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MONSEIGNEUR

ETIENNE

LE CAMUS,

EVE QUE

ET PRINCE
DE GRENOBLE:

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L'Ouvrage que j'ay ^honneur de
prefenter à Vôtre Gr Andeur,* V/2
£4* du nombre de ceux que la feule
ambition & le defir de faire des Livres font paroître. "j'ai cru en le compofant obeir à Dieu , qui tria fait connaître l'importance d'an travail, qui pouvoit fervir a gler la premieres études de la Jeuneffe. Avant que lu raifon fe dcvelope y les hommes errent lo.vgtems y s'ils ri ont point de guide , ri ouvrant les yeux pour entrer dans le bon chemin , que lors que la nuit s'aproche , c'ejl-à-dire , lors qu'ils font prés de U mort. Cepen~ dant plufuurs EccleCtxfiitjues auraient été utiles à [Eglife y à qui dans la fuite Us n'ont pas fui' honneur .> fi d'abord ils avoient été bien conduits : & fi on leur avoit donde l'amour pour l'etude , qui feule avec la priere peut les foûtenir dans U loifir que leur donne leur condition.

J'en ai été /wc/^monseigneur.; & c'ejfpour ctux qui travaillent àfe rendre capables de fervir l Eglife que j'écris. Mais c'efi en vain , fi mon Ouvrage n'ejt dijiinguéde la fou» le des Livres qui ne fe lifentyoint $ & fi pour cela il ne pvrte quelque marque étaprobation de VÔtri Grandeur y qui donne de U turhfité.

Tout ce qui vient de Fous, Monseigneur. , ejl confideré. Votre Nom fait plus de bruit dans toutes les autres provinces de la France que dans celle- cf. Ce rieft pas que les Etrangers fâchent mieux comtoître le prix de ces grands dons de Dieu qui font en Vous j mais ce fi que nousfommesfi accoutumez, à Vous voir faire de grandes cbofes, qu'âpre'* fent rien nt nous peut paraître extraordinaire.

Sans cela, Monseigneur, avec quelle furprife Vous entendrionsnous faire ces fanantes & éloquentes explications des Pfeaumes que Tre Grandeur fait depuis deux mois, Mais comment ferionsnous étonne^ de la DoBrine qu» Vomy faitet paroître^ de Votre éloquence , après Fous avoir entendu tant de fois ? fous prêchez le Carême entier, fans prendre aucun jour de repos. Vous parlez, tous les jours dans vos Vif tes , qui durent la plus, grande partie de l'année. Dans les retraites que Vous faites faire à tous les Ecclefiafliques de vôtre Diocefey dans vôtre Palais Epifcopal, qui durent prés de deux mois,on Vous entend, faire des Dîfcours de deux heures , le. matin & lefoir, toujours fur les mes matieres, fans dire deux fois les mêmes chofes,& que tant de Difcoars fttiff/snt èpuiferunfondaufi riche que. le vôtre»

Kparott,Monseigneur, en vôtre Perfonne , que rien nef plus utile à l'Eglife que la DoBrine jointe à la pieté & a l'éloquence , ejr que l'Ordre & la Penitence font trouver du temspour acquerir ces riches qualitjz.Plujteurs qui Vous voient toujours ta Chaire,gouvernantfeul vôtre Diol cefe, ne conçoivent pas de quel trêfor Vous tirez tant de belles chofes.llsfe Souviennent que Vôtre Grandeur. a été les délices de la Cour ; & cont~ ment V oublier oient-ils,voïant tous les jours des effets de te fit me que le Roi fait de votre Perfonne ? Effets fi confidcrables, que Vôtre Grandeur a dit Couvent quelle ejl redevable de tordre quelle A établi dans [on Diocefe , à la pieté de fa Majeftè envers pieu , à fa bonté en fon endroit, & au zele de fies premiers Minijlres. Ceux, dis-je, qui font dans cet ètonnement->ne favent pas, que l'étude a toujours fait vos plus doux plaifirs-^jr que la Cour n'a eu que vos heures lefi moins precieufes.

llPeus a été facile, Monseigneur, dans l'embarras même de la Charge Pafiorale, de trouver dit tems pour lire. Le pain, les legumes, les racines & l'eau qui ont fait tous vos repas,

Vous ont laiffé à toute heure fefprit

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