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la plus grande partie, elles en soient tachées, si on ne l'employe fans asphalte; de même les couleurs mêlées avec le Chiaram, le sont aussi, fi on ne s'en sert sans la teinture de vitriol.

9o. Le Vernis étant sec, perd toute son odeur.'

10°. Il devient inaltérable, & résiste au chaud, à l'humidité, & même à la force des sels corrosifs, ce qui fait qu'on peut polir ces ouvrages comme l'on veur; & je sais que les Chinois, après avoir mangé sur les tables enduites de leur Vernis, sans nappe ni tapis , ont coutume de les laver avec une éponge trempée dans l'eau froide ou chaude ; il n'en est pas de même des autres Vernis, qui dès qu'ils sentent la chaleur, se gonflent, forment des élévations & perdent leur lustre,

11°. Il s'étend mieux sur l'ouvrage étant chaud, & s'applanit de lui-même, comme fait le

Chiaram, avant qu'il soit sec.

12°. Ce Vernis a une autre propriété, qui est d'être pliant & souple, de façon qu'étant employé sur le carton, il cède & ne s'éclate point lorsqu'on le plie.

Toutes ces propriétés conviennent à l'un & à l'autre, & ne se peuvent trouver dans toutes les autres sortes de Vernis; celui-ci même est plus eftimable, en ce qu'on le peut employer sans craintc d’en recevoir aucune incommodité : on peut aussi l'étendre avec la paume de la main, ou avec les doigts, en guise de pinceau; au lieu que le Chiaram de la Chinc, & l'uruxi du Japon, ont des qualités dangereuses, nonseulement au tact, mais à l'odorat, comme nous l'avons dit ci-dessus chap. 7. Enfin examinant toutes les qualités de l'un & de l'autre, je n'y puis trouver aucune diffétence, sinon que le Chiaram fe travaille à la Chine, l'uruxi au Ja

pon, & que celui-ci se peut faire * en Italie & par-tout le monde.

Il est aisé de voir combien celui-ci doit être plus estimé que les autres, soit ceux qui sont composés de gommes diffoutes dans l'esprit de vin, soit ceux qui sont oléagineux. Ceux qui s'amusent à les composer, & qui sçavent les propriétés de chacun, pourront

facilement voir que tous, pour · bons qu'ils soient, ne fone pas

d'allez longue durée pour n'être point offensés, même en le travaillant; mais celui dont nous parlons, résiste plus que cous les autres, principalement s'il est cuit fur le métal, comme on le pratique dans les ouvrages faits à la Chine: il est vrai qu'il n'y a rien dans le monde qui dure éternellement, & que tout est sujet à la deftruction. ,

CHAPITRE XVII.

Manière d'orner d'arabesques & de feuillages d'orle Vernis précédeni. T Ntre les ouvrages qu'on ap

porte de la Chine en Europe, il ne s'en trouve presque point qui ne soit orné de quelques figures ou feuillages d'or, quoique pour l'ordinaire la plu grande partie du Vernis reste decouverte, sans aucun ordre ni disposition. Si l'on veut imiter ces ornemens, il faut remarquer que dans la plûpart des ouvrages, ces fortes de choses sont en bas-relief, ce que les Chinois font avec de la poudre de terre cuite, incorporée avec le Vernis même; mais plusieurs désapprouvent cette façon & la rejercent. Cependant de quelque manière que ce soit, si on le veut imiter, il faur premièrement, avant de couvrir - le bois de Vernis, faire les bas re

liefs avec du plâtre fin, du bol d'Arménie, ou de la céruse & du minium, bien incorporés avec de la colle; & cela étant ensuite enduit de Vernis, se recouvre avec le mordant, & se dore avec l'oren feuille fin, ou avec le faux qu'on fait en Allemagne, ou même avec l'or en poudre ; il sera pourtant encore meilleur de former ces

bas-reliefs après que le vernis sera : sec & uni, comme on l'a dit, fai

fant une pâte du même Vernis ou de quelque autre mordant avec la céruse & le minium; & lorsque

cette pâte érant mise sur le Ver- nis est prête à fe fecher, on la couvrira d'or, qu'on peut encore recouvrir d'une couche déliée de Vernis fait avec la gomme-lacque dissoute dans l'esprit de vin, ou avec le Vernis huileux clair, lequel, outre le brillant qu'il lui donne, le défend de l'humidité &

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