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leur voisin, de prendre avec lui les prêtres de l'églife S. Pierre pour les mettre en possession de celle des frères Latins : aprés avoir fait fidèle inventaire de tout ce qu'on y auroit trouvé & qu'on l'en auroit enlevé, en forte que rien ne fût pillé & que tout fût transporté a S. Pierre,cc qui fut exécuté. Les frères fe plaignirent aux Génois de Pera de la violence du consul des Pifans j & le consul des Génois envoïa secrètement le maltraiter. Il reçut plusieurs coups d'épée en forte qu'on le laissa presque mort. Ce que Pempereur aïant apris, il en fut fort irrité contre les Génois: mais ils Papaiferent ensuite. liv xi tu 8 L'empereur Andronic faifoit tout son possible pour engager le patriarche d'Alexandrie à aprouver la conduite de celui de CP. mais loin d'y consentir, il faifoit ouvertement schisme avec lui. C'est pourquoi l'empereur ne pouvant lui rien faire, à cause du rang qu'il tenoit par lui-même & de l'estime où il étoit pour son eíprit & sa prudence : le pressa de s'embarquer & s'en aller à son église. Athanase, car çe patriar- . che avoit le même nom que celui de CP. ne pouvant alors fe rendre à Alexandrie, monta fur une galère Venitiene pour passer en Crète : réíolu de s'y arrêter dans un monastère dépendant du mont Sinaï, dont il avoit été tiré. Mais en y allant il aborda dans le Negrepont. Cependant Athanafe de CP.fe fit doner par l'empereur deux monastères qu'Athanafe d'Alexandrie avoit, l'un à l'Anaplus & l'autre à CP. même,& un troisième qui apartenoit à l'églife d'Antioche,dont le siège étoit vacant. ç. Ií; Le patriarche d'Alexandrie étant arrivé à Negrepont, se logea pour son argent dans une hôtellerie

publique. Quelque temps s'étant passe comme il n'avoit aucun commerce avec ceux du lieu, il devint suspect: , principalement aux frères Mandians zélés pour la religion. Ils allèrent le trouver avec quelques personcs d'autorité & lui demandèrent le sujet de son voïage , il répondit qu'il ne séjournoit là qu'en passant & attendant la comodité de continuer son chemin. On l'interrogea sur sa créance , sur ce qu'il pensoit de l'église Latine &de l'usage des azymes au S. sacrifice. Comme il ne vouloir point s'expliquer, ils lui dirent qu'étant patriarche il ne pouvoit s'en dispenser, autrement qu'il confirmeroit les mauvais soupçons qu'on avoit de lui. Aprés l'en avoir pressé plusieurs jours inutilement*enfui ils lui déclarèrent qu'il devoit leur doner fa confession de foi telle qu'ils la desiroicn.t, où qu'ils le brûleroient lui & les siens comme ennemis de l'église. On marqua donc le jour,le peuple s'assembla , on pressa encore le patriarche de répondre. II n'en dit pas plus que devant: savoir, qu'il étoit en voïage & qu'on ne pouvoit l'obliger à répondre que dans un concile.

Ils se disposoienr à le brûler, quand un d'entr'eux s'avança & leur dit: Cette exécution ne fera pas avantageuse à votre nation. Ce patriarche doit être puissant à Alexandrie 6c avoir des parens considérables, qui chercheront à vanger fa mort fur ceux d'entre vous qui vont trafiquer en Egypte. Ils trouvèrent qu'il avoit raison & se contentèrent de doner au patriarche un terme de dix jours dans lesquels il devoit sortir du païs. Il passa en terre ferme, mais il fut arrêté à Thebes parle seigneur du lieu, qui le mit dans une étroite prison : puis le relâcha en aïant reçu du soulagement dans une maladie.

e. iyc i8. Cependant le patriarche de CP. continuòitde faire des proceíïìons deux ou trois fois la semaine & de tenir des conciles fans évêques. Il étoit même le seul des quatre patriarches qu'on nommoit aux prières publiques : celui d'Alexandrie étoit bani, comme nous venons de voir ; le siège d'Antioche étoit vacant, &c quand il eût été rempli, le nouveau patriarche auroit été aliéné de celui de CP. à cause du monastère des Hodeges qu'on avoit ôté à son église. Le patriarche de Jérusalem nommé auílì Athanase avoit été chassé de son siège sur les accusations de Broulas évêque deCesarée de Philipes, qui fut intrus à fa place : mais on trouva qu'il étoit lui-même chargé d'excomunication. C'est l'état oú George Pachymere laisse l'église Greque en finiííant son histoire, qui contient quaranteneuf ans, vingt - quatre de Michel Paleologue & vingt-cinq d'Andronic & finit par conséquent en

Maur. Da- I3O7.

vid.p. <r3. il marque la mort de Constantin Meliteniote fifaeh.c.ìu compagnon de Veccus, qui mourut en prison étant demeuré ferme dans la foi catholique & l'union avec l'église Latine. Il demanda pour toute grâce à l'empereur d'être enterré dans une des istes désertes AÏU*^ cons' voisines de CP.ce qui lui fut accordé. George MethoGrac. Or cmcc compagnon de fa prison y demeura seul & pertbod. to. i. sista dans la même fermeté.Nous avons plusieurs écrits de l'un & de l'autre contre les fchifmatiques.

