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porter des manteaux trainans ou des tuniques avec des ■» manches si courtes qu'on voie les bras nus, ou des cheveux qui passent les oreilles, & leur ordone de raser leur baibe au moins tous les mois. Les prélats ne laisseront point entrer chés eux des femmes perdues nommées Soldadtms qui se donoient en spectacle. Per- v Cn a sone ne déservira un bénéfice cure sans collation ou gì0^ soldai coftimiílion particulière de 1 evêque. Aucun clerc ne derasdonera à ses enfans entre vifs ou par testament les , c' *' biens qui lui vienent de l'église. Aucun prêtre n exi- c géra de l'argent pour les messes qu'il dira, mais il pou- ra recevoir ce qui lui fera charitablement offert fans c. g. aucune convention.

Denis roi de Portugal mourut le lundi septième de xviî. Janvier 1315. aprés quarante-cinq ans de régne ; & la Sainre Elilettre de consolation que le pape écrivit à sainte Eli- jib"h rein,c

11/- ni /j 1 11 "c Portugal.

zabeth la veuve, elt datee du premier de Mars de la Mariana.xv. même année. Cette princesse commença alors à fui- c- »*• vre librement les mouvemens de la pieté; & 11 - tot ?> I2' qu'elle se vit veuve elle prit un habit des filles de sainte Rainai, eod. Claire qu'elle gardoit à ce dessein, ou pour y être en- 16' sevelie 11 elle mouroit la première : elle s'en revêtit & le porta tout le reste de fa vie. Elie étoit fille de Pierre III. roi d'Arragon & de Constance de Sicile fille de j^'- «• Mainfroi : elle naquit l'an 1171. & fut nommée Elizabeth en Thoneur de Stc. Elizabet de Hongrie fa grande tante. A l'âge de huit ans elle commença à réciter tous les jours le grand office de l'église, ce qu'elle continua toute fa vie. A douze ans elle fut mariée à Denis roi de Portugal, & fa dignité de reine ne diminua ni son assiduité à la prière,ni fes jeûnes, qui outre ceux de toute l'église, comprenoient trois jours de la fe

maine, lavent entier, l'intervalle depuis la saint Jean jusqu'à l'Assomption, &: le carême des anges jusqu'à la S. Michel : ses aumônes augmentèrent à proportion des biens dont elle eût la disposition.

Elle eût un talent particulier de réunir les esprits. Le duc Alfonse frère du roi Denis avoit un différend avec lui pour quelques terres & le roïaume étoit menacé d'une guerre civile. La pieuse reine se rendit médiatrice de la paix, & pour la faciliter elle céda quelques terres de son domaine. Ce différend avoit excité une sédition à L'ibone entre la noblesse & les bourgeois & ils avoient déja pris les armes ,.quand la reine montée fur une mule s'avança entre les deux partis &par ses discours & ses larmes calma le tumulte. Le roi Denis, d'ailleurs estimable par fa justice, fa valeur & fa libéralité, entretenoit publiquement plusieurs concubines : Elizabet le souffrait fans en murmurer, & portoit fa charité jusqu'à prendre soin des enfans qui naissoient de ce mauvais commerce ; & enfin par fa patience & par ses prières elle obtint de Dieu la conversion du roi son mari.

Elle réconcilia auíïì le roi Jaques d'Arragon son frère , avec le roi Ferdinand de Castille son gendre , & celui-ci avec le roi Denis de Portugal son époux: mettant ainsi la paix entre tous les princes Chrétiens d'Espagne. Mais Alfonse infant de Portugal se révolta contre le roi son pere, &la reine Elizabet qui travailloitàles réconcilier, fut elle-même rendue suspecte au roi de favoriser leur fils. Il en fut si persuadé, qu'il Ja priva de ses revenus & la rélegua dans la petite ville d'ÀIanquer oú elle avoit une maison : ce qui excita cpntre lui plusieurs seigneurs, qui offrirent à la reine de l'argent, des troupes & des places. Elle en eût horreur & les exhorta à demeurer fidèles au roi. Enfin le roi désabusé la rapella à la cour, lui demanda pardon solemnellement, & pardona à son fils pour l'amour d'elle. Aprés la mort du roi Denis, Alfonse lui succéda & la reine Elisabet se retira à Conimbre au monastère des filles de sainte Claire qu'elle avoit fondé.

