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qui depuis qu'il est fur le S. siège a pensé jour & nuit 7^ otf de tout son cœur & avec empressement aux moïens de secourir la terre sainte. De plus, tous les rois & les princes Chrétiens font en paix entr'eux ; & tous les Chrétiens des divers roïaumes ont une dévotion fervente de se croiser. D'ailleurs la puissance des infidelles est à présent merveilleusement diminuée, tant par les guerres des Tartares, contre lesquels ils viennent de perdre une sanglante bataille, que par lafoiblessc du sultan qui règne aujourd'hui en Egypte, &qui est un homme sans valeur & fans aucun mérite. Tous les princes & les sultans des Sarrasins, qui donoient du secours à celui d'Egypte dans les occasions, ont succombé fous la puissance des Tartares ; &c le sultan de Meredin, qui étoitdemeuré le seul, est aussi tombé fous leur servitude & devenu leur prisonier aprés la perte de ses états. Enfin les Tartares offrent du secours aux Chrétiens contre les Sarrasins ; & c'est exprés pour ce sujet que leur roi Carbanda suivant les traces de son frère Casan , a envoie des ambassadeurs.

Le christianisme faifoit du progrés en Tartariepar s *rç*d j les travaux de Jean de Montcorvin de Tordre d es tre- mission de J. resMineurs, comme le pape apritcette année même. deMomcorFr.Thomas deTolentin religieux du même ordre re- Vl 5' venant de Tartarie , aporta une lettre de frère Jean xc. n. 4í. dattée de Cambalu le dimanche de la Quinquagesime *3©6. qui etoit le treizième de revner, ou il diloit a- MS.Colb.n. voir reçu des ambassadeurs d'une certaine partie d'E- 545tfthiopiequi le prioient d'aller chez eux ou d'y envoyer de bons miflionaires : parce que depuis le temps de S. Matthieu l'évangeliste & de ses disciples, ils n'avoient eû perfone pour les instruire,en íbrte quepluTomeXlX. Q

An. 1307 fours n'étoient Chrétiens que de nom, & croioient en J.C. fans conoître nil'écriture ni les dogmes dela religion. F. Jean de Montcorvin ajoûtok, que depuis la Touíîaints il avoir baptisé quatre cens períbnes; & que plusieurs frères de l'un & de l'autre ordre, j'entens des Prêcheurs & des Mineurs, étoient allés en Perse & en Gazarie prêcher & gagner des ames.

Fr. Thomas de Tolentin porteur de cette lettre étant de retour en Italie & aprcnantqueJa cour de Rome étoit deça les Monts, s'y rendit & s'adressa au cardinal Jean de Mur qui avoitété gênerai de l'ordre des frères Mineurs, & lui raconta les progrés de cette mission. Le cardinal en rendit compte au pape & aux autres cardinaux, frère Thomas fut apellé au consistoire où il sit le même récit, & pria le pape & les cardinaux de doner des ordres pour la conduite & l'accroissement de l'ccuvre de Dieu. Le pape rempli de * joie pour ces heureux succès , chargea Gonfalve alors gênerai des frères Mineurs, de choisir incelTamcnt par le conseil des plus sages sept frères de l'ordre, vertueux & favans, pour les faire ordoner évêques & les envoïcr en Tartarie,où ils ordoneroient frère Jean de Montcorvin archevêque de tout i'Orient& demeureroient fes fuffragans. En exécution de cet ordre du pape le gênerai Gonfalve choisit frère André de Peroufe professeur en théologie , frère Nicolas de Bantra ou de Poiiille, frère Pierre de Castel, frère Andrucio d'Astìfe,frere Guillaume deFranchia ou de Villelongue, frère Gérard & frère Peregrin.

Le pape leur sir expédier à chacun une bulle de proH^n.xjo-j. vision , qui est la même avec la feule différence des ». i$. noms & qui porte en substance : Considérant les gran

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des oeuvres que frère Jean de Montcorvin a faites par A N 1307. le secours de la grâce en Tartarie & y fait encore con-' tinuellement: nous l'avons fait archevêque de la grande ville deCambalu, lui confiant la conduite de toutes les ames de la domination des Tartares, & pour procurer plus avantageusement en ces pais la propagation de la foi & le salut des ames, nous vous députons pour l'aider en son ministère, & vous faisons évêques dans le même pais : ordonant aux trois cardinaux Jean évêque de Porto , Jean prêtre du titre de saint Marcellin &c S. Pierre , de Luc diacre du titre de sainte Marie m via Uta, de vous faire íacrer & vous établir son suffragant. Et nous vous accordons & aux évêques vos successeurs toutes les grâces que nous avons accordées depuis peu aux frères de votre ordre, qui vont chez les Sarrasins & les autres infidèles. La bulle est dattée de Poitiers le vingt-troisiéme de Juillet 1307.

