페이지 이미지
PDF
ePub

An 1310 spirituels que le pape avoit apellés craignirent d'être cependant maltraités par les supérieurs de l'Ordre: c'est pourquoi le pape dona une bulle proviíìonelle par laquelle il les exempte au nombre de huit qu'il nomme, de l'obéissance & de la jui isdiction du général & des supérieurs pendant le cours de Paffaire. II défend auíîi d'inquiéter ceux qui en diverses provinces adhérent à ces huit : aufquels il ne veut point que la poursuite de cette affaire nuise en aucune manière. La bulle est datée d'Avignon le quatorzième d'Avril 1310. & l'aísaire demeura en cet état pendant deux ans, jusqu'au concile de Viene. Cependant frère Ubertin de Casai, le plus ardent de tous les Spirituels, * ** dona aux commissaires un mémoire contenant trentecinq chefs de transgression, vingt-cinq contre la règle & dix contre la déclaration de Nicolas III. à quoi les frères de la Comùnauté répondirent par un grand écrit. Les Spirituels de la province de Toscane lurent les plus emportés : ils se íéparcrent du corps de l'Ordre de leur feule autorité ôi se donerent un général & des supérieurs: mais cette révolte fut désaprouvée en cour de Rome, & aliéna des Spirituels ceux qui leur étoient auparavant favorables. X L111. Cependant le rói Philipe le Bel pour fui vo it toû jou rs Procédures la condamnation de la mémoire de Boniface VlII.sur

contre lame- ■ 1/ 1» r t / 1 1 r-\ 1

moire de 80- S1101 des 1 annee précédente le pape Clément dona une ni face. bulle où il dit : Au comencement de notre pontificat, %!tín?'iyn, lors0!116 nous étions à Lion & ensuite à Poitiers, le roi »• 4- Philipe, les comtes Loiiis d'Evreux, Gui de S. Paul &

Jean de Dreux, avec Guillaume du Pleíïis chevalier, nous demandèrent instament de recevoir les preuves qu'ils prétendoient avoir que le pape Boniface VIII.

[ocr errors]

notre prédécesseur étoit mort dans l'hérésie. Nous A „ TT^T

r. r sA 1 • r AN" I3I°

ne pouvions croire que cette acculation tut bien fon-
dée , sachant qu'il étoit né de parens catholiques &
dans un pais qui l'étoit : qu'il a été nourri dans la cour
de Rome & y a passé la plus grande partie de fa vie:
qu'il a accompagné le pape Martin & le pape Adrien
dans leurs légations de France & d'Angleterre, & a
tenu fous eux la chancellerie.'Il avoit exercé en cour
de Rome les fonctions d'avocat: il y a été fait no-
taire, puis élevé à la dignité de cardinal,& enfin étant
pape il a publié plusieurs constitutions pour la gloire
de Dieu, raffermissement de la foi & la destruction
des hérétiques. Toutefois parce que le crime d'hérésie
est le plus détestable & le plus dangereux de tous: .
nous n'avons pas cru devoir dissimuler cette accusa-
tion, ni la laisser fans examen , particulièrement dans
l'églife Romaine mere & maîtresse de rous les fidèles ,
qui reçoivent d'elle la doctrine & la règle de la reli-
gion. •

C'est pourquoi étant encore à Poitiers, nous avons résolu, de l'avis de nos frères , de doner audianceaux accusateurs deBoniface,& nous leur avons assigné terme pour comparoître devant nous à Avignon le premier jour plaidoïable aprés la Purification de la Vierge,alors prochaine & maintenant passée : mais n'aïant pû nous trouver pour lors au lieu marqué,tant à cause des affaires qui nous font survenues, que de la mauvaise saison & deja difficulté des chemins: nous citons par ces préfentes tes mêmes perfones qui croiront avoir intérêt en cette affaire pour accuser ou pour défendre , au premier jour aprés le second dimanche de carême. La bulle est datée du treizième de Sep

An. 1310. tembrc 1505). à Avignon chez les frères Prêcheurs", dans la sale basse où le pape tenoitles consistoires publics.

En éxecution de cette bulle les parries fe rendirent à Avignon,& y comparurent devant le pape en plein * r' / coníiítoire au jour précis qui avoit ete marque lavoir le seizième de Mars 1310. qui étoit le lundi de la seconde semaine de carême. Les accusateurs étoient quatre chevaliers, Guillaume deNogaret, Guillaume du Pleíîis, Pierre de Gaillard & Pierre de Blanasque, accompagnés d'un clerc nome maître Alainde Cambale,& tous les cinq se qualifioient envoies du roi de f. 370. France. Les défenseurs de la mémoire de Boniface éroient au nombre de douze, à la tête desquels étoit maître Jaques de Modene, qui parla au nom de tous. Le pape fit premièrement lir.e la bulle du treizième de Septembre qui vient d'être raportée: puis Guillaume deNogaret fit une longue remontrance qu'il offrit de doner par écrit. Jaques de Modene fit des protestations au contraire, soutenant que les parties adverses ne dévoient point être reçues à accuser la mémoire de Boniface: sur quoi le pape ordonaque départ & d'autre ils doneroient leurs prétensions par écrit ; & leur aflìgna les deux vendredis suivants, pour continuer à procéder devant lui.

