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Jean, privés de tous leurs bénéfices, que nous réser- A XT !" o A ,-, v Jt r T r J AN. 1310

vons, ajoute-til, a notre dilpoiition. La íeconde

bulle regarde les laïques aufquels il défend d'obcïr en
aucune manière à Jaques de Cahors, c'est-à-dire au .
pape Jean, ou le nommer pape, fous peine d'être pu-
nis comme hérétiques.

Cependant les affaires de Loiiis de Bavière com- Rain n 4? mencérent à décliner. Il perdit Pistoie où fut pris un nomméDonat Augustin,que l'anti-pape en avoit fait évêque ; & Barenzo Ricardi qui en étoit évêque légitime y fut rétabli. Loiiis lui-même aïant pris quelques * places autour de Rome &c tenté inutilement d'entrer clans le roïaume de Naples, fut obligé manque de vi-# vres & d'argent de rentrer à Rome le vingtième de Juillet. Enfin ne pouvant plus y demeurer en sûreté, J.PiV-e-y il en sortit le quatrième d'Août & s'en alla à Viterbe c. jS. emmenant avec lui son anti-pape. Les Romains les traitoient d'hérétiques & d'excomuniés, & crioient contre eux : Qu'ils meurent, qu'ils meurent, ôi vive la sainte église. Ils leur jettoient des pierres & tuèrent de leurs gens. La nuit même Barthold des Ursins neveu du cardinal légat, entra dans Rome avec ses troupes^ & le matin vint Etiene Colonne. Le cardinal légat Jean des Ursins y vint le dimanche septième d'Août avec sa suite & fut reçu avec grand honeur & grande joïe. Rome étant ainsi revenue à l'obéïfíance du pape; on fit plusieurs actes contre Loiiis de Bavière cV l'antipape : on brûla dans la place du capitole tous leurs privilèges; les enfansmêmc alloient au cimetière déterrer les corps des Allemans & des autres partisans de Loiiis, & aprés les avoir traînés par la ville,ils les jettoient dans le Tibre

An. 1318.

Rain. n, jo.

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Le pape Jean aïant reçu à Avignon cette heureuse nouvelle , en dona part au roi Philipe de Valois par une lettre où il ajoute, que quand son légat entra à Rome le peuple crioit: Vive la sainte église notre mere, notre íaint pere le pape Jean & le cardinal légat , & meure Pierre de Corbière , les hérétiques & les Patarins & les autres traîtres. Et ensuite le saint suaire de N. S. que quelques Romains gardoient avec grande crainte dans l'église de Notre Dame de la Rotonde , fut reporté par le légat à S. Pierre la veille de S..Laurent, c'est-à-dire le neuvième d'Août avec grande dévotion du clergé & du peuple, qui suivoit; m & il fut remis à fa place honorablement. La lettre du pape est du vingt-huitième d'Août.

Michel deCesene général de Tordre des frères Mineurs , homme de grande réputation pour la doctrine & la vertu, se retira alors de Tobéïssance du pape Jean pour s'attacher à Louis de Bavière & à l'antipape. Dés Tannée précédente le pape averti qu'il parloit contre la décrétale Cum internon nullos, & favo. risoit en secret le parti de Tempereur: lui manda de se rendre à Avignon dans un mois pour quelques affaires de son Ordre. La lettre étoit du huitième de Juin 1317. Michel étoit alors malade à Tivoli & envoïa deux de ses confrères faire ses excuses, puis étant guéri il vint à Avignon où il arriva le premier Décembre. Le pape le reçut honêtement & ne lui parla que du relâchement de Inobservance en quelques provinces & du mauvais gouvernement de quelques supérieurs ; & pour y remédier, il lui dona de grands pouvoirs. Mais il ajouta une défense à Michel de Cesene de sc retirer de sa cour sans fa permission

particulière; particulière : ce qui déplut extrêmement à ce reli- ^N g gieux, lui faisant soupçoner que le pape étoit irrité contre lui.

L'année suivante 1318. Ie samedi dans l'octavede Pâ- Id- '3l8- »■ cjues c'est-à-dire le neuvième d'Avril, le pape fit venir ^;w. „. flm Michel de Cefene en fa présence & du cardinal Bertrand de la Tour, de frère Pierre de Prato ministre de la province de S. François , de frère Raimond de Lados procureur de l'Ordre,& de frère Laurent de Coello bachelier d'Avignon. Le pape fit devant eux une violente réprimende à Michel, l'accusant d'être téméraire,- opiniâtre , fauteur de Loiiis de Bavière & des hérétiques. Enfin, ajouta-t'il, vous avés été ailés hardi pour établir dans le décret de votre chapitre général de Peroufc l'opinion condamnée fur la pauvreté de J. C. pendant qu'on l'examinoit devant nous & les ^MP-ltV'^ì cardinaux. A ces reproches le pape ajouta la défense í? réitérée de se retirer de la cour. Michel répondit insolemment & résista en face au pape : niant Ce qu'il lui reprochoit, & soutenant que la décisien de Pérousc étoit catholique en tout, conforme à l'écriture & aux décrets des autres papes, particuliérernent à celui de Nicolas III.

