페이지 이미지
PDF
ePub

r~. ô sones. même considérables,à entrer secrètement dans Aï*. 13.2.0. , v . . „ • r \ 1

la conspiration ; & trois jours âpres le patriarche aiant

assemblé le petit peuple au son des cloches, prononça excomunication contre quiconque suprimeroit le nom du jeune empereur, & ne lui rendroit pas tous les honeurs dûs à la dignité. Il prononça encore une autre excomunication contre les évêques qui avoient pris le parti contraire.

Le vieil empereur fut surpris & outré de cette conduite du patriarche & dit : Si celui qui doit prêcher la paix est íi emporté contre moi par l'espérance de ce que lui a promis mon petit fils ; & s'il renonce à toute pudeur & à toute gravité pour se rendre chef de parti: qui pourra arrêter la violence du peuple inconstant? Les autres évêques s'assemblèrent de leur côté & prononcèrent excomunication contre lepatriarche,comme auteur de sédition,& gagné par intérêt : alléguant contre lui les canons , particulièrement le dixhuitiés mc ^u c°stcUe de Calcédoine, qui condamne lescon

xxvm. jurations & les-cabales des clerc ou des moines contre les évêques ou les clercs; d'où ces évêques concluoient, que c'étoit un plus grand crime de conjurer contre l'empereur; & prononcer contre lui des malédictions

jr.v.Txií. *8. nonobstant les défenses expresses de récriture. Le vieil empereur voïant à quel excés on avoit porté les cho

1. Pet.n.i7. craignant encore pis, fit enfermer le patriarche dans le monastère des Manganes, fans le mettre aux fers , mais fans qu'il pût sortir. < r .-. «„. . L Cependant le jeune empereur étoit campé prés de

Lc jeune An- CP. quand deux artisans qui étoientde garde prés

deep1^"6 ^ une ^ Portcs ì s'adressèrent au grand domestique Jean Cantacuzene & s'offrirent de livrer la porte à l'empereur. On convint du jour & de la manière, & la ^N I?1g> chose s'exécuta ainsi. Le jour de la Pentecôte aprés cantacHK. vêpres l'empereur averti par un des deux artisans dé- //A. 1. e. ^.p. campa & marcha le reste du jour &la plus grande par- J8*f' tie de la nuit suivante jusqu'à un lieu nommé Clepta, Gregor. 9. c. où îl s'arrêta jusqu'au grand jour du lundi, qui étoit le 6' vingt-troisième de Mai. Ils marchèrent tout ce jour jusqu'à la nuit, & arrivèrent à Amblyope prés de CP. où ils se préparèrent à l'attaque, qu'ils firent la nuit Cant.c.^j. même avec deux échelles de cordes, par lesquelles quelques soldats étant montés fur la muraille, firent ouvrir la porte, & l'empereur entra dans la ville avec son armée sans résistance.

Le vieil Andronic entendant de son palais le tumul- Grtg. c. e. *. te, le bruit des armes & les acclamations du peuple: 4'J' alla se prosterner devant l'image de la sainte Vierge nommée Hodegetrie ou conductrice, que l'on avoir plusieurs jours auparavant transférée au palais : priant ìa Vierge de le garentir d'une mort violente. Mais le jeune empereur avant que d'entrer au palais , assembla les chefs & les principaux officiers de son armée , & leur défendit tres-expressément de tuer ni même d'injurier perfone: reconoissant que c'étoit de Dieu seul qu'il tenoit cette victoire. Etant entré dans le palais Cant'T' il salua l'empereur son aïeul comme à l'ordinaire, puis ils saisirent & s'entretinrent quelque temps,, at-; tribuanfc à la malice du démon ce qui s'étoit passé. Le jeune empereur alla dans la chapelle de la Vierge conductrice la remercier de cet heureux succès : ensuite il alla au monastère des Mangttnes, où le patriarche Isaïe étoit enfermé, l'en tira & le fit monter sur un des chevaux de l'empereur : mais il n'étoit accompagné

XntÏuÌ ni d'évêques , ni de prêtres : ce n'étoit que des joueurs de flûtes & des danseurs avec des femmes de même profession: une entre autres la plus fameufedetourcs, accoutumée à suivre rarmée,marchoit à cheval habillée en homme & excitoit à rire les aílistans par des discours dignes d'elle. C'est ainsi que le patriarche fut

GreiTt tt 7 ramené en triomphe •■> & voilà ce qui fe passa le mardi de la Pentecôte vingt-quatriéme de Mai.

