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21.

J. Vill. ix.

Cependant Louis de Baviere-alloit son chemin & A soutenoit son droit par les armes, donant du secours aux Gibelins d'Italie , qui remporterent plusieurs a- Jo. Viļl. 1x. vantages sur les troupes de l'église: de quoi le pape tou- c. 259, 251. ché & voïant les délais qu'il avoit donés à Louis ex

Rain. n. 19. pirés , rendit enfin contre lui sa sentence définitive, où aprés avoir répété les chefs d'accusation proposés congre lui , & raporté la procédure faite jusqu'alors, il prononce ainsi: Nous le déclarons contumax, tant ,

Baluz.v.to.1. pour n'avoir pas comparu, que pour n'avoir pas ac- p. 141. 701. quiescé à nos monitions & à nos ordres; & en consé- Rain. n. 22. quence nous le dénonçons privé de cour le droit qui

6. 265. lui pouvoit apartenir en vertu de son élection. Nous réservant de le punir ensuite de plus grandes peines selon l'éxigence des cas , s'il ne se soumet à l'église dans le premier d'Octobre. Et cependant nous lui dé- Rain. n. 25. fendons étroitement de prendre désormais le titre de roi des Romains ou d'élu; de s'ingérer au gouvernement du roïaume ou de l'empire: le tout sous peine d'excomunication & de privation des fiefs & des priviléges qu'il tient de l'église ou de l'empire. Cette bulle est du quinziéme de Juillet. Elle fut envoïée aux princes Chrétiens , entre autres à Charles roi de France & à Edouard roi d'Angleterre, & publiée en France par Guillaume de Melun archevêque de Sens : en Angleterre par les archevêques de Cantorberi & d'Yorc: en Allemagne par celui de Magdebourg : en Italie par celui de Capoüe.

L'empereur Loüis loin de s'y soumettre, assembla XIII. au mois d'Octobre une grande diete à Saxenhausen, où , Reproches

de Loüis il fit la proposition suivante: Nous disons que Jean contre le qui se dit pape XXIIC.du nom, est ennemi de la paix, paps.

Tome XIX

Zz

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T & ne tend qu'à exciter la division, non-seulement en

*Italie , mais encore en Allemagne, sollicitant les préBaluz. vit. to. 1. p. 478. lats & les princes par ses nonces & fes lettres, pour

les révolter contre l'empire & contre nous. On ra-
porte qu'il dit publiquement que quand les rois & les
princes séculiers sont divisés, c'est alors que le pape
est vrai pape & craint de tout le monde , & qu'il fait
ce qui lui plaît. D'où vient que voïant multiplier en
Allemagne les guerres & l'effusion du sang innocent
à l'occasion des diverses élections, il n'a jamais en-
voïé une lettre ni un nonce pour obvier à ces maux :
quoiqu'il eut dans le païs plusieurs collecteurs pour
éxiger de l'argent, ausquels il pouvoit doner cette
commislion, fans qu'il lui en coutât rien.
: De plus il a condamné comme Patarins & héréti-
ques dans toute la Lombardie & en diverses autres
parties d'Italie , plusieurs bons catholiques : en sorte
que selon lui le nombre des hérétiques y est le plus
grand, parce qu'il déclare tels tous ceux qui sont fic

déles à l'empire, sans en rendre d'autre raison. Il ne P. 480.

considére pas que S. Silvestre étoit caché dans une caverne lorsque Constantin lui dona liberalement tout ce que l'église posséde aujourd'hui de liberté & d'honeur. Il en est si méconoissant qu'il s'efforce de détruire en toute maniére l'empire & ceux qui lui sont fidéles : comme il paroît par la procédure qu'il vient de faire contre nous, fondé sur de prétenduës notoriétés, qui sont au contraire des fausserés maniféltes : où il nous condamne absent sans citation prés cédente.

Il confére les évêchés & les abbaies par esprit de - partialité à des sujets entiérement indignes, sans avoir

. . .

égard à l'âge ni aux mæurs: pourvû qu'ils soient en- Ār. 22 nemis de l'empire , quoique naturellement ils en soient yassaux. On voit encore par la procédụre faite contre nous qu'il tend à ruiner l'empire & les droits des électeurs, & voici comment, Celui qui est élu par la plus grande partie des électeurs, est censé : élu en concorde ; & toutefois quoique nous aïons été élu par les deux parts des électeurs, il soutient que nous avons été élu en discorde. C'est une coutume aprouvée dans l'empire , que celui qui a été élu au lieu destiné, c'est à-dire à Francfort par deux électeurs au moins présens au jour marqué, doit être tenu pour élu en concorde : qu'on doit lui obéïr & le couroner à Aix-laChapelle quand il voudra ; & toutefois ce méchant conteste notre élection, où toutes ces régles ont été observées. Il soutient que l'empire est encore vacant, P. 483. & que le gouvernement lui en apartient pendant la vacance, ce qui est tres-faux.

