페이지 이미지
PDF
ePub
[ocr errors]

Le roi Robert l'envoïa ensuite en France pour traiter du mariage du duc de Calabre qui étoit déja veuf, fa premiere femme Catherine d'Autriche étant morte le quinziéme de Janvier 1323. Le comte Elzear s'aquita si bien de son ambassade que le mariage fut conclu & célébré entre Charles duc de Calabre & Marie fille de Charles comte de Valois : mais Elzear tomba dangereusement malade à Paris; & se sentant prés de sa fin il fit une confession générale à François Maïronis fameux docteur de l'ordre des freres Mineurs, Provençal, mais qui se trouvoit alors à Paris. Pendant cette maladie Elzear entendit tous les jours la messe dans son lit & se confessa encore plusieurs fois ; & en

fin il déclara qu'il laissoit vierge Ion épouse Delfine, 6.33.

comme il l'avoit prise. Aprés avoir reçu le viatique & l'extrême-onction il mourut le vingt-septiéme de Septembre 1323. à l'âge de vingt-huit ans ; & fut enterré avec l'habit de S. François aux Cordeliers de Paris : mais la même année il fut transferé à ceux d'Apt en Provence, comme il l'avoit ordoné, parce que le château d'Ansois est de ce diocése. Il se fit plusieurs

miracles à son tombeau:& le pape Urbain V.le canoVading. nisa en 1369. sa femme Delfine étant encore vi1323. n. 40.

vante. IV. Le pape craignant que son filence ne fut pris pour Monition une aprobation tacite de la conduite de Louis de Bacontre Louis de Baviere.* viere , publia contre luiune monition ou il dit en subfRain. 1323. tance : L'empire Romain aïant été autrefois transferé Barcodon par le $. fiége des Grecs aux Germains en la persone

de Charlemagne, l'élection de l'empereur apartient à certains princes, qui aprés la mort de Henri de Luxembourg se sont, dit-on, partagés ; & les uns ont élu

71. 30

1323

Louis duc de Baviere, les autres Frideric duc d'Au- hr
triche. Or Loüis a pris le titre de roi des Romains
sans attendre que nous eussions examiné son élection
pour l'aprouver ou la rejetter , comme il nous apar:
tient; & non content du titre , il s'eft attribué l'ad-
ministration des droits de l'empire au grand mépris
de l'église Romaine , à laquelle apartient le gouver-
nement de l'empire vacant. A ce titre il a exigé &
reçu le serment de fidélité des vassaux de l'empire ,
cant ecclésiastiques que séculiers en Allemagne & en
quelques parties d'Italie ; & a disposé à son gré des
dignités & des charges de l'empire, comme ces jours
passés du marquisat de Brandebourg, qu'il a doné
publiquement à son fils aîné. Deplus il s'est déclaré
fauteur & défenseur des ennemis de l'église Romaine:
comme de Galeas Visconti & ses freres, quoique juri
diquement condamnés pour crime d'hérésie.

Voulant donc obvier à de pareilles entreprises pour l'avenir, défendre les droits de l'église & ramener ce prince de son égarement: 'nous l'admoneftons par ces présentes & lui enjoignons sous peine d'excomunication ipso facto , de se délister dans trois mois de l'ado ministration de l'empire & de la protection des ennemis de l'église; & de révoquer aucant qu'il sera possible tout ce qu'il a fait aprés avoir pris le citre de roi des Romains. Autrement nous lui déclarons, que nonobstant son absence, nous procéderons contre lui selon que la justice le demandera.De plus nous défendons à tous évêques & autres ecclésiastiques fous peine de suspense, à toutes villes & communautés, à toutes persones séculiéres , de quelque condition & dignité qu'elles foient, fous peine d'excómunication sur les

[ocr errors]

V.

9. 34.

Zieme ae TVOVCIDIC. IV

AN. 1323.

ī persones d'interdit sur leurs terres & de perte de tous

leurs priviléges, d'obéir à Loüis de Baviere en ce qui regarde le gouvernement de l'empire: ni de lui doner aide ou conseil: non-obstant tout serment de fidélité ou autre dont nous les déchargeons. La bulle est du neuviéine d'Octobre 1323.

