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An. 1^14. r*c d'Arràgon roi de Sicile, avoit passé en Grèce pour 1 x. servir contre les Turcs : puis ils avoient tourné leurs ^Aff ucs de armes contre les Grecs mêmes & enfin contre les Lag*. 9, tins établis dans l'Achaïe & la Morée. Le pape le trouva fort mauvais & manda à: Nicolas patriarche de CP. d'exhorter les Catalans à se désister de cette guerre & emploïcr plutôt leurs forces contre les infidèles & les fcnifmatiques : le tout fous peiné d'excomunication. La lettre est du quatorzième de Janvier 1314, mais nous n'en voïons point d'effet.

Lorsque CP. fut reprise par les Grecs, le patriarche Latin étoit Pantaleon Justinien, qui se sauva en ItaSnp. llv. lie : mais comme il resta dés terres en Romanie fous ixxxv. ff.io. Tobéiílànce des François ,: ks papes continuèrent de hsst^c.'p. créer des patriarches Latins de CP. Aprés Justinien /VZ44. on trouve le cardinal Hugolin de Malebranche, qui £X£av' s' mourut BMtji. puis Pierre confirmé par le pape Hoeua'. 3' 'storius IV. & moi* en 1301. Léonard curé de S. Barthelemi de Venise, lui fut donépotir successeur le dernier jour de l'an 1301. parBoniface VIII. qui lui dona de plus l'archevêché de Candie pour fa résidence & Xai». 1314. ^on entretien ; & de même Clément V.donna au pan. u. triarche Nicolas pour soutenir fa dignité l'évêché de Négrepont, qu'il unit pourTavenir au patriarcat de CP.

n. 11. Par la jnême raison le pape Clément conserva l'évêché de Pfodés à Pierre de Plaineeafsagne en le faisant patriarche de Jérusalem. Ce prélat étoit de l'orVaiing. ^re ^es ^reres Mineurs , &.dés l'an 1304. évêque de 1305. n 1. Rodés. Le pape l'envoïa légat en Palestine & en cette

Baìuz.. vix. qUalité le recomanda au roi Philipe le BcL par lettre

to. z. p. 139. i •_ ,t 1 , , r

to. 1. p. 6^6. du iixieme Janvier 430p. pour la conservation du tem

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porél de son évéché. Pierre aíïista comme légat à la ^N' conquête de Rodes par les Hospitaliers, & mourut à Rodés en 1318. Or ces titres de patriarches donoient rarig aux prélats qui les possédoient au-dessus des archevêques.

Cependant il se fit à Paris une exécution notable X'ti n de deux Templiers. Arnaud d'Aux évêque d'Albane Tcm6c deux autres cardinaux légats, l'archevêque de Sens pliers. & quelques autres prélats, avec quelques docteurs en N*n&'T'6î1' droit canonique apellés exprés, condamnèrent à pri- .' son perpétuelle le grand maître des Templiers, ie visiteur de France & les comandeurs d'Aquitaine & de Normandie, dont le pape s'étoit réservé le jugement: mais il l'avoit ensuite commis à ces prélats. Ils condamnèrent ainsi ces quatre Templiers, parce qu'ils avoient confessé publiquement tous les crimes dont on les chargeoit fans exception, & sembloient vouloir persister dans leur confession. Cette sentence fut prononcée aprés une meure délibération dans le parvis de N. Dame le lundi aprés la S. Grégoire, c'està-dire le dix-huitiéme de Mars 1314. & un des cardinaux prêcha.

Mais on fut bien étoné quand deux des condamnés , savoir le grand maître & le commandeur de Normandie , s'adressant au cardinal qui avoit prêché & à l'archevêque de Sens , rétractèrent leur confession, soutenant opiniâtrement qu'ils étoient innocens. Les cardinaux les mirent entre les mains du prévôt de Paris, qui étoit présent, seulement pour les garder jusqu'à ce qu'ils eussent plus amplement délibéré fur ce sujet: ce qu'ils prétendoient faire le lendemain. Mais le roi qui étoit au palais l'aïant apris, se contenta de pren1ÏZ 77T drc l'avis de ceux qui se trouvèrent auprés de lui fans

AN. 1313. . « 1 A • * 1 r • 1 r

apcller de clercs ; & le meme jour vers le loir, 11 hc brûler ensemble les deux coupables dans une petite ifle de la Seine , qui étoit entre le jardin du roi & les Augustins. Ils persistèrent dans leur dénégation jusqu'à la fin & souffrirent le feu avec une fermeté qui causa un grand étonement à tous les assistans. Les deux autres furent enfermés dans la prison à laquelle ils avoient été condamnés. Xi. Le pape Clément avoit passé d'Avignon à Montil

Mort de prés de Carpentras, où étant avec fa cour le jour de 5 ^T*?,1 S. Benoît vingt- uniéme de Mars, il fit publier devant Baii*z..v. to. lui en consistoire les constitutions du concile deVien1. p. j4.ío. nc .-j aVQ-t £a-t mettre en ordre & dont il avoit résolu de faire un septième livre des Décrétâtes, comme Boniface VIII. avoit fait le Sexte : mais il fut déílors attaqué de la maladie dont il mourut, & ainsi ce livre ne fut point envoie aux Université selon la coutume, ni rendu public.