Le roi de Naples Charles le Boiteux négocia plusieurs affaires avec le papeâ la conférence de Poitiers. K u». 1307. Premièrement comme il prenoit le titre de roi de Je+5* rusalem , il promit que quand on feroit le passage gênerai pour le recouvrement de la terre sainte , il iroit

en en persone, ou y envoïeroit un des ses fils avec trois r An. 1307.

cens chevaliers & vingt galères. Que si les Tartares * 15 7* prenoient la terre sainte sur les Sarrasins & ofsroient de la rendre aux Chrétiens, il y envoïeroit avec les autres princes cent chevaliers pour fa part *• & cinq galères. D'ailleurs il se trouvoit chargé.d'une dette considérable envers l'église Romaine , pour les sommes qu'elle avoit prêtées au roi son pere & à lui, afin de soutenir la guerre contre la maison d'Arragon;& cette dette étoit de trois cens soixante-six mille onces d'or : dont il obtint du pape la remise d'un tiers, c'est-à dire cent vingt-deux mille, & cn donna fa rcconoiísance le vingt-uniéme de Juillet.

Le pape dona encore à Poitiers une bulle en faveur ' XVIII. de Charobert petit-fils de Charles le Boiteux, pour lui , Charobert

C l •• ■ J Tt I / déclare rot

conhrmer le roïaume de Hongrie, contre les preten- & Hongrie, fions d'Otton duc de Bavière. En cette bulle le pape »• »s- ^g' Clément raporte ce qui s'étojt passé fous Boniface xc. ^,0. 24. VIII.& confirme la sentence qui ajugeoit lapoficílion du roïaume à la reine Marie de Hongrie femme de Charles le Boiteux & à Charobert leur petit fils. Or aprés la mort du pape'Boniface &de Venceílas roi de Bohême compétiteur de Charobert, quelques Hongrois avoient apellé Otton duc de Bavière & l'avoient ^ Thnrûct.. fait couroner en 1305. à Albe roïale par Benoist évê- °' 8?" que de Vefprim & Antoine évêque deChonad. C'est pourquoi le pape Clément, par la même bulle, ordone aux Hongrois , fous peine des censures les plus rigoureuses , de se désister de tout ce qu'ils ont entrepris zoí en faveur d'Otton, au préjudice de Charobert & de Marie : défend à Otton fous les mêmes peines de fe dire roi de Hongrie, ou de s'emparer de ce roïaume -, Tome XIX. R

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iprés quoi il n y fera plus reçu. d'Août 1307. Elle fut adreísée à l'archevêque de Stri* gonie & à l'évêque de Colocza pour êtrepubliée en Hongrie : avec ordre de citer devantle S. siège Antoine évêque de Chonad, pour rendre compte du couronement d'Otton.Enfìn pour tenir la main à l'exécution & rétablir la paix en Hongrie, le pape y envoïa en qualité de légat Gentil de Montefiori cardinal prêtre du titre de S. Martin aux monts, avec de tres-amples pou voire.

Voila ce que Charles le Boiteux obtint à Poitiers pour Charobert son petit fils 3 & on peut croire que ce fut aufli à fa prière que le pape dona comifïïon pour informer des miracles de son fils Loiiis évêque de Toulouse. On avoit commencé dés le temps deBoniface VIII. à faire quelques diligences pour parvenir à la canonisation de ce prince : mais la mort du pape en aïant arrêté le cours, les archevêques d'Arles, d'Embrun & d'Aix avec leurs fuffragans & la ville de Marseille, représentèrent au pape Clément V. qu'outre les vertus que le S. prélat avoit pratiquées de son vivant, il s etoitfait & fe faifoit continuellement des miracles à son tombeau, & le pape commit Gui évêque de Saintes &! Raimond évêque de Lectoure pour informer de la vie & des miracles de Loiiis. La comiílìon est du troisième d'Août 1307. XIX. La plus grande affaire qui fut traitée à laconférenTcmpîicrs." ce ^e Potiers & qui en étoit le principal sujet, fut celle Cont.Ntng. des Templiers. Nous avons vû en plusieurs endroits 'SpffilMx^ ^e cette histoire 4ue depuis long-temps cet ordre étoit

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