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leurs ; en bon papier & beaux caracteres , conformea ment aux Réglements de la Librairie , & notamment à celui du 10 Avril 1729 ; à peine de déchéance du présent Privilege ; qu'avant de l'exposer en vente , le Manuscrit qui aura servi de copie à l'impression dudit Ouvrage, fera remis dans le même état où l'Approbation y aura été donnée; és mains de notre très-cher & féal Chevalier, Chancelier Garde, des Sceaux de France, le Sieur DE MAUPOU ; qu'il en sera ensuite remis deux Exemplaires dans notre Bibliotheque publique, un dans celle de notre Château du Louvre, & un dans celle dudit fieur DE MAU PEOV ; le tout à peine de nullité des Présentès. DU CONTENU desquelles vous mandons & enjoignons d? faire jouir ladite Exposante & ses ayant caule , pleinement & paisiblement, sans souffrir qu'il leur soit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie des Présentes, qui Tera imprimée tout au long , au commencement ou à la fin dudit Ouvrage, soit tenue pour duement fignifiée ; & qu'aux copies collationnées par l'un

l'un de nos amés & féaux Conseillers , Secrétaires , foi soit ajoutée comme à l'Original. COMMANDONS au premier notre Huissier ou Sergent sur ce requis, de faire pour l'exécution d’icelles, tous actes requis & nécessaires , fans demander 'autre permission , & non-obstant clameur de Haro , Charte Normande & Lettres à ce contraires : Car tel est notre plaisir. DoŇné à Versailles , le trente-unieme jour du mois de Décembre, l'an de grâce mil sept cent soixante-onze , & de notre Regne le cinquante-feptieme. Par le Roi en fon Conseil.

Signé, LE BEGUE:

Registre sur le Registre XVIII de la Chambre Royale & Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris No. 1041, Fol.785, conformément au Réglement de 1723. A Paris, le 17 Janvier 1772.

H. F. LE CLERC, Adjoint;

DICTIONNAIRE

DE PENSÉES SUBLIMES, MORALES, CRITIQUES, AMUSANTES

DES MEILLEURS ÉCRIVAINS FRANÇOIS,

LAB

LAB

L ABOUREUR,

Son Eloge.

A peine la lumiere Ouvre au Soleil naissant sa brillante carriere, Le travail les appelle ; il faut, par mille efforts, Forcer la terre ingrate à livrer ses trésors. Elle vend à leurs bras les fruits qu'elle prodigue ; La nuit, la seule nuit termine leur fatigue : Quel est donc le bonheur que chacun vante en eux ? Mortels trop méprilés, vous êtes vertueux. Ces travaux , ces sueurs qui font votre supplice, Écartent loin de vous les erreurs & le vice. Jamais, dans vos climats l'infâme volupté N'osa souiller l'hymen de son souffle empefté. Jamais on n'y connut la noire perfidie, Tome II,

A

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L'orgueil, l'ambition funefte à la patrie.
La fortune & ses dons tenteroient-ils vos caurs?
Qui ne desire rien, méprise ses faveurs.
Trop funestes faveurs ! c'est de leur sein perfide
Que naiffent la mollefle, & le luxe-homicide.
Autant que les hivers cedent au doux printemps,
Les horreurs de l'orage aux charmes du beau temps ;
Autant nos lâches meurs doivent céder aux vôtres.
Les moeurs sont les vrais biens,n'en desirez point d'autres.
Votre nom, il est vrai, sur la terre ignoré,
Ne vit point après vous, & n'est point honoré;
Mais que servent, hélas ! quand on a cessé d'être,
Ce haut rang, ces grandeurs qui nous ont fait connoître ?
Sans être, comme nous, parés de titres vains,
En méritez-vous moins l'estime des humains ?
Utiles à l'État, dans la paix, dans la guerre,
Vous servez en tout temps les maîtres de la terre.
Louis est-il forcé de voler aux combats :
Vos champs, pour le venger, enfantent des soldats.
Vos mains tirent, du sein de la terre féconde,
Ces trésors seuls réels , seuls utiles au monde.

