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A~~ nouveau & de le citer à comparoître devant le S. siège,

An. 1311^. ., . J &.»

le menaçant de plus grandes peines s il perréveroit

dans fa désobéissance. La bulle est du vingt-septième de Juin 1310.

Matthieu Visconti méprisant toûjours les censures , le pape entreprit de lui faire le procès comme à un hérétique. II procéda aussi contre Rainald Passacindp.itit. tmo aucre chef des Gibellins, prétendant qu'il n'avoit pas dû prendre le vicariat de Mantoue fans l'autorité du S. siège, auquel il apartenoit d'en disposer pendant.la vacance de l'empire ;& sous le même prétexte il procéda contre Can de l'Escale qui s'étoit emparé de Vérone. Mais toutes ces procédures étoient inutiles contre des gens bien armés, & leurs actions militaires n'en étoient point retardées. Le pape fut donc

„ . oblieé d'emploïer auflì la force des armes principale

RaiH. 131t. í? r -, n N i- *, \ r r

n. 5. ment contre les Vilconti c elt-a-dire Matthieu & les

• quatre fils} & pour cet efFet il traita *avec Frideric
: d'Autriche concurrent de Loiiis de Bavière dans la-
prétension fur l'empire. Il excita auflì Théodore mar-
quis de Montferrat à entrer dans cette guerre en lui

.. représentant ainsi les crimes de Matthieu visconti dans une lettre du quatrième Février 1311.

n . Ses violences & ses mauvais traitemens empêchent les prélats de faire la visite de leurs dioçéses & d'y exercer les fonctions de leur ministère : d'où il arrive que les hérésies & les schismes y croissent & le service divin estabandoné.Ce qui rend Matthieu violemment suspect d'hérésie , joint ses mauvais discours: car le bruit commun est qu'il nie la résurrection des corps, ou du moins la révoque en doute. Il trouble la paix de la province & y fait des. exactions insuportable9} *

vous ne l'ignoréspas. Par toutes cts raisons nous la- ^N vons exromunié & avons décerné contre lui plusieurs autres peines spirituelles & temporelles. Mais loin de s'en humilier il n'en est devenu que plus fier & plus cruel & ne fait qu'augmenter ses crimes, & ce qui nous afflige sensiblement, il empêche l'afFaire de la terre sainte. • • '

• Dés le vingt-troisième de Janvier le pape av<fit or- 7» doné de prêcher la croisade contre lui; & cependant Airard archevêque de Milan & trois inquisiteurs lui faisoient le procès pour hérésie : fur quoi ils douèrent leur sentence le quatorzième de Mars, oû ils disent: II a de mauvais sentimens fur les facremens & méprise indigstement l'autorité des clefs : d'où vient qu'il a soutenu long-temps plusieurs sentences d'excomunication & a plusieurs tois fait violer l'interdit dont la ville de Milan est frapéc à cause de lui: faisant enterrer des morts au sondes cloches dans les-églises & les cimetières malgré le clergé. Il a ôté fa fille Zacharine à Richardin qu'elle avoit épousé en face d'église, sans aucune sentence de séparation, & l'a mariée à un autre. Et ensuite : Il a plusieurs fois invoqué & consulté les démons ; & il nie la résurrection. Il a méprisé l'excomunication du pape durant trois ans; & celle qui a été prononcée contre lui faute d'avoir comparu pour se défendre sur l'accusation d'hérésie. C'est pourquoi nous l'en déclarons convaincu, nous confisquons ses biens, nous les privons de ses dignités & le notons d'infamie, lui, les enfans 6c fa postérité. Voilà pourquoi il faloit trouver le coupable hérétique à quelque prix que ce fut, afin que le juge ecclésiastique pût le dépouiller de ses biens & de ses dignités.

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7iN~ïyït ^a m^me année. 131,1. la nuit du second au troisiéLxi mc JQtfi": de Janvier mourut le roi. de France Philipe More de le Long, aprés avoir régné cinq ans ; & comme il ne Philipe le laifï"a point d'enfant mâle . son frère Charles comte kslcBclroi flP la Marche lui |ucceda &tut courone a Reims le de F tance, Neuvième de Février.£1 est connu fous le nom de C harf*iiì.t0' ' ^es leBel. Le pape lui écrivit une lettre de consolation ContyNtmg. fur I* mort du roi son frère, y joignant des avissalnT- 696. faires fur fa conduites quelque temps, aprés il déclara Du tllet. çQn mariage avec Blanche fille d'Otton comte de

