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faire la guerre aux ennemis par lesquels elle étoit at- ^ N u taquée , Ôc de traiter avec eux s'ils se soumettoient. Le pape le fit auíïi comte de Romagne & Pacinire ou pacificateur de Toscane, & en cette qualité il entra ie jour de la Touíïaint à Florence, où le pape ren- Rah.n.i^i voya un moisaprés le cardinal Matthieu d'Aquasparta en qualité de légat,pour travailler avec Charles à réunir les factions qui déchiroient cette grande ville. Or le principal objet du voïage de Charles de Valois *' étoit d'aider le roi Charles le Boiteux à recouvrer l'ifle de Sicile : c'est pourquoi le pape lui donna des décimes à lever en France, en Italie, en Sicile , en Sardaigne, en Corse, dans la principauté d'Achaïe, le duché d'Athènes & les iíles voisines.

. Cette année commencèrent les fameux différends ^Tentre le pape Boniface& le roi Philippe le Bel, àl'oc- p^Ymcm! casion de Bernard de Saiflet premier évêque de Pa- prisonné. miers. Ce prélat fut dénoncé au roLcommeaïant vou- Sltp' líV' „ lu persuader au comte de Foix & au comte de Corn- Différends minges , de se révolter & soustraire à l'obéïssance du P- 6l7' roi la ville & le comté de Toulouse , nouvellement réuni àlacoutonne. On l'accusoit aussi d'avoir dit que la ville de Pamiers n'étoit point du roïaume, qu'il ne tenoit rien du roi, que c'étoit un faux monoïeur, qu'il n'étoit pas légitime, & enfin qu'il ne valoit rien. Le roi fit informer de ces faits, qui furent prouvez par une information juridique commencée le mercredi ^' *34' d'aprés la Trinité vingt-quatriéme de Mai 1301.Ensuite P- 6l9f le roi fit venir à Senlis les grands de Ion roïaume, avec plusieurs docteurs, clercs & laïques ;& parleur conseil il sit arrêter l'évêque de Pamiers qui étoit présent, & le mit à la garde de Gilles Ascclin archevêque deNar

A"-n bonne son métropolitain , afin qu'il lui fît son proN. 1301. . r )V . t , . » 1 , . A r > ,

cez julqu a la dégradation, & que le roi put enluite 1c punir selon qu'il l'avoit mérité. L'archevêque de Narbonne se chargea donc du prisonnier, du consentement de l'évêque de" Senlis, qui lui prêta territoire pour cet acte dejurisdiction, & ensuite il obtint auflî le consentement de l'archevêque de Reims.

f, 6)0. En même temps on résolut qu'un envoyé du roi

iroit informer le pape de tout ce qui s'étoit passé ; $c ajoûteroit : Quoique le roi pût & dût envoler aussi-tôt au suplice un homme convaincu de tels crimes, qui font cesser tout privilège: toutefois il a voulu suivre les traces de ses ancêtres,qui ont toûjours conservé les droits de leur église & de l'église Romaine leur nìere.C'est pourquoi il vous prie, saint pere, de faire en cette occasion le devoir de votre charge , en dépouillant le coupable de son ordre & de tout privilège clérical : en sorte que le roi puisse en faire justice, comme d'un scélérat incorrigible. L'instruction de l'envoïé continuoit ainsi. Le pape répondra vrai-semblablement qu'il ne peut condamner un homme sans qu'il soit convaincu, & qu'il faut prendre l'une des deux voies, ou de luienvoïer l'évêque, ou d'examiner l'affaire en France ; & en ce dernier cas , il faudra voir si on procédera devant le métropolitain & ses suffragans, ou devant un légat ou d'autres commissaires du saint siège. Il faudra savoir encore si le pape commettra seulement l'instructiòn de la cause, ou le jugement & même -l'exécution -, & on doit délibérer sur tous ces points. PUintcs du ^a*s k PaPe Boniface riant apris l'emprisonnement

pape contre de l'évêque de Pamiers,écrivit au roiPhilippe une lettre íjui commence ainsi : Suivant le droit divin & humain ^n. îjò7« les prélats & lespersones ecclésiastiques,fur lesquelles phili ^ c lc les laïques n'ont reçu aucun pouvoir , doivent jouir Bel. d'une grande liberté. On l'obfervoit du temps de vos 2?prédécesseurs*, &nous sommes d'autant plus affligez 'JJ'r-P-66í' que vous ne les imitiez pas,aprés que Dieu a tant étendu votre roïaume. Car nous avons apris que vous.avez fait amener fous sure garde en votre présence, notre vénérable frère l'évêque de Pamiers, & l'avez mis à la garde de l'archevêque de Narbonne, fous prétexte de la sûreté de fa perfòhe. C'est pourquoi nous vous prions & vous enjoignons de laisser venir cet évêque en notre présence librement & sûrement, & lui fane restituer tous fes biens, meubles & immeubles,& ceux de son église, que vous avez fait saisir ; & ne pas user à l'avenir de pareilles voies. Car vous devez savoir que vous avez encouru la peine canonique, pour avoir témérairement mis la main fur cet évêque, à moins que vous ne proposiez devant nous quelque excuse raisonnable. Nous ordonnons aussi par une autre lettre à l'archevêque de Narbonne, de délivrer l'évêque & le laisser venir vers nous, nonobstant l'ordre qu'il a reçu de vous pour le garder. Cette lettre est du cinquième Décembre 1301.

