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An. 1314. PaPe Jean XXII. publia le dixième de Novembre cette année 1314. II y répond aux objections des FraSup. liv. ticelles tirées de la décrétale Exiit qui feminat de NicoLxxxvii. n. jas Jjj ^ jes autres donées par plusieurs papes en faveur des frères Mineurs. Ils difoient: Ce que les papes ont une fois défini touchant la foi & les mœurs, est tellement immuable , qu'un successeur ne peut le révoquer en doute , loin d'affirmer le contraire. Or les papes Honorius III. Grégoire IX. Innocent IV. Alexandre IV. Nicolas IV. disent que la régie des frères • Mineurs est l'imitation de J. C. & des apôtres, qui consiste à n'avoir rien en propre ni en comun, mais le simple usage défait dans les choses dont on use ; & ces papes ont décidé que la pauvreté parfaite de J. C. & des apôtres a consisté en cette renonciation à tout domaine temporel. Par conséquent il n'a pas été permis au pape Jean XXII. de décider le contraire, & de déclarer hérétiques ceux qui soutiennent que J. C. & ses apôtres n'ont eu aucun droit en ce qu'ils avoient. II n'a pas du non plus prononcer que les frères Mineurs ne peuvent avoir en rien le simple usage de sait.

. Le pape Jean répond qu'Honorius III.& les quatre autres papes n'ont pas dit ce que les Fraticelles leur font dire. Honorius n'a fait que confirmer la régie

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ans aucune déclaration. II n'est point fait mention

non plus de ce qu'ils avancent dans les déclarations de Grégoire IX.d'Innocent, d'Alexandre & de Nicolas IV. au contraire Grégoire attribue manifestement aux frères l'usage de droit en disant, qu'ils useront des livres & des autres meubles qu'il leur est permis d'avoir, íl est vrai que Nicolas IV. a dit que cette régie est fondée sur 1 évangile & sur l'exemple de J.C. mais ~TZ 77 •in. » 11 • i r t i "îí§ I32

il eit certain qu elle contient pluíieurs préceptes que

J. C. n'a point donés, comme de ne pouvoir recevoir d'argent par foi ni par une persone interposée. De plus Alexandre IV. a dit expressément que les frères Prêcheurs imitent la pauvreté de J.C. & font dans un état de perféction selon l'évangile ; & toutefois suivant leur régie , ils peuvent avoir quelque chose en commun , même quant à la propriété.

A l'égard de ce que porte la déclaration de Nico- Exnf« las III. que les frères Mineurs n'ont que le simple usage de fait : nous disons que s'il a entendu un usage dépouillé de tout droit, il a contredit les déclarations de Grégoire, d'Innocent & d'Alexandre. De plus, il' est impossible d'avoir 1 usage de fait fans aucun droit dans les choses qui se consument par l'usage,comme il est.prouvé dans la décretale Ad conditorem, & d'ailleurs un tel usage seroit injuste & par conséquent opposé à la perféction loin de l'augmenter. Or il ne paroît pas probable que Nicolas III. ait voulu réserver aux frères Mineurs un usage injuste : puisqu'il ajoûte dans la même constitution que 1*église Romaine ne recevoit la propriété que des choses dont l'usage leur ctoit permis.

Au reste, s'il ne nous a pas été permis d'ordoner quelque chose contre la constitution de Nicolas IV. il n'a pas eu droit non plus de rien statuer ou déclarer contre celles de Grégoire , d'Innocent & d'Alexandre j ce que toutefois il a fait, & par conséquent révoqué leurs constitutions. De plus Innocent III. avoit défendu dans le concile île Latran d'instituer de nouvelles religions j & toutefois ses successeurs ont con

^N ^ firme plusieurs nouveaux Ordres , qui depuis ont été Sup. liv. suprimés par Grégoire X. au concile de Lion. Si donc

ixxxvi.w-48. aprés la défense d'un concile général les papes ont pú\ confirmer & fuprimer des Ordres religieux : il n'eft pas étrange que ce que le pape seul ordone ou déclare touchant les régies de ces Ordres, puisse être déclaré ou changé par ses succefleurs. Enfin le pape conclut cette décretale en condamnant comme hérétiques ceux qui parleront ou écriront contre les deux précédentes.

