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II a déja été informé , par ortlre du S. siège , sur TZ TTT quelques-uns de ces raits: mais voulant que vous en informiésplus amplement & de quelques autres, dont nous vous envoïons les articles: nous vous mandons d'y procéder sommairement à Toulouse ou ailleurs, selon que vous aviserés; & nous voulons que l'on vous envoie fous bonne garde Bernard & les clercs prifoniers. Enfin que suivant les preuves vous procédiés à leur punition, jusqu'à dégradation s'il y échet. La bulle est du seizième de Juillet 1315».

En vertu de cette commiílion les trois prélats s'as- te. i.f.753. semblèrent à Castelnaudarri au diocèse de saint Paoul s & comrrçencerent à travailler au procès: mais e quatrième de Septembre l'archevêque de Toulouse Jean de Cominges depuis cardinal s'excusa de continuer , à cause des affaires importantes qu'il avoit à poursuivre pour son église. Ainsi, l'affaire de frère Bernard demeura entre les mains des deux autres prélats, savoir Jaques Fournier évêque de Pamiers, depuis pape, Benoît XII. & Raimond de Monstuejols évêque de S. Papoul depuis cardinal -y & comme la piuspart des faits dont on chargeoit l'accusé s'étoient passés à Carcassone, ils s'y transportèrent, y acheverent le procès & apellérent au jugement Deodat évêque de Castres , Barthélemi évêque d'Âlet & plusieurs autres grands & favans personages. Enfin ils donérent leur sentence le samedi huitième de Décembre 1315). En voici la substance: _ .f ■;

Nous avons trouvé frère Bernard Délicieux con- "p. 34*. vaincu des crimes suivants. II. a pendant plusieurs années poursuivi comme principal directeur les plaintes des habitans de Carcassone & d'Albi contre les in

^N Q quisiteurs & a travaíïïe à leur joindre pluíieurs autres communautés : emploïantà cet effet de grandes sommes d'argent, qu'il a tiré des lieux mêmes, de la vente de ses livres & de divers emprunts. Avec les inquisiteurs , il se plaignoitde deffunt Bernard évêque d'Aloi & blâmoit les sentences qu'ils avoient rendues contre quelques particuliers de ces communautés pour cause d'hérésie: prétendant les justifier quoique condamnés & emmurés. II a même soutenu devant le roi & devant plusieurs autres grands persojnages séculiers & ecclésiastiques, & i'a dit une fois publiquement à Toulouse : que S. Pierre & S. Paul ne pouroient se défendre d'hérésie , s'ils étoient au monde, & qu'on les poursuivit comme font les inquisiteurs. Ces discours ont rendu les inquisiteurs fort odieux à .Carcassone & les ont empêché quelque temps d'y exercer leurs fonctions : en forte que des hérétiques qui s'étoient enfuis du pais y font revenus, & des étrangers y font venus de nouveau. Cependant frerc Bernard voïant qu'il ne pouvoit réiiílir dans son dessein contre les inquisiteurs, a dit à quelques habitansd'Albi & de Carcassone animés contre eux: Le roi ne vous en fera jamais justice, mais si vous me voulés croire, je vous procurerai un seigneur qui la fera. Ensuire il a concerté avec eux pendant plusieurs mois un traité iS°' pour livrer Albi & Carcassone au défunt prince Ferdinand de Maïorque, & il a lui-même été le trouver avec des lettres de créance au nom des consuls de Carcassone. Cette trahison étant venue' à la conoissance du roi,a été cause de la mort de plusieurs hommes qui ont été pendus, de la prison ou de la fuite de plusieurs autres. Et ensuite r .. . ....

Etant

Etant donc aflìstésdes vénérables pères Pierre éve- ^N" que de Carcassonne, Raimond de Mirepoix & Bar-' thelemi d'Alet, parce que nous n'avons pû commodément avoir un plus grand nombre d'évêques : nous portons contre ledit frère Bernard sentence de déposition & de dégradation : aprésquoi il fera mis en pri- P- M4« Ion & aux fers pour y. faire pénitence perpétuelle au , pain & à l'eau: nous en réservant la mitigation. Qtfant à la machination contre la vie du pape Benoît, n'en aïant pû trouver de preuve ,'nous l'en déclarons absous. Auílì tôt aprés la sentence prononcée, les évêques procédèrent à la dégradation du condamné, qui fut le jour même enfermé dans la .prison de l'inquisiteur, qui étoit de l'ordre des frères Prêcheurs.

