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mander qu*il m'apelle au plûtôt. Il ajouta ensuite que An~Î30^ pour la décharge de sa conscience, il vouloit leur exposer trois choses touchant son Ordre.

Premièrement, dit-il, je ne conois point d'ordre ^ religieux, dont les églises soient mieux fournies d'ornemens & de tout le reste de ce qui apartient au service divin & où les prêtres s'en aquitent mieux excepté les cathédrales. Secondement, je n'en conois point où on fasse plus d'aumônes : car en toutes nos maisons on la fait trois fois la semaine à tous venans. Enfin persone n'a plus exposé fa. vie ni plus répandu de sang pour la défense de la foi contre ses ennemis. Les comissaires répliquèrent que tout cela ne servoit de rien pour le salut des ames, quand la foi qui en est* le fondement y manquoit 5 & le grand maître assura qu'il croioit tout ce qui apartient à la foi catholique. Enfin il pria les comissaires qu'il pût entendre la messe & le reste de l'ofïìce divin & avoir sa chapelle & ses chapelains , ce qui lui fut accordé.

L'année suivante 1310. on tint plusieurs conciles XXXIX. provinciaux. Henri archevêque de Cologne assembla ç^""^ de le sien par ordre particulier du pape Clément & le te. xif conc. tint pendant trois jours, savoir le lundi de la première P- l5l7semame de carême qui étoitle neuvième de Mars, le G*U.Cbr.t9. mardi & le mécredi suivant. Trois évêques y astiste- Hfrent, savoir Gui d'Utrect, Engilbert d'Osnabruc & Godefroi de Minden : avec les députés de Thibaud évêque de Liège & du chapitre de Munster le siège vacant. Les séances se tinrent à Cologne dans le palais de l'archevêque. En ce concile on publia des statuts en vingt-neuf articles, plus propres à faire conoître les désordres qui regnoient alors, qu'à y remédier:

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An. 1310 puisqu'011 n y emploie que des censures déduis longtemps méprisées.

On condamne & on casse les statuts & les ordonances faites par les laïques contre la liberté ecclesia£ tique: particulièrement les défenses de doncr , vendre ou aliéner de quelque autre manière au profit des ecclésiastiques &des religieux des terres & des seigneuries. On condamne auflì ceux qui défendoient fous des peines pécuniaires de doner aux curés pour les mariages , les enterremens & les autres fonctions plus que ce qu'ils avoient taxé.»Le concile déclare nuls tous ces réglemens faits par les laïques & leur ordone de les révoquer fous peine d'excomunication. Or on voit '"bien que l'occasion de ces réglemens étoit l'aviditédes ecclésiastiques à faire valoir leurs droits & étendre leurs acquisitions.

Le mépris & la haine contre les ecclésiastiques étoient venus à tel point, que souvent ils étoient frapés, emprisonés ou mis à mort, & d'autres ecclésiastiques prenoient quelquefois part à ces violences. C'est pourquoi le concile de Cologne ordone d'obfei ver le statut synodal fait fur ce sujet en 12.66. par l'archevêque Engilbert, que j'ai raporté en son lieu : portant les censures les plus rigoureuses contre ceux qui comettoient ces excés. On peut juger par la répétition qui en est ici faite du peu de fruit qu'on en avoit vû depuis quarante ans. On renouvelle auíïi le statut du même Engilbert contre le pillage des biens d'église, & celui de l'archevêque Sifrid en 1180. pour le règlement de la vie des clercs. Les clercs concubinaires publics font punis par la suspense de leurs fonctions, outre les peines portée^ par le concile de l'archevêque

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Conrad en izéo. mais ceux qui corrompent des reli- Â N 11310. gieuses font excomuniés. Défense de faire faire aux clercs aucune amende honorable ou pénitence publique: comme de marcher aux processions avant la croix & en chapes noires, tandis que les autres font en surplis. Défense de faire lire l'épître ou T évangile, smon par ceux qui sont dans les ordres sacrés & revêtus de leurs ornemens. Les soneurs seront lettrés afin e. w qu'ils puissent répondre au prêtre & serviront en sur- Can&' GloP'

V 1 1 1 campansrit.

s.9. c. 10.

