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souterrains, où ils se mêloient ensemble comme des bêtes, fans aucun égard à la parenté la plus proche. Ils disoient que l'église Romaine n'étoit pas celle de J. C. mais une société d'infidèles. Auíïì se moquoientils des censures ecclésiastiques, de l'autorité des prélats , & de toutes les cérémonies de la religion : ils ne gardoient ni jeûnes ni abstinences, & mangeoient de la viande même le vendredi saint. Ils n'observoient aucune fête & travailloient le jour de Pâque. Ils ne tenoientpas le parjure pour un peché.Ils enseignoient que rinterceíïion des Saints n'étoit d'aucune utilité & qu'il ne faloúrni les invoquer ni les honorer. Enfla ils enseignoient plusieurs autres erreurs, dont le récit seroit ennuieux & feroit horreur.

Leur nombre étoit grand : un de leurs apôtres*qui fut brûlé à Vienne confessa à la question qu'ils étoient plus de huit mille en Bohême , en Autriche, en Turinge & aux environs: outre ceux du reste de l'Aile» magne & de l'Italie. Les frères Prêcheurs exerçant l'inquisition en découvrirent plusieurs qui furent conr damnés au feu.Mais ils demeurèrent tous dans leur opiniâtreté & se livrèrent au suplice avec joie, sans qu'un seul se repentit. Ces hérétiques fraïerent le chemin à . ceux qui vinrent depuis en Bohême & en Allemagne. X xi. Le roi Philipe le Bel laissa trois fils : Louis déja roi Lo"f °h t^C ^eNavare comme héritier de la reine Jeanne fa mere,. Philipe le Philipe comte de Poitiers, & Charles comte de la Long roi. Marche. Louis comme l'aîné succéda à la courone de p'tfcj. France : il fut Ie dixième du nom , & on l'a surnom£ainz. vit. raé Hutin à cause de sa vivacité & ses manières trop*

En 131£. il envoïa le comte de Poitiers son frère

pour

pour assembler s'il pouvoit les cardinaux à Lion, fui- ~ vant le projet du roi Philipe le Bel. Le comte de Poi- n^ tiers y travailla prés de six mois ; & enfin il les fit venir à Lion au nombre de vingt-trois, & leur promit par serment de ne leur faire aucune violence & nè les . . point contraindre à s'enfermer pour l'élection. Les 7J" choses étant ainsi disposées, il reçut nouvelle de la mort du roi Louis íbn frère , decedé le samedi cinquième de Juin veille de la Trinité, aprés avoir régné fi11!* feulement dix-huit mois. Le comte Philipe fut alors fort embaraíTé, ne jugeant pas à propos de demeurer plus long- temps à Lion, & ne voulant pas laisser imparfaite T'affaire de l'élection du pape. Aïantpris conseil , il fut jugé que le serment qu'il avoit fait de ne point enfermer les cardinaux étoit illicite, & que par ■conséquent il ne devoir point le garder. Alors il fit venir tous les cardinaux en la maison des frères Prêcheurs, & leur déclara qu'ils n'en fortiroient point qu'ils n'eussent élu un pape j & aprés avoir mis des gardes pour les empêcher de sortir, il revint à Paris. Comme le roi Louis avoit laissé fa femme Clémence enceinte, le comte Philipe fut nommé regent du roïâume én attendant la naissance de l'enfant. ;:;oi i. Les cardinaux furent enfermés la veille de la saint xxil. Pierre vingt-huitième de Juin & quarante jours aprés, Jaeaen XXI1savoir le samedi avant la S. Laurent septième d'Août 1316. ils élurent tout d'une voix Jaques d'Euse cardinal évêque de Porto. Il étoit né à Cahors de bas lieu: mais par son bon esprit & son travail il devint tres- e''l' lx' savant, particulièrement en droit. 11 étoit de petite Bai. t».u f. taille, mais d'un grand courage. Il fut premièrement ,5I«^!7« évêque de Frejus pendant onze ans : puis Clément V. : TomeXlX.' Kk

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I?l6- le transféra au siège d'Avignon en 1310. & deux ans Sup. ». 4. aprés , à la promotion de Décembre 1311. il le fit cardinal Le nouveau pape prit le norn de Jean XXII. ôc ion couronetnent fut différé quelque temps àla prière p . , de Philipe récent du roïaume de France, qui avoir témoigne au pape vouloir y aílilter : maïs le pape aprés avoir attendu prés d'un mois se fit couroner à Lion dans l'église cathédrale le dimanche cinquième jour de Septembre. Austi tot il dona part de fa promotion, suivant ta coutume, par une lettre circulaire adreílée aux évêques & aux rois, où il dit qu'il a été élu pape unanimement par tous les cardinaux, fans aucune diversité de suffrages ; & qu'il a beaucoup hésité.à accepter cette charge si terrible : ce qui ne s'accorde pas avec ce que quelques auteurs ont écrit, qu'il s'étoit lui-même nommé pape. II partit de Lion vers

