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sort décrie pour sa mauvaise foi, son indocilité & l'á- SuPbus de ses privilèges. Le proverbe de boire comme "x!x.»'.4j des Templiers, qui dure encore aprés tant de temps, ixxxm. ». montre quelle étoit leur réputation fur cet article. LXXX1T*

L'occasion des poursuites faite contr'eux est racon- í4 tée en deux manières, dont celle-ci me paroît la plus vrai-semblable. Dans un château roïal du diocèse de «">• Toulouse un nomé Squin de Florian bourgeois de 99 Beziers & un Templier apostat furent pris pour leurs crimes & mis ensemble dans une forte prison» Désespérant de leur vie à cause des reproches de leur conscience , ils se confessèrent l'un à l'autre, comme faisoient alors ceux qui se trouvoient sur mer ou en quelque autre grand péril. Squin aïant oui la confession du Templier fit apeller le lendemain le plus grand oífi- J"»v-/'-7* cier d'un autre château roïal, auquel il offrit de révéler au roi de France un fait íi important qu'il en pouroit tirer plus d'utilité que de l'acquiíition d'un nouveau ro'íaume. C'est pourquoi, ajoûta-t-il, faites-moi mener devant lui bien lié &garoté : car je ne découvrirai ce fait à homme du monde qu'au roi, quand il m'en devroit couter la vie.

L'officier du roi essaïa par careíïes, par promesses & par menaces de persuader à Squin qu'il lui découvrît le fait en question ; $c n'y aïant pû réussir, il écrivit le tout au roi Philipe, qui lui manda aussi-tôt de lui envoïer Squin à Paris fous bonne garde. Quand il fut arrivé, le roi le tira à part, pour savoir la vérité de la chose: lui prometant sûreté de sa persone & même / récompense. Squin lui raconta de suite la confession du Templier , savoir que dés l'entrée dans Tordre & souvent depuis, il s'étoit engagé à plusieurs erreurs

contre la foi & à d'autres crimes qu'il avoit spécifies en détail. Ausiì-tôt le roi fit prendre quelques Tenv pliers ; & les fit interroger fur les faits qu'on lui avoir dénoncés, qui furent trouvés véritables.

Le roi en parla au pape dés leur entrevue de Lion en 1305. & lui en fit ensuite parler à Poitiers, comme le pape reconoît dans une lettre au roi du vingt-quatrième d'Août 1306. où il témoigne que Le roi le faifoit par zele pour la foi, & ajoûte : Nous avions peine à crcjire ce qu'on nous difoit alors fur ce sujet, & qui nous paroiflbit même impostìble : mais aïant -depuis oiii dire des Templiers plusieurs choses incroïables & inoiiies, nous sommes contraints de hésiter & de faire quoi qu'avec une extrême douleur tout ce que demande Tordre de la justice. Or le maître des Templiers & plusieurs comandeurs de Tordre, tant de votre roïaume que des autres, aïant apris que l'on attaquoit leur réputation auprés de nous, de vous, & de quelques autres seigneurs temporels: nous ont demandé instament, non pas une mais plusieurs fois, de nous faire informer de la vérité touchant ces accusations qu'ils prétendoient fausses : pour les absoudre, s'ils font innocens, & les condamner s'ils se trouvent coupables. Ne voulant donc rien négliger dans une affaire où il s'agit de la foi, & parce que ce qui nous en. a été dit de votre-part est d'un grand poids dans notre esprit: nous avons résolu par le conseil de nos frères les cardinaux , de comencer inceííament des informations exactes fur cette affaire; &nous vous donerons avis de tout ce que nous y ferons : vous exhortant à. nous cómuniquer de votre part les instructions que vous en avés relues, & tout ce que vous jugerés à pro

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Le pape écrivit ensuite au roi, que si les crimes des An. 1307. Templiers se trouvoient tels qu'il salut abolir Tordre Bal ítp.9j entier, il vouloit que tous leurs biens fussent emploies au secours de la terre sainte , sans être détournés à aucun autre usage. La lettre est du neuvième de Juiflet 1307. & dés le mois de Mai précédent, il avoit écrit à Amauri seigneur de Tyr & regent du roïaume DnpHì.f.Ioa. de Chipre, de faire arrêter tous les Templiers qui s'y trouveroient. La lettre fut portée par frère Haïtorï, lorsqu'il retourna à son monastère en Chipre j & Arnauri y fit réponse en disant au pape : J'aí résolu d'obéïr à vos ordres avec toute la diligence possible : maisles Templiers font tres- puissans en ce roïaume, & aïant esté avertis de tout, ils s'étoient retirés avec les' troupes qu'ils ont à leur solde dans Nimoce,bien préparés à se défendre : ce qui m'a obligé de procéder en cette affaire avec grande circonspection. Toutefois comme ils ont vû que je voulois absolument exécuter Tordre de votre sainteté, le maréchal avec quatre autres officiers de Tordre & environ dix chevaliers font venus à Nicosie me trouver à mon logis le vingt-feptiéme de Mai -, & cn présence de deux évêques , de plusieurs religieux , chanoines, barons, chevaliers & autres, ils ont offert avec de grandes démonstrations d'humilité de se soumettre à, votre bon plaisir. J'ai donc résolu, suivant ce que j'ai trouvé le plus sûr, de les faire garder séparément aprés avoir reçu en mon pouvoir leurs armes & leurs chevaux; & je ferai faire incessament comme vous le mandés Tinventaire de leurs biens. Cependant je vous fuplie instament de veiller à la conservation du roïaume de Chipre: car ©n, n'a jamais oui dire que les Sarasins aïent fait un

An 1^0 j ^ grand apareil de forces navales que celui qu'ils font à présent. Le pape envoïa cette lettre au roi Philipe le vingt-cinquième d'Août 1307.

Cependant le roi envoïa des ordres tres-secrets à

BaiA.p. 100. ç oftìciers par tout le roïaume, de se tenir prêts bien accompagnes & bien armes a un certain jour ; & d'ouvrir la nuit suivante des lettres qu'il leur envoïoit : avec défense de les ouvrir devant fous peine de la vie. Le jour marqué ils ouvrirent les lettres & y trouvèrent un ordre de prendre tous les Templiers qu'ils pouroient trouver, chacun dans son polie: ce qu'ils exécutèrent ponctuellement, & les mirent dans leurs forteresses fous bonne garde. Ainsi les Templiers furent arêtes par toute la France en un même jour, qui fut le vendredi aprés la S. Denis treizième d'Octobre 1307. de quoi tout le monde fut étoné. Le maître gênerai de Tordre fut arrêté comme les autres dans la maison du temple à Paris, xx. Auíli-tôt on commença au même lieu l'interrogaIntertoga- tojre fes prifoniers qui fut fait en présence de plu

Templicrs. sieurs témoins par Guillaume de Paris frère Prêcheur,

Dupui.p.21. inquisiteur & confesseur du roi, commis pour cet effet par le pape. Le premier Templier interrogé fut frère Jean deFoullei qui dit: Quand je fus reçu dans Tordre le supérieur me mena en un lieu secret pour me faire renoncer à Dieu ; & comme je le refusois il m'y contraignit en disant: Vous vous êtes doné à nous. Me voïant donc pressé, je dis : Je te renie, Tentendant du supérieur. Jc consultai depuis Boniface Lombard avocat pour savoir si je sortirois de cet ordrej& il me conseilla de protester devant T official de Paris que cet or

p.îS.n. 1. dre ne me plaisoit pas. Frère Reinier de Larchantcon»

fessa d'avoir renoncé à J.C. & crache sur le crucifix; ^Q & d'avoir vu souvent aux chapitres généraux adorer une tête qui avoit une grande barbe. Gui Dausinn'a- ** 4* voit que douze .ans quand il fut reçu dans Tordre : il renonça à J. C. & cracha fur la croix. Robert d'Iíïì re- * 14" conut les mêmes crimes & ajoûta qu'il s'en étoit confessé au pénitencier : que même il avoit envoie à Rome Tannée du Jubilé pour en avoir Tabsolution, mais son neveu qu'il avoit envoie mourut en chemin. Guillaume de Châlon dit qu'il fut forcé le couteau fur la gor- , *■i8ge de renoncer à J. C. Guillaume d'Herblai dit que la *' 12' rêre qu'ils adorent est de bois doré & argenté.

Jaques de Molai grand maître de Tordre, confessa de même la renonciation & dit: Quand j'ai reçu des chevaliers je difois à quelques-uns de nos frères de les mener à part & leur faire raire ce qu'ils dévoient, & mon intention étoit qu'ils fissent ce que j'avois fait. Pierre de Villier dit avoir été en prison un jour & une nuit pour n'avoir pas voulu renoncer à J. C. Jean de ii. Provins fut huit jours en prison pour le même sujet. Fr. Renaud n'a jamais pû voir les statuts de Tordre: ce qui lui fait croire qu'on les accuse justement. G. de 8z> Haurmenil se seroit volontiers retiré de Tordre, fans . la crainte de ses parens, qui avoient fait grande dépense pour son voïage d'outremer : outre que Ton eût crû qu'il se seroit retiré faute de courage. Hugues de Peraud a reçu plufieurs chevaliers aux mêmes con- 87. dirions , parce que les statuts de Tordre le portoient ainsi. La tête qu'ils adorent est demeurée à Montpellier , elle a quatre pieds, deux devant & deux derrière. Raoul de Gife ajoûte qu'elle est d'une figure terrible; & que quand on la montre ils se prosternent 8S*

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