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Défense aux paroissiens de recevoir la comunion d'autre que de leur curé , j'entens la comunion pascale. Défense de faire dans aucune église des impre- c' 2l* cations contre persone fans permiflion spéciale de l'évêque. Entre ces imprécations on défend particulièrement certaine lamentation qui commençoit par CanZ- Gloces mots : Media, njtta. On comencera détonnais 1 an- Canif, to. née à Noël, suivant l'usage de l'église Romaine. On f* 77°ne refusera point aux curés les saintes huiles fous pré- e'm H\ texte de n'avoir pas païé le droit de synode ou cathe- . dratiqûe : sauf à les y contraindre par d'autres voies. Les derniers réglemens de ce concile regardent les réguliers, tant de Tordre de S. Benoît que de S. Augustin; & l'archevêque Henri renouvelle à leur égard t0. xt./>.79z. la constitution de Conrad son prédécesseur au con- SliP-livcile de Tan Uóo. Il défend aux religieux d'avoir rien txxxlv-" 6J* en propre sous prétexte de dépôt ou autrement, ni entre les mains de persones séculières -, & ordone la clôture aux religieuses suivant la constitution Peruulofo. c' v.n\ Je£' de Bonifiée VIII. '"t"""'*

La même année 131 Q. on tint deux conciles à Sais- Aut*^olfc. bourg : le premier pour régler les païem-ens de la dé- ciles.

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cime que le pape avoit demandée pour deux ans: le second pour expliquer quelques statuts des conciles précédents. L'archevêque Conrad y présidoit & six évêques y assistèrent. Vernhard de Passau , Jean de Brixen, Henri de Gurc & Vernhard de Lavant, avec les députés des évêques de Friílngue & de Ratiíbone. Ce concile modéra la rigueur des décrets précédens, contre les clercs qui entroient dans les cabarets, contre les clercs jongleurs deprofeílìon , & touchant la folemnité des mariages: ce qui fait juger que ces décrets étoient mal observés.

Pierre archevêque de Maïenee tint aussi cette année un concile provincial pendant trois jours, savoir le' lundi , le mardi & le mercredi aprés le dimanche Ju~ bilate, qui est le troisième d'aprés Pâque, & ce lundi étoit l'onziéme de Mai. En ce concile on fit un abrégé des statuts des conciles précédens, & on y traita par ordre du pape Parfaire des Templiers. Vingt de ces chevaliers se présentèrent au concile sans y être apellés, portant l'habit & l'Ordre & presque armés. Ils avoient à leur tête un comte nomé Hugues, & entrèrent brusquement dans l'aíTemblée des prélats qui en furent tous surpris. L'archevêque considérant ces chevaliers & craignant quelque violence dit doucement au comandeur de s'aíîeoir, & s'il avoit quelque chose à dire de le proposer. II parla ainsi d'une voix haute & d'un air libre:

Nous avons apris que ce concile est assemblé par comisiion du pape principalement pour abolir notre ordre. On nous impose des crimes énormes & pires qu'à des païens, que nous marquerons étant en particulier: ce qui nous est insuportabje. Sur tout parce

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qu'on nous condamne farts nous entendre & nous An 1310 convaincre régulièrement. C'est pourquoi,en présence de cette assemblée, nous apellons au pape futur & à tout son clergé; & nous déclarons publiquement, que ceux qui ont été brûlés ailleurs pouï ces crimes, ont niéconstament d'en avoir commis aucun,& Pont soutenu dans les tourmens & jusqu'à la mort. Dieu même a prouvé leur inocencepar un miracle singulier, en ce que leurs manteaux blancs n'ont pû être bridés, ni les croix rouges- qui étoient dessus. Si ce miracle étoit vrai, on en pouvoit conclure au contraire, que le feu n'épargnant que l'habit, montroit qu'il étoit saint & que ceux qui le portoient en étoient indignes. Aprés que le comandeur eût parlé Parahevêque de Maïence craignant qu'il ne s'élevât du tumulte, reçut la protestation des Templiers & dit qu'il agiroit auprés du pape pour les mettre en repos , & les renvoïa ainsi chez eux. Ensuite il obtint une autre comiíïìon du pape «n conséquence de laquelle il les renvoïa absous le premier Juillet de Pannée suivante.

A Paris le nouvel archevêque de Sens Philipe de Marigny tint son concile provincial depuis le onzième jour de Mai jusqu'au vingt-sixième. On y examina les causes des Templiers en particulier , & tout bien £3,. considéré , on décida que quelques-uns feroient sim- hìst. plement déchargés de leur engagement à POrdre: BmÌhi'. tofí d'autres renvoies en liberté, aprés avoir accompli la p i& 7^ pénitence qui leur étoit enjointe: d'autres gardés étroitement en prison, plusieurs enfermés pour toûjours entre quatre murailles^ & quelques-uns comme relaps livrés au bras seculier,aprés avoir été dégradés parl'évêque s'ils étoient dans les ordres sacrés ; ce qui fiat

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