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escalier en bas, dont il fut considérablement froissé. Ils passèrent à S. Germain des Prés, où ils furent reçus civilement,& sachant qu'il n'y avoir là aucun des leurs en prison, ils s arrêtèrent au pré aux clercs préparés à se défendre contre le chevalier du guet; car ils avoient oui dire qu'il devoir venir avec main forte contre eux. Mais il n'y: vin^ point, & ils s éloignèrent de Pari» marchant vers la Guïenne : où étant arrivés, ils commencèrent à se jetter sur les. Juifs, en tuer autant qu'ils en pouvoicnt trouver & piller leurs biens : ce qui les rendit agréables au peuple. Le. seul moïen qu'ils laissoient aux Juifs pour sauver leur vie étoit de se faire baptiser. Quand ils furent prés de Carcassone le gouverneur du pais fit publier dans les lieux qui étoient fur leur route, de défendre les Juifs de leurs violences, corame apartenans au roi : mais plusieurs disoient, qu'on ne devoit pas s'opposer à des Chrétiens pour sauver des infidèles : ce que voïant le gouverneur ii assembla des troupes, défendit fous peine de la vie d'aider ou favoriser les Pastoureaux, & fit mettre en prison tous ceux qu'il put prendre: puis s'avançant vers Toulouse, il en fit pendre dans les lieux où ils avoient commis leurs crimes, ici vingt, là trente, plus ou moins. A Toulouse même ils tuèrent tous les Juifs & s'emparèrent (d«ì leurs biens: fans que les officiers du roi ni les capitouls pussent les en empêcher.

Passant au bas Languedoc, ils continuèrent leurs violences contre les Juifs, & leurs pillages fur tout le monde, même fur les églises. Ils marchèrent ensuite vers A vignon , où le pape tenoit fa cour, voulant s'en rendre les maîtres : mais le pape bien informé de leurs crimes, écrivit au sénéchal de Beaucaire, l'exhortant à réprimer dans tous les lieux de fa jurifdiction ces An. ijm, prétendus pèlerins. La lettre est du vingt-neuvième de Juin 1310. Les officiers & les prélats prirent les mesures nécessaires pour arrêter le mal: ils mirent garnison aux églises & aux forteresses avec les munitions convenables, ils empêchèrent de vendre dès vivres aux Pastoureaux, leur fermèrent lespafíages j & firent si bien que plusieurs aïant été tués & plusieurs pendus, Valçl1t les autres s'enfuirent.& se dissipèrent entièrement, u*. * L'Angleterre fut agitée d'un pareil mouvement qui se dissipa de même. n. zj.

Le pape prit en cette occasion la protection des Juifs & écrivit aux princes & aux seigneurs de les défendre de la fureur des Pastoureaux. Et comme plu- Sup. Uv. sieurs se convertirent pour éviter leur persécution, il «•*""• renouvella les constitutions qui défendoient de dé- 5l* pouiller de leurs biens ces nouveaux convertis : ce qui deJud.c.Dipouvoit les tenter de retourner au judaïsme. La cons- l**m' *• **• titution de Jean XXII. sur ce sujet est adressée aux jud. gouverneurs & aux officiers du coraté Venaiffin &des autres terres apartenans au S. siège & datée du vingt- *J« troisième de Juillet 1310. Mais il renouvel la auíli la condamnation du Talmud .& les ordres d'en brûler tous les exemplaires ï raportantpour cet esset une bulle* de Clément IV. donée en 12.67. & adressée à l'archevêque de Tarragone, une- d'Honorius IV. adressée à l'archevêque d'Yorc en 1185. & la sentence d'Eude de Chateauroux légat en France, donec à Paris en 1148. sup. Uv. que j'ai raportée en son Jiéu. J'ai marqué aufli une »•<> bulle d'Honorius IV. fur le même sujet, adressée à "xx l'archevêque de Cantorberien Iì.%6. La bulle de Jean XXII. où ces pieces font inférées, est du quatrième de Septembre 1310. Qq ij

An. 1310. Â Constanrinople le patriarche Jean Glycys déféfpeL1. rant de recouvrer sa santé, prit le parti de se retirer. La Retraite de paralysie luiôtoit Tusag-edes pies & des mains.en sorte

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rasimepatr." qu'il ne pouvoit ni s'aquiter de ses fonctions, ni vade Cp. quer auxaffaires,& n'avoit besoin que de repos. L'emNiceph.Gre- pereur Andronic consentit à sa retraite , & lui dona viii.cz. pour demeure le monaltere de la Kyriotme ou le . prélat s'étant démis de fa dignité, se fit porter la qua1 triéme année de son pontificat , qui étoit cette année Sup. n. 23. ^32°- car iU< avoit commencé en i$i<»;commt. celui du - pape. Il emporta peu d'argent du palais patriarcal, n'étant pas intéressé comme la pluspart des autres, ôc il l'emploïa à l'entretien du monastère. Or attendant la. mort de jour en jour, il voulut faire son téstament & le fit écrire par Nicephore Grégoras qui a composé Thistoirede ce temps là. ìi î-'V..>

