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taux, en les distillant à feu nud. Mon intention étoit d'en insérer le résultat dans les différentes notes qu'il m'a paru nécessaire d'ajouter à cet Ouvrage , afin d'en rendre la lecture moins séche & plus intéressante; mais des circonstances particulieres ayant changé ma position, il ma fállu , fans abandonner mon projet, renoncer pour un temps à son exécution ; ainsi , sans prétendre qu'on doive me sçavoir gré de ma bonne volonté, je ne puis cependant me dispenser de déclarer ici que mes remarques auroient été moins ftériles , fi mon goût pour ce genre de travail avoit eu un libre effort.

Je n'ai rien changé à la forme & au fond de cette Chymie Hydraulique : j'ai seulement subftitué quelques termes techniques à des expressions anciennes & peu propres au langage clair & intelligible des ·vrais Chymistes. En supprimant plusieurs articles absolument inu:

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tiles, j'ai eu le soin de dire aux endroits où ils se trouvoient placés, les raisons qui m'ont déterminé à en user ainsi ; & j'ose me flatter qu'elles seront approuvées des personnes désintéressées & impartiales; la grosseur du Volume ‘n’a d'ailleurs obligé d'en élaguer toutes les choses superflues.

Če ne fut qu'en 1746 qu'on vit paroître la méthode d'extraire de tous les corps par le moyen de

& concentrer sous un petit volume leurs principes les plus actifs. M. le Comte de la Garaye répandoit auparavant dans le Royaume les remédes qui provenoient de cette méthode ; mais le Roi ayant desiré qu'ils fussent rendus publics pour le bien de ses Sujets & de l'humanité, & voulant en même temps prévenir les obstacles que le grand âge de ce vertueux Citoyen apportoit à la continuité de ses opérations, Sa Majesté char:

l'eau pure,

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gea M. Macquer de les suivre dans tous leurs détails : cet illustre Chymiste, de retour de chez M. le Comté de la Garaye, fit part à l'Académie de ses observations & de ses réflexions à ce sujet : on me permettra d'emprunter ici quelquesunes des expressions dont il se servit pour tracer à sa sçavante Compagnie le portrait d'un homme qui a porté au plus haut degré possible l'amour de l'humanité, le zèle du bien public, la sensibilité pour les malheurs d'autrui , & le desir de prévenir & de foulager l'infortuné. souffrant.

Un laboratoire de Chymie où l'on travaille sans cesse à résoudre les problêmes les plus cachés de cette science, avec une infirmerie commode, où les malades de toute espéce reçoivent gratuitement les secours que la Médecine, secondée de la charité la plus ardente, peut leur procurer, sont des ornemens qui, aux yeux des personnes sensibles

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embellissent le Château de M. de la Garaye d'une maniere infiniment plus touchante que tout ce que l'art a montré de plus faftueux & de plus éclatant : c'est dans cet asyle, où tout respire la philosophie & l'humanité, que les travaux & les bonnes intentions de M. le Comte de la Garaye ont été récompensés par la découverte de plusieurs nouveaux médicamens d'autant plus précieux, qu'ils sont plus efficaces, & moins révoltan's au goût.

Les malades & les infirmes dont M. le Comte de la Garaye s'étoit formé une espéce de famille, sur laquelle il versoit tout ce que les études lui avoient fait connoître de falutaire, étoient d'abord les seuls qui participassent aux avantages de ces utiles découvertes ; mais bientôt elles parvinrent aux oreilles du Roi ; Så Majesté desira que ces secrets trouvés & distribués, pour

ainsi dire, dans le silence, fussent plus connus & acquit , par ses bienfaits , le droit précieux de répandre fur fon peuple & fur le genre humain des secours jusqu'alors connus d'un très-petit nombre de personnes. Il est aisé de concevoir quels effets ces heureux événemens produisirent sur le cæur d'un homme tel que M. le Comte de la Garaye: pénétré des sentimens les plus vifs, il fe rendit bientôt aux yeux du Roi, & publia ses expériences.

Quoique suivant le cours ordinaire de la vie celle de M. le Comte de la Garaye fût parvenue à son terme, sa perte produisit cependant l'effet d'un coup inopiné, elle occafionna la plus grande défolation dans la Bretagne ; cette Province l'auroit souhaité immortel : il est vrai que s'il appartenoit à quelques hommes d'être exempts des loix

ce feroit sans doute aux bienfaiteurs de l'humanité, ce

communes

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