ibid. p. 54. Le jeudi saint quatrième jour d'Avril le pape publia <f«5- une sentence contre les Modenois, les bannis de

Ram. ». 6. Boui0gne & Vautres de la Romagne & de Mantoue, pour avoir attaqué à main armée Raimond marquis d'Ancone neveu du pape,qui conduisoit le trésor de l'église , accompagné de quarante persones & avec sauf conduit. Ils ne laissèrent pas de le tuer & de piller tout le trésor. »• »4« , Le pape Clément étant malade se faisoit porter à 4.1. p. 80. 3ourdeaux p0ur reprendre son air natal : mais il mourut à la Roquemaure fur le Rône prés d'Avignon au diocèse de Nimcs , le vingtième d'Avril 1314. aprés avoir tenu le S. siège huit ans, dix mois & quinze jouis. Jean Villani parle de lui en ces termes : Il aima fort ^ N ~" l'argent ensorte qu'on vendoit àsa cour tous les bene- j. riu. JX.' fices. On disoit publiquement qu'il avoit pour mai- c- í8« trèfle la Comtesse de Perigord trés-belle femme, sille du comte de Foix. Il laissa à fes neveux & à fes autres parens des trésors immenses. Ce récit de Villani est aussi raporté par S. Antonin de Florence au troisième tome de son histoire.Le corps de Clément V. fut d'à- J 1 7* bord reporté à Carpentras où residoient les cardinaux avec le reste de lacour de Rome : mais au mois d'Août il fut transféré en Gascogne sa patrie -, & enterré comme il l'avoit ordoné à Useste au Diocèse de Basas. Le S. siège vaqua deux ans trois mois & dix-sept jours.

Le trésor du pape fut pillé incontinent api és fa mort 3 & on accusa son neveu Bertrand comte de Lomagne d'avoir détourné plus de trois cens mille florins d'or destinés aux frais de la croisade. D'ailleurs au mois de Juin de la même année Hugucion de laFaiole Rain- " Mavec ses Gibellins surprit Luques qui fut pillée pen- J> VÚU dant huit jours par les Pisans & les Allemans > & ils '5?' prirent entr'autres le trésor de l'église Romaine que le cardinal Gentil de Montesiore avoit par ordre du pape amené de Rome de la Campanie & du patrimoine & mis dans 1 église de S. Fridien de Luques :mais il fut tout enlevé & porté à Pise.

Aprés la mort du pape les cardinaux qui étoient à Carpentras au nombre de vingt-trois entrèrent au conclave dans le palais épiscopal pour procéder à l'élection v '* du du successeur : mais aprés y avoir demeuré quelque s. siège, tems fans pouvoir s'accorderai survint un grand trou^ ^J"' "' **' ble entre leurs domestiques qui pillèrent les marchands g0, 1 p Romains & les autrçs étrangers suivans la coura on mit

A^Tï^ïJ ^e ^eu a ^a v*^e » ^ont une Part^e fut brûlée, & les cardinaux touchés de ce désordre convinrent de se séparer à la charge de revenir à un certain jour. Ils sortirent ainsi du conclave vers la Madelaine, c'est-à-dire vers la fin de Juillet : mais ils furent deux ans fans se rassembler , n'étant pas moins divisés touchant le lieu de Vêtlection que fur le choix de la persone. Car les Italiens disoient qu'il faloit aller à Rome, d'autres ailleurs;

Nangf.& ainsi ils se dispersèrent : quelques-uns se retirèrent à Orange,d'autres à Avignon, & chacun où il lui plut.

Les cardinaux Italiens écrivirent fur ce sujet une lettré circulaire aux cinq premiers abbés de Cisteaux & Bai. to. t. au chapitre gênerai de Tordre : pour les prémunir conf. 187. treles faux bruits & les instruire au vrai de ce qui s'é^toit passé à Carpentras, ce qu'ils racontent ainsi. Comme nous étions dans le palais en conclave pour élire un pape : tout d'un coup les Gascons fous prétexte d'emporter le corps de Clément V. prirent íes armes le vingt-quatriéme de Juillet étant en grand nombre '-, à pied & à cheval conduits par Bertrand de Got &

& Raimond Guillaume neveu de Clément, soit qu'ils craignissent que le pape futur ne recherchât leur conduite, soit qu'ils voulussent s'assurer par la force la possession du S. siège. Etant ainsi entrez darjs Carpentras , ils tuèrent inhumainement plusieurs Italiens de la cour de Rome, car ils n'en vouloient qu'à notre nation ; puis ils comencerentà piller & Jeur fureur croissant ils mirent le feu en divers quartiers de la ville. Non contens de cela ils attaquèrent à main armée & au son des trompettes les logis de plusieurs de nous autres cardinaux, & le bruit augmentant comme

dans

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