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mutile de les raporter, puisque lc voïage ne se fit ^N JTT^ point.

J'en trouve toutefois une remarquable. Le roi avoit «.*"• demandé au pape*qu'il permît aux prélats François d& prendre la croix fans intention de faire le voïage , & feulement pour attirer d'autresperfones à se croiser; mais le pape rejetta cette proposition,disant,qu'il ne faloit point user de feinte dans l'affaire de J.C. qui est la vérité même, ni faire un mal, afin qu'il en arrivât un bien.Nous craignons,ajoûte-t-il, que cette dissimulation n'attirât une punition divine & le mauvais succès de l'entreprife,comme on croit qu'iiest autrefois arrivé. Il ne feroit pas même à propos que tous les prélats de voire roïaume se croisaífcnt, quand ce feroit â dessein de faire le voïage: il en pouroit suivre de grands ineonveniens à l'église & à Pétat. La lettre est du quinzième de Septembre. Il est étonant que l'on crût pouvoir user de fraude avec permission du pape.

Le troisième jour d'Octobre, qui cette année 1333. c- Na"g-Pétoit le vendredi aprés la S. Michel, l'archidiacre de 757' Rouen par commission du pape, prêcha la croisade à Paris dans le pré aux clercs prés l'abbaïe S. Germain. Le roi Philipe se croisa le premier, puis le patriarche de Jérusalem Pierre de la Palu, avec plusieurs docteurs & grand nombre de braves gens. Il fut ordorïé qu'on prêcheroit la croisade par tout le roïaume, & que tousles croisés se tiendroient prêts à s'embarquer du mois d'Août dernier en trois ans.

De tous les Musulmans ceux ausquels il paroissoit X Moít ^ le plus pressé de s'oposer étoient les Turcs établis en d'ûrhman. Narolie.qui de four en jour faisoient de nouvelles ?lircharì

'*r . 1 > ri /-v 1 Sultan des

conquêtes lur les Grecs. Leur premier lultan Ochman Turcs.

tj fils d'Ortogtul, mourut en 1315. 716. de l'Hégire^ Sup.iiv. xc. aprés avoir régné vingt-íix ans, laissant pour íucces»•1 *• seur son fils Ourchan, qui prit Bourse ou Pruse en Biocoe. up. tkynje ^ ^ont £t capitale & y bâtit une mosquée,

Bibi. trient, un collège & un hôpital. Il prit ensuite Isnicmid, f' 69}. 697. c'eft_à-dire Nicomedie,lsnic ou Nicée & plusieurs autres places. La foiblesse des Grecs divisés entre eux, donoit lieu à ces conquêtes.

xxix. Le vieil empereur Andronic aïant été vaincu par Mort d' An- fon petjt fjjs en & enfermé dans le palais de CP.

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vieux. íans qu'il lui reltat aucune autorité, prit rhabit moSnp. Uv. nastique & le nom d'Antoine, & vecut ainsi encore Nie. Grega- tr°is ans & demi julqu au treizième de Février mi. rasiib. ìx.c. qU'J mourut siîbitenient. Se sentant pressé de mal la c«ffMf. w. nu^z à heure indue, où toutes les portes du palais é11. c. 28. toien.t fermées, en forte qu'on ne pouvoit lui aporter le viatique : il se leva , remercia Dieu & pria pour le salut de son ame avec grande abondance de larmes & plusieurs génuflexions, puis ìl tira de son sein une petite image de la vierge qu'il mit dans fa bouche au lieu des SS. mystères, & s'étant assis fur son lit il mouUb. x. c. 1. rut incontinent aprés. Il achevoit la soixante & quatorzième année de son âge & la cinquantième depuis qu'il avoit commