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An. 1302,. ^ent 4ue ^a m^lon extraordinaire comme prophète, & la commiflìon de prédire les révolutions des états, fans lui donner aucun pouvoir pour l'execution. Et quant à l'autre proposition, que le roi est: soumis au chef de la hiérarchie ecclésiastique; il en convenoit volontiers à l'égard des choses spirituelles, mais il est évident par toate la fuite de la lettre que le pape étendoitplus loin cette soumission, puisqu'il vouloit faire rendre compte au roi du gouvernement de son état, & être le souverain juge entre lui & fes sujets. La lettre -D'jf-r 5J- aux Prélats de France pour les apelleren cour de Rome Ram ». e^ ju m£me j0ur cmqc de Décembre; & par une autre

?* í** lettre encore du même jour, le pape dispensa de ce voïage les docteurs en droit qui propoferoient devant l'ordinaire des excuses légitimes : mais pour les évêques , il vouloit qu'ils lui proposassent leurs excuses à lui-même.

p. «s. La bulle Jufculta fili, fut présentée au roi Philippe par Jacques des Normans archidiacre de Narbonne, notaire & nonce du pape; ôc le roi en aïant oui le contenu en fut extrêmement surpris & troublé, comme furent aussi les seigneurs qui fe trouvèrent auprés de lui. Parleur conseil il résolut d'aíïcmbler les autres seigneurs qui étoient abfens avec les abbez&lcs communautez, tant ecclésiastiques que séculières; & cependant le dimanche aprés l'octave de la Purification , lorsque l'on comptoit encore en France 1301. c'est-àdire le onzième de Février I301. le roi fit brûler la bulle du pape au milieu de tous les nobles & les autres qui se trouvèrent à Paris ce jour-là, & fit publier à son de trompe cette exécution par toute la Ville.

L'asscmblée

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L'aíTemblée ou parlement, comme on la nom- ^n~t~ot moit alors, se tint à N, Dame de Paris le mardi di- v i 11. xiéme jour d'Avril de la même année 1301. en pre- Atíemblée sence du roi, cjui y fit proposer publiquement ce epi dc ^"u' suit par Pierre Flotte & quelques autres. L'archidiacre de Narbonne m'a rendu de la part du pape une lertre où il dit, que je lui fuis soumis pour le. temporel de mon roïaume, & que je dois reconnoîrre le tenir de lui: quoique jusqu'ici ni mes prédécesseurs ni moi n'aïons reconu le tenir que de Dieu seul. Le pape non content de ce discours fi nouveau & si inouï en ce roïaume , a voulu en venir à l'exécution -, & a mandé tous les prélats, les docteurs en Théologie & en droit de mon roïaume, pour venir en fa présence : afin de corriger les abus & les torts que mes officiers & moi faisons,à ce qu'il prétend,aux prélats &: aux seigneurs, aux ecclésiastiques & aux séculiers. Ainsi le pape veut priver la Rance de son plus précieux trésor, qui est la sagesse des prélats & des autres par le conseil desquels elle doit être gouvernée; & par le même moïen,' il veut l'épuiser de ses richesses & l'exposer à sa ruine.

Le pape fait bien d'autres vexations au roïaume & à l'église Gallicane, par les reserves & les colations arbitraires des évêchés & les provisions des bénéfices qu'il donne à des étrangers & des inconnus, qui ne résident jamais. D'où il arrive que le service divin est diminué, l'intention desfondateurs frustrée, les pauvres privés de leurs aumônes ordinaires,& le roïaume apauvri.Les prélats ne trouvent plus de sujets pour fer- f' 9* vir les églises , n'aïant point de bénéfices à donner aux nobles dont .les ancêtres les ont fondés, & aux Tome XiX. C .

Áb~i^qí, autrcs Hommes de lettres: ce qui fait auílì qu'on nc donne plus aux églises. Elles font encore chargées de pensions,de subsides & d'exactions nouvelles de diverses sortes : on ôte aux métropolitains la liberté de donner des coadjuteurs à leurs suffragans, & on prive tous les évêques de l'exercice de leur ministère , afin qu'il faille recourir au saint siège & y porter des presens. Tous ces abus font augmentés fous ce pontificat* & augmentent tous les jours: je ne puis les tolérer plus long-temps.

C'est pourquoi je vous commande comme votre maître , & vous prie comme voue ami, de me donner vos conseils & votre secours, pour la conservation de notre ancienne liberté &le rétablissement du roïaume & de l'églife Gallicane : particulièrement à 4 l'égard des entreprises de mes officiers contre les droits de l'églife,s'ils en ont fait. J-avois résolu d'y remédier avant l'arrivée du nonce du pape, & jel'aurois déja fait, si je n'avois voulu éviter qu'on l'attribuât à la crainte de fes menaces, ou à la soumission à ses ordres. Au reste, je vous déclare,que pour cet intérêt gênerai, je fuis prêt d'exposer tous mes biens, ma perfone même & mes enfans s'il étoit besoin j & jc vous demande tout présentement une réponse précise & décisive sur tous ces articles.

Aprés cette proposition du roi les barons avec les sindics des communautés laïques se retirèrent, ôc aïant délibéré ensemble, ils revinrent au roi, lui donnèrent de grandes loiianges,& lui firent de grands rcmerciemens de fa généreuse résolution: lui déclarant qu'ils étoient prêts d'exposer leurs biens & leurs perfones, jusqu'à souffrir la more & toutes fortes deu' tourmcns,plutôt que d'endurer les entreprises du pape, quand même le roi voudroit les tolérer ou les diíli- 'I^" mulcr. Le roi voulut ensuite avoir la réponse des pré- f' 7*' lats , qui demandèrent plus de temps pour délibérer, & s'efforcèrent d'excuser le pape & d e persuader au roi. & aux principaux seigneurs, que son intention n'étoit pas de combattre la liberté du roïaume ou la dignité roiale: exhortant le roi à conserver l'union qui avoit toûjours été entre léglise Romaine, ses prédecefTeurs & lui-même. Maison les pressa de répondre fur le champ, & on déclara publiquement, que si quelqu'un paroissoit être d'un avis contraire, il seroit tenu pour ennemi du roi & du roïaume. Alors les prélats comprirent que s'ils ne co'ntentoient le roi & les barons , ils attireroient des périls & des scandales fans nombre; & que l'obéïssance des laïques envers l'églisc Romaine & sa Gallicane, seroit perdue entièrement & sans retour. Dans cet extrême embaras, ils répondirent, qu'ils assisteroient le roi de leurs conseils & des secours convenables pour la conservation de sa persone, des siens & de fa dignité, de la liberté & des droits du roïaume , comme quelques-uns d'entre eux qui tenoient des seigneuries & d'autres fiefs y étoient obligez par leur ferment, ôc lés autres par la fidélité qu'ils dévoient au roi. Mais en même-temps ils supplièrent le roi de leur permettre d'aller trouver le pape suivant son mandement, à cause de robéï'ssance qu'ils lui dévoient. Ce que le roi & les barons déclarèrent qu'ils ne foufriroient en aucune forte.

C'est ce qui se passa dans l'assemblée du dixième i x. d'Avril, comme nous l'aprenons de la lettre des pré- Jg"TM^d£ lats au pape dattée du même jour , où ils ajoutent: seigneurs.

Confideraht donc cette émotion íì violente du roi,des barons & des autres laïques du roïaume , &c voïant la porte ouverte à une rupture entière avec l'église Romaine ,& même en gênerai entre le clergé & le peuple: car les laïques fuïent absolument notre compagnie j & nous éloignent de leurs conférences & de leurs conseils, comme íì nous étions coupables de trahison contr'eux : ils méprisent les censures ecclésiastiques de quelque autorité qu'elles viennent, ils se préparent & se précautionnent pour les rendre inutiles. En cette extrémité nous avons recours à votre prudence , & nous vous supplions la larme à l'oeil de conserver l'ancienne union entre Téglise & l'état, & pourvoir à notre fureté, en révoquant le mandement.par lequel vous nous avez apellés.

Les seigneurs de France écrivirent aufli, non pas au pape, mais aux cardinaux , & en François : apparemment pour montrer qu'on ne les faisoit pas parler autrement qu'ils ne pensoient.La lettre est du même jour dixième d'Avril,& porte en substance : Vous sa-^ vez mieux que persone l'union & l'amitié qui a été de tout temps entre l'église Romaine & le roïaume de France-, & vous n'ignorez pas les travaux & les périls que plusieurs de nous ont eísuiés pour le maintien & l'accroiíTementde la religion. Et comme nous aurions une douleur insuportablede voir cette ancienne union se rompre maintenant, ou seulement diminuer par la mauvaise volonré de celui qui occupe le saintsiéçe: Nous vous avertissons par cette lettre de ses nouvelles entreprises contre le roi notre maître & tout le roïuime de France, qui nous ont été clairement exposées par 01 die du roi, & que nous ne pouiïons

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