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inutile de les raporter, puisque le voïage ne se fit An. 1333. point.

J'en trouve toutefois une remarquable. Le roi avoit n.11. demandé au pape qu'il permit aux prélats François de prendre la croix sans intention de faire le voïage , & seulement pour attirer d'autres persones à se croiser: mais le pape rejetta cette proposition, disant, qu'il ne faloit point user de feinte dans l'affaire de J.C. qui est. la verité même, ni faire un mal, afin qu'il en arrivât un bien. Nous craignons, ajoûte-t-il, que cette dislimulation n'attirât une punition divine & le mauvais succés de l'entreprise, comme on croit qu'il est aurrefois arrivé. Il ne seroit pas même à propos que tous les prélats de votre roïaume se croisåffent, quand ċe seroit à dessein de faire le vorage: il en pouroit suivre de grands inconveniens à l'église & à l'état. La lettre est du quinziéme de Septembre. Il est étonant que l'on crût pouvoir user de fraude avec permission du pape.

Le troisiéme jour d'Octobre, qui cette année 1333. C. Nang.Po étoit le vendredi aprés la S. Michel , l'archidiacre de 757* Rouen par commission du pape , précha la croisade à Paris dans le pré aux clercs prés l'abbaïe S. Germain. Le roi Philipe se croisa le premier, puis le patriarche de Jerusalenı Pierre de la Palu, avec plusieurs docteurs & grand nombre de braves gens. Il fut ordoné qu'on prêcheroit la croisade par tout le roïaume, & que tous les croisés se tiendroient prêts à s'embarquer du mois d'Août dernier en trois ans.

iela il minirii XXVIII. De tous les Musulmans ceux ausquels il paroissoit le plus pressé de s'oposer étoient les Turcs établis en d'Othman. Nárolie, qui de jour en jour faisoient de nouvelles Ourchan

Sulcan des conquêtes sur les Grecs. Leur premier sulcan Othman Turcs.

Rrr.iij

Mort

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vieux.

XX111. n. 43.

X.6.

An. 1333.

fils d'Ortogrul, mourut en 1325. 726. de l'Hégire , Sup.liv. xc. aprés avoir regne vingt-six ans, laissant pour succefm. 12. w seur son fils Ourchan, qui prie Bourse ou Pruse en Biproceso Supl. thynie , dont il fit sa capitale & y bâtit une mosquée, Bibl. orient. un collége & un hôpital. Il prit ensuite Isnicmid, p• 693. 697• c'est-à-dire Nicomedie, línic ou Nicée & plusieurs au

tres places. La foiblesse des Grecs divisés entre eux,

donoit lieu à ces conquêtes. xxix. Le vieil empereur Andronic aïant été vaincu par · Mort d'An.

In- son petit fils eri 1328. & enfermé dans le palais de CP. dronic le

sans qu'il lui restât aucune autorité, prit l'habit moSup.liv. nastique & le nom d'Antoine , & vêcut ainsi encore Nic. Greco- trois ans & demi jusqu'au treiziéme de Février 1332. ras lib. 1x.c. qu'il mourut subitement. Se sentant pressé de mal la Cantas. lib. nuit à heure induë , où toutes les portes du palais é

toient fermées, en sorte qu'on ne pouvoit lui aporter le viatique : il se leva , remercia Dieu & pria pour le salut de son ame avec grande abondance de larmes & plusieurs genuflexions, puis il tira de son sein une petire image de la vierge qu'il mit dans sa bouche au

lieu des SS. mystéres, & s'étant assis sur son lit il moulib.x.6.1. rut incontinent aprés. Il achevoit la soixante & qua

torziéme année de son âge & la cinquantiéme depuis qu'il avoit commencé à regner. Il étoit de grande taille & de bonne mine, montrant beaucoup de dignité

& de douceur. XXX. L'empereur Andronic son petit fils étoit alors âgé Jean d'A- de trente-fix ans. L'année suivante 1333. avant que de pri patr. de partir de CP.pour aller faire la guerre en Macédoine,

6.7. il remplit le siégepatriarcal vacant par le decés d'Isaïe Cantacuz.. arrivé peu de temps auparavant. Comme on proposoit p 254.** plusieurs sujets, Jean Cantacuzene grand domestique

I!.6. 28.

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CP.

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lib. 1.6. 21.

1333.

confeilla à l'empereur de faire patriarche un prêtre Ār.
nommé Jean, natif d'Apro ou Apri, autrement Theo-
dofiople en Thrace, d'une famille obscure, mais fort
habile homme pour les fonctions de son miniftere.
Cantacuzéne l'avoit pris pour son chapelain domesti-
que : mais peu de temps aprés il l'avoit placé dans le
clergé impérial,ou il étoit fort estimé & fort agréable
à l'enpereur: en sorte qu'il aprouvoit le dessein du
grand domestique , de le faire patriarche si l'on pou-
voit y réüslir. Mais quand on le proposa aux évêques,
ils le rejetterent tous auffi-tôt comme de concert , &
l'empereur remit le soin de cette affaire au grand do-
mestique.

