raconensem Provinciam valde popularent , i non occurrit , Gothorum perempia gladio Gochi, Duce Theudisclo, ebicibus Spaniæ | concidit. Ibidem.

» vingt-quatre heures les troupes qui gardoient les cols , & il » donna ce tems-là aux ennemis pour le sauver. Cependant il y » eut plusieurs d'entr'eux qui ne purent point profiter de la com» plaisance de Theudisclus, & qui furent passés au fil de l'épée » par les Visigots.

Ainsi l'on voit bien que le seul reproche qu'on puisse faire ici à Procope, c'est de s'être énoncé de maniere que son Lecteur pût penser que tout ce qu'il dit du succès des Francs contre les Visigors, & de la retraite de ces derniers auprès de Theudis, fut arrivé en une seule année, c'est-à-dire , en cinq cens trente & un. Je ne ferai point d'excuse de cette digression, bien qu'elle paroisse un peu étrangere à l'Histoire de la conquête de la Turinge, & qu'elle roule sur une matiere à laquelle je semblois avoir promis de ne plus coucher, je veux dire , sur la question : Quels écoient les pays que les Visigors reprirent sur les Francs immédiatement après la mort de Clovis , & dans quel tems les Francs reconquirent ce pays-là. Mais Gregoire de Tours en racontant l'expedition de Childebert dans les Ěspagnes comme un évenement auquel la seconde guerre de Turinge avoit en quelque façon donné lieu , m'engageoit si naturellement à faire ma di. gression, que je ne pouvois m'en dispenser, d'autant plus encore qu'elle concilie la narration de Procope avec differens endroits de l'Histoire de Gregoire de Tours. En effet, il résulce de tout ce que j'ai ramassé dans l'Historien Grec, que quelques années après la mort de Théodoric Roi des Ostrogors arrivée en cinq cens vingt-six, Thierri se ligua avec Clotaire, pour venger l'injure qu'Hermanfroy avoit faite à l'aîné de ces deux freres: que vers l'année cinq cens trente ils conquirent la Turinge , & que Childebert ayant crû mal-à-propos que Thierri étoit mort dans son expédition, il voulur se rendre maître de l'Auvergne; mais qu'ayant (çû que ce Prince étoit vivant, il évacua P'Auvergne pour marcher contre Amalaric, qui fut tué en cinq cens trente & un, & qu'après sa mort, la guerre qui s'étoit allumée, ou la derniere, ou la penultiéme année de son regne, entre les Francs & les Visigois, doma lieu aux Francs de conquerir pour la feconde fois ce que les Visigots avoient repris sur les Francs immédiatement après la mort de Clovis. Or il n'y a rien dans notre exposé, très-conforme au récit de Procope, qui ne s'allie très-bien avec ce que Gregoire de Tours dir dans le troisiéme Livre de son Histoire , & dans les Livres suivans, concernant les guerres que les Francs eurent contre les. Visigors depuis la

mort

mort de Clovis jusques au milieu du sixiéme siécle. Nous dirons ailleurs que Thierri Aatté par le courage que Childebert avoit montré en vengeant leur soeur Clotilde, s'adoucit ; & que quelque tems aprés la .conquête de la Turinge Germanique les deux freres se reconcilierent.

CHAPITRE I V. Sigismond succede à fon pere Gondebaud Roi des Bourguignons.

Lettres de Sigismond à l'Empereur d'Orient. Premiere guerre des Rois des Francs contre les Bourguignons , dont le Roi eft fait prisonnier. Mort de ce Prince. Clodomire est tué à la bataille de Véséronce , & Godemar frere de Sigismond demeure Roi des Bourguignons.

n e fur dans l'intervalle de tems qui s'écoula entre l'expé

dition que Thierri fit dans le pays des Turingiens vers cinq cens seize , & l'expédition dans laquelle il subjugua cette Nation en l'année cinq cens trente, que les Rois des Francs, enfans de Clovis firent leur premiere guerre contre les Bourguignons. Avant que de parler de cette guerre-là, qui comme nous l'exposerons, conimença en cinq cens vingt-trois , il est à propos de dire quelque chose concernant l'état où étoient les Bourguignons quand les Rois successeurs de Clovis les attaquerent pour la premiere fois.

Le Roi Gondebaud (a) nonobstant toutes les esperances de conversion qu'il avoit données à Ecdicius Avitus 'Evêque de Vienne, mourut Arien en cinq cens seize. Son fils Sigismond lui succeda. Depuis long-teins Sigismond faisoit profession de la Religion Catholique , & même il avoit fondé un an avant la mort de son pere, le célébre Monastere d’Agaune ou de Saint Maurice , situé sur les confins du Valais & du Chablais. Il faut , comme nous l'avons promis , rapporter encore ici quelques fragmens des lettres que Sigismond après son avénement

(a) Florentio & Antęmio. His Consu- 1 Petro. Hoc Consule, Rex Gondobagaulibus , Monasterium Acauno à Rege Sigis. dus obiit, & levatus eft filius illius Sigil. mundo conditum est.

mundus Rex. Mar. Av. Chr. ad ann. S1S

Mar. Aven. Chr. ad ann. 316.
Tome II.

Oo

au Thrône, écrivit à l'Empereur Anastase, qui survécut de deux ans le Roi Gondebaud. Ricn n'est plus propre à faire voir que les Rois Barbares, qui regnoient dans les Gaules, reconnoissoient que les Provinces qu'ils avoient occupées, ne laissoient pas d'être toujours une portion du territoire de la Monarchie Romaine. Voici donc ce que dit Sigismond dans une des lettres dont nous parlons, & que les Lecteurs sçavent déja avoir été composées sous le nom de ce Prince, par Avitus Evêque de Vienne.

