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suivante: comme il paroît par sa lettre au roi Philipe 0> le Bel datée d'Avignon le quatrième d'Avril. Il en écrivit de semblables à tous les archevêques & à tous les souverains.

La division continuoit & ausmentoit entre les fre- ~. V'

Xt A I 1 / Division

res Mineurs. Nous avons vu que les plus zèles pour encre lesfïe

l'observance avoient été íeparés des autres par l'au- res Mincurs

1 J r- \ Cy- r 1 J SuP' liv'

tonte du pape Geleltm en U94. ious le nom de pau- LXXXix.w.3i.

vrcs Ermites, & qu'ils avoient pour chef frère Libérât de Macerata. Ils passèrent en Achaie , où un sei- V*àìng. an. gneurnomméThomasde Sole leur aïantdoné une pe- 13°1tite iíle , ils y bâtirent une habitations pendant quelque temps y servirent Dieu en repos. Les peies de la province de Romanie l'aïant apris firent tous leurs efforts pour les ramener à l'unité de l'Ordre : nuis les Ermites leur résistèrent constament, s'apuïant fur la conceflion du pape Celestin. Leurs adversaires voulant absolument les chasser de leur iíle, les accusèrent d'être Manichéens, car cette secte étoit encore nombreuse , sous prétexte qu'ils s'abstenoient de viande &c de vin & fuioient la compagnie des hommes. On les aceufoit de plus d'entendre la messe tres-rarement, & d'avoir de mauvais fentimens touchant le S. sacrement & l'autorité du pape.

Ces reproches aïant été portés aux seigneurs & aux évêques du païs, ils envòïcrent dans Tille des hommes favans & pieux pour examiner la vie des Ermites. Ils trouvèrent quec'étoitdes mensonges & des calomnies : que les Ermites prêtres disoient la messe tous les jours, qu'ils célébraient dévotement ronSce divin & prioient pour le pape & pour l'éghfe Romaine: que leur abstinence & leur solitude n'avoient pour principe que l'espritde mortification.Les prélats & les seigneurs satisfaits de ce raport firent venir les Ermites & leur conseillèrent de venir dire la messe dans la grande église, de rendre compte de leur foi dans leurs fermons, & quand ils feroient invités à manger, d'ufer librement de viande & de vin. Les Ermites le firent, & rejetterent ainsi toute la haine fur leurs calomniateurs : qui n'aïant pas réiiílì en Grèce, résolurent de les poursuivre en cour de Rome jusqu'à ce qu'ils les euíïent ramenés à eux ; ce qui fe passa vers l'an 1301.

L'année suivante le chapitre général des frères MiFti'H* neurs fe tint à Gènes: d'où pendant qu'il se tenoit Jean > de Mur quatorzième général de l'Ordre , écrivit une

lettre à tous les supérieurs & à tous les frères oq il dit: Je trouve que quelques-unes de nos comunautés ont des terres, des maisons & des vignes, ou des pensions perpétuelles à prendre fur ces fonds. Que quelquesuns de nos frères ont non-feulement des revenus perfonels, mais encore fe chargent d'éxécutions de testav c ìf!^ ments perpétuelles: ce qui les engage de prendre foin Glofi. com- de la culture des terres & de la récolte des fruits, & à mifma. poursuivre des procès. Il défend tous ces abus fous peine d'excomunication par le seul fait , & exhorte tous fes frères à rapeller l'efprit de leur première pau

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En ce même chapitre les frères de la province de Romanie firent prendre une conclusion en pleine assemblée , qu'il faloit obvier au schisme de l'Ordre, & emploïer tous les moïens possibles pour y réunir les Ermites Cclcstins.On s'adre ssa au pape Boniface & on lui demanda la révocation des privilèges de son prédécesseur : mais il répondit, qu'il faloic laisser ces Ermites dans leur observance ; & qu'il étoit bien informé qu'ils gardoient mieux la règle que ceux qui les persecutoient. Alors ceux-ci lui dirent : Les Ermites ont toujours été attachés à Celestin & ne vous reconoissent point pour vrai pape. Cétoit fraper Boniface à l'endroit le plus sensible, principalement dans le fort de ses différends avec Philipe le Bel, & il craignoit que ce parti ne se fortifiât en Grèce. Il écrivit donc à Pierre patriarche Latin de CP.qui étoh>alors à Venise & aux archevêques d'Athènes & de Patras, de s'informer exactement de cette affaire. L'archevêque d'Athènes ordona à Thomas de Sole de chasser les Ermites de son iíle ; & ils passèrent fous la domination des' Grecs, où ils demeurèrent deux ans. Mais le patriarche Pierre étant venu à Negrepont & sollicité par les frères de Romanie, publia deux fois excomunication contre les Ermites s'ils ne revenoient à l'obédiance de l'Ordre.

