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errante ont fait contracter des habitudes de désordre, de violence, et de complots ténébreux qui ont perverti chez eux lea sentiments élevés d'amour pour l'humanité, et même inspiré la pensée de souiller par le crime l'honneur national.

Ces manifestations d'un autre âge, depuis longtemps condamnées par les arrêts de l'histoire, ne s'accordent plus avec l'esprit de notre époque. La génération actuelle doit avoir pour but de fonder le bien-être du pays, non par des torrents de sang, mais dans la voie du progrès pacifique.

C'est le but que nous nous sommes tracé lorsque, confiant dans la protection divine, nous avons fait devant Dieu et notre conscience le serment de consacrer notre vie au bonheur de nos peuples.

Mais pour accomplir dans toute son étendue ce serment, qui nous demeurera toujours sacré, nous avons besoin de l'assistance de tous les hommes de bien sincèrement dévoués à leur patrie et qui placent leur dévouement non dans des calculs intéressés ou des tentatives criminelles, mais dans le maintien du repos public, sous la sauvegarde des lois.

Dans notre sollicitude pour l'avenir du pays, nous sommes prêts à vouer à l'oubli tous les actes passés de rébellion. En conséquence, désirant ardemment mettre un terme à une effusion de sang aussi stérile pour les uns qu'elle est pénible pour les autres, nous accordons un pardon entier à tous ceux de nos sujets du Royaume impliqués dans les derniers troubles, qui n'auraient point encouru de responsabilité pour d'autres crimes ou des délits commis au service dans les rangs de notre armée, et qui jusqu'à la date du -jsj Mai déposeront les armes et rentreront dans l'obéissance.

C'est sur nous que repose l'obligation de préserver le pays du retour de ces agitations désordonnées et d'ouvrir une ère nouvelle à sa vie politique. Elle ne peut s'inaugurer que par une organisation rationnelle de l'autonomie administrative locale, comme fondement de tout l'édifice.

Nous en avons posé les bases dans les institutions octroyées par nous au Eoyaume; mais, à notre sincère regret, le résultat n'a pas encore pu en être soumis à l'épreuve de l'expérience, par suite des instigations qui ont substitué des entraînements chimériques aux conditions d'ordre public sans lesquelles nulle réforme n'est possible.

En maintenant encore aujourd'hui ces institutions dans leur intégrité, nous nous réservons, lorsqu'elles auront été éprouvées dans la pratique, de procéder à leur développement ultérieur selon les besoins du temps et ceux du pays. Ce n'est que par la confiance qu'il témoignera dans nos intentions que le Eoyaume de Pologue pourra effacer les traces des malheurs actuels et marcher sûrement vers le but que notre sollicitude lui assigne. Nous invoquons l'assistance divine afin qu'il noua soifc donné d'accomplir ce que nous avons toujours considéré comme notre mission.

ALEXANDBE.

Oukase de Sa Majesté l'Empereur, adressé au Sénat Dirigeant, en date du 31 Mars, 1863.

St. Pétersbourg, le 31 Mars, 1863.

La rébellion depuis longtemps préparée sous main, et qui a enfin éclaté dans le Eoyaume de Pologne, a entraîné également des désordres dans quelques parties des provinces occidentales de l'Empire. Les meneurs secrets du mouvement excité contre notre Gouvernement, s'opposant obstinément à la réalisation de nos intentions bienveillantes pour l'organisation des affaires du Eoyaume, se sont efforcés d'accroître les difficultés que nous rencontrions dans cette tâche, en élargissant le cercle de leurs entreprises criminelles et de leur pernicieuse influence. Dans ces vues, ils avaient depuis longtemps cherché à ébrauler les sentiments de dévouement envers nous de nos fidèles sujets des Gouvernements de l'Ouest. Ils ont employé à cet effet les mêmes moyens qui, dans les limites du royaume, ont eu des suites déplorables quoique incomplètes. Enfin des bandes armées ont pénétré dans les frontières de l'Empire afin de propager dans les contrées de l'Ouest les troubles que n'avaient pu exciter ni les tentatives des émissaires de la révolution ni leurs appels clandestins à la révolte. Nos troupes ont dispersé les bandes qui se sont montrées dans les Gouvernements limitrophes du Eoyaume de Pologne. Leurs débris sont poursuivis dans les bois où ils ont cherché refuge. Cependant, malgré la folie d'une lutte sans espoir, les chefs continuent à consacrer tous leurs efforts afin d'entraîner les populations paisibles, et emploient dans ce but tantôt les promesses, tantôt les menaces et même la violence.