Le pape Jean encore plus irrité assembla des doc- Vai. n. ij. teurs pour examiner les réponses de Michel, le voulant faire condamner comme hérétique. Entre ces docteurs étoit Pierre Roger moine & abbé de Fescamp depuis pape Clément VI. qui écrivit un traité fur ce sujet.- Or Michel sachant que la conclusion prise en cette assentblée ne lui étoit oas favorable , & craignant que le pape ne l'obligeât a se rétracter ou à révoquer la décision de Peroufe,il apelladela défense TomeXlX. Iii

. 'que le pape lui avoic faite de se retirer, des décrétales

An. 1318. ^ . r r , r a. . j ,

qu il avoit publiées iur la queltion de la pauvreté; &

en général de tout ce que le pape feroit en eette assemblée contre lui & contre les frères mineurs. » 14 15 &e. Quelque indigne que fut le pape de ce procédé, il ne publia encore aucune sentence contre Michel. II se contenta de le retenir à Avignon, sans lui permettre d'aller au chapitre générai, qui se devoit tenir à Boulogne le vingt deuxième de Mai, jour de la Pentecôte. Pour y présider en son absence il commit le cardinal Bertrand Poïet, légat en Lombardie, qui suivant les instructions secrètes du pape, voulut faire déposer Michel & élire un autre général: mais le roi Robert sollicita pour lui & il fut confirmé par le chapitre. En lui envoïant le décret de confirmation, on le prioit de faire assembler à Paris le chapitre prochain, pour satisfaire au désir de la reine Jeanne de Bourgogne. Mais avant que les lettres du chapitre de Boulogne arrivassent à Avignon, Michel de Cesene en étoit parti. iWenfuit le jeudi vingt-sixième de Mai sur le soir , avec Guillaume Ocam & Bonegrace de Bergame ; & mpnta dans une barque au port d'AigucJta>. ». Cí, mortes, puis dans une galère armée qu'il s'étoit fait envoïcr par Louis de Bavière.

Le pape l'aïant apris la nuit même, envoïa le lendemain le cardinal Jean de Cominges évêque de Porto avec quelques autres,pour ramener Michel de gré ou de force. Ils arrivèrent avant que la galère fût partie: mais le patron amusa si bien le cardinal qu'il ne pût voir Michel ni ses compagnons Onîui envoïa toutefois une citation à laquelle il répondit, qu'il ne vouk>it point retourner vers le pape, qui le persécuteit sans raison , & qu'il apelloic de rechef de ses poursui- ~7Z T n • • r o r L An nr r , , An. 1318. tes. II partit ainíi & arriva bientôt a Pile aupres de

{'empereur.

Peu de temps aprés son départ arrivèrent à Avignon les frères qui aportoient le décret du chapitre de Boulogne , pour le confirmer dans le généralat. Mais le pape étant en grande colère cassa ce décret & publia une sencence contre Michel, où il disoit en substance: Il a répandu, tant à Rome qu'ailleurs plusieurs discours contre la foi & en faveur des hérétiques. Etant apellé en justice il a emploïé diverses chicanes pour ne se pas présenter : il a maltraité les gens de bien & affectionés à Péglisc , & avancé ceux qui prenoient part à de mauvais desseins. Nous aurions pû justement le mettre en prison pour tous ces crimes, mais nous avons épargné l'honeur de l'Ordre dont il étoit le chef, & nous nous sommes contentés de lui défendre de sortir d'Avignon. Mais ensuite aïant apris Pintrusion faite à Rome par Louis de Bavière *' *3' d'un-religieux de son Ordre, à laquelle on dit qu'il avoit aspiré pour lui-même: il s'est retiré d'Avignon nuitament & en cachéte avec quelques méchans ses complices, entre autresBonnegrace du même Ordre, que nous avions arrêté en notre cour pour ses fautes, & un Anglois nommé Guillaume Ocam , contre lequel étoit pendante une information commencée depuis long-temps par notre autorité , à cause de plusieurs opinions erronées & hérétiques qu'il avoit écrites & enseignées. C'est pourquoi nous avons déposé Michel de Cesene de la charge de ministre général des frères Mineurs, & de l'avis des cardinaux, nous en avons doné l'exercice à Bertrand de la Tour cardi

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