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temenr déguisé & vêtu en laïque sans avoir de cornpa- ^ t gnon de son Ordre des frères Prêcheurs, & fans emporter ni bréviaire ni missel. Voici les principaux crimes dont il étoit chargé :d'avoir persécuté cruellement en Italie & particulièrement à Pavie & dans le p- 44* diocèse, les partisans de l'église Romaine : ce qui le rendoit coupable de plusieurs homicides , sacrilèges, incendies & pillages. En particulier comme il astìégeoit un château de l'église de Pavie étant à la tête des ^ 4JÎ> troupes, un prêtre nommé Alquerin fut pris & amené en fa présence dans une église, Isnard le nouvoit délivrer du péril de mort, parce qu'il étoit la le maître &i il le devoir à cause de l'immunité de l'église où on l'avoit amené. Toutes fois il souffrit qu'on lui écorchât les mains, les bras & les pieds, quoi qu'il fûtassés prés pour entendre ses cris; & enfin il le laiíïa tuer. Ensuite interrogé juridiquement sur ce fait, il varia en ses réponses & se parjura. En quelques châteaux de l'église de Pavie, il souffroit avec complaisance qu'en sa présence on criât :Meurent les Guelfes. Quand il reciit ^administration de l'église de Pavie, la ville éroic gouvernée par des partisans de l'église Romaine : mais ensuite elle se révolta, & quelques citoíens à qui la révolte déplaifoit faifoient espérer du secours de la part de Robert roi de Sicile. Alors Isnard célébrant la meífe pontificalement fit un sermon où il dit, qu'il faloit faire périr tous les auteurs de cette espérance j, & qu'il donoit i'absolution à tous ceux qui leur feroient du mal.

Le pape aïant apris fa fuite le fit contumacer d^ ses formes , & enfin prononça contre lui fa sentence définitive, par laquelle il le dépose 5c le prive de toute

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fonction de patriarche, d'évêque, de prêtre &de clerc, & de plus l'excommunie. La bulle est du trentième de Juillet 1319. Mais Ifnard ne défera point à ce jugement ; & étant retourné à Pavie, il continua d'y faire comme devant les fonctions épiscopales & de jouir des revenus de cette église, prenant toujours le titre de patriarche. Il difoit que le pape n'avoit ni dû ni pû procéder ainsi contre lui, & qu'il n'étoit point obligé d'observer fa sentence : ajoutant plusieurs discours injurieux contre le pape , qui tendoient à lui contester la plénitude de puissance. C'est ce que témoigne Bertrand de Poïet cardinal prêtre du titre de S. Marcellin légat en Italie dans la lettre aux évêques d'Ast & de Novarre & aux inquisiteurs de la haute Lombardie: aufquels il ordonne d'emprisonner Ifnard comme fchifmatique & suspect d'hérésie. Sa lettre est du douze d'Octobre 1310. & fa commission de légat du second de Juin de la même année. Les inquisiteurs firent si bien leur devoir qu'Ifnard fut arrêté peu de temps aprés; & le pape manda qu'on le lui envoïât fous bonne garde pour le punir comme il méritoit. L'ordreenfut doné à Jean de Beccaria frère Mineur , à qui le légat avoit conféré l'administration de l'église de Pavie, & le pape la confirma par bulle du dixfeptiéme d'Aoust. Il envoïa en effet Ifnard au pape.

En ce temps-là s'établit en Italie un nouvel ordre religieux. A Siene étoit un docteur fameux en droit civil nommé Jean Tolomei d'une famille noble. Un jour comme il devoit faire une leçon publique , il l^vint un grand mal aux yeux; & il s'adressa à la sainte Vierge pour en demander la guérison, promettant , s'il l'obtcnoit, de quitter le monde &fe confacrer pour toujours à son service. Il guérit & au lieu An 132.0 de la leçon qu'il devoit faire & à laquelle étoit venu un grand concours d'auditeurs ; il leur raconta ce qui lui étoit arrivé, & leur fit un puissant discours fur le mépris du monde. Il exécuta fa promesse, sortit de la ville pauvrement vêtu & se retira en un lieu nommé le mont Olivet, avec deux autres nobles Siénois, Patricio Patrici & Ambroise Picolomini. Ils y bâtirent un oratoire & des cellules, & Jean qui prit le nom de Bernard y dona son bien.