Le soir comme le jeune empereur retournoit au Palais, il rencontra l'ancien patriarche Niphon , qui lui demanda comment il vouloit traiter son aïeul: Humainement & en empereur, répondit le prince ; & Niphon ajouta: Si vous voulés régner lans crainte, ôtés-lui toutes les marques d'empereur, faites-le revêtir d'un méchant cilice & l'envoïés en prison ou en exil. C'est que Niphon gardoit du ressentiment contre le vieil Andronic, pour l'a voir laissé déposer; &se flatoit de pouvoir remonter sur le siège patriarcal. Quelques- uns de ceux qui aprochoient Pempereur lui tinrent des discours semblables & le détournèrent de garder son aïeul comme associé á Tempire. C'est pourquoi aprés plusieurs délibérations il fut résolu qu'il conserveroit les ornemens impériaux & demeureroit dans les apartemens du palais, mais fans en sortir ni se mêler de rien ; aïant toutefois de quoi subsister honêtement avec ses officiers.' Le patriarche Isaïe loin de compatir à la disgrâce Le patr. ^u v^ empereur, ne put dissimuler sa joïe & dit ces

Isaïe récon- paroles du pfeaume : Le juste se réjouira quand il verra

cilié avec les ja vengeancc> Ensuite il chercha à se venger des évê

eveques. o . . î>

Ps. ivu. 10. ques & des prêtres qui lui avoient ete opoíes & attachés au vieil empereur ; & il suspendit les uns de leurs fonctions pour un temps, & interdit les autres pour ^N "^ toute leur vie. Le jeune empereur étant allé trouver le patriarche pour le remercier & s'entretenir avec lui familiairement, le pria de pardoner aux évêques dont il se plaignoit amèrement comme en aïant été trahi: %ytf?\ mais il ne le put fléchir. Ensuite il lui envoïa le grand ». domestique Jean Cantacuzene , qui d'abord ne put s* *• rien gagner sur son esprit, & le prélat soutenoit toujours qu'il faloit commencer par châtier ces évêques. Enfin il convint avec Cantacuzene que pour les juger . on tiendroit un concile où il comparoîtroit, non comme juge-, mais comme partie.

Le jour marqué étant venu tous les évêques s'aíTem- P* blérent au palais patriarcal. Cantacuzene s'y trouva auílì 8c recommanda aux évêques accusés de garder le silence , se chargeant de parler pour eux. Le patriarche Isaïe se plaignit qu'ils l'avoient fait chasser de son siège & emprisoner. Ils ne répondirent rien, &aprés un long & profond silence , Cantacuzene dit: N. S. dit dans l'évangile: Si votre justice ne surpasse celle Mttth.i.xo. des scribes & des pharisiens, vous ne pouvés entrer au roïaume des cieux. Or c'est à- dire , comme je Paprens de vous, qu'il ne suffit pas de ne point rendre la pareille à celui qui nous maltraite; mais qu'il faut encore

lui faire tout le bien que nous pouvons. Il nous or

J 11 J > L o J> «i.x«v

done ailleurs de cacher nos bonnes œuvres , oc d un

autre côté d'en faire éclater la lumière, afin que le pere céleste soit glorifié, qui semblent des préceptes contradictoires. Mais je croi que le premier nous regarde nous autres qui sommes imparfaits &c qui en montrant nos bonnes œuvres pou rions en perdre la récompense: mais vous qui êtes nos maîtres & qui

Hhhnj

[graphic]

TZ Te êtes proposés à tout le monde comme des modèles de AN. ni». r r j r • '1

vertu , c elt a vous qu il convient de raire éclater vos

bonnes œuvres. Si donc vous êtes" durs & implacables à ceux qui vous ont offensé, quel exemple nous donnés - vous, & quel châtiment ne vous attirés - vous point ? II leur propose ensuite l'exemple du jeune empereur , qui venoit de pardoner généreusement à un particulier qui lui avoit dit des injures atroces, & ne s'attendoit qu'à une cruelle mort ; & finit en adressant la parole au patriarche en particulier.

Aprés ce discours Cantacuzene se leva, ce que firent aussi tous les autres, même le patriarche -, & prenant avec lui les évêques accusés & exhortant les autres à faire comme eux, ils se jettérent tous au pied du patriarche &c dirent: Pardonés-nous, mon pere, nous avons failli, remettez-nous notre faute, afin que le pere céléste vous remette aussi les vôtres. Alors le patriarche dit parlant àjCantacuzene : Vous m'avés pris dans un filet dont je ne puis me retirer : il n'est pas possible de iaire autre chose que ce que vous voulés. Aussi-tôt il pardona aux évêques qui Tavoient offensé, demanda miséricorde pour eux, les embrassa l'un aprés l'autre, & leur dona fa bénédiction en signe de réconciliation sincère: enfin aprés un petit discours, il congédia \ assemblée, & les évêques accusés allèrent au palais remercier Fempereur. L II. A Rome Pierre de Corbière continuoit à jouer lc Bavicrèquic -Pcrfonagc ^ pape; & le vingt.septième de Mai 1318, te Rome. il publia deux bulles contre Jean XXII. ParlapreRAin. n. 44. miere il confirme fa déposition prononcée par Louis lie Bavière le dix-huitième d'Avril, & déclare tous

les clercs séculiers ou réguliers, adhérans au pape

« 이전계속 »