$*U 1 18 ^a ^n ^u mo*s *k septembre & le samedi second jour 151,7 'd'Octobre il arriva à Avignon,où il avoit auparavant fait publier qu'il tiendroit sa cour. 1

Cependant la reine Clémence accoucha le quatorzième de Novembre d'un fils qui fut nommé Jean & mourut cinq jours aprés, íe dix-neuviéme du même mois. Alors le régent Philipe son oncle fut reconnu roi cinquième du nom : on le surnomma le Long à cause de fa grande taille. Xxiii. Le pape étant à Avignon fit une promotion de dcPrcaTdil°n kuit cardinaux, le vendredi dix-septième de Decenir naux. bre aux quatre-temps de l'A vent. Le premier fut Bernard de Castanet natif de Montpellier, qui fut auditeur du palais fous Innocent V. & ce pape le fit évêque d'Albi en 1176. En 1308. il passa de cet évêché à celui du Pui en Vêlai : que le pape Jean lui permit de

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garder en commende en le faisant cardinal évêque de 6 Porto. Bernard avoit alors quarante-un an d'épisco- 3 pat & mourut Tannée suivante 1317. le quatorzième d'Août, n'aïant été que huit mois cardinal.

Le second fut Jaques de la Vie natif deCahors fils d'une sœur du pape,alors élu évêque d'Avignon : dont le pape son oncle lui dona le siège en commende , le faisant cardinal prêtre du titre de S. Jean & S. Paul. Le troisième fut Gaucelme ou Jofseaume de Jean auíîì natif de Cahors d'une famille distinguée. Ilétoit vicechancelier de l'église Romaine & fut fait cardinal prêtre du titre de S. Marcellin & S. Pierre. Le quatrième fut Bertrand del Poïet natif du diocèse deCa- j. vilL xi. e» hors & neveu du pape: auquel il ressembloit si fort 6que plusieurs disoient publiquement qu'il ètoit son fils. II fut cardinal prêtre du titre de S. Marcel. Lc cinquième fut Bertrand de Montfavez grand ju- • rifconíulte qui avoit enseigné le droit en TUniversité de Montpellier. Il étoit né à Castelnau de Montratier au diocèse de Cahors & fut cardinal diacre du titre de sainte Marie en Aquire. Le sixième fut Pierre d'Arreblai : il étoit fils du sénéchal de Perigord & fut chanoine de S. Quentin & archidiacre de Bourbon dans l'église d'Autun. Il étoit chancelier de France & fut fait prêtre cardinal du titre de sainte Susane. Le septième fut Gaillard de la Mote Gascon , fils de la nièce du pape Clément V. & fut cardinal diacre du titre de sainte Luce. Le huitième Jean Gaétan des Urílns Romain, cardinal diacre du titre de S. Théodore. Voilà les cardinaux de la première promotion de Jean XXII. tous François hormis le dernier.

II yen avoit deux que le pape avoit faits à la prière

^N pl£ du roi Philipe le Long, qui les lui recomanda insta^ R.iin. 13 Ií.' ment lorsqu'ils étoient ensemble à Lion, savoir Ja*• 'S- ques de la Vie & Pierre d'Arreblai. C'est pourquoi auílì-tôt aprés leur promotion le pape en dona avis auroi,s'excufant de ne pas envoïerle chapeau à ce dernier. Car, dit-il, les papes nos prédécesseurs n'onc point accoutumé de l'envoïer aux cardinaux qu'ils ont créés abfens, si ce n'est pour des raisons particulières dont les exemples font rares ne doivent point être tirés à conséquence, xxiv. A C. P. Niphon fut chaííe du siège patriarcal dés Niphon l'année 1315. à cause de son avarice, qui lui avoit faic í^pírr. de" commettre plusieurs facriléges,& emplorer pour s'énCP. richir des moïens injustes & peu convenables à fa di

Crtr. 'm. gmt^- S'étant retiré il fe logea au monastère de la Peí-. n. riblepte. Un an aprés,c'est-à-dire en i3i6.on éleva fur Sup. j. trône patriarcal Jean Glycys alors logothete du drome c'est-à-dire à peu prés controlleur des postes. Cán^. ghfi. A avoit femme & enfans, mais il étoit des plus favans Gr.p. 211. & fort attaché au stile noble des anciens Athéniens, qu'il regardoit comme un excellent modelé. Perfone n'aproehoit de lui pour la solidité du jugement, l'ínclination au bien & la gravité des mœurs : ce qui fiî regarder fapromotion comme la récompense de son mérite. Sa femme prit aussi-tôt l'habit monastique , & il vouloit de son côté s'en revêtir par respect pour le siège patriarcal: mais L'empereur l'en empêcha, parce qu'il étoit sujet en certaines faisons à de violentes attaques de goûte: ce qui lui rendoit nécessaire au jugement des médecins l'uíage de la viande, dont ^abstinence est inséparable de la vie monastique chez, les Grecs.

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