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tres, pour lequel il vouloic juger l'accusé comme hé- AÏT^zT jétique. Frère Berenger quand on lui demanda son avis, répondit que cette proposition n'étoit point hérétique , mais de faine doctrine & catholique: veu principalement que ce point étoit défini par ïéglise clans ladécretale Exittquiseminat. Alors, comme s'il S"P- l,Vm eut soutenu une hérésie, l'inquisiteur lui ordona de se Jj. retracter sur le champ, en présence de tout le monde. Berenger le refusa absolument ; & comme on le pressoir , il apella solennellement au S. siège & vint à Avignon.

II comparut en consistoire & proposa son affaire devant le pape, qui en étoit déja informé de l'autre part. Le pape le fit arrêter, & proposa publiquement la question de lá pauvreté de J. C. puis la fit doner par écrit à tous les prélats & les docteurs en théologie qui étoient en fa cour. Et comme la décrétale Exiit qui feminat portoit excomunication de plein droit contre quiconque prétendroit 1'expliquer autrement qu'à la lettre, ou y ajouter aucune glose : le pape pour lever tout scrupule à ses consultats , suspendit cette défen- E*trav-J* se jusqu'à son bon plaisir , par une bulle du vingt- nunquam. Je sixième de Mars 132.1. Fert.si*.

Pendant qu'on déhberoit à Avignon fur cette ma- Lxiii. tiere,les frères Mineurs tinrent à Peroufe leur cha- defhfrer«c pitre général où présidoit Michel de Céféne aflisté Mineurs à des provinciaux d'Angleterre, de la haute Allemagne Pcrousc* & de plusieurs autres supérieurs & docteurs de lOrdre. Quelques perfonages considérables écrivirent à ce chapitre entre autres deux* cardinaux , qui avoient été de î'Ordre, Vital du Four & Bertrand de la Tour: r4Ììn+ . exhortant les pères à déclarer leur sentiment sur la ».5i.

Ah. uit Sucft*on proposée & à soutenir la déclaration de Nicolas III. fur quoi le chapitre publia une patente adretfée à tous les fidèles qui commence ainsi: . Saches que l'an 1311. le quatrième de Juin nous

Ram. eod. avons ^ïls qU'on agjte présentement en cour de

54 Rome une question, savoir s'il est hérétique dédire que J.C. & ses apôtres n'ont rien eu en particulier ni en commun ; & on nous a requis de rédiger par écrit ce que nous en pensions, fous nos sceaux & nos souscriptions. Aïant donc examiné la question avec les preuves alléguées de part & d'autre,nous nous tenons Fermement à la décision de la sainte église Romaine, & nous disons tous d'une voix que ce n'est pas une proposition hérétique, mais catholique, de dire que J. C. montrant le chemin de perfection & les apôtres y marchant aprés lui & voulant y conduire les autres, n'ont rien eû par droit de propriété ni en particulier ni en commun. Vû principalement que l'églife qui n'a jamais erré, l'a expressément décidé dans la deA crétale Exiitqui seminat: qui a été inférée" dans le corps reílafidt&ç. de droit aprouvee par toute 1 eglile & depuis peu rcfudend*. commandée par N. S. P. Ie pape Jean XXII. dans fa ... „. constitution Quorumdam exirit. Or ce que le S. siéee a Jtm.ïA.a.i. une rois aprouve doit toujours erre tenu pour reçu , fíAccfifidts. & períone ne peut revenir contre.

Ce décret du chapitre de Peroufe fut souscrit par le général Michel de Céfene & neuf provinciaux dont le premier est Guillaume Ocam Anglois, qui fe 'jflvar. Pet. rendit depuis si fameux. Le chapitre avant de se sépalik.iue.fx. rcr pUblia unc autre lettre adressée à tous les fidèles •4. 55. contenant la meme déclaration de leur ientiment, mais plus étendue' & soutenue de raisons & d'autorites: les raisons tontes réduites à des argumens en ~T forme. Pour la poursuite de cette affaire en cour de'' Rome au nom de tout l'Ordre, le chapitre constitua un procureur , savoir frère Boncortése de Bergame surnommé Bonnegrace, homme instruit, actif & hardi, comme il ne montra que trop ensuite.

Nous avons les avis de deux cardinaux que le pape consulta sur cette question, savoir Pierre d'Arreblai Ss& Pierre Tiflïer du titre de S. Etiene au mont Celius : celui de Durand de S. Pourçain de Tordre des frères Prêcheurs alors évêque du Pui & ensuite de Meaux. Il y eut toutefois trois cardinaux qui soutinrent la,préteníìon des frères Mineurs, savoir Vital du Four évêque d'Albane , Berenger de Fredole éve- €C' *7* que de Tusculum & Bertrand de la Tour prêtre du titre de S. Martin. .