Pv ndant ces troubles frère Libérât supérieur des ». 8. Ermites , crut que le plus sûr étoit de retourner en Italie, & de se justifier devant le pape lui & ses confrères. Ils abordèrent à un port de la Poiiille en 1303. dans le temps de la capture de Boniface VIII. Un seigneur du pais nomé André de Segna leur dona une pauvre habitation dans un désert od ils s'arrêtèrent. Mais le quinzième général de l'Ordre, Gonsalve àç Balboa Portugais élû en 1304. sollicita le roi de Napies Charles le Boiteux, de* challer de Ion roïaume 13.1j07.ff.!. ces fchismatiques qu'il accusoit même d'hérésie. Le * roi écrivit à Thomas d'Averse inquisiteur de l'ordre des frères Prêcheurs, de s'en informer exactement &

de punir les coupables. L'inquisiteur les a'ùnt fait venir dans un château du comté de Moliíîe, les examina & ne trouva point d'erreur contre la foi : toutefois en s'en allant il leur conseilla de le suivre , pour éviter d'être inquiétés parleurs ennemis. Ceux ci ne laissèrent pas de les insulter par le chemin & de redemander frère Libérât, comme aïant quitté la comunauté fans permission des supérieurs. L'inquisiteur l'avertit de fe mettre en sûreté pour ne pas tomber entre leurs mains , & lui eonfeilla d'aller droit au pape : il fe mit donc en chemin avec un compagnon pour venir en France trouver Clément V. mais il tomba malade à Viterbe &c mourut en 1307.

Ses compagnons vouloient sortir du roïaume de Naples, ne s'y trouvant pas en sûreté: mais l'inquiíiteur le leur défendit & leur ordona de comparoître encore devant lui. Il joignit avec eux d'autres religieux de mauvaise réputation només de S. Onufre & des hérétiques de la secte des apostoliques. Il les condamna tous indistinctement par une même sentence comme hérétiques & fchifmatiques: notant même comme fauteurs ceux qui les protegeoient. André de Segna, qui avoit logé les Ermites, s'en plaignit à l'inquisiteur , qui n'en fut que plus irrité contre eux, & les fit conduire á Trivento ville épiscopale du Comté de Molisse. Apres les avoir mis a la question pour leur faire confesser leur hérésie prétendue' & les avoir tenus cinq mois en prison: il les condamna à être fustigés publiquementàNaples,puis chassés du roïaume. Mais il mourut peu de temps aprés, déclarant qu'il les avoit condamnés injustement.

Quelques-uns succombèrent aux tourmens, & les

autres

autres vinrent cn France pour sc justifier devant lc
pape : puis ils se joignirent à d'autres frères Mineurs
qu'ils trouvèrent cn Provence, qui s'étoient auíîì sé-
parés de POrdre par zele pour l'obíervance , comme
il étoit arrivé en d'autres provinces,particulièrement
en Toscane , ce qui produisit deux partis dans l'Or-
dre;dont l'un se nommoit les Spirituels,l'autre les frè-
res de laComunauté. Celui-çi étoit le plus nombreux an
& le plus puissant, mais l'autre ne laissoit pas de se
soutenir, principalement en Provence. Raimond de
Villeneuve natif de cette province & médecin du roi
Charles lc Boiteux, l'excita peu avant fa mort à in-
terposer son autorite pour garantir d'opreílìon les
frères Spirituels & écrire au général de POrdre de leur
être favorable. Le roi écrivit, non-íeulement au gé-
néral , mais au pape Clément -, le priant de faire ces-
ser ce scandale. Suivant la prière & le conseil du roi
le pape fit venir en sa présence par des ordres secrets
le général de POrdre Gonfalve & cèux qu'il crut les
plus capables de Pinstruire de cette affaire, savoir Rai-
mond Gostredi qui avoit été le treizième général de
POrdre , Guillaume de Cornillon, TJbertin de Casai
quelques autres. Il les fit venir àMalause au diocèse
de Vaison,& interrogea secrettement le général Gon-
falve tk les autres ensuite pour savoir la vérité: mais
voïant que la multitude dés autres affaires ne lui per-
mettoit pas de vaquer à celle-ci en persone , il en do-
na la comistlon à trois cardinaux, Berenger de Fre-
dole évêque de Tusculum, Guillaume Arrufat prêtre
du titre de sainte Potentiene & Thomas Jorzidu titrç
de sainte Sabine.

Or comme Paffairc tiroir en longueur les frères
Tome XIX. Áa

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