Le vendredi vingtième de Mars deux cardinaux commis parle pape ordonerent aux quatre notaires qu'il avoit només pour rédiger le procès,de recevoir f. 37t. tout ce que les parties voudroient produire. Les aecusHp. hv.ic, fareurs produisirent la requête présentée au roi le douÈìffsr.f. 5*. zedeMars 1303. contenant l'accusation formelle contre Boniface. Puis ils dónerent un autre écrit où ils difoient entre autres choses, que des témoins qui pouvoient déposer contre Boniface, plusieurs pouroient manquer étant vieux & valétudinaires. C'est pourquoi, ajoûtoient-ils,nous suplions instament que ces témoins soient reçus fans délai.De plus nous déclarons que plusieurs cardinaux nous font suspects comme étant intéressés à cette affaire , & aïant fait cous ?• J'74leurs efforts pour en empêcher la poursuite : c'est pourquoi nous les récusons & nous en donerons les noms à votre sainteté , si elle le juge nécessaire.

Le vendredi suivant vingt-septième de Mars 1510. t- 387" *88, en consistoire public, les accusateurs nommèrent les cardinaux suspects au nombre de huit. Le mécredi premier d'Avril ils donerent les noms des témoins qu'ils vouloient produirc.Le vendredi dixième le pape aprés avoir oui les protestations respectives des parties, déclara qu'aïant reçu les noms des témoins , il pt 404procederoit en cette affaire selon la justice, & continua l'àssignation au lendemain , auquel jour il la remit aprés Pâque, qui cette année 1310. étoit le dixncuviéme d'Avril. Il donna donc pour terme aux parties le premier jour plaidoïable aprés quasimodo : or- . donant que cependant on leur doneroit copie de toutes les procédures produites de part & d'autre. Mais 4°tf« lc samedi d'aprés Pâque vingt-cinquième d'Avril le pape prorogea ce terme jusqu'à quinze jours ; & le huitième de Mai il le prorogea eitcore jusqu'au lundi onzième, puis pour une indilposition qui lui survint f' *0*"' il remit au mécredi.

Ce jour qui étoit le treizième de Mai le pape en con- p. 40^ sistoire public, les parties présentes, dit : J'ai oui dire autrefois que quelques docteurs étoient d'opinion

À a iij,

7""" qu'un excomunié étoit réputé absous par la feule íal3ljutatjon ju pape } ou quand il lui avoir parlé sciemment : mais je n'ai jamais crû cette opinion Véritable, à moins qu'il ne fût constant d'ailleurs que l'intention du pape eût été d'absoudre l'excomunié. C'est pourquoi je déclare qu'en cette affaire ni en aucune autre , je n'ai jamais prétendu absoudre aucun excomunié en l'écoutant, lui parlant, ou comuniquant avec lui en quelque manière que ce soit. Il ajoûta que comme l'aífaire étoit imporrante & difficile , que les chaleurs aprochoient, & que lui & les cardinaux avoient P- 4'o. besoin de prendre quelques précautions pour leur santé, il donoit terme aux parties jusques au premier jour plaidoïable du mois d'Août: offrant cependant de />. 411. recevoir les noms des témoins, qui pouvoient dépérir. Alors Guillaume de Nogaret pria le pape de î'absoudre à cautele des censures qu'il pouvoit avoir encourues, mais le pape dit qu'il en faloit délibérer.

Cependant le pape nomma des commissaires pour entendre les témoins dont l'examenpreífoit. Ces corn1310. miífaires furent Ifarn archevêque de Thebes vicaire du pape à Rome, Jaques évêque d'Avignon depuis pape Jean XXII. Altegrude évêque de Vienne, Bertrand abbé de Montauban , Vital Dufour frère Mineur , docteur en théologie & Grimier de Beigame laïque, avocat en cour de Rome. Le pape leur ordone de se transportera Rome, en Lombardie, en Toscane,en Campanie & aux environs pour examiner les témoins vieux, valétudinaires ou prêts à s'absenter pour long-temps,& tenir leurs dépositions secrètes. La comislìon est du vingt-huitième de Juin 1310.

« 이전계속 »