Comme il leur venoit des disciples de jour en jour, quelques envieux les déférèrent comme hérétiques au pape Jean XXII. qui leur manda de venir le trouver à Avignon. Ceux que Bernard y envoïa aïant exposé au pape toute leur manière de vie , il les jugea innocens & les renvoïa à l'évêque d'Arezzo dans le diocèse duquel étoit le mont Olivet, pour aprouver leur congrégation & leur prescrire une règle. L'évêque d'Arezzo étoit Gui de Tarlat, qui dona commission Vghelitt.t. à un prêtre nommé Restaure d'aller marquer le lieu P' le plus propre pour bâtir un monastère, y planter une croix & y mettre la première pierre avec les prières accoutumées. L'évêque accorda qu'au même lieu on érigeât un monastère avec son clocher en l'honeurde la sainte Vierge, sous la règle de S. Benoît, qui suc nommé le monastère de sainte Marie d'Olivet à Ancone, & fut toûjours gouverné par un abbé, & jamais par des laïques ou des clercs séculiers. L'évêque exempte ce monastère de dîmes & de toutes autres redevances , se réservant seulement la confirmation de l'abbé & la visite. C'est ce que porte sa lettre adressée à Bernard & à Patrice & datée du mois de Mars 1319.

Ân~ 1310. P^rficc ^ut élu premier abbé au refus de Bernard, qui toutefois le fut ensuite l'an 1311. XLix. Cependant les seigneurs & la noblesse de Pologne

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Loctec cou- aiant reçu la lettre du pape & entendu les conleils de roné R. de l'évêque Geruard qu'ils lui avoient envoie, réfoluLongfn.'iib. rent d'un commun consentement qu'il faloit couro9- p- 97 o. D. ner roi Ladiílas Loctec, fans attendre du pape une décision plus expresse, & marquèrent pour cette cérémonie le jour de S. Sebastien vingtième de Janvier, qui cette année 132.0. étoit le dimanche. Mais afin que la fête fut plus folemnelle, ils convinrent que le couronement ne fe feroit plus à Gnefne comme on l'avoit fait jusqu'alors , mais à Cracovie, comme étant une ville plus considérable par fa situation, fes rau• railles, la multitude de fes habitans & l'abondance des choses nécessaires à la vie : enfin qui avoit autrefois été métropole. Ce fut donc là que Ladiílas fut couronépar Janiílas archevêque de Gnefne asiisté des évêques de Cracovie & de Pofnanie, & de quatre abbés tous en chapes &c en mitres. La duchesse Eduïge son épouse fut en même temps couronée reine. Depuis ce jour la ville de Cracovie a toûjours été le lieu du couronement des rois de Pologne, & l'on y garde dans le château les ornemens roïaux qui étoient auparavant à Gnefne : savoir la courone, la pome, le sceptre & le reste. Le pape aprouva tacitement le couRain. ijio. ronement de Ladiílas, lui donant le titre de roi dans 3* une lettre qu'il lui écrivit peu de temps aprés.

Nouveaux ^c rcrardement de la croisade maigre l'empressePastoureaux ment des rois de France & d'Angleterre, fut 1 occaen France. flon & ]e prétexte d'un trouble semblable à celui qui LXXX111.W.2J). ctoit arrive ioixante & dix ans auparavant, pendant

la la prison de S.Loiïis.Le bruit se répandit comme alors, ^N • que la délivrance de la terre sainte étok réservée à des Bal '.vh.tt.v gens du petit peuple : ainsi les bergers & les autres T-ìíS- l61pastres abandonerent leurs troupeaux & s'assemble- 'cmnmt. rent au commencement de cette année 1310. fans ar- p. 687. mes ni provisions, & prirent le nom de Pastoureaux comme les premiers. Ils marchoient i grandes troupes Cjui grosiissoient tous les jours par la jonction des fainéants, des mandians, des voleurs & des autres vagabons. Ils entraînoient jusqu'à des enfans de seize ans & au-dessous ; & il s'y mêloit aussi des femmes.: Entre eux étoitun prêtre privé de fa cure pour ses crimes & un moine apostat de l'ordre de S. Benoît ; qui par leurs exhortations en attiroient d'autres.

Ces Pastoureaux passant par les villes & les villages , marchoient en procession deux à deux aprés une croix , fans dire mot , & visitoient ainsi les principal les églises, demandahs l'aTsistance comme pauvres -y &c on leur donoit des vivres abondament. Car le peuple Ra;„. lil0i les estimoit, & le roi même par l'affection qu'il avoit «• *3« r pour la croisade , les favorisa d'abord: en forte que le pape en fit des plaintes au cardinal Josseaume son légat à la cour de France. Mais les Pastoureaux se rendirent bien-tôt odieux à tout le monde, par leurs pillages & leurs violences, qui alloient jusqu'à commettre des meurtres. On en mettoit en prison : mais les autres venoient en grande multitude,forçoient les prisons & mettoient leurs camarades erì liberté.

Ainsi étant venus à Paris ils en délivrèrent quelquesuns que l'on avoit mis dans la prison de S. Martin des champs. Ils vinrent ensuite au Châtelet, où le prévôt de Paris aïant voulu leur résister, ils le jestèrent d'un Tome XIX, Qfl

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