Entre les moïens de favoriser le recouvrement de XVI. la terre sainte le pape Clément comptoit toûjours j>ej^reri£.c l'entreprise de Charles de Valois fur CP. Car ce prin- fur Cp!" ° ce étant venu à Lion Tannée précédente pour le cou- SttP-liv- xc* ronement du pape , ils traitèrent du dessein que ce Rjû.^os. prince avoit formé dés le pontificat de Benoist XI. »• pour la conquête deCP. & le pape l'encouragea fortement à cette entreprise, en faveur de laquelle il lui dona plusieurs bulles. Cette année 1307. il écrivit à Rain.n. e. l'archevêque de Ravenne & à tous les évêques de la jP^*^ Romagne , qu'il avoit résolu de faire prêcher la croi- ^15. fade pour cet effet à tous les fidèles du roïaume de Si-. cile tant delà que deçà le Phare, de la Romagne, de la Marche d'Ancone & de l'état de Venise; & il en

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77. y donne la commission à ces prélats pour la Romaine. AN. 1307. _ . *. * r 1 & .-i

La lettre est du quatorzième de Mars, & lans doute u

y en avoit de semblables pour les autres provinces. Ensuite &le troisième de Juin le pape étant à Poitiers 7* publia une bulle par laquelle il dénonce excomunié Andronic Paleologue comme fauteur du schisme des Grecs. Défendant à tous rois, princes, villes, communautés ou particuliers quels qu'ils soient, de faire avec lui aucune alliance ou lui doner aide ou conseil, sous peine d'excomunication. Vgheil.tt.x. L'archevêque de Ravenne auquel fut adressée la & 8j" M commission de la croisade étoit Rainald Concorege

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log.ii.AHg. Milanois, qui fut premièrement chanoine de Lodi & envoie en France par Boniface VIII. pour négocier la paix entre la France & l'Angleterre. Ensuite ilfutévêVghell. to.$. °,ue de Vienne par l'autorité du même pape : mais sept p. n3*. ans aprés, le siégede Ravenne aïant vaque par le decés d'Opizon de S. Vital arrivé en 1303. & le chapitre s'étant partagé par une double élection : le pape Benoist *XI. préfera Rainai à Léonard de Fiesque son compétiteur. Il gouverna Péglise de Ravenne avec beaucoup de zele & de pieté , & tint plusieurs conciles provinto.xi conc.p. ciaux pour le rétablissement de la discipline,un entr'J autre cette, meme annee 1307.

XVII# Pendant que le pape excitoit les princes Latins au Eglise Gre- recouvrement de CP. les Grecs n'y étoient pas en reTacïym ub. Pos entr eux- L'empereur Andronic étoit livré au paxu. c. 11. triarche Athanase, qui fe rendoit odieux de plus en plus par la dureté de fa conduite. Il avoit écarté d'auprés du prince plusieurs prélats qui pouvoient l'aider a faire le bien & les avoit réduits à se retirer en d'autres .villesy & cependant il faifoit tous les jours des prières & des processions pour détourner les calamités publiques , environé d'une troupe de moines & de prêtres, avec lesquels il tenoit aufli des conciles où il « étoit seul d'évêque. Car il n'étoit point changé ni moins severe qu'avant sa retraite. II vouloit que les 'moines jeûnassent toute Tannée ne faisant qu'un repas & à l'heure de none: fans excepter les festes ni 1c temps pascal. Il fatiguoit les clercs & les laïques, fous prétexte de tout raporter à la loi de Dieu. Dés le commencement de son retour l'empereur lui avoit renvoïé le jugement de toutes les affaires : tant à cause de son intégrité & son desintéressement, que pour lui attirer le respect: & la crainte de ceux qui ne l'aimoient pas.

Les frères Mandians avoienr acheté à CP. par per- ^iXni,f.,0l miílìon de l'empereur une place apartenant à la ville Ub.xn. c. z*, pour y bâtir un monastère : ce qu'ils avoient exécuté, malgré les opositions de plusieurs Grecs qui regardoient cet établissement comme contraire à la pureté de leur religion. C'est pourquoi le patriarche Athanafe entreprit de détruire ce couvent & le réduire à un lieu profane. Les frères en étoient fort indignés & ne pouvoient souffrir que l'on ruinât une maison établie où l'on avoit dressé un autel : où on celebroit le service divin & où l'on avoit enterré des morts. Toutefois l'empereur qui ne pouvoit rien refuser au patriarche y consentit ; & dona la place à l'amiral, qui étoit Latin; à la charge de dedomager les frères. Ils auroient doné leur vie pour conserver le monastère de quoiqu'ils ne pussent résister à Tordre de l'empereur, ils ne pouvoient croire qu'aïant du respect pour la religion il poussât la chose à Textremité. Il le fit néanmoins , & envoïa ordre au coníul des Pifans qui étoit

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