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^N petant le pouroic juger, soie qu'il en fut requis ou non;

&que cette loi s'étendroit aux crimes déja commis, > 7Q> comme à ceux qui se commettroient à l'avenir. Lc lundi suivant dix-huitième d'Avril, il tint un parlement semblable au même lieu où il vint revêtu de la pourpre, la courone en tête, le sceptre d'or à la main droite, & la pome ou globe à la «gauche. . Il s'afíit fur un trône riene & élevé, en forte que tout le peuple le pouvoit voir, & il étoit entouré de prélats,de seigneurs & de noblesse. Quand il fut assis il fit faire silence, & un Augustin nommé Nicolas de Fabriano s'avança & cria à haute voix : Y a-t'il ici quelque procureur qui veuille défendre le prêtre Jaques de Cahors, qui se fait nommer le pape Jean? cc qu'il cria par troisfoisi& perfone n'aïant répondu •> un abbé d'Allemagne fort lettré s'avança, & prêcha en Latin éloquemment,prenant pour texte ces paroles : c'est ici

4.2?í£.vii.j. un jour (fe Donne nouvelle.

_ j Ensuite on lut une sentence fort longue oû l'em

p. 51*. pereur dit en substance : Dieu qui a établi le sacerdoce & l'empire independans, afin que l'un administre les choses divines,& l'autre les choses humaines, nous a élevé à l'empire Romain pour exterminer les médians & procurer la paix à nos sujets. C'est pourquoi ne pouvant plus tolérer les crimes énormes de Jaques de Cahórs, qui se dit pape Jean XXII. nous avons .' quitté notre demeure & nos enfans encore en bas âge, nous sommes venus promtement en Italie & à Rome notre siège principal, où nous sommes entrés fans résistance , & y avons reçu la courone, fait r*econoître notre puissance & reprimé les rebelles. Or nous avons reconu que leur révolte venoit des usurpations pations du prétendu pape, & que l'imputiité ne fai- ^N soit que l'encourager à commettre de nouveaux excés. Il a amassé des trésors fous prétexte du secours de la terre sainte, tant par des extorsions violentes fur le clergé de toute l'églife , que parles collations íìmoniaques des bénéfices, qu'il done à des sujets qui n'ont ni l'âgc , ni les mœurs, ni la capacité requises": outre les indulgences qu'il promet pour solde à des *" *14" horrfïcides, ne cessant de semer la division dans notre empire.

II engage les ministres de 1*église à emploïer le glaive matériel, dont l'usage leur est interdit par les canons ; & profane le sacerdoce de J.C. emplissant de sang les mains des cardinaux fes légats en Italie , des prélats & des autres ecclésiastiques. En forte qu'on peut l'apeller Ante-christ mystique, ou du moins précurseur de l'Ante-christ. Il a refusé aux Chrétiens limitrophes de? Sarasins, comme les Arméniens & les Russes , lc secours qu'ils lui ont instament demandé pendant cinq ans j & a enjoint au maître des chevaliers Teutoniques d'observer la trêve avec les infidèles de Prusse , fous prétexte d'étendre la foi: ce qui a Snp.n. doné occasion à ces barbares de massacrer quantité de Chrétiens, même des enfans au berceau, d'en em- # mener grand nombre en captivité, de violer des religieuses & d'autres femmes, de profaner des églises &c même le sacré corps de J.C. qu'ils perçoient de leurs lances&l'élevoient en disant : Voilà le Dieu des Chrétiens. II a détourné plusieurs galères que le roi de France envoïoit au roi d'Arménie, pouf les emploïer contre les Génois nos sujets.

II s'est attribué par usurpation les deux puissances,
Tome XIX. Ggg

^—j^jj l'impériaîa & la facérdotale,que J.C. a voulu être distinctes & cn différentes persones j comme il a montré Mm.xxiuii quanJ il a dit : Rendes à César ce cjui est à César , ê£ Jo.yi. i5. à Dieu ce qui esta Dieu. Quand il s'enfuit seul sur la montagne pour éviter d'être enlevé ôc reconu roi. Quand il dit à Pilate: Mon roïaume n'est pas de ce monde. Auíli les canonistes reconoissent que le pape n'a pas l'une & l'autre jurisdiction, & que nous avons seul la puissance temporelle. C'est pourquoi noìfs l'avons par l'élection íeule, fans avoir besoin d'aucune ■confirmation de la part des hommes. Nous savons encore que nous sommes chargés de la protection de l'église , dont nous rendrons compte à Dieu seul j & qu'en cette qualité nous devons venir au secours des p.'jis. cardinaux, des évêques & des autres prélats, qui n'ont pû jusqu'ici par leurs remontrances empêcher cet homme de détruire la discipline ecclésiastique : comme il fait en cassant les élections canoniques de persones capables, pour réíerver à fa volonté la collation des églises cathédrales: afin d'en exclure les bons sujets & y en mettre d'indignes & ses semblables. De plus, pendant tout son pontificat il a privé de sa résidence perfonelle cette sainte ville de Rome , quoique ^ son peuple lui ait envoie pour l'y rapeller plusieurs ambassades folemnelles : au contraire il fait prêcher la croisade contre les Romains comme contre des infidèles.

