페이지 이미지
PDF
ePub

Axt' des ambassadeurs qui lui dirent : Louis de Bavière „ . nous aiant rait lavoir qu il vouloit venir a notre ville,

». g. nous le pnames de n y venir que du contentement

de l'églile ; & comme il ne laissoit pas de s'aprocher, nous lui résistâmes vigoureusement un mois & plus; » jusqu'à ce qu'étant destitués de tout secours & d'espérance d'en avoir, nous ne pûmes lui résister .davantage. Alors il entramalgré nous dansJiotre ville, suivi de troupes nombreuses de gens armés à pié & à cheval , menant avec lui Castrucio notre ennemi, Gui Drétendu évêque d'Arezzo & plusieurs autres rebelles a l'église. Les Pisans racontoient ensuite comme Louis avoit introduit l'anti-pape à Pise & l'y avoit , fait reconoître & obéir: quoique ce procédé , ajoûtoient-ils nous parût abominable , & que nous aïons toûjours cru fermement que vous êtes le vrai pape ÔC ne nous soïons jamais écartés de la foi catholique que vous enseignes.

Louis s'étant retiré de chés nous , nous avons chassé honteusement de notre ville l'anti-pape & ses officiers, n'osant pas l'arrêter alors par la crainte du lieutenant de Loiiis & de la garnison qu'il avoit laissée , & qu'ensuite aiant repris nos forces nous avons chafles courageusement : nous sommes revenus à l'observation de Tinterdit qui avoit été violé, & à l'obéissance de Simon notre archevêque. C'est pourquoi nous vous suplions d'oublier nos fautes , nous rendre vos bones grâces , lever Tinterdit de notre ville & de son territoire, & les censures fur nos perfones : offrant de subir telle pénitence & faire telle satisfaction qu'il vous plaira nous enjoindre. Les ambassadeurs de Pise aïant ainsi parlé en consistoire, le pape reçut les excuses des Pifans & leur dona l'abfolu- ^ tion comme il témoigne par fa bulle du quinzième de Septembre.

II en usa de même avec les Romains, qui dés le Xain.rr.tt. commencement de Tannée étoient revenus à son obéïïTance, & lui avoient prêté serment de fidélité entre les mains de Jean cardinal de S. Théodore son légat en Toscane. Puis ils lui envoïerent Ildebrandin évêque de Padoue, qui en leur nom lui demanda pardon d'avoir éloigné de Rome Jean prince d'Achaïe & le même légat ; & ne s'être pas oposés à l'intrusion de l'anti-pape <k au couronement de Louis. Le pape leur pardona, & en dona fa bulle dattée du treizième d'Octobre.

Outre la bulle qu'il avoit donée au mois d'Avril j^^l'n contre Michel de Cesene,ilen publia encore une vtrreprTtits. tres-longue, ou plutôt un livre pour soutenir ses trois constitutions, Ad conâitorem t Cum inter nonnullos, & Quiaquorumclam, contre les objections de Michel proposées , soit en d'autres écrits, soit en la sentence publiée contre le pape le dix-huitiéme d'Avril 1318.Cette Raìn- lì19derniere bulle commence par ces mots: Quia vir re- 'll' probuSy&c le pape y répond en détail à tout ce que Michel avançoit contre les trois constitutions: en forte que c'est un tres-ample recueil des argumens déja tant de fois rebatus touchant la pauvreté de J.C. & des apôtres, & la perfection de la régie de S. François. Mais le pape y avance quelques propositions qui furent depuis relevées par Michel & lui donérent de nouveaux prétextes de Taccuser d'hérésie.

La première & la plus importante e&que J.C.com- Ro» dc me homme, avoit la propriété dë-quelques biens, & j. c.

^N en général de toutes les choses temporelles comme

„, Jj. "véritable roi & seigneur de tout l'univers. Ce que le pape prétend prouver par les prophéties qui disent : que le Meíïìesera roi, que Dieu lui donnera l'empire sur toutes les nations de la terre, &c que son régne n'aura point de fin; & il insiste sur les passages du nouveau testament où J.C. est qualifié roi & seigneur. Il

Jtf.5ivti1.36'. raporte les paroles de J.C. même à Pilate : Mon roïaume n'est pas de ce monde, & il les explique ainsi : c'està-dire qu'il ne tient pas fa puissance du monde , mais

chns.homii. de Dieu. Subtilité dont S. Chrysostome,S. Augustin

8$. Aiig. ni aucun des pères ne s'étoient pas avisés : ils enten

tratl.uyn.i. Noient les paroles du sauveur dans leur sens naturel, & croioient qu'il avoit voulu dire simplement : Mon roïaume ne regarde point les choses terrestres & temporelles , il est d'un genre plus noble & plus sublime: il regarde la destruction du péché, rétablissement de la justice, & le gouvernement des ames pour ìes conduire à la félicité éternelle. ;■.

