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non-seulement de Province , mais de nation.

Sur ce sujet il me dit qu'il eût souhaité en ce Reli . gieux moins de nudité corporelle & plus de spirituelle, moins d'austerité exterieure & plus de mortification interieure. Et parlant d'un Institut où l'on s'applique beaucoup à la science, & dont il fait parade : Je lui souhaiterois , disoit-il, un peu moins de la science qui enfle, & un peu plus de la charité qui édifie : un peu moins de suffisance, & un peu plus d'humilité

Mot , qui me fait souvenir d'un autre de M. le Cardinal de Berulle , qui parlant d'un Docteur fort profond Théologien , mais peu agile & peu habile in agibilibus ; je lui desirerois, disoit-il, un peu moins de Théologie & un peu plus de sens commun, il n'en mériteroit

pas moins le titre de fapientiffimus.

CH A P Í T R E X XII.

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Des aridités spirituelles.
'Est le propre des enfans d'aimer le sucre & les

dragées, & ils n'ont pas assez de jugement pour connoître que ces douceurs leur sont nuisibles & leur engendrent des vers. C'est aufli le fait des esprits peu fermes en la piété, de ne faire de progrès en la vertu qu'à mesure que Dieu leur fait pleuvoir la mane des consolations interieures. L'aridité fe fait-elle sentir, les voilà languissantes , lâches & pesantes à elles-mêmes & à autrui : leurs pensées les inquiétent & tourmentent leur cæur ; en un mot, ils sont comme les enfans d'Ephrem , qui faisoient merveille à Pfal. 77.98 tirer au blanc, mais qui prenoient la fuite quand ils voyoient l'ennemi.

Latret. 7.

» Il ne faut pas faire ainsi, dit notre Bienheureux; v au contraire, plus Dieu nous prive de confolation, » & plus nous devons travailler pour lui témoigner » notre fidelité. Un seul acte fait avec sécherelle » d'esprit , vaut mieux que plusieurs faits avec une

grande tendresse, parce qu'il se fait avec un amour plus fort, quoiqu'il ne soit pas

fi tendre ni G agréable.

Un vaillant soldat va de sang froid dans les périls & dans les hazards, mais le commun ni va que

lorfqu'il est poussé. On est contraint pour l'y faire aller , d'user du bruit des tambours & des trompettes.

Celui qui est vaillant dans les choses de l'esprit, ne s'abbat point dans les séchereffes & aridités; c'est

alors qu'il redouble sa constance. Il n'y a que les làNavneo 13. ches & timides espions d'Israël , qui s'effraient à la

vûë des habitans de la terre promise. Qui fert Dieu pour

des confolations, aime mieux les confolations de Dieu,

que

le Dieu des confolations, & qui fuit la Croix n'est pas digne de la suivre, ni d'être Difciple d'un tel Maître.

CHAPITRE XXI I I.

De la modestie au coucker.
CES

'Est une action à laquelle peu de personnes

prennent garde, n'y observant aucune reglede circonfpection & de bienséance.

Nous devons nous coucher décemment , & penser

que l'ail de Dieu , qui ne dort point, nous vou en cette action , & pareillement nos Anges Gardiens, aufli bien que les malins esprits, qui, surtout là, nous tendent des piéges.

«

Nous devons, dit notre Bienheureux, avoir « Entret, * Dieu devant les yeux toujours & en tout lieu , auf-. fi bien étant seuls qu'en compagnie & en tout a tems , oüi même en dormant. Un grand Saint l'écrivit à son Disciple, disant qu'il se couchât mo- « destement en la présence de Dieu, de la même ma- « niere comine feroit celui à qui Notre-Seigneur « étant encore en vie, commanderoit de dormir & se coucher en sa présence ; & quoi , dit-il, que es vous ne le voyez pas, & n'entendiez pas le com-« mandement qu'il vous en fait , ne laissez pas de le faire tout de même que si vous le voyiez , « parce qu'en effet il vous est présent & vous garde pendant que vous dormez. O mon Dieu ! combien os nous coucherions-nous modeftement & dévoters ment , fi nous vous voyions ; sans doute nous croi-ce serions les bras sur nos poitrines avec une grande dévotion «.