Les desirs du Laboureur se bornent à une abondante récolte.

En cultivant ses champs le laboureur avare,
D'une riche moisson flatte tous ses desirs.
Les autres passions où la raison s'égare,
N'excitent dans son cæur ni douleurs, ni plaisirs.

(Mad. Deshoulieres.)

Félicité du Laboureur & des

gens

de campagne.

ureur

O bienheureux qui peut passer la vie
Entre les fiens, franc de haîne & d'envie ,
Parmi les champs, les forêts & les bois,
Loin du tumulie & du bruit populaire,
Et qui ne vend sa liberté, pour plaire
Aux passions des princes & des rois !

Sa

L'ambition son courage n'attise;
D'un fard trompeur fon ame il ne déguise ;
ll ne se plaît à violer la foi ;
Des grands Seigneurs l'oreille il n'importune :
Mais en vivant content de la fortune,
Il est fa cour, la faveur & fon roi.

(Des Portes.)
O combien est heureux le fort du laboureur,
Lorsqu'il fait bien connoître & sentir son bonheur !
Il retire aisément, de la terre équitable ,
Le légume & le fruit dont il couvre sa table.
Les horreurs de la guerre, & la fureur des flots
En aucune saison ne troublent son repos ;
S'il ne voit point de ceux qu'attire la fortune

porte revomir une foule importune; S'il ne voit

que de loin ces palais enchantés, Où la magnificence étale ses beautés; Si, simple en ses habits, simple en fa nourriture, Il ne fait point par l'art corrompre la nature; Du moins un doux sommeil répond à ses souhaits. Il voit autour de lui la vérité, la paix. Affranchi des erreurs d'une espérance vaine , Il trouve un doux loisir dans son petit domaine. Il va d'un pas tranquille en de sombres forêts , Chercher pendant le jour le silence & le frais. Il rentre avec plaisir dans sa chaste famille. La Jeunesse chez lui patiente, docile, Ne fuit point le travail, se contente de peu, Et de bonne heure apprend à modérer son feu.

(La Fare.) Heureux qui sçait de tout les principes secrets ! Qui, délivré du trouble, exempt de vains regrets, Se mettant au-dessus des arrêts de la Parque, Ne craint point de passer dans la fatale barque ! Heureux aussi celui qui, dans un plein repos, Honore Pan, Silvain, & les Nymphes des eaux ! Il ignore le poids d'une douleur amere, Le sceptre , les faisceaux, la faveur populaire.

La discorde , qui rend les freres ennemis,
N'altere point son coeur à la raison soumis.
Il n'est point dans ses voeux injuste, insatiable,
Ni touché des grandeurs d'un regne périssable.
Éloigné du tumulte & des soins de la Cour,
Amoureux des douceurs d'un champêtre séjour,
Également exempt de tristesse & d'envie,
Il se livre aux plaisirs d'une innocente vie.
Il cueille sans travail chez lui les fruits nouveaux
Qu'à sa main de leur gré présentent les rameaux ;
Du peuple il ne craint point l'humeur prompte &

légère,
Ni le front orgueilleux d'un Sénateur sévère.

(La Fare.)
LA C H E.
Son caractère.

Du soin de lire son histoire
Déchargeant le siècle à venir ,
Le lâche est content de la gloire
Que l'on poffede fans mourir.
Qu'il soit du peuple nommé lâche,
Son esprit borné ne s'attache
Qu'à ce qui peut remplir les voeux;
Plus content de vivre en personne
Six jours que le destin lui donne,

Que six-cents ans chez ses neveux.
Les faux braves sont comme les bassins d'une
balance, dont l'un se lève, quand l'autre s'a-
baisse.

LAIDE.
Portrait d'une Laide.
Qui ne seroit pas idolâtre
De ces beautés, de ces trésors
Pont la nature orna ton corps ; .

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