Celui-ci sans differer assembla les évêques dans l'église des apôtres , & s'efforça de leur persuader d'élire Jean d'Apri pour patriarche : mais ils continuérent de s'y opofer, & quelques-uns insistérent sur ce que c'étoit un homme engagé dans les affaires temporelles, qui avoit femme & enfans dans sa maison. C'est que les Grecs soufrent bien aux prêtres de vivre dans le mariage, mais non pas aux évêques. Cantacuzéne répondit que Jean quitteroit sa femme , fi d'ailleurs on le jugeoit digne du patriarcat : mais voïant que les évêques le refusoient toûjours, il rompit l'assemblée. Il en tint une autre dix jours aprés dans la même église, où il dit aux évêques : Je ne prétens point vous persuader de mettre Jean sur le siége patriarcal, puisque vous ne l'avez pas agréable ; mais il faut voir s'il est juste de lui doner le gouvernement d'une autre église, puisqu'il n'y a aucun reproche contre lui. Les évêques ne se défiant de rieri reçurent avec plaisir la proposition & déclarérent Jean archevêque de Thessalonique.

AN. 1333

Cantaćuzéne voulut qu'ils en fissent un decret par écrit, & ils le firent ausli-tôt.

Quand il l'eut entre les mains il dit: Si l'empereur nous disoit : Puisqu'aprés une meure déliberation vous avés jugé Jean d'Apri digne de l'épiscopat, pourquoi ne seroit-il pas patriarche selon mon desir: que répondrions-nous, & quelle excuse plausible lui donnerions-nous ? Le patriarche a-t'il besoin de recevoir d'enhaut quelque grace ou quelque pouvoir, que ne puissent recevoir les autres évêques ? Or il n'en est pas ainsi : tous les évêques des grandes & des petites villes participent également à la gracę : la différence de l'éclat. & de l'honeur, des siéges dépend de l'empereur , qui peut transférer à une plus grande ville celui qui a été jugé digne d'être êvêque d'une moindre: à quoi donc fert de le choquer inutilement & alléguer des excuses si frivoles? A ce discours les évêques se regardérent l'un l'autre , comme aïant été trompés ; & ne pouvant s'en dédire, ils élurent malgré eux Jean patriarche de Constantinople , & peu aprés il fut ordoné.

Ce que dit ici Cantacuzéne, que tous les évêques reçoivent une grace égale, est vrai quant à la puissance

essentielle à l'ordre: mais quant à la différence de di· gnité & de jurisdiction; elle ne dépend pas, comme il

prétend du prince , mais du consentement de l'église & de l'usage autorisé par les canons. Il est vrai qu'en ces distinctions l'église a suivi l'ordre du gouvernement temporel, en donant une plus grande autorité aux évêques des villes, qui étoient déja métropoles. Il est vrai aussi que les empereurs Grecs entreprenoient quelque fois sur le spirituel , & que souvent les

évêques

évêques avoient trop de 'complaisance pour eux: mais ĀN. 1723. du moins on observoit les formes canoniques , & les G

ICS Greg.18.14. évêques n'étoient élus que par des conciles. L'empereur Andronic Paléologue, avant que de partir pour la Macédoine , recommanda au nouveau patriarche l'imperatrice son épouse & ses enfans: le faisant aprés Dieu leur tuteur & leur gardien, s'il arrivoit quelque cas imprévû dans les affaires publiques. Il fit cette action solemnellement dans l'église de sainte Sophie, & en prit Dieu à témoin.

Deux missionaires apostoliques se trouvérent vers XXXI. ce temps là à CP. tous deux de l'ordre des freres Prê. Miffiong O

rientales. cheurs : l'un Italien nommé François de Camerino, Rain. 1333. l'autre Anglois nommé Richard. Erant venus à Avi- *. 17. 36. gnon ils rapportérent au pape & aux cardinaux en consistoire le désir que témoignoit l'empereur Andronic de seréiinir à l'église Romaine ; & le péril où l'empire de CP. étoit exposé de la part des infidéles si la réunion ne fe faisoit. Avant que de renvoïer ces niis: fionaires , le pape les fit tous deux ordoner évêques. François de Camerino fut archevêque de Vospro ou Bosphore dans la Gazarie, occupée alors par les Tartares. Cette ville étoit située sur le détroit que les anciens nonimoient Bosphore Cimmérien entre le Pont Euxin & les Palus Meotides. Richard fur évêque de . Chersone & eut ordre d'y bâtir une église de S. Clé ment & d'y établir son siége, parce qu'on croïoit que : ce saint pape y avoit soufert le martyre. .

En renvoïant ces deux prélats le pape les chargea r.18.19. d'une instruction pour la réunion des Grecs & de trois lettres , l'une à l'empereur Andronic, l'autre au patriarche & à tous les Grecs, la troisiéme à un Génois i ri Tome XIX.

SEC

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