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La premiere elt , de visiter avec les lampes d'un exact examen la Jerusalem de notre interieur,& dc voir si dans son fond réside cette ferme & invariable résolution de n'offenser jamais Dieu mortellement d'une volonté déliberée ; car c'est en ce point que consiste notre grande union à la volonté de Dieu,qui ne respire pour nous que la grace & la fanctification.

La seconde , si nous avons un ferme & constant desir d'aimer Dieu : quand il disoit constant & ferme, il entendoit un defir efficace, non ces volontés imparfaites que l'on appelle velleités.

CH A P IT RE V.

Obéir aux Puissances. E Séréniffime Duc de Savoye ayant des guerres L , & urgentes, obrint un Bref du Pape pour faire dans ses Etats quelque levée de deniers sur les biens Ecclésiastiques , & l'envoya aux Evêques pour faire chacun dans leurs Diocèses les départemens de cette contribution, proportionnément aux revenus des bénéfices.

Le Bienheureux fit assembler les Bénéficiers de fon Diocèse, & les voyant peu disposés à satisfaire à ce qui étoit ordonné par Sa Sainteté, les uns & les autres alléguant diverses excuses, lesquelles lui paroissant trop légeres pour contrebalancer des besoins aussi pressans qu'étoient ceux du Duc , entra

en zele, tant pour la Maison de Dieu que pour celle de son Prince, & leur dit en l'excès de la ferveur : Quoi, Messieurs , est-ce à nous à alléguer des raisons , quand les deux Souverains concourent à un même

commandement ! Est-ce à nous de pénétrer leurs conseils , & à leur demander , pourquoi faites-vous ainsi :.

Nous rendons bien cette déférence, non-seulement aux Arrêts des Cours Souveraines, mais aux Sentences des moindres Juges, établis de Dieu pour

décider les différends qui naissent entre nous, sans nous enquerir des motifs de leurs jugemens, & quand ils disent , pour cause, cela nous suffit & nous arrête ; & ici où deux oracles parlent , qui n'ont à rendre compte qu'à Dieu de ce qu'ils ordonnent, nous voudrions examiner leurs sentimens, comme si nous voulions leur servir d'inquisiteurs ; pour moi je vous déclare que je ne puis ni entrer dans vos sentimens , ni les approuver.

Vraiment nous sommes bien éloignés de la perfection de ces Chrétiens, même laïques, à qui saint Paul disoit : Vous avez vû avec joie tous vos biens Heb. 1o. im pillés , sqachant que vous aviez d'autres biens plus excellens & qui ne périront jamais.

Vous voyez qu'il parle de l'injuste ravissement de tous leurs biens; & vous aurres ne vous relâcherezvous pas de quelque petite portion des vôtres pour foulager le Pere de la Patrie, notre bon Prince, au zele duquel nous devons le rétabliffement de la Religion Catholique dans les trois Bailliages du Chablaix, & qui n'a point de plus grands ennemis que les adversaires de notre créance ?

Notre Ordre n'est-il pas le premier des trois qui composent tous les Etats des Princes Chrétiens ? Est-il rien de plus juste que de contribuer de nos biens aussi bien que de nos prieres , à la défense des Autels, de notre vie & de notre repos, tandis que le Peuple prodigue la substance pour cela , & la Noblesse fon lang. Souvenez-vous des guerres

maux.

passées, & appréhendez que votre ingratitude & vo. tre désobéissance ne vous replongent dans de pareils

A ces paroles il ajouta son exemple , & fit lui-même sa taxe li excellive , selon la partie de son revenu, qu'il n'y en eut aucun, non-seulement qui osâ fc plaindre, mais qui n'eût honte d'avoir contredit.

C'est ainsi qu'il obéissoit, & qu'il apprenoit aux

autres à obéir; puissant en parole & en cuvre, & Judic. 7. 17. disant comme Gedeon à ses soldats, ce que vous me

verrez faire, faites-le.

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ple, fait

9. 189.

a. 2. 3.2 23. 4. 4.

