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monastique. Les mêmes réglemens s'étendent aux XntÎji chanoines réguliers. Quant aux religieuses le concile Attend, i leur done des visiteurs pour retrancher plusieurs abus eoddont il fait le dénombrement. Elles portoient des étofes de foie & des fourures précieuses, fe coëffoient en cheveux & curieusement, fréquentoient les dan~ ses & les fêtes mondaines , fe promenoient par les rues même de nuit. Le concile ordone aussi de visiter les femmes qui fe difoient chanoinesses séculières & vivoient comme les chanoines. Certaines femmes „

/ / - De relig

nommées communément Béguines, parce qu'elles dom.c. u en portoient l'habit, fc prétendoient religieuícs fans promettre d'obéissance, renoncer à leurs biens, ni professer aucune règle aprouvée; & s'attachoient à quelques religieux suivant leur inclination. QiielquGs unes même fe mêloient de disputer fur la Trinité & l'essence divine,fur les articles defoi& les facremens, *& introduifoient des erreurs; Le concile condamne leur état,leur défend cr ^demeurer &cVy recevoir d'autres perfones & à tous religieux dç les y entretenir. Sans toutesfois empêcher que les femmes qui voudroient faire pénitence demeurent dans leurs maisons & y pratiquent l'humilite 8f les autres vertus. Le nom de Béguines venoit des femmes dévotes que • Lambert le Bègue avoit assemblées à Liège cent-cin- Snp. i; quante ans auparavant : quelques-unes avoient rendu "• ce nom odieux xn donant dans le fanatisme de l'évangile éterncl,mais plusieurs, étòient dpmeurés dans les bornes de leur première institution , comme CeJles qui subsistent encore dans les Pais bas. C'est ainsi que j'entens ce décret du concile de Vienne. t - Il en Et auíli un fameux pour les hôpitaux, qui

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^N porte cn substance: Il arrive quelquefois que les rec

ciem. Quia teurs ^es hôpitaux en négligent les biens & les droits contig. i. de & ne les retirent pas d'entre les mains des usurpateurs: reitgjom. çp'\\s laissent tomber en ruine les bâtimens & tournent à leur profit les revenus de ces lieux de pieté: refusant inhumainement d'y recevoir & nourirles pauvres & les lépreux, fans considérer l'intention des fondateurs. C'est pourquoi nous ordonons que ceux à qui il apartient par la fondation ou autrement, réforment tous ces abus : à faute de quoi nous enjoignons aux ordinaires des lieux d'y pourvoir par tous les remèdes de droit. Et afin que ceci soit mieux observé , aucun de ces lieux de pieté ne fera conféré à titre de bénéfice à aucun clerc séculier, s'il n'est ainsi ordoné par la fondation fous peine de nullité des collations ou provisions : màis le gouvernement de ces lieux fera confié à des hommes prudens, capables & de bonne réputation : qui feront obligés à l'exemple des tuteurs &^des curateurs de prêter serinent, faire inventaire "èc rendre compte tous les ans aux ordinaires ou à leurs commis. Ce que nous ne prétendons pas étendre aux hôpitaux des ordres militaires ou des autres religieux. Voilà l'origine des administrateurs laïques ausqùels on a confié les biens des hôpitaux à la honte du clergé: car dans les premiers siécles on ne croioit pas les pouvoir mettre en rneilleure main que des prêtres & des diacres. '■•'

Le concile de Vienne fit deux constitutions touchant les privilèges des religieux & des autres exempts, Tune pour les foutertit contre les vexations des prélats , l'autre oour en réprimer P abus. Dans la première font raportes jusqu à4 trente griefs des privilégiés,

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dont voici les principaux^Quelques. prélats, disoient- ^ ils, nous prenent & nous empriíonent. Ils empê- ciem. fichent qu'on ne nous paie nos dîmes & nos autres re- 7*"» de venus. Ils frapent de censures ecclésiastiques nos su- ^'f jets, nos domestiques & ceux qui ont quelque commerce avec nous , comme de venir moudre à nos moulins ou cuire à nos fours. Ils ne défèrent point à nos appellations interjettées à l'occasion deces griefs j & quelquefois ils prenent & emprisonent les apellans. Ils ne permetent pas de publier ou d'exécuter les sentences des délégués du S. siège ou des conservateurs de nos privilèges.Quelques-uns vienent à main armée & enseigne d éploïée détruire nos moulins ou d'autres bâtimens, dont nous sommes en poíseflion immémoriale. Souvent ils permettent aux gentils-hommes leurs vassaux & aux officiers de leurs justices temporelles de s'emparer par violence de nos biens s meubles ou immeubles & de nous faire d'autres insultes. Ils prétendent que les fruits de la première année des bénéfices vacansleur apartient & fous ce prétexte ils en pillent les bestiaux & l'argenterie. Sur ces plaintes le concile se contente d'ordoner aux prélats d'en faire cesser les sujets y & leur défend d'empêcher les religieux d'aller à leurs chapitres généraux ou provinciaux ; mais il ne prescrit aucune peine.