- Louis en étant informé par le bruit public, envoja Protestacion

on au pape Albert maître des chevaliers Hospitaliers en & apel de Loüls. Allemagne, Grustorp archidiacre de Virsbourg & Rain. n. 33. Henri chanoine de Prague, pour savoir les causes

de cette monition & demander un délai. La commisfion de ces envoïés étoit datée de Nuremberg le douziéme de Novembre. Mais aprés qu'ils furent partis le dimanche dix-huitiéme de Décembre Louis tint une assemblée à Nuremberg, où en présence de Ni

colas évêque de Ratisbone & de plusieurs personages Hervart. an. constitués en dignité, il dir en substance: Nous Louis 1324. n. 34. roi des Romains, comparoissons devant vous com

me fi nous étions devant le pape', où nous ne pouvons être, vû la distance des lieux & le terme trop court, & nous disons que nous avons apris que le pape a publié contre nous quelques procédures , ou il nous accuse d'avoir pris le titre de foi injustement,& te reste des reproches du pape: puis il ajoûre : Nous répondons, que la coutume observée de temps immé: morial & conuë de tout le monde, principalement en Allemagne, est que le roi des Romains des-là qu'il eft elu par tous les princes électeurs , ou par leur plus grand nombre, & couroné aux lieux accoutumés:eft feconu pour roi, en prend le titre & en exerce librement les droits. Tous lui obéiffent, il reçoit les fermens de fidelité, confére les fiefs & dispose comme

390

il lui plaît des biens, dęs dignités & des charges du Ār roïaume. Or il est notoire que nous avons été élu par le plus grand nombre des électeurs & couroné dans les lieux accoutumés : enfin nous sommes en paisible possession depuis environ dix ans.

C'est donc à tort que le pape nous accuse d'avoir usurpé le titre & les fonctions de roi; & il le dit sans

avoir vû la loi, oüi la partie , exanıiné l'affaire , ni - observé l'ordre judiciaire: prétendant que nous nous

dégradions nous-inêmes en quittant le nom de roi & la conduite du roïaume. Il paroît de ce qui a été dit que le pape avance contre la verité, que l'empire est maintenant vacant, & que le gouvernement lui en apartient. Il n'est point vacant, puisque nous en sommes en possession. Nous ne convenons pas non plus : simplement comme il le propose , qu'il apartiéne au S. siége d’éxaminer notre élection & notre persone, l'aprouver ou la rejetter. Si ce droit lui apartenoit,ce seroit peut-être quand l'affaire lui feroit portée par plainte ou apellation : ou si nous avions demandé la courone impériale , & que le pape prétendît avoir de justes raisons pour nous la refuser. Quant à ce qu'il ajoûte que nous avons doné protéction à Galeas Visconti &à ses freres condamnés pour hérésie; & à quel ques autres révoltés contre l'église Romaine,que toutefois il ne nomme point : nous n'en avons aucune connoiffance. Nous ne favons point si les Visconti sont condamnés comme hérétiques, & nous conjecturons qu'on nomme rebelles à l'église quelques-uns qui sont fidéles à l'empire. C'est le pape lui-même qui. eft fauteur d'hérétiques, puisqu'il a reçu des plaintes de prélats contre les freres Mineurs de ce qu'ils réve

- Xx iij

[ocr errors]

VI.

[ocr errors]
[ocr errors]

An. 1323.

lent les confessions;& toutefois il a dissimulé ces plaintes jusqu'à présent & négligé de remédier à un sigrand mal, se déclarant au contraire protecteur de ces religieux. Loüis ajoûte ensuite : Voľant donc que le pape veut éteindre l'un des deux grands luminaires &abolir les droits de l'empire, dont nous avons juré la conservation : nous apellons au S. siége pour nous & pour tous ceux qui voudront adhérer à notre apel, & nous demandons la convocation d'un concile général, ou nous prétendons assister en persone. Tout ce que l'empereur Louis avoit proposé & déclaré en cette assemblée, fut rédigé par écrit en la forme la plus autencique.

Le pape, quoique půc dire ce prince, n'étoit pas si Décretale, favorable aux freres Mineurs, qu'il ne fit encore cette Cum inter année une constitution contre leur opinion touchant

la pauvreté évangelique. Cette question s'agitoit toûjours avec grande chaleur, & le pape continuoit de consulter les plus savans théologiens comme il avoit fait l'année précédente. Le cardinal Simon d'Archiac

archevêque de Vienne lui dona la consultation de l'uap. Rain.

niversité de Paris où la question est traitée fort au 1323. n. 30.

long de párt & d'autre, & la conclusion est, que J. C. & ses apôtres avoient en commun l'usage de droit & même la proprieté de quelques biens, puisqu'ils les possédoient & en usoient justement. En particulier Hervé Noël Brecon général de l'ordre des freres Pré

cheurs & docteur fameux de Paris, ficun grand traité Carc.p.11.

sur cette mariére : pour montrer de même que J.C.& ses apôtres avoient un véritable droit sur ce qu'ils poss sédoient & dont ils usoient.

Enfin le pape Jeari, aprés une longue & murc dés

no

n. 58.

« 이전계속 »