C'est pourquoi nous avons résolu d'user de l'autorité qui nous a été donée d'enhaut, pour la punition des méchans & la louange des bons, comme dit \.Pet. 11.14. saint pierre, & du q-laive que nous ne portons pas en vain, comme dit S. Paul. Nous vou ons aussi suivre Pexemple de Pempereur Otton I. qui avec le clergé & ^n. le peuple de Rome, déposa le pape Jean XII. & fìt ordoner un autre pape; & trouvant Jaques deCahors convaincu d'héréíle par ses écrits contre la parfaite pauvreté de J. C. & de lèse majesté, par ses injustes procédures faites contre Fempire en notre persone: nous le déposons de F évêché de Rome, par cette sen- p. j l0» tence donée de Favis unanime & à la réquisition du clergé & du peuple Romain, de nos princes & prélats Allemans & Italiens & de plusieurs autres fidèles , y étant encore induits par les instantes prières de plusieurs sindics du clergé & du peuple Romain , chargés de commiíïion spéciale & par écrit. En conséquence ledit Jaques étant dépouillé de tout ordre, office, bénéfice & privilège ecclésiastique , nous le soumettons à la puissance séculière de nos officiers, pour le punir comme hérétique. Et ensuite: Or voulant pourvoir incessamentd'un pasteur catholique à Rome & à toute Féglise, nous ordonons à tous les Chrétiens d'éviter ledit Jaques comme notoirement convaincu d'hérésie , fous peine de privation de tous les fiefs qu'ils tiennent de Fempire & de tous privilèges-. Cette sentence étoit seellée en bulle d'or.

L'exemple d'Otton I. que Louis y allègue, ne lui est j?as favorable. J'ai raporté en son lieu ce qui se passa s*?a la déposition du pape JcanXII. en 963. L'empereur LTl" Otton,à la prière des Romains, assembla un grand concile dans Féglise de S. Pierre , où se trouvèrent environ quarante évêques, dont iln'yavoit que quatre Allemans en comptant Farchevêque de Brême: tous les autres étoient des diverses parties d'Italie : il y avoit aussi seize cardinaux de Féglise Romaine. L'env. •

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An rzS pereur y aflistoit,non comme juge,mais comme partie, & y porta ses plaintes contre le pape : qui aïant été cite deux Fois fut déposé par le concile & l'empereur prié de le chasser de l'église. Quelqu'ignorance qui régnât au dixième siécle , la tradition de l'anciéne discipline subsistoit, & on se souvenoit encore de la forB4r.an.9g}. me ^e Ìuger ^eS évêques. Je sai que le cardinal Baro/o.io./>.77j. nius & les compilateurs modernes des conciles, trair#.9. conc.f. tent cejuj.cj Je conciliabule, mais c'est: de leur autorité particulière qu'ils lui donent ce titre. Xlv- Quatre jours aprés que cette sentence eut éré pro

Actionhar- nonc^e contre le pape Jean XXII. savoir le vinçt

die de Ja- . . .. » r * .?

ques Colon- deuxième d Avril, Jaques Colonne hls d Etiene vint "e- à Rome dans la place de S. Marcel, où en présence de

c 71.' ' % P^US ^e mi^e Romains qui y étoient assemblés, il tira une bulle du pape contre Louis de Bavière , que persone n'avoit encore osé publier à Rome. Il la lut exactement & dit: II est venu aux oreilles du clergé de Rome qu'un certain sindic a comparu devant Loiiis de Bavière, soi-disant empereur, au nom du clergé de Rome & un autre au nom du peuple : & que celui du clergé a proposé des accusations contre le pape Jean XXII. mais ce prétendu sindic n'étoit pas véritable, puisque les chanoines de S. Pierre, de S. Jean de Latran, & de sainte Marie majeure, qui sont les premiers du clergé de Rome, les autres ecclésiastiques les plus grands, aprés eux les abbés, les religieux & les frères Mandians, étoient déja partis de Rome il y a plusieurs mois , à cause des excomuniés qui y étoient entrés i autrement s'ils y étoient demeurés, ils auroient été excomuniés eux-mêmes. C'est pourquoi je m'opposc à ce qui a été fait par Louis de Bavière,

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