Enfin íe pape aprés avoir long-temps délibéré fit LXlv. la constitution fameuse Jdconditorem, où il traite à J?écrcíaI°J ronds la queition de la pauvreté parraite * & révoque rem. la décrétale Exiit de Nicolas III. qui étoit le grand ibidapui des Fraticelles. En cette constitution Jean XXII. dit en substance : Nicolas III. notre prédécesseur fit S"P- livautrefois pour de bonnes conliderations une ordonance où il déclara que la propriété de tous les biens, meubles & immeubles des frères Mineurs apartenoit à lui & à l'églife Romaine, n'en réservant aux frères

?iue le simple usage de fait. Et parce qu'il est quelque
bis expédient de vendre ou de troquer des livres ou .
d'autres meubles : il le leur accorda à l'égard des cho-
ses dont T usage leur est permis. Or encore que le pa-
pe Nicolas eut fait ce règlement à bonne intention ,
croïant qu'il seroit utile a Tordre des frères Mineurs:

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l'expérience a fait voir le contraire. Il n'a augmenté en eux ni la charité ni le mépris des choses temporelles: ils n'en font pas moins empressés à les acquérir & les conserver, même par les poursuites en justice , ils n'en font pas plus pauvres ni l'églife Romaine plus riche.

L'illusion de leur prétendu usage défait paroît sensiblement dans les choses qui fe consument par l'usage , à l'égard desquelles l'ùfage de fait ou de droit ne peut être séparé de la propriété , & il n'y a pas d'aparence que l'intentiondu pape Nicolas ait été de réserver à l'églife Romaine la propriété de ces fortes de choses: d'un œuf, par exemple, d'un fromage, d'un morceau de pain. On peut séparer lusagc de la propriété dans les choses dont on use íans en détruire la substance , comme un cheval, un livre ou quelque autre meuble: mais il est impossible de les séparer dans celles dont on ne peut user fans les détruire. D'ailleurs le simple usage de fait fans aucun droit ne peut être qu'injuste; & par conséquent oposé à l'état de perfection loin d'y contribuer. Au reste la constitution du pape Nicolas n'a pas feulement été inutile aux frères Mineurs , elle est encore honteuse à l'églife Romaine,qu'elle engagea plaider continuellement tantôt devant un juge ecclésiastique, tantôt devant un séculier, & le plus souvent pour des choses de néant: car à I'occasion de cette propriété imaginaire réservée à l'églife Romaine, on agit en son nom par des procureurs qui font à ce qu'on dit quantité de vexations.

Par ces considérations nous ordonons que déformais l'éghfe Romaine n'acquierrera aucun droit de propriété ni autre dans les biens qui échéront aux J^J" frères Mineurs à quelque titre que ce soit: excepté leurs logemens, les églises & les lieux réguliers, avec les vases, les ornemens & les livres destinés au service divin ; ausquels nous ne voulons pas que cette constitution s'étende , parce que les inconveniens qui ont été marqués ne s'y étendent pas. Et parce que le ministère des procureurs nommés par les ministres & les custodes de l'Ordre est injurieux à l'église Romaine, incommode & onéreux à plusieurs persones: nous défendons étroitement de constituer à l'avenir au nom de l'église Romaine aucun procureur à l'efFet de recevoir, demander,défendre ou administrer les biens qui viendront aux frères Mineurs. Cette constitution est du huitième de Décembre 1311.

Bonnegrace de Bergame qui étoit en cour de Ro- v^àing. me, chargé de la procuration de tout l'Ordre, apella l^n'1,x' de cette constitution en plein consistoire le quatorzième Janvier 1313. & présenta publiquement au pape un livre où il prétendoit prouver que l'on avoit traité son Ordre trop durement & injustement, & que la constitution ne pouvoit subsister, étant contraire à celles de tant de papes précédens. Le pape Jean en fut irrité & fit mettre Bonnegrace en prison, où il de• meura une année entière.

Le roïaume de Castille étoit troublé par diverses Lx'v. factions pendant la minorité du Roi Alronsc XI. & v^uâdofid'6 pour y remédier le pape avoit envoïé un légat; savoir & de ColoGuillaume de Godin natif de Baïonne, cardinal évê- S"e-.

1 1 1 1 -rr Cl 1 f J r MartanAib.

que de Sabine, dont la commiílion elt datee du li- xv.s. ,7. xiéme de Novembre 1310. La reine Marie aïeule du M2°roi étant morte lepremier de Juin 1312.. ce jeune prin- l'/J',?

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