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vêque Burchard. Us demeureront plusieurs années cn cour de Rome à poursuivre cette grâce , & le nouvel ajche vêque Otton intercéda pour eux. Le pape considéra que la multitude des coupables objigeoit à modérer la sévérité des canons & ie contenta de la satisfaction suivante. Les consuls & la ville de Magdebourg feront bâtir une chapelle dont les dimensions font prescrites au plus prés du lieu où l'archevêquc Burchard a été tué. En cette chapelle un prêtre institué par Tarchevêque, célébrera tous les jours lofrìce divin pour Tante de l'archevêque Burchard. II y aura un luminaire perpétuel & un revenu de quarantehuit florins d'or. Dans la grande église de Magdebourgon sera cinq autels où cinq prêtres feront à perpétuité lofrìce divin pour lame du même archevêque ; & chaque autel aura vingt-cinq florins d'or de revenu. Or un marc d'argent est évalué à quatre de ces florins. Les députés aïant accepté ces conditions , le pape déchargea les bourgeois de Magdebourg de toutes les censures, excepté les meurtriers de l'archevêque. La bulle est du vingt-uniéme de Juin 1331. xix. Le séjour du pape en France & l'amisié qu'il entreDevoirs des tcnoit avcc \c roi. donoit occasion à ce prince de lui demander tant de grâces, qu'il le croioit quelquefois obligé de les refuser. J'en trouve plusieurs exemples pendant le cours de cette année. L'archevêché de Rouen aïant vaqué par le decés de Guillaume de Durfort arrivé le vingt-quatrième de Novembre 1330. Ic roi le demanda pour Guillaume de sainte Maure £on t chancelier, qui ctoit du diocèse de Tournai. Mais lc «."3"! 113 U pape y transféra Pierre Roger archevêque de Sens,par bulle du quatorzième de Décembre} & le roi lui aïant

eveques.

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fait des plaintes , il lui répondit: Les devoirs d*un é- JTJ*^ vêque font bien djfserens des fonctions de la chancellerie ; & tel peut être propre à l'un qui ne Test pas à l'autre. Nous avons été chancelier de Charles II. roi de Sicile, & nous en conoiíToos les devoirs. Ceux d'un évêque font de nourir son troupeau de la parole de Dieu , l'édifier par fa vie exemplaire & lui doner même des secours temporels. Il doit conoître la différence des péchés & y apliquer les remèdes convenables : extirper les vices, planter les vertus, ofFrft" le sacrifice & administrer les facremens. Tout cela est bien éloigné des fonctions de la chancellerie. Et ensuite: Vous pouvés vous souvenir que quand nous étions ensemble, je vous difois,qu'il ne faut pas moins de capacité pour les évêques que pour les cardinaux : d'où vient que j'admettois au cardinalat un sujet que je n'ai pas admis pour être archevêque. La lettre est du vingtcinquième Février 1331. & montre l'idée que le pape Jean XXII. avoit de l'épifcopat. L'entrevûe avec le roi dont il fait mention , doit être celle du mois de Juillet 1330. quand Philipe de Valois, au retour d'un j vm x pèlerinage en Provence vint à Avignon, où il fut plus ut, de huit jours en conférence secrète avec le pape, lans qu'on en pût savoir le sujet. Pour consoler Guillaume de sainte Maure du refus de l'archevcché de Rouen , çont #w. le pape envoïa lui ofr^ir l'évêché de Noïon, mais il ne *»■ xi.spieìu l'accepta pas. . .' ;?.*.■ P- 7j°

Le vendredi des quatre temps de la Pentecôte, c'est- xx. à dire le vingt-quatrième de Mai, le pape fit un seul ^oniorioiw cardinal, savoir Talairand évêque d'Auxerre , & il le naux. fit à la prière du roi Philipe, comme il témoigne par BaiHz..v.to.u sa lettre datée du lendemain, où il ajoute: Nous lui

^N i . avoni accordé la commende de l'église d'Aiixerre jusqu'à la fêcc de la Magdelaine pour les frais de son yoïage; & nous vous prions de considérer qu'il y a jvingt cardinaux en tout, dont dix-sept sont originaires du rpraume de Franjce. -,

Bdl. ibid. p. . Talairand étoit frère du comte de Perigort d'une 77°- tres-anciene &tres-illustre famille, & portoit le nom

d'Elie comme sonperej II naquit vers l'an 1301. il -avoit fort bien étudié & étoit savant en droit civil. On croit qu'il fut premiérerncnt archidiacre de Peri-gueux, & il est certain que Geraud Roger évêque de Limoges étant mort à Avignon, le pape Jean dona .cet évêché à Talairand par bulle du huitième d'Octobre J314. quoiqu'il ne fut encore qu'en fa vingf-quatriéme année : mais il ne fut point sacré pour Limoges , & en 1318. le pape le transféra à Auxerre. En le faisant cardinal prêtre, il lui dona le titre de S. Pierre aux liens ; & à Noël de cette année 1331. il dona l'évêché d'Auxerre à Emeric Guenand.

