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Montcorvin, suivant Tordre que nous avions reçu du S. siège, & y demeurâmes environ cinq ans, pendant lesquels nous reçûmes de l'empereur la pension nommée Alafa, pour la nouriture & le vêtement de huit persones. Cette Alafa peut valoir par an cent florins d'or , suivant I'estimation des marchands Génois ; & c'est cc que l'empereur done aux envoies des grands, à des guerriers, à des ouvriers de divers arts & à d'autres persones de diverses conditions. Je paíTe ce qui regarde la richesse & la magnificence de ce prince, la vaste étendue* de son empire, la multitude des peuples, le nombre & la grandeur des villes, & le bel ordre de cet état, oùpersone n'ose lever l'épée contre un autre. Tout cela seroit trop long à écrire & paroîtroit incroïable : puisque moi-même qui suis présent à peine puisse croire ce que j'entends dire. Et ensuite:

Prés de l'Océan est une grande ville nommée en Persan Caïton, ou une riche dame Armeniéne a bâti une église assés belle & grande, que l'archevêque a érigée en cathédrale du consentement de cette damej & l'aïant suíïìsament dotée, il l'a donée pendant sa vie & laissée en mourant à frère Gérard évêque & aux frères qui étoient avec lui 5 & c'est le premier qui a rempli cette chaire. Ce frère Gérard étoit un des sept que Clément V. avoit fait sacrer évêque. André continue : Aprés fa mort l'archevêque me voulut faire son successeur, & comme je n'y consentis pas, il dona cette église à frère Peregrin, qui aprés l'avoir gouvernée quelque peu d'années mourut Tan 1311. le lendemain de l'octave de la S. Pierre, c'est-à-dire le septième de Juillet. Environ quatre ans avant son décéds,

6 comme je ne me trouvois pas bien à Cambalu pour quelques raisonsje meprocuiairAlafaou aumône impériale pour la recevoir à Caïton distante de Cambalu de chemin d'environ trois semaines j & avec huit cavaliers que l'empereur m'accorda je m'y rendis en grand honeur. Dans un bois à deux cens cinquante pas de la ville j'ai fait bâtir une église avec tous les lieux réguliers pour vingt deux frères, & quatre chambres dont chacune seroit suffisante pour quelque prélat que ce fut. Je demeure continuellement en ce lieu & j'y subsiste de l'aumône roïale. J'en ai emploie une grande partie à ce bâtiment; & je ne sache pas qu'il y ait de semblable ermitage dans toute notre province pour la beauté & l'agrément.

Peu de temps aprés la mort de frère Peregrin j'aí reçu un décret de l'archevêque pour m'étabìir dans le siège de Caïton. Je l'ai acceDté,& je íuis tantôt dans la ville à la cathédrale, tantôt a l'ermitage, selon qu'il me plaît. Je me porte bien, & autant que mon âge avancé le souffre , je pourai travailler à cette moisson encore quelques années. En ce vaste empire il y a des gens de toutes les nations du monde & de toutes les sectes ; & on permet à chacun de vivre selon la siene: car ils croient que chacun s'y peut sauver; & nous pouvons prêcher avec liberté & sûreté : mais il ne se convertit point de Juifs ni de Sarasins.Un grand nombre d'idolâtres reçoivent le batême, mais plusieurs ensuite ne vivent pas en bons Chrétiens. Quatre de nos frères ont été martyrisés dans llnde par les Sarasins: Un d'entre euxaïant été jettédeux fois dans un grand feu , en sortit sain & sauf -, & toutefois ce miracle ne convertit persone. Ces quatre frères se nommoient

Thomas Thomas de Tolentin , Jaques de Padoue , Pierre de ^N ^ Siene & Demetrius frère lai. Us furent martirisés le B0ii. 1. Jp'r. premier jour d'Avril 1-311. qui étoit le jeudi avant le to.?.p. 50. dimanche des Rameaux; & leurs reliques raportées de Tanaa, où ils avoient íbufferts, à Polombe ou Colombe autre lieu de l'Inde, par frère Odoric de PortNaon, qui a écrit l'hiíloire de leur martyre.

La lettre de frère André de Perouse continue ainsi: Je vous ai écrit tout ceci en peu de mots, afin que par vous il viene à la conoistance des autres. Je n'écris point à nos frères Spirituels nià mes principaux amis, parce que je ne sai point ceux qui font morts & ceux qui restent: c'est pourquoi je les prie de m'excuser. Je les salue tous & me recomandé intimement à eux ; & vous pere gardien recomandés moi au ministre & au custode de Perouse & à tous nos autres frères. Tous les évêques fufsragans du siège de Cambalu qu'avoit fait le pape Clément font morts en paix & jefujs demeuré seul. Frère Nicolas de Banthera, frère Andrucio d'AíTife & un autre évêque font morts à l'entrée de l'Inde inférieure dans un pais tres- cruel où plusieurs autres font morts & enterrés. Doné à Caïton l'an 1316. au mois de Janvier.