De l'excellence du væu.
L n'y a point de doute que le jeûne, par exem-

par vou, ne soit meilleur , plus excellent & plus parfait que celui qui est fait sans væu , 2. 1.9.88. a. suivant les raisons du Docteur Angélique.

1. Parce que le væu étant un acte de la vertu de Religion très-noble entre les vertus morales, & beaucoup plus excellent de sa nature que celui du jeûne, cette bonté de la vertu de Religion ajoutée à celle du jeûne, augmente de beaucoup la valeur & la perfection du jeûne.

2. Parce que celui qui jeûne par væu donne nonseulement le fruit du jeûne, mais l'arbre & le fonds, qui est la volonté déterminée & obligée par le væu.

3. Parce que le væu ajoutant une obligation étroite à l'acte du jeûne, lie davantage la volonté, & la rend plus résoluë , plus constante & plus ferme dans l'exécution.

4. J'ajoute, qu’un bien ajouté à un autre l'augmente nécessairement.

Il faut néanmoins avouer que celui qui jeûneroit sans veu , mais avec une charité plus grande , feroit une action meilleure , plus excellente & plus parfai. te, que celui qui jeûneroit par veu avec une moindre charité ; parce que c'est certe vertu qui donne le prix à nos æuvres devant Dieu. Ce personnes qui font de bonnes euvres par veu a les faire dans la charité & par la charité, pour n'en point perdre le prix & le mérite.

qui engage les

CHAPITRE VII.

Sa ponctualité. °E’soit une de ses maximes, que la grande CE

fidelité envers Dieu se voyoit dans les petites choses. Celui qui est ménager sur les deniers & fur les liards , disoit-il, combien le fera-t-il sur les écus & les pistoles ?

Et ce qu'il enseignoit, il le pratiquoit exactement, car c'étoit l'homme le plus ponctuel qu'on pût voir. Non-seulement aux Offices Divins, à l'Autel & au Cheur , il observoit ponctuellement & fidellement les moindres cérémonies , mais encore quand il récitoit ses heures en particulier.

Il étoit le inême dans les démonstrations de civilité ; il ne manquoit à rien. Un jour je me plaignois à lui du trop grand honneur qu'il me déferoit : Et pour combien , me dit-il, comptez - vous JesusChrist , que j'honore en votre personne.

Sur-tout il me recommandoit de bien étudier le cérémonial des Evêques. C'est aux Pasteurs,

disoitil, qui sont le sel de la cerre & la lumiere du mon- Matt.. de, de se montrer exemplaires en toute chose. 11 © 14.

avoit souvent en la bouche ce beau mot de saint 1.Cor. 14. 46. Paul : Que tout se fasse parmi vous dans la bienséance

do avec ordre.

CHAPITRE VIII.

Son peu d'estime des biens de la terre , & fon

zele pour le salut des ames. Q

Uorque ceux de Geneve lui retinssent presque

tout le revenu de fa Manse Episcopale , & celui de son Chapitre , je ne lui en entendis jamais faire aucune plainte, tant il étoit peu , non pas attaché ou affectionné, mais attentif aux choses de la terre. Il avoit coutume de dire, qu'il en étoit des biens de l'Eglise comme de la barbe , plus on la rase & plus forte

& épaisse elle revient. Lorsque les Apôtres n'avoient rien, ils possedoient tout; & quand les Ecclésiastiques veulent trop posseder , le trop se réduit à rien.

Il ne soupiroit qu'après la conversion de ces ames rebelles à la lumiere de la verité, qui ne luit que

dans la vraie Eglise. Il disoit quelquefois en soupiGenef. 14. 21. rant: donnez-moi les personnes & prenez le reste ,

parlant de la Geneve, qu'il appelloit toujours fa pauvre, ou chere, nonobstant la rébellion.

Plût à Dieu , m'a-t-il dit quelquefois , que ces Mellieurs eussent encore ce peu de revenu qu'ils .m'ont laissé de reste, & que nous eussions seulement autant d'accès en cette déplorable Ville , que les Catholiques en ont à la Rochelle ; une petite Chapelle pour célébrer le divin Service & y faire les fonctions de notre Religion, vous verriez dans peu de tenis tous ces prévaricateurs revenir à leur

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