Ceux des habitants des Gouvernements de l'Ouest qui se sont réunis aux bandes rebelles et qui ont été pris par nos troupes, ou ceux dont la participation à la révolte a été constatée par tout autre moyen, sont livrés à la justice.

Mais nous savons que tous ne sont pas également coupables, et nous désirons leur donner les moyens de profiter de nos sentiments de clémence souveraine.

A cet effet, nous ordonnons que les autorités supérieures soient chargées do déclarer, dans les limites des localités qui leur sont confiées, que nous accordons un pardon entier et complet à tous les habitants des Gouvernments de l'Ouest impliqués dans ces désordres qui, n'ayant pas encouru de responsabilité pour d'autres crimes, rentreront dans l'obéissance avant le 1 Mai prochain.

Nous conservons l'espoir que cette faveur souveraine sera justement appréciée par les habitants bien pensants, et quo, de leur c6te, ils oontinueront de concourir au maintien de l'ordre et de la tranquillite publique, fermement convaincus que da cette condition depend la realisation dcs plans que depuis lo commencement de notre regne nous avons concus dans la pensee d'etendre les droits ootroyes a. tous nos fidelea sujets et d'elargir progressivement la sphere d'activite tracee aux diveraes institutions locales dans notre Empire.

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Le Senat dirigeant est charge de prendre les dispositions necessaires en execution du present Oukase.

ALEXANDRE.

No. 161.-—Mr. Jerningham to Earl Russell.(Received April 20.) (Extract.) Stockholm, April 13, 1863.

EEFEjj^iNa to your Lordship's despatch of the 6th instant, I have the honour to state that Count Manderstrom read to me to-day the despatch dated the 7th instant, -which he had addressed to the Swedish Minister at St. Petersburgh on behalf of Poland, in consequence of the invitation contained in your Lordship's despatch of the 4th ultimo; and, as his Excellency mentioned that a copy of his despatoh had been sent to London for communication to your Lo.dship, I need only add that Count Manderstrom observed that he 1 ad thought it better to abstain from entering into any particulars regarding Polish reform as your Lordship had done, since what might be advisable coming from England might be the contrary coming from Sweden; that, in fact, though he did not think Her Majesty's Government wrong to enter upon such details, he thought the Swedish Government right to abstain from them.

His Excellency said that a copy of his despatch had also been sent to Paris.

Marl Russell. W. G-. S. JERNINQHAM.

No. 162.—Lord Napier to Earl Russell.(Received April 20.) Mt Lobd, St. Petersburgh, April 12, 1863.

I Have the honour to transmit to your Lordship herewith, ill reference to my despatch of the 5th instant, an extract from the "Journal de St. Petersbourg" of the 7th instant, contaiuing the official translation of the address presented to the Emperor, by the Assembly of the Nobility of St. Petersburgh, in reference to the insurrection in Poland.

The san.o journal contains the speech delivered by Prince Suwaroff in closing the sittings of the Assembly.

The address of the Assembly having been presented to the Emperor by a deputation of that body, His Majesty returned a gracious reply, transmitted herewith, thanking the nobility for their patriotic declarations.

It may be regretted, I think, that the Emperor did not (nail himself of this occasion to make use of some conciliatory expressions towards his Polish subjects, and to define his intentions in regard to the institutions and liberties of Poland hereafter, in connection with Russia. I have, &c.

Earl Eussell. NAPIEE.

{Inclosure 1.)—Extract from the "Journal de St. Pétersbourq" of

April 7,1863.

Adresse à Sa Majesté l'Empereur, votée à V Unanimité par l'Assemblée de la Noblesse du Gouvernement de St. Pétersbourg, dans sa Séance du 22 Mars, 1863.