Le successeur de Glycys dans le siège de CP. fut Gerasime prêtre & moine du monastère des Manga:'y'm lies r vieillard ipartaric les cheveux blancs & presque sourd : simple & entièrement ignorant des sciences ^ profanes, mais c'étoit cela même qui le rendoit agréable àl'empereur. Car, dit Grégoras, c'est par cette raison que les princes choisiííent de tels sujets pour les grandes places : afin qu'ils soient servilement soumis à leurs ordres & ne leur résistent en rien. LU. Le vendredi des quatre temps de l'avent dix-neuPromotion viéme de Décembre i3io.:lepape fit une promotion raux." l" .<k-sept cardinaux , tó.us François, savoir Renaud de ■Waínz.v. ro. la Porte archevêque de Bcjurgesí natif d'Alassac prés • ï.p*f3.1^4. £c grjve au kas Limousin. II fut premièrement cha.noine de l'église de Lrmcgcs & archidiacre de Combraille, chanoine, du Pùi & yiçairc générai de JfévêV

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que Gui de Neuville : puis il fut évêque de Limoges en ^N 0 1194.Le dernier jour deDecembre 1316.il fut transféré J au siège de Bourges,vacant par le décès de Gilles de Ro- Gaii. Ci .me mort à Avignon le vingt-deuxième du même uf.itn. mois. Quatre ans aprés le pape fit Renaud cardinal prêtre du titre de S. Nerée & S. Acmllée, & Tannée suivante 1311. il le fit évêque d'Ostie : donant Tarchevêché de Bourges à Guillaume de la Brosse.

Le second cardinal fut Bertrand de la Tour natif du diocèse de Cahors de Tordre des frères Mineurs , ydj'm docteur célèbre. II étoit provincial d'Aquitaine quand n. z. 3'7' le pape Jean Tenvoïa cn Italie pour y procurer la paix en 1317. & la même année il Temploïa pour réunir les frères fchifmatiques de son ordre. En 131p. le n H troisième de Septembre, il lui dona Tarchevêché de Salerne vacant en cour de Rome. En le faisant car- Jj, 1JI?, „. dinal prêtre , il lui dona le titre de S. Vital. Le troi- u- & ng> siéme cardinal fut Pierre Desprez natif de Montpesat " en Querci. Gaillard évêque de Riés aïant été transféré à Maguelone en 1317. Ie pape dona Tévêché de Riés à Pierre Desprez; & en 13157. il le fit archevêque d'Aix, donant Tévêché de Riés à Rossolin frère Mineur. L'archevêqûe Pierre fut cardinal: prêtre du titre de ». sainte Potentiene. Le quatrième fut Simon d'Archiac 13. en Sairitohge , qui étoit chanoine de Bourges en 1303. Il. iétoit élû archevêque de Vienne quand il fut fait cardinal prêtre du titre de sainte Prisque. Le cinquième fut Pilefort de Rabasteim au diocèse d'Albi, évêquë de Rieux. Il cút lé titre de cardinal prêrie de sainte Anastasie. Le «sixième fut Pierre Tifíier natif de S. Antonin au diocèse de Rodés, abbé de S. Sernist de Toulouse, & vice-chancelier de la cour de

T — Rome: cardinal prêtre du titre de S. Etiene au mont

An. 1310. Cejjus< Lc septième Raimond Rusi de Cahors,cardi-
nal prêtre de sainte Marie en Cosmedin.
L111. Un des chefs du schisme entre les frères Mineurs
Condamna- £cojt Bernarcl de Montpellier surnommé Délicieux .

non de rrcre . . \ A r • 1 r 1

Bernard De- qui etant venu a Avignon pour loutenir la caule des licieux. prétendus Spirituels, fut arrêté par ordre du pape ôc

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p. m. 691. des cardinaux & livre au camener pour le mettre en prison,où il entral'an 1317. le mécredi aprés la Pentecôte, c'est-à-dire , le vingt-cinquiéme de Mai. Ensuite à la sollicitation des officiers du roi, le pape commit pour Instruction & le jugement de son procès l'archevêque de Toulouse & les évêques de Pa-.

tg t J4 micrs & de S. Papoul, dont la commission porte en substance : Nous avons apris par bruit commun que frère Bernard Délicieux, a conspiré contre la vie de Benoît XI. notre prédécesseur & procuré de l'empoisoner. Qu'il a entrepris de soustraire àTobéissance du roiCarcassonc & Albi, pour les livrer à un prince étranger. C'étôk Ferdinand fils du roi de Maïorque. Qiie par ses sermons séditieux, il a excité le peuple deCarcassone contre les inquisiteurs de Tordre des frères Prêcheurs : en forte que le peuple en grand nombre & à main armée se saisit de leur maison & de leur église : puis ils brisèrent les prisons de l'inquisition & en tirèrent plusieurs criminels" condamnés pour hérésie. Ils pillèrent aussi & abatircntles maisons de plusieurs habitans de Carcassone amis des frères Prêcheurs.Cétoit l'effet des sermons de frère Bernard, qui ne cessoit de diffamer & rendre odieux les inquisiteurs & les frères Prêcheurs, favorisant ainsi les hérétiques. m

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