L'année suivante 131$. le pape condamna les écrits EXVIrIsI'<lc de Pierre Jean d'Olive qu'il faisoit examiner depuis pjcrrc Jean long-temps. Nous avons une lettre de huit docteurs d'oiiyeconau pape, par laquelle ils lui rendent compte de l'cxa- BTM^*'t0% u men qu'ils avoient fait par son ordre de l'apostille ou Misai, p. commentaire de cet auteur sur l'Apocalypse. Or un de ces docteurs est Bertrand de la Tour provincial des frères Mineurs en Aquitaine, qui fut archevêque de Salerne en 13i9.ee qui montre que la lettre est plus an- s*f.Uv.xcu. ciéne. Les docteurs y raportent plusieurs extraits dece 48« commentaire fur lesquels ils mettent leurs qualifications ; & je m'arrêre à ces extraits pour emploïer lés expressions de l'auteur.

Il explique ainsi les sept états de l'églisc qu'il prétend j>. ai4. être décrits dans l'Apocalypse : Le premier est la fondation de la primitive église dans le judaïsme sous les apôtres. Le second, l'épreuve de raffermissement de l'église par les souffrances des martyrs. Le troisième, ^explication de la foi par la réfutation des hérésies. Le quatrième, la vie des anacorétes , qui fuioient le monde jusques aux solitudes les plus reculées , macéroient leur chair tres-austérement, & par leur exemple éclairoient toute l'église. Le cinquiéme,la vie commune des moines & des clerd possédans des biens temporels, partie dans un zélesévére, partie avec con

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déscendance. Le sixième est le renouvellement de lá vie évangelique,la destruction de la vie anti- chrétiene, la conversion finale des Juifs & des Gentils : autrement le rétablissement de l'égliseen son premier état. Le septième entant qu'il regarde la vie présente, est une participation paisible de la gloire future, comme si la céleste Jérusalem étoit descendue en terre : mais quant à l'autre vie, c'est la résurrection générale, la glorification des saints & le dernier accomplissement de toutes choses. Le premier état a commencé proprement à la mission du S. Esprit : le second à la persécution de Néron : le troisième à la conversion de Constantin , S. Silvestre & le concile de Nicée : le quatrième au grand saint Antoine: le cinquième à Charlemagne : le sixième a comencé en quelque façon à notre pere S. François : mais il doit comencer plus amplement à la condamnation de Babilone la grande prostituée,quand l'ange marquera ceux qui doivent être la milice de J. C. le septième commence d'une manière à la mort de l'Ante-christ, &d une autre au jugement dernier. [ f. ut. Il ajoûte erfsuite: Dans le sixième temp*s de l'église sera découverte une perfection singulière de la vie & de la sagesse de J. C. La vieillesse du temps précédent fera rejettée si abondament, qu'une nouvelle église semblera se former, comme il s'en forma une au premier avènement de J. C. quand la synagogue fut rejettée. Delà vient que dans ces visions on nous présente trois avénemens de J.C. le premier en fa chair passible , rachetant le monde & fondant l'église: le sercond dansl'esprit dela vie évangélique,réformant & perfçctionant son église : le troisième pour juger &

glorifier ses élus. Et ensuite: L'état de l'église depuis />•
la condamnation de Babilone, c'est-à dire de l'église
charnelle, jusqu'à la fin du monde , doit durer aisés
long- temps afin que tout le monde &c même les Juifs
se convertissent, que cet état monte par degrés du
matin au midi, puis descende au soir & à une nuit íî
prosonde de malice, que J. C. soit comme forcé de
venir pour le jugement. Car il seroit ridicule que le
troisième état principal du monde aproprié au S. Es-
prit fût momentané & disproportioné au reste de ce
grand œuvre.

Et encore : Comme dans le sixième âge , J. C. le ?• *n« nouvel homme est venu rejeter le judaïsme charnel,& aporter une loi & une vie nouvelle avec la croix : ainsi dans le sixième état l'église charnelle sera rejettée & la loi de J. C. renouvellée. C'est pourquoi au com- » mencement de cet état a paru S. François caractérisé par les plaies de J. C. & entièrement crucifié avec lui. Et ensuite: Dans le premier temps Dieu le pere s'est montré comme terrible & la crainte a regnç: dans le second Dieu le fils s'est montrécomme docteur, étant T-"3' le verbe & la sagesse du pere: dans le troisième le S. Esprit se montrera comme une flamme & une fournaise de l'amour divin , une yvresse spirituelle, un transport & un excès de joie dans laquelle on verra , non par la simple intelligence ,-mais par une expérience sensible ôc palpable, la vérité de la sagesse du verbe incarné & de la puissance de Dieu le pere. Car 3e*n- XV1« J. C. a dit: Quand cet esprit de vérité sera venu, il I3' I4' vous enseignera toute vérité & me glorifiera. On voit clairement ici l'égarement de ce fanatique, puisque cette* promesse fut accomplie lorsque le Saint Esprit

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