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bon pere, bon mari, bon parent, tendre et plein d'amitié. Son tempérament le portait assez à l'amour, mais jamais au libertinage, et rarement aux grands attachements. Il avoit l'ame fiere et indépendante, nulle souplesse, nul manège; ce qui l'a rendu très propre à peindre la vertu romaine, et très peu propre à faire sa fortune. Il n'aimoit poirft la cour; il y appôrtoit un visagé presque inconnu, un grand nom qui ne s'attiroit que dès louanges^ et un mérite qui n'étoit point le mérite de ce pays-là.

Rien n'étoit égal à son incapacité pour les affaires, que son àversiôri: les pliis légeres lui causoient de l'effroi et de la terreur. Quoique son talent lui eût beaucoup rapporté, il n'en étoit guere plus riche. Ce n'est pas qu'il eût été fâché de l'être; mais il eût fallu le devenir par une habileté qu'il n'avoit pas, et par des soins qu'il ne pouvoit prendre.

Il ne s'étoit point trop endurci aux louanges, à force d'en recevoir; mais, s'il étoit sensible à la gloire, il étoit fort éloigné de la vanité: quelquefois il se confioit trop peu à son rare mérite, et croyoit trop facilement qu'il pût avoir des rivaux. 41 3o VIE DE P. CORNEILLE.

A beaucoup de probité naturelle il a joint, dans tous les temps de sa vie, beaucoup de religion, et plus de piété que le commerce du monde n'en permet ordinairement. Il a eu souvent besoin d'être rassuré par des casuistes sur ses pieces de théâtre, et ils lui ont toujours fait grace en faveur de la pureté qu'il avoit établie sur la scene, des nobles sentiments qui régnent dans ses ouvrages, et de la vertu qu'il a mise jusque, dans l'amour.

FIN DE LA VIE DE P. CORNEILLE.

LE cm,

TRAGÉDIE EN CINQ ACTES.

i

i636.

ACTEURS.

Don FERNAND, premier roi de Castille.

Dona URRAQUE, infante de Castille.

Don DIE GUE, pere de don Rodrigue.

Don GOMÈS, comte de Gormas, pere de Chimene.

CHIMENE, fille de don Gomès.

Don RODRIGUE, amant de Chimene.

Don S ANCHE, amoureux de Chimene.

Don ARIAS, j „ .„

_ , _ 1 gentilshommes Castillans.

Don ALONSE, | g

LÉ ON OR, gouvernante de l'infante.

ELVIRE, gouvernante de Chimene.

Un Page de l'infante.

La scene est à Séville.

ACTE PREMIER.

SCENE I.

C.HIMENE, ELVIRÈ.

CHIMENE.

Eevire, m'as-tu fait-un rapport bien sincère?
Ne déguises-tu rien de ce qu'a dit mon pere?

ELVIRE.

Tous mes sens à moi-même en sont encor charmés:
Il estime Rodrigue autant que vous l'aimez;
Et, si je ne m'abuse à lire dans son ame,
Il vous commandera de répondre à sa flamme.

* CHIMENE.

Dis-moi donc, je te prie, une secoutde fois,
Ce qui te fait juger qu'il approuve mon choix;
Apprends-moi de nouveau quel espoir j'en dois prendre:
Un si charmant discours ne se peut trop entendre;
Tu ne peux trop promettre aux feux de notre amour
La douce liberté de se montrer au jour.

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