» (a) Il est à la connoissance de tout le monde, que votre » Hautesse qui connoît les sentimens de ses serviteurs ne leur „ impute point les contre-tems dont ils ne sont pas la cause. » Dans cette confiance qui fait notre consolation, nous nous » presentons bien qu'éloignés, aux pieds du chrône de notre » très-glorieux Prince ; & quoique le respect pour sa personne » soit dans la Maison dont nous fortons, un sentiment héré» ditaire, qu'elle a toujours tâché de vous témoigner par un » sincere attachement, nous confessons neanmoins de nou» veau, que nous sommes vos redevables, tant pour les bien» faits qu'elle a reçus de vous, que pour ceux que nous-mê» mes nous en avons reçûs en notre particulier. Ma Nation » fait une partie du Peuple qui vous reconnoît pour son Sou» verain , & je me tiens plus honoré de servir fous vos ordres, » que de regner sur elle. C'est un sentiment que j'ai hérité de » mes ancêtres, qui ont toujours eu un caur véritablement Ro» main , & qui toujours ont été attachés si sincerement à vous » & à vos predecesseurs, qu'ils ont crû que l'illustration pro

(a) Epiftola ab Avito Episcopo dietara sub | Principibus sumerent, quam quod à patrinomine Domini Regis ad Imperatorem. No. 83. bus attulissent. Cumque Gentem noftrain viNotum eft omnibus Cellitudinem vestram deamur regere, non aliud nos quam milinon impedimenta teinporum , sed subjecto tes vestros credimus ordinari. Impartit vos rum vota mctiri. Sub cujus fiducix securi gaudiorum munere vestra prosperitas , guidtate atque lætitia gloriofiffimo Principi no- quid illic pro salute omnium curatis , & noftro , qui corpore absumus , animo præsen- | Itrum est. Per nos administratis remotarum tamur , & quanquain istud famula vestra | fpatia regionum; Patria nostra vester orbis Prosapia mea ex devotione persolverit, me eit. Tangit Galliam suam lumen Orientis , tamen gracix debitorem non magis parent & radius qui illis partibus oriri credicur & alia debita , quam beneficia mihi impensa hic refulget. Jubar quidem conspectus vefecerunt. Vester quidem est populus meus, stri contemplatione non capimus, sed lused me plus servire vobis , quam illi præeste ! cem serenitatis quam ubique diffunditis dedelectat. Traxit iftud à proavis generis mei liderio pollidemus. ..... Virtute orbi Eoo, apud vos decessorelque vestros semper animo felicitate regnatis Occiduo. Offero igitur, Romana devotio , ut illa nobis magis clari | Principum inclyte, litterarum obsequia , tas putaretur quam vestra per militiæ titu- vora gratiaruin præftolor, oraculum ferlos porrigerer celsitudo , cunctisque autori- i monis augusti ambio , fi quid fit quod jubus incis semper magis ambicun est quod à | bere dignemini, &c.

» venante des grades & des emplois où vos Hautesses les éle» voient, faisoit leur plus grande gloire. Oui , mes ayeux ont » toujours fait moins de cas des Dignités qu'ils devoient au » sang dont ils sortoient, que de celles qu'ils ont tenues de la » collation des Empereurs. Quand les Princes de ma Maison » deviennent Rois de leur Nation, ce qu'ils s'imaginent de plus » Aareur, c'est que par-là ils deviennent vos Officiers. Comme » tels nous goûtons aujourd'hui les fruits de vos prospérités, » dont le bruit rend notre administration plus aisée. En effet, » nos mains ne font que tenir le timon par lequel vous gou» vernez les Contrées où nous habitons, toutes éloignées qu'el» les font de votre Capitale : A quelque distance qu'elles soient » de votre chrône, elles n'en font pas moins une partie du » monde soumis à cet auguste thrône. ...... La lumiere » de l'Orient éclaire les Gaules. Elles profitent des rayons de » l'astre qui paroît se lever pour lui: vous gouvernez par vous» même l’Empire d'Orient, & l'Empire d'Occident est gou» verné sous vos auspices. J'offre donc par cette lettre mes ser» vices au plus grand des Princes ; d'un autre côté je me flatte » qu'il daignera faire quelques veux pour moi , & j'attends » avec soumillion ses ordres augustes. « Toute la lettre dont ces deux fragmens sont tirés, est écrite dans le même esprit.

Voici encore quelques fragmens d'une autre Epitre du Roi Sigismond à l'Empereur Anastase ; elle est en réponse à une lettre qu'Anastase avoit écrite avant qu'il eûc encore reçû la dépêche precedente, & avant qu'il eût été informé que Sigil. mond demandoit le Patriciat dont Gondebaud étoit mort revêtu. Mais l'Empereur avoit adressé déja au nouveau Roi cette lettre pour le feliciter sur son avenement à la Couronne, & pour lui conferer la Dignité de l’Empire dont il souhaitoit d'être pourvû. La seconde Epitre de Sigismond rend aussi compte des obstacles qui avoient empêché celui qu'il avoit chargé de porter à Constantinople sa premiere dépêche , d'y arriver avant que l'Empereur lui eût écrit & l'eût ainsi prévenu.

» Votre Serénité ne pouvoit pas mieux donner à connoître » qu'elle rendoit justice aux sentimens de ses serviteurs, & qu'elle » ne leur impuroit pas les contre-tems , qu'elle vient de le faire » voir en nous prévenant par une lettre dont les caracteres lacrés » satisfont des veux qui ne lui étoient pas encore connus, » quand sa main a tracé ces caracteres. Quoique vous m'ayez » prévenu en m'écrivant quand vous n'aviez pas encore reçû

• Ooij

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