xv. II est: évident que par ces trois constitutions Jean

Nicolas III. XXII. réfute & révoque celle de Nicolas III. Exm qui Jean XXII. sem*n*t> quoiqu'il le fasse avec toute la modestie & le Sup. liv. ménagement poíîìble. Car il rejette comme injuste le Lxxxvii. n. £mpje ufaae de fait que Nicolas admetoit non-feulement comme juste, mais comme méritoire ; & Jean traite d'hérésie d'attribuer à J. C. cette efpéce d'usage, que.Nicolas lui attribue. II est donc nécéssaire de reconoître, que l'un de ces deux papes s'est trompé fur cc point, dans une décision revêtue de toute la folemnité possible. Aussi ne nioit-on pas alors que le papefe pût tromper. Un auteur du temps qui écrivoit pour la déSup.Uv.xcû. fenfe de la bulleQuorumcUm exigit, contre les Fraticela 'p.^Àain. ^cs> soutient quatre propositions : dont la première est i jn. ». j4. que le pape ne peut faire de canons contre ce qui est déterminé par récriture sainte, & le quatrième, qu'il en peut faire contre ce qui a été détérminé par ses prédécesseurs ou par lui-même. Il prouve la première par VitntquidJm. un chapitre de Gratien, qui porte, que ií le pape, ce qu'à Dieu ne plaise s'efforçoit de détruire ce qu'ont enseigné les apôtres & les prophètes: il seroit convaincu d'errer plutôt que de faire une décision.

Jaques,

Jaques Fournie r cardinal du titre de sainte Prisquc, Ân. ~ depuis pape successeur immédiat de Jean XXII. sous ap.Emcrk' le nom de Benoît XII. écrivant contre les Fraticelles, D ma. inq. disoit: Ils prétendent que Nicolas III. a déterminé z?s' que leur pauvreté étoit celle de J.C. & des apôtres. Je répons, qu'encore que cette proposition soit dans la constitution Exiit qui feminat, elle n'y est que raportée, mais il n'y est pas montré par l'écriture qu'elle soit vraie. Et toutefois nous avons déja .montré qu'on peut prouver le contraire par l'écriture. Et cette autorite de récriture a été le motif de notre seigneur le pape Jean, pour déclarer hérétique cette proposition, lì elle étoit soutenue opinatrement. Et quand le pape Nicolas l'auroit dit décisivement, cela n'empêcheroit pas: puisque le contraire se trouve dans l'écriture, & que maintenant il est décidé par l'église. Et ensuite: Ils disent qu'en ce qui regarde la foi & les mœurs, ce qui a été une fois décidé par un pape, ne peut être révoqué par un autre. Je répons,que cela est faux;& pour preuve il aporte les exemples de S. Pierre repris par S. Paul, & de l'oposition de S. Cyprien à la décision du pape S. Etiene, avant qu'un concile général eut déterminé la question du baptême des hérétiques. Tel étoit le sentiment de ce cardinal élevé depuis fur le S. siège pour son mérite ; &l'opinion de l'infaillibilité du pape ne s'est introduite dans les écoles que plus de cent ans aprés.

En Espagne Gutierre Gomès archevêque de To- Txvî.\

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iede mourut le cinquième Septembre ^i^.&çyi lapla- ragon archc. ce on élut Dom Juan Infant d'Arragon, troisième v^ucdcTofils du roi Jaques II. qui fut sacré à Lérida l'an 1310. Fra'nCm riçA% ça présence de Chimene de Luna archevêque de Tar- M Iji. 19^ TomeXlX. Aaa

ragone & de Pedro de Luna archevêque de Saragoce. Le nouvel archevêque de Tolède prétendit avoir droit comme primat d'Espagne de faire porter fa croix devant lui dans les provinces de ces deux prélats : ce qui causa un grand différend entre lui & eux, car ils foutenoient que cette prétention de l'archevêque de Tolède n'étoit pas décidée, & que le procès étoit pendant en cour de Rome. L'Infant D. Juan ne laissa pas de xv f,_ raire porter la croix dans Saragoce ou le tenoient les cortés ou états du roïaume : fur quoi l'archevêque de Saragoce l'excomunia, mit la ville en interdit & fit fermer toutes les églises. Le roi d'Arragon extrêmement irrité de voir son fils ainsi traité devant ses yeux, en porta fes plaintes au pape,qui répondit: On ne doit IndicArra^. pas présumer que les deux archevêques aïent eu'dessein P 1 4 de faire injure à votre fils: ils ont voulu feulement conserver les droits de leurs églises, qui est même • l'intérêt de votre roïaume. C'est pourquoi n'étant pas

aisés instruits des droits des parties , nous avons absous à cautele l'archevêque de Tolède des censures (portées contre lui-, & nous avons évoqué à notre audiance le fonds de la question: défendant cependant à l'archevêque de Tolède de faire porter fa croix dans ces provinces, & aux autres de publier aucune sentence contre lui. La lettre est du onzième Novembre 1310.

to. xt. c$nc. L'archevêque Jean étant ensuite allé à Tolède y #• 1711. célébra en concile qui fut terminé le vingt-uniéme Novembre 1314. & on y publia huit canons, dont la préface ordone qu'ils feront observés avec ceux que Sh liv Cií ^Sat Guillaume ^e Godin avoit publiés à Vallado^ ^;*.xcií ^ auparaYant.Cc concile défend aux clercs de

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