Vers la fin de la même année, c'est-à-dire le lundi xxix. .huitième de Décembre .Guillaume d« Flavacourt ar- x9onciIe de

XVI. L"C 1 í\ C m

chevêque d'Audi tint à Marciac dans son diocèse un to. xi. conc. concile provincial avec fes fuffragans. Ce prélat né ?• !747- . d'une famille noble dans le Vexin au diocèse de píj^f *" Rouen, fut premièrement évêque de Viviers, puis de CarcaíTone, d'où il fut transféré à Auch fur l'élection du chapitre, mais ce siège vaca long-temps. Car le dernier archevêque Amanicu d'Armagnac étoit mort Tome XIX* Ddd

^N dés l'onziéme de Septembre 1318. aprés avoir tenii cc

s*?. liv. siège cinquante-sept ans ; & Guillaume de Flavacourt, txxxix». 13. n'en prit.possession qu'en 1314. le dimanche aprés la S. Philipe, c'est à-dire le sixième de Mai. •

En ce concile on publia cinquante-six canons, où .je remarque ce qui fuit. Les ordinaires n'admettront point aux fonctions ecclésiastiques les clercs ou les ree. 1.3. ligieux des autres diocèses fans lettres de leurs supérieurs. Car il vient de divers pais en cette province des clercs dont plusieurs, à ce qu'on croit, ne font pas ordonés canoniquement : plusieurs font excommuniés , apostats & criminels, qui fuient parce qu'ils craignent leurs évêques. Le concile excomunie également ces étrangers & ceux qui les reçoivent fans letc- *• 7* tres de recomandation. On défend aux laïques, comme dans les autres conciles du même temps, d'empêcher ou troubler le cours de la jurifdiction ecclésiastique , d'intercepter les lettres des évêques, les dé• chirer, les cacher, arrêter ou fraper ceux qui les porc. s. 9-1°« tent: fe faire absoudre par force des censures : traduire les clercs au tribunal séculier, ou prendre conoiíTance des causes ecclésiastiques : enfraindre la franchise des asiles. Oter aux ecclésiastiques les moïens de vivre, cominsi faifoient quelques seigneurs en défendant de leur rien vendre ou d'acheter d'eux, de moudre leur blé, ou leur fournir du pain & le reste au prix commun.

On déclare que tous lesfermehs même apofésaux contrats, lont de la compétence du juge d'egliíe; que les fer mens faits contre la liberté ecclésiastique font • nuls i & on ordone d'excomunier folemnellement les c. 18. parjures. Les recteurs, c'est-à-dire les curés célébrant la meíïe dans leurs églises, seront servis au moins ^N ^ par un clerc en surplis. Tous les clercs qui font in fa~ c> 1?# . cris, ceux qui ont des bénéfices, principalement à charge d'ame & tous les religieux clercs, íont obligés à dire tous les jours les sept heures canoniales ;& doivent s'assembler à l'églile pour cet effet le plus sour vent qu'il est possible. Dans le temps d'interdit les chanoines &les clercs des cathédrales & des collégia- . les ne laisseront pas de recevoir leurs distributions quotidiénes. Défense aux clercs de sortir la nuit sans c.to*., lumière dans les lieux où il est défendu aux laïques de le faire, aprés le son d'une cloche ou d'une trompette.

On défend plusieurs abus dans les sépultures ten- c. u. 13.14* dans principalement à frustrer les paroisses de leurs Mdroits. On défend les clameurs & les lamentations indécentes aux enterremens, qui troubloient les prières ecclésiastiques; enfin de désosser ou démembrer les corps pour les enterrer en divers lieux. Ceux qui « manqueront deux dimanches à venir entendre la mes- c. i<r, se à leur paroisse, seront nomément excomuniés. On déclare que les dîmes sons dues de droit divin , & on c'lS' 19'JO* prononce pluíieurs peines contre ceux quune les païent pas fidéllement & avant toute autte cîiarge,qui détoiírnent les autres de les païer , qui les usurpent ou les retienent. Tout le diocèse contribuera aux frais e. 35. des procès que les églises pauvres seront obligées de soutenir pour la conservation de leurs droits. Les cu- **. 3*. rés des paroisses dont les religieux ont le patronage, feront perpétuels & non amoyibles; & les religieux titulaires de bénéfices y résideront & seront soumis à lacorection des évêques non-obstant leurs privilèges.

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