Tbes-gbaciettx. Souvebain,

La noblesse du Gouvernement de St. Pétersbourg, inspirée par

son dévouement séculaire au trône et à la patrie, considère comme

un devoir sacré d'exprimer solennellement à votre Majesté les

sentiments qui l'animent.

Les prétentions au patrimoine de la Eussie, provoquées par les

troubles de Pologne, excitent notre douleur et notre indignation. Nos envieux se llattent de l'espoir que l'ère des réformes,

inaugurée par votre Majesté pour le bonheur et la prospérité de

l'Etat, sera favorable aux projets qu'ils forment contre l'intégrité

de l'Empire.

Leur attente sera déçue.

La noblesse, qui s'est toujours signalée par son dévouement et son abnégation, indissolublement unie à toutes les classes de la nation, ne reculera devant aucun effort ni devant aucun sacrifice pour défendre, avec une inébranlable fermeté, les territoires de l'Empire.

Les ennemis de la Eussie apprendront qu'il vit encore en nous ce puissant esprit de nos ancêtres qui a créé l'unité politique de notre patrie bien-aimée.

La Session de l'Assemblée de la Noblesse du Gouvernement de St. Pétersbourg a été close par le discours suivant de Bon Altesse le Prince Ttaliisky, Comte Souvorow-Eymniksky:

"J'apprends que la Noblesse du Gouvernement de St. Pétersbourg a terminé la série de ses travaux par un acte solennel dans lequel elle a exprimé à Sa Majesté l'Empereur ses sentiments de fidélité et l'empressement qu'elle mettrait à répondre, si les circonstances l'exigeaient, au premier appel de notre auguste Maître pour la défense des droits sacrés qui garantissent l'intégrité de l'Empire.

"Cette voix, qui devait avant tout retentir dans la capitale, parviendra jusqu'aux confins _1us reculés de notre pays, et y réveillera l'écho d'une r 'in enthousiasme unanimes.

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"Je lie toucherai pas, Messieurs, aux questions importantes qui ont formé l'objet de vos délibérations pendant la période de votre session; je ne m'arrête qu'à l'événement le plus éclatant, accompli dans l'enceinte de votre Assemblée, que je déclare close et dont j'emporte le souvenir le plus satisfaisant."

{Inclosure 2.)—Extract from the "Journal de St. Pétersbourg" of April 10, 1863.

Le 2G Mars, à midi et demi, Sa Majesté l'Empereur à daigné recevoir au Palais d'Hiver la députation chargée de lui soumettre l'expression des sentiments de fidélité de la noblesse de St. Pétersbourg.

Sa Majesté, visiblement émue, après avoir honoré de quelques paroles chacun des membres de la députation, a daigné leur dire ce qui suit:

"Je vous remercio de cette adresse. Elle m'a procuré, dans les circonstances actuelles, un moment des plus agréables et dea plus consolants. Comme gentilhomme, je partage entièrement ces sentiments, et je suis persuadé qu'ils vous sont communs avec toute la noblesse Eusse.

"J'espère que vous transmettrez à vos enfants les mêmes sentiments dont vous m'avez réjoui.

"Je comprends l'amour de la patrie tel que vous l'avez exprimé. Depuis des siècles il a constitué la force de la Eussie: de génération en génération il restera le gage certain de sa puissance.

"Je vous remercie encore une fois, et je vous prie de faire part à la noblesse de ma sincère reconnaissance."

No. 163.—Lord Napier to Earl Russell.{Received April 20.) Mi Lord, St. Petersburgh, April 15, 1S63

Afteb the Address from the Assembly of the nobility of the Government of St. Petersburgh had given the signal, the anti-Polish movement was taken up by the municipality of St. Petersburgh. A meeting of the burgesses was convoked, at which there was a great fermentation, and at which the people manifested a hearty disposition to oiler up their lives and fortunes for their Czar, their Church, and their country, on condition that no concessions should be made to the Poles. The duty of framing an Address to the Sovereign was, however, left to the prudence of a Committee, and their deliberations resulted in the accompanying document, which is not intemperate, but which preserves something of the fanatical fervour which is natural to the lower order of Eussians.

It is expected that the contagion of patriotism will spread all over the Empire, and that the various official and popular bodies

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