Mais,le lendemain neuvième de Décembre 131^. /"•?;?• BLaimond Foucault procureur du roi en la fénéchauŒc de Carcaísone apella à minima de la sentence des . évêques, comme trop douce à proportion des crimes de frère Bernard : soutenant qu'ils deVoient le livrer au bras séculier, & ne pas l'absoudre de l'accus^tion concernant le pape Benoît: l'apel étoit dirigé au S. siège. Ensuite le pape Jean ordona que frère Bernard seroit dépouillé de l'habit de S. François qu'on lui T' avoit laissé dans la prison, & défendit de mitiger sa pénitence. La bulle est du vingt - sixième de Février 1310. & frère Bernard mourut dans cette prison. 117

Jean de Poilli docteur en théologie de l'université Li v. de Paris, foutenoit alors dans ses leçons & ses fer- i^^ònfcs-* mons plusieurs propositions contre les privilèges ac- seurs privilc cordés aux religieux Mandians touchant l'administra- slcS' tion du lacrement de pénitence. Le pape Jean en e- Extrav_ tant informé sit venir ce docteur à Ayignon en fa ûmm. Tome XIX. R r

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Xn~tio présence, où'les erreurs donc on Tactusoit furent réduites à trois articles, i. Ceux qui se sont confessés aux religieux font obligés à confesser encore les mêmes péchés à leur curé. i. Le canon Omnts utriujcjue Jèxusy demeurant en vigueur, le pape ne peut empèses paroiílìens ne soient obligés de confesser íeurs péchés une fois Tan à leur propre prêtre qui est le curé. Dieu même ne lepouroit raire parce ,' qu'il y a contradiction. 3. Ni le pape ni Dieu même ne peut doner un pouvoir général d'entendre les confessions , en forte que le pénitent ne ioit pas obligé de confesser encore les mêmes péchés à son curé.

Le pape fit doner copie de ces articles à Jean de Poilli & lui dona pleine audiance même devant les cardinaux en consistoire , & en particulier, devant ap. Ram. quelques-uns d'entre eux députés à cet effet. Or voici

13H. n.10. ~l T 11/1 r 1 ^ 1 ^ n

. les raiíons alléguées de part & d'autre. Jean de Poilh difoit: Le pape ne peut doner de privilège au préjudice du droit d'autrui, encore moins contre le droit divin : or le curé n'a point transmis son droit au religieux privilégiés & l'institution des curés est de droit Lh(. x. t. divin -, puisque suivant la glose ordinaire les prêtres t -répréfentent les soixante & douze disciples, comme les évêques représentent les apôtres. De plus, le pape n'a pas de droit divin plus de pouvoir que les autres évêques. Ce que l'auteur prétend prouver par un chaInoovo.C X pitre de Gratien, mais tiré d'une fausse décrétale. Enfin il soutient que ces privilèges renversent Tordre de la.hiérarchie, puisqu'il n'y a pas plus d'obligation de sc confesser à l'évêque qu'au curé. , On disoit au contraire poui les confesseurs privilé*' *' giés : La jurisdiction du pape n'est pas renfermée dans un diocèse comme celle d'un évêque , ni dans une province comme celle d'un archevêque: elle s'étend par tout le monde. La raison est que la dignité d'archevêque n'est pas de droit divin, mais de droit humain positif, qui a réglé les limites des diocèses : au lieu que celle du pape est de droit divin établie par J.C. quand il dit à S. Pierre : Paisses mes brebis, fans aucune excéption ni réstriction. Sa puissance s'étend J*• donc par tout & il ne la tient point des autreshommes, mais tous tiennent la leur de lui, & il confe'rvc par tout une jurifdiction immédiate. A l'égard du curé, il est bien autrement soumis à l'évêque que l'évêque ne l'est au pape: le curé n'est point juge ordinaire dans fa paroisse comme l'évêque dans son diocèse , non plus que l'archidiacre & les autres qui font établis par provision de l'évêque. L'évêque confiant au curé le íoin d'une paroisse ne s'en décharge pas, il en demeure toujours responsable comme auparavant, ôc y garde toujours la principale autorité : d'où s'en. fuit que l'absolution donnée par le pape ou par l'évêque , décharge le paroissien de l'obligation de la demander à son curé.

Quant au canon du concile de Latran, il ne done aucun nouveau droit au curé : car le propre prêtre qu'il nomme n'est ainsi nommé que par opoíition à l'étranger qui n'a aucune jurifdiction sur le pénitent, mais non par oposition au prêtre commun : autrement le pénitent ne pouroit s'aquiter du devoir de la confession qu'en se confessant à son curé, non à son évêque ni au pape. Le propre prêtre est donc quiconque a la puissance d'absoudre, soit ordinaire ou déléguée : c'est-à-dire le pape, l'évêque, le curé ou celui à

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