La seconde constitution défend aux religieux sous Clm. Rdipeine cf'éxcomunication par le seul fait de donerl'ex- defrt' trème- onction , l'eucaristie ou la bénédiction nuptiale sans la permission spéciale du cuié v & d'absoudre les excomuniés, sinon dans les cas de droit. Dé-» fenfe de médire des prélats , de détourner les laïques de la fréquentation de leurs paroisses, ou les tésta~

An. iaíi. ti£urs de faire restitution ou de léguer aux églises matrices •,'&dé commettre quelques autres abus expriCd*jèfHitlr' m" dans la constitution. Par un autre il leur est déciem. kn. de -fendu d'enterrer persone dans leurs cimetières en Testam. -temps d'interdit, & les excomuniés en tout temps; & pat une autre encore, ils doivent rendre compte aux •ordinaires des lieux , de l'cxécution des testaments, idont ils ont été chargés* ciem. Dict- D'autres constitutions regardent les mœurs & la Íi'l Ttd conduite du clergé. Il est défendu aux clercs, même 'maries, d'exercer en perlone les métiers de boucher : ou cabaretier fous peine de perdre le privilège cléri

• cal. Défense de s'apliquer à tout commerce qui ne

• convient pas à leur état, ou de porter des armes. Déc. z. coi. 'fenfe de paroître en public vêtus d'habits raïés ou mi

- partis de deux couleurs ou de manteaux fi courts, que î'habit dedessous paroisse notablement, ou des chausc. j. àctt &' fCS déchiquetées rouges ou vertes. On peut être orc/ual. doné foûdiacre dans la dix-huitiéme année de l'âge,

diacre dans la vingtième, prêtre dans la vingt - cinc. *. coi. nuiéme. Un chanoine n'aura point voix en chapitre qu'il ne soit au moins foûdiacre,ou qu'il ne se faste promouvoir dans l'an à Tordre requis pour son beneciem.uK. de £cc Quant à l'immunité des clercs,le concile révo'$Hp"7iv. qua la fameuse bulle Clerich laïcos de Boniface VIII. ittttï.B.u- avec ses déclarations & tout ce qui s'éroit enÇuivi. S1' . Le concile de Vienne renouvella la fête du S. fa

cicmSidum. crement instituée quarante-huit ans auparavant par le s'ap^'ilv. PaPe Urbain IV. mais dont la bulle n'avoit point eû Lxxxv.».*7* d'exécution. Le pape Clément la confirme ÒV la raporte toute entière fans y rien ajoûter , & fans faire non 'píus aucune mention de procession ni d'exposition du S. sacrement. Pour

Pour faciliter la conversion des infidèles le concile établit l'êtude des langues Orientales que Rai- s . mond Lulle demandoit & sollicitait depuis si long- Lxxxix:».3?. temps. On ordona donc qu'en cour de Rome & dans les Universités de Paris, d'Oxford, de Boulogne & de Salamanque,on établiroit des maîtres pour enfci- Cl ÍHter gner les trois langues, l'Hébraïque, Arabique & deMagist* Caldéene, deux maîtres pour chacune: qui seroient stipendiés & entretenus en cour de Rome par le pape, a Paris par le roi de France, & dans les autres villes parles prélats, les monastères & les chapitres du pais.

On efperoittoûjours de recouvrer la terre fainte;& la prise de Rodes par les Hospitaliers y paroissoit un R*ì«- *. u, acheminement. Le roi des Romains Henri, Philipe roi de France, Louis roi de Navarre son fils aîné, Edouard roi d'Angleterre , promettoient de faire le voïage. C'est pourquoi le concile de Vienne ordona une croisade ou passage général, auquel s'engagerent par voeu les rois de France, d'Angleterre & de "Navarre, avec plusieurs autres seigneurs. Pour les frais de cette croisade le concile ordona la levée d'une décime pendant six ans^ & ce fut aparemmentl'occasion CltmSihetu. d'un décret du concile,qui défend de lever les déci- fic'dcdecim' mes avec trop de rigueur , en prenant les calices, les livres & les ornemens des églises. Le concile de Vienne fut terminé à la troisième session tenue le samedi dans l'octavede l'Asçension , qui cette année 1311. B*iuz. n. iétoit le sixième de Mai fête de S. Jean Porte Latine, f- 4*

Fin du Livre quatre-vingt-on^éme.
Tome XIX. Ff

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