Kmn.n. 13. 1 '• /' "n" rr 1

Bourgogne. Charles avoit epoulç cette princeíìe du vivant du roi Philipe le Bel son pere, & en avoit eu des enfans : mais en 1314.l'aiant trouvée coupable d'a£ 4> dultére, ilTeíiferma dans un château & ne pouvoit fe

résoudre à la reprendre. . [\ •■; Baluz.. to. í. On lui représenta qu'il pouvoit faire casser son maf- 44°- riage, comme aïant été contracté non-obstant des empêchemens dirimens de parenté & d'affinité spirituelle. II fe pourvut donc devant T évêque de Paris Etiene de Borret ,.qui vû l'impoitance de l'arïaire appclla pour conseil í'évêquede Beauvais Jean de Marigny &. Geòffroi du Pleíìis notaire du pape, Les parties aïant comparu par leurs procureurs, celui de la reine réprefenta que les empêchemens du mariage proposés de la part du roi avoieht été levés par dispense du pape Çlement V, A quoi le procureur du roi répliqua que cette dispense n'exprimoit pas suffifament plusieurs parentés &;alliances,particuliérement la parenté spirituelle contractée par la mère de la reine Blanche, enleyant des fonds de batêmele roi Charles, Ajoutant que dans la dispense on avoit inféré plusieurs faits qui.n'ftoient pas véritables, ce qui la retidoit subrcptíce. Sur quoi l'évêque de Paris jugea plus AÏTTjtïT à propos de renvoïer laffaire toute instruite au pape, auquel il apartenoit d'expliquer la dispense donce par son prédécesseur: le roi & le procureur de la reine consentirent au renvoi.

Le papel'aïant accepté,fît encore examiner l'affaire quant à la forme, c'est- à- dire la procédure faite à Paris , & quant au fonds. Enfin le dix-neuviéme de Mai 131.1. veille de l'Afcension, il dona en consistoire public son jugement définitif, qui porte en subs- BaíuK- f" tance : Il paroît clairement que le roi& Blanche sont Nang.".^. parens au quatrième degré de parenté des deux côtés eû égard à une souche & au troisième degré à l'égard *'l8' d'une autre. Il est encore constant que Marhilde comtesse d'Artois mere de Blanche a levé des fonts avec plusieurs autres le roi, & qu'ainsi elle est fa mareine. & Blanche fa sceur spirituelle : qui sont des empechemens dirimens à leur mariage. Or il est constant en-, core que la dispense produite de la part de Blanche ne comprend pas les empêchemens exprimés ci-dessus & ne s'y étend pas. C'est pourquoi nous prononçons & déclarons que le mariage est nul, accordant aux parties la permission d'en contracter d'autres. En conséquence de ce jugement le roi Charles épousa quatre mois aprés Marie de Luxembourg fille de l'empereur Henri VIL & sœur de Jean roi de Bohême. J.;

Ce jugement du pape ne fut pas aprouvé de tout le monde. Quelques-uns difoient qu'il n'étoit pas vrai que la comtesse d'Artois fût mareine du roi, & Vittámt qu'elle avoir été obligée de consentir à cette sépara- }l %VL> Cml7u tion pour sauver la vie à sa fille. D'autres tournoient la chose en raillerie. Un trésorier du roi nommé BilTome X ïX. T t

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An. 1311 levart homme tres- riche, obtint dispense pour épou

fíocsem p ^er unc femme S111 ^tolt ^CUX ^°*S ^a comére. Sur quoi 3*7. l'on fit à Paris six petits vers en ftile du temps, dont

le sens étoit: Billevart n'a pas perdu son temps à la cour du pape , qui lui a permis d'épouser sa double commère, & a rompu le mariage du roi par compérage : c'est-à dire pour parenté spirituelle.

On croit que le pape étoit bien aise de contenter le roi Charles à cause du zélé que ce prince témoignoit pour la croisade,comme avoit fait le roi Philipe son *»/». 1321. frère. Le pape en écrivit plusieurs fois au roi, particu». jo. 31. liérement pour le secours de l'Arménie : le roi envoïa au pape des ambassadeurs entre lesquels étoit le comte de Clermont, qui demeura aprés les autres en cour de Rome, & la négociation dura tout le reste de cette année. Mais elle fut fans effet, à cause des guerres qui survinrent au pape en Italie, au roi en Guienne contre les Anglois. • LXli. Cette année la dispute entre les frères Mineurs touDispuresur cnant \a pauvreté de T. C. s'échaufa vivement à cette

la pauvreté r * , * , , „ , A

dej c. occalion. Des 1 annee précédente 1311. 1 archevêque U. n. 53. Je Narbone & Jean de Beaune inquisiteur de Tordre »«. 1. p. ^es freres Prêcheurs, firent arrêter à Narbone un Bizoque ou Béguin , comme on les nommoit alors: qui soutenoit entre autres choses que J. C. & ses apôtres n'avoient eû la propriété de rien, ni en particulier ni en commun. L'inquisitcur voulant juger ceBeguin, apclla pour conseil tous les prieurs,gardiens & professeurs & plusieurs autres favans, du nombre desquels fut Berenger Talon profcííeur au convent des freres Mineurs de Narbone. Entre autres articles í'inquisireur fit lire celui de la pauvreté de J.C. & des apô

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