Quelque temps aprés comme le roi & la reine de France preiïbient le pape de faire encore un cardinal François, il écrivit ainsi à la reine: Je voudrois que vous fuílìés informée de la coutume qui s'observe en la .création de nos frères les cardinaux. Jamais elle ne se fait en chambre,mais en consistoire aprés leur avoir demandé leurs avis à tous. Il ng s'en fait point fans cause, comme leur petit nombre,ou Timpuifsance de s'aquiter de leurs fonctions; Cescauíesne se rencontrent point à présent: lé nombre est plutôt excessif que trop petit, vû celui qui étoit avant le temps de Clément V. lai capacité est telle que nous n'avons pas besoin de ehereiier d'autres suffrages. Nous souhaite

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rions encore que vous voulustìés bien vous souvenir ^
combien il y a aujourd'hui de cardinaux François &
combien des autres roïaumes.Vous en trouveriés seize
de France ,íìx d'Italie & un d'Espagne. Par toutes ces
coníìJérationSjCiaignantdene pas obtenir le confen-»
tementdes cardinauxmous n'avons pas cru leur devoir
proposer le désir du roi. La lettre est du vingt-sixiéme
de Septembre:

On raportc à cette année 1331. le commencement *XT'( de la question sur la vision béatifique, qui fit tant de Uvis,ònnbfaÚ bruit sous le reste du pontificat de Jean XXII. Le jour tifique de la Toussaintsil fit un sermon où il dit: La récom- 43'

pense des saints avant la venue de J. C. étoit le sein Bal. t. vit. d'Abraham : aprés son avènement sa passion & son P* 788' • ascension leur récompense jusqu'au jour du jugement, est d'être sous l'autel de Dieu , c'est-à dire íous la protection & la consolation de l'humanité de J.C. Mais aprés le jugement, ils feront fur l'autel, c'est à-dire fur l'humanité de J.C. parce qu'alors ils verront non- » seulement son humanité, mais encore fa divinité j comme elle est en elle-même : car ils verront le Père, le Fils & le S.Efprit. Le pape répéta la même doctrine dans un sermon qu'il fit la même année le troisième dimanche de l'avcnt, & dans lequel,il ajoûte • C'est ■■ une grande joie de voir J. C. glorifié dans le ciel, lui que les anges mêmes délirent de regarder : mais cette joie ne fera point pleine jusqu'au jour du jugement. Alors Notre Dame, les apôtres & les autres saints en-, < treront dans la joie de leur Seigneur. Ces paroles ne favorisent pas l'opinion de l'Aíïòmption corporelle P" 789» de la sainte Vierge : fupofant qu'elle ne verra J. C. glorifié qu'aprés la résurrection générale & le jugement, TomeXlX. * Q.qq'

TZ 7t*t Le pape prêcha la même doctrine dans un troisiéAN. 1331. r r r . .

me lermon qu il prononça la veille de 1 Epiphanie • cinquième de Janvier 1331. Or il fondoit son opinion sipsc.vi. <). ftir le passage de l'apocalypse, où S. Jean dit avoir vû sous l'autel les ames des martyrs. Car selon la glose ordinaire, dont l'autçrité étoit grande alors, l'autel est J.C & les ames font dites être dessous poux rrionCont.JtfMg. trer qU'ej[es çont £"ous fa protection : qui font les propres paroles du pape. Ces fermons firent grand bruit, 'plusieurs en furent scandalisés, & les ennemis du pa

Ocam. Cem- pe,comme Michel de Cefene & Ocam, ne manquépnd.crror.c.*ïznl pas je jes reiever & Je mettre cette opinion au

7- f' 97°' f 1 r f l - L' LT r

». • nombre de ies prétendues .hereiies. Ceux qui vou

• •' "•' loientrexcuferdisoient}quil n'avoit avance cette proposition que comme une opinion & non comme une vérité certaine : convenant que si elle étoit soutenue affirmativement, il ne feroit pís aisé de- l'excuser d'hérésie. Or ce scandale qui avoit été grand d'abord s'a• paifa peu à peu, & pendant deux ans il n'en fut presque pas mention. '•' » • . XXII. , On commença aussi fur la fin de cette année 1331. Mouvemcns a fc mettre en mouvement pour la croisade . ce qu'il

pour la croi- ~ h i i i T. • 1 • » »

fade. taut reprendre de plus haut. Rairnond patriarche LaRain. 132j. tin de Jérusalem étant mort dans liste de Chipre, oil clnt. Nanp ^ résidoit, le pape dona ce titre en 1315?. à Pierre de la T- 741* Palu,"docteur fameux du même ordre des frères Prêcheurs, qui étoit alors à Avignon ; & il partit vers lc • commencement de Juillet avec l'évêque de Mende &

les ambassadeurs du roi de Chipre, qui emmenoient la fille du comte de Clermont destinée à épouser lc fils du roi leur maître. Ils s'embarquèrent à Marseille avec plusieurs pèlerins, qui de Chipre vouloientoaíler

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