Quelques serviteurs de Dieu récitent en cette occasion ces saintes paroles. Je dors,mais mon caur veille, Cant. s. 22 Gardez-moi, Seigneur , comme la prunelle de votre æil, Pfal. 16. 8. protegez-moi sous l'ombre de vos aîles ; environnez-moi Psal. 90. s. de votre verité comme d'un bouclier, me préservez des, craintes nocturnes. En lui je dormirai en paix do me re-Pfal. 4. 9 poserai ; car il m'a établi en une singuliere esperance en fa bonté. Si Dieu ne garde la cité, en vain veille celui Pfal. 126, 1 qui la garde.

CHAPITRE XX I V.

Commander par obéisance.
Ne fille de la Visitation, que l'on destinoit

être Superieure, le plaignant à notre
Bienheureux , & lui disant qu'elle perdroit le fruit,

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de l'obéissance, il la confola par ces paroles : » Tant » s'en faut , lui dit-il, ma fille, qu'il vous sera extrê» mement multiplié; car si vous demeuriez en l'état w de sujerion, vous n'auriez que le fruit de l'obéif» fance qui vous seroit imposée par la Superieure : » mais érant Superieure , autant de commandemens • que vous ferez à vos filles seront pour vous aurant d'obéissances.

La fille s'étonnant de ce difcours & lui en demandant l'éclaircissement : Voyez-vous, lui dit-il, ma fille , n'est-ce pas Dieu , qui , par l'élection qu'il fait de votre perfonne pour commander à une Communauté, vous ordonne de commander ? En obéissant donc à ce commandement , & acceptant humblement la charge qui vous est imposée, ne voyez-vous pas que commandant par obéiffance, tous vos commandemens pour autrui feront des obéiffances pour vous , d'autant que vous commanderez sance , parce que vous obéissez au commandement qui vous est fait de commander.

Au reste , je vous trouve heureufe d'entrer en charge avec cette averfion de commander, & un grand amour pour l'obéissance ; parce que cela fera que vous commanderez par amour & pour l'amour, & ce divin amour rendra votre fardeau léger, & le joug des autres suaves.

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par obéif

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CH A P II RE X X V.

De l'oraison mentale. E demandai une fois à notre Bienheureux s'il n'étoit pas mieux de ne prendre qu'un point pou faire oraison , & de n'en tirer qu'une affection & une résolution,

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Il me répondit que l'unité & fimplicité en toutes choses, principalement aux exercices spirituels, étoit toujours à préferer à la multiplicité. Qu'il n'y avoit que les commençans à qui l'on conseillât d'en

prendre plusieurs pour les occuper.

Sur la multiplicité des affections & résolutions, il me répondit, que quand le Printems étoit fort abondant en fleurs, c'étoit alors que les abeilles faisoient moins de miel, d'autant que prenant beaucoup de plaisir à voltiger sur cette abondance , elles ne se donnoient pas le loisir d'en extraire le suc & l'esprit, duquel elles composent leurs rayons. C'est le propre, ajouta-t-il, des bourdons, de faire assez de bruit &

A la demande, s'il n'étoit pas mieux de réperer souvent la même affection & résolution pour l'inculquer davantage , il dit qu'il falloit imiter les Peintres & les Sculpteurs, qui font leurs ouvrages à force de réïtérer les coups de pinceau & de cizeau,

faire de profondes impressions sur nos coeurs, il falloit leur redire souvent la même chose.

Il ajouta que comme ceux qui en nâgeant remuent trop promptement les jambes & les bras, enfoncent, érant nécessaire de les remuer doucement & à loisir , aulli ceux qui s'empressent trop dans l'oraison s'évanouissent dans leurs pensées, & leurs pensées Job. 17. 12 dissipées affligent leur ceur.

peu de fruit.

& que pour

CHA PIT RE X X X I.

Sur le même sujet.
O

UANT à la question qui m'est faite, comment

s'entend ce mot, que notre Bienheureux attribuë au grand saint Antoine, que celui qui prie dois

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