Contraerror. Michel de Cesene attacjuoit cette proposition du

p.e. 1. to. 2. pape par raport à son système de la pauvreté parfaite;

Mon. eu. & traitQÌt ^'hérésie de soutenir que J.C. eût gardé la propriété des biens temporels, tandis qu'il conseilloic à ses disciples de s'en dépouiller. Mais les partisans du pape tiroient de cette même proposition d'étranges conséquences ,• pour apurer les prétensions de la cour de Rome. Alvar Pelage Espagnol, docteur fameux

procom. de l'ordre des frères ; Mineurs, alors pénitencier du pape & depuis évêque de Silve en Portugal, écrivit cette même .année à Avignon son traité des plaintes

Mb. 1.V..13.. de I'église , où il dit: Comme J. C. est seul pontife , '..,,{ rpi & seigneur de totití ainsi il a sur la terre un seul

vicaire

[ocr errors]

Livre XCIII. 449 vicaire général pour toutes choses. Et ensuite : J. C. é- l tablissant Pierre son vicaire, n'a pas partagé la puissance qu'il avoit, mais il faut entendre qu'il la lui a donée pleinement comme il l'avoit lui-même. Et encore: Le pape n'est pas vicaire d'un pur homme, mais de Dieu :or toute la terre est au Seigneur avec ce qui la remplit, donc tout est aussi au pape. Et encore : Les Ps. *3empereurs païens n'ont jamais possédé l'empire justement : car celui qui loin d'être soumis à Dieu, lui est contraire par Tidolatrie ou l'hérésie, ne peut rien posséder justement sous lui. 11 faut convenir qu'aucun empereur n'a exercé légitimement le droit de glaive, s'il ne l'a reçu de l'église Romaine: principalement depuis que J. C. a doné à S. Pierre l'une & l'autre puissance. Car il lui a dit : Je te donerai les clefs du roïau. me des cieux : non pas la clef, mais les clefs: l'une pour le spirituel, l'autre pour le temporel. Voilà les conséquences que l'on tiroit alors du roïaume de J.C.

[graphic]

An. 1319.

LIVRE XCIV.

l*t j Uillaumede Trie archevêque de Reims tinta

Compicgnf Vjf Compiegne un concile provincial, qui com

8c de Mar- mença le lundi aprés la nativité de la sainte Vierge

cíac' onzième de Septembre 1310. & continua jusqu'au

fi.x1-p.i774. 1 j- /fr- 1 J A

G l ch vendredi âpres la lainte croix quinzième du meme

i.f'.ci} 507. mois. A ce concile assistèrent avec l'archevêque, trois to. 3. p. 8i2. évêques en persone Albert de Roïe évêque de Laon, élu le dixième Janvier de la même année , Simon de Châtcauvillain évêque de Chaalons, & Foucaud de Rochechouard évêque de Noïon , avec les députés des autres suffragans de Reims. Ce concile fit un règlement de sept articles, dont le premier enjoint à tous les juges ordinaires ecclésiastiques, de se pourvoir dans la fête de Noël des constitutions faites pour la conservation des libertés de l'église, de sa jurildiction & ses autres droits ; & cependant leur ordone de porter les censures ecclésiastiques chacun dans leur territoire contre ceux qui auront violé ces droits. Le 4rt. 7. dernier article ordone aux curés de publier ces censures tous les dimanches à la messe, principalement contre ceux qui troubloient la jurisdiction ecclésiastique.

Guillaume de Flavacourt archevêque d'Auch tint un concile provincial à Marciac dans son diocèse, le jour ». xi. c9nc. <Je s. Nicolas sixième Décembre de la même année, od assistèrent cinq évêques, Guillaume des Bordes de Lairoure, Guillaume Hunaud deTarbe, Arnaud Valensun d'Oleron, Pierre de S.Jean de Tordre des fre

« 이전계속 »