Il accuse de nullité la collation que nous avons faitę à notre fils aîné du marquisat de Brandebourg vacant & dévolu à l'empire & plusieurs autres actes que nous avons faits, & veut que nous les révoquions dans un certain tenips. Ce qui est entiérement injuste & contraire aux droits de l'empire. Il nous traite de fauteur d'hérériques si nous favorisons nos vassaux que nous avons juré de protéger, & qu'il s'efforce de subjuguer en diverses parties d'Italie, même par la vore des armes si éloignée des devoirs du sacerdoce ; parce qu'ils se défendent contre ceux qui les veulent devorer crucllement & qu'il nomme enfans de l'église. Or ceux P. 485: qu'il traite d'hérétiques n'en ont point été juridiquement convaincus & ont au contraire déclaré publi

p. 488.

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quement devant des notaires qu'ils croient les articles de foi & tout ce que l'église enseigne. Loüis s'étend ensuite sur les divisions & les guerres entre les villes de Lombardie, dont il rejette lafaucesur le pape;&soutient que selon les loix on doit conserver la religion&répri

mer les hérétiques sans troubler l'état ou nuire au gouRain. 1324. vernement temporel. Il réléve sa victoire sur Frideric n. 14. P. 490. . d'Autriche comme une preuve de la justice de sa cau

se, pour laquelle Dieu s'est déclaré, il insiste sur les défauts de l'élection de ce prince, & le plaint que le

pape a fomenté leur division, loin de se mettre en deP. 494.

voir de les accorder.

La derniere partie de la proposition de l'empereur regarde la religion; & on voit bien que c'est l'ouvrage des Fraticelles ou freres Mineurs révoltés contre le pape , qui s'étoient mis sous la protéction de l'enipe

reur. Voici comme ils le font parler du pape : Il ne p. 4948 s'est pas contenté d'attenter sur l'empire temporel &

sur les droits de notre courone : il a encore attaque J.C. avec ses apôtres & la doctrine évangélique de la pauvreté parfaite, qu'il s'efforce de renverser, non-seulement par sa vie scandaleuse & éloignée du mépris du monde, mais encore par sa doctrine hérétique &

empoisonée. Il a fait deux constitutions détestables, P. 496. où il blasféme contre la vie de J.C. & combat ouver

tement les décisions des saints papes ses prédécesseurs: se déclarant hérétique manifeste , retranché du corps de l'église & par conséquent déchu de toute prélature.

Ces deux constitutions font Ad conditorem & Cum inter nonnullos, que l'auteur conibat fort au long avec une aigreur & une insolence qui , fait voir combien

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ces prétendus freres Spirituels étoient éloignés de AN
l'humilité & de la charité Chrétiéne. Il va jusqu'à dire **

P: 802.
que ne pas préférer la parfaite pauvreté telle qu'il l'en-
tend à la possession des biens en commun ou en par-
ticulier, c'est ramener le judaïsme & prendre à la let-
tre les prophéties qui semblent promettre un Messie
distributeur des richesses temporelles. Il avance que le
pape Jean XXII. avoit dit devant plusieurs grands
personages de l'Ordre: Depuis quarante ans ou envi-

p. 4396 ron j'ai regardé votre régle comme fantastique & impossible à garder; & fi Dieu me donoit autorité je l'a-. bolirois & vous en donerois une autre , suivant laquelle vous pouriés avoir des biens en connun, comme les autres religieux. L'auteur soutient qu'aprés un tel discours , il n'avoit pû être fait pape.

Aprés cette longue proposition l'empereur Louis pro- p. 50g tésta dans la même assemblée , qu'il ne la faisoit par

R. n. 30 aucun motif de haine contre le pape, mais par zéle de la religion & pour la défense de l'église en qualité de son protecteur; & pour la conservation des droits de l'empire & de ses vassaux , & jura de la poursuivre dans le concile général dont il demandoit instament la convocation ; & auquel il apeloit de tout ce que le pape pouroit faire cependant contre lui & contre l'empire. Ces actes furent lus publiquement le vingt-deuxiéme d'Octobre dans la chapelle des chevaliers Teutoniques à Saxenhausen en présence de Bertold comte de Heneberg & de plusieurs autres témoins. · Ce que les Fraticelles avoient inferé dans la propo- XIV. fition de l'empereur contre les deux conftitutions Ad Bulle luia

quorumdam. conditorem & Cum inter nonnullos , dona occasion à une

Extravago troisiéme qui commence, Quia quorundam, & que le ult. Jo.

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