Le même jour le pape écrivit au roy une bulle qui Differ.p.+t. commence Ausculta fili, où aprés une exhortation à R*tn-nll'écouter avec docilité, il dit: Dieu nous a établi fur .

1 „ , .. 1 t/ Jercm.i. 10.

les rois & les roiaumes pour arracher, détruire, per- #
dre, dissiper ., édifier & planter en son nom & par sa
doctrine. Ne vous laissez donc pas persuader que vous
n'aïez point de supérieur,& que vous ne soïezpas sou-
mis au chef de la hiérarchie ecclésiastique : Qliì pense

^ ^0I ainsi est un insensé, & qui le soutient opiniâtrement est un infidèle, séparé du troupeau du bon pasteur. Or l'affection que nous vous portons ne nous permet pas de dissimuler que vous opprimez vos sujets ecclésiastiques & séculiers, les seigneurs, la noblesse, les cornmunautez & le peuple -, de quoi nous vous avons souvent averti sans que vous en aïez profité.

Pour venir plus au détail, quoiqu'il soit certain que le pape a la souveraine disposition des bénéfices, íoit qu'ils vaquent en cour de Rome ou dehors; & que vous ne pouvez avoir aucun droit de les conférer lans l'autorité du saint siège : toutefois vous empêchez l'execution de ces collations, quand elles précédent les vôtres, & vous prétendez être juge en votre propre cause. En gênerai vous ne reconnoissez d'autres juges que vos officiers pour vos intérêts, soit en demandant, soit en défendant. Vous traînez à votre tribunal les prélats & les autres ecclésiastiques de votre ro'ùume tant réguliers que séculiers, tant pour les actions personelles que pour les réelles, même touchant les biens qu'ils ne tiennent pas de vous en fief, Vous exigez d'eux des décimes & d'autres levées, quoique les laiques n'aïent aucun pouvoir fur le clergé. Vous ne permettez pas aux prélats d'emploi'er le glaive spirituel contre ceux qui les offensent, ni d'exercer leur jurifdiction fur les monastères dont vous prétendez avoir la garde. Enfin vous traitez fi mal la noble

• église de Lion & l'avez réduite à une telle pauvreté, qu'il est difficile qu'elle s'en relevé ; & toutefois elle n'est point de votre roïaume, nous sommes» parfaitement instruits de ses droits, en aïant été chanoine.

Vous ne gardez point de modération dans la perception des revenus des églises cathédrales vacantes, ce que par abus vous appeliez Regale : vous consumez ces fruits & tournez en pillage ce qui a été introduit pour les conserver. Nous ne parlons point maintenant du changement de la monoïe & des autres griefs dont nous recevons des plaintes de tous côtcz; mais pour ne pas nous rendre coupable devant Dieu qui nous demandera compte de votre ame, voulant pourvoir à votre salut & à la réputation d'un roïaume qui nous est si cher: aprés en avoir délibéré avec nos frères les cardinaux, nous avons par d autres lettres apellépardevant nous les archevêques , les évêques sacrez ou élûs, les abbez de Cîteaux , de Clugni, de Premontréjde S. Denis en France & de Marmoutier; les chapitres des cathédrales de votre roïaume, les docteurs en théologie, en droit canon & en droit civil, ôc quelques autres ecclésiastiques; leur ordonnant de se présenter devant nous le premier jour de Novembre prochain, pour les consulter surtout ce que deíTus> comme persones qui loin de vous être suspectes, font affectionnées au bien de votre roïaume , dont nous traiterons avec eux. Vous pourrez, si vous croïez y avoir intérêt, vous y trouver en même-temps, par vous-même ou par des envoiez sidelles & bien instruits de vos intentions. Autrement nous ne laiífcrons pas de procéder en votre absence ainsi que nous jugerons à propos. La lettre finit par une exhortation à secourir la terre sainte.

Quant à ce qui y est dit de l'autoritc sur les rois,& du pouvoir d'arracher & de planter & le reste, ce font les paroles de Dieu adreííées à Jeremie, qui ne regar

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