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CHAPITRE VII. Du Vernis usité au Japon. A Près le précédent examen, A & l'épreuve faire du véritable Vernis de la Chine , il m'a éré envoyé par un ami demeurant aux Indes Orientales , une relation en langue Portugaise ; un peu barbare, concernant le Vernis dont on se sert dans la grande Isle du Japon", peu éloignée du Royaume de la Chine, & avec lequel les gens du Pays peignent les tables, coffres, bureaux, platteaux, & autres meubles, quoique dans les Arabefques dorés, ils n'ayent pas la perfection des Chinois: les écritoires, qui, pour l'ordinaire , se vendent à Bengal, Ville des Indes Orientales, où on les tranfporte du Japon, sont ordinaire

ment ornées de feuilliages , parmi - lesquels ils ont coutume d'en

chấller des morceaux de couleur changeante ,qu'on croit communément être la nacre de perles; mais c'est une erreur, car ce fonc des fragmens d'une coquille trèsmince & tendre, dont j'ignore le nom : je sçai cependant qu'on en peut avoir de presque semblables d'une certaine coquille Bivalve, qui se trouve dans la mer Trapane en Sicile, on la nomme Sartanielle : elle est de la figure mar. quée dans mon Traité des Cod quilles, N° 58, de la feconde Classe des Bivalves, ou composées de deux pieces pareilles, comme font les Tenilles & d'autres semblables.

La matière dont on fait le Vernis au Japon érant recueillie, fe nomme Uruxi : on la tire d'une cfpèce d'arbre particulier, comme celui de la Chine, à la fin de

Septembre , qui arrive ordinairement à la huitième Lune des Japonnois : on le ramasse de la manière suivante. Ils font des incisions profondes dans l'écorce 1 de l'arbre, depuis le haut jufqu'en bas; & lorsque la liqueur commence à en distiller , avec un instrument de fer ou de bois, ils la font couler dans un vase de porcelaine, puis ils le couvrent avec un papier trempé dans l'huile : cette liqueur n'est point noire, mais plûtôt tire sur le blanc , lorsqu'on la recueille : personne n'ose la toucher , parce. qu'elle excite une démangeaison horrible, & fait venir bcaucoup de boutons avec une douleur considérable. On ne m'a pas dit fi cet arbre est de même espèce que ceux qui produisent le Vernis de la Chine : je le crois pourtant différent, parce qu'au Japon on le culcive pendant sept ans.

avant que d'en tirer du Vernis, au lieu que celui de la Chine en donne tous les ans , & est grand commeles pins & les sapins d'Europe, & ne demande aucun soin pour le cultiver.

Lorsque l'on veut employer le Vernis du Japon, il faut premièrement le disposer & le préparer

en la manière suivante : on le fil-tre deux fois par le linge, prenant

bien garde de ne point le toucher, & pour cela on le presse entre deux planches; ensuite on l'étend avec un pinceau lur ce que l'on veut vernir, & on le laissé fécher; lorsqu'il est fec on donne une seconde couche, mais auparavant on doit le repasser par un linge, dans lequel on aura mis un paquec de foye ou de coton. On donne ensuite la troisième couche en cette manière ; on filtre deux fois le Vernis, & sur trois partics on en met une (1) d'eau ; on met ce

(1) Il paroît allez exțraordinaire, que

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mêlange dans un vase proche du feu, & on brouille avec une cueillier, jusqu'à ce que l'eau soit bien incorporée avec le Vernis, qui étant remué un jour entier sur le feu devient noir ; lorsqu'il l'est parfaitement, on l'incorpore avec de l'huile appellée Gingiulea. Mais on ne m'a pas expliqué quelle sorte d'huile c'étoit, je ne la crois pas pourtant disfé. rente de celle dont on se sert à la Chine. l'on mệle de l'eau dans ce Vernis, qui est de natureoléagineuse.

CHAPITRE VIII. De la façon d'employer le Vernis

s précédent. T E bois, ou quelqu'autre maLtière que ce soit, sur laquelle on veur mettre ce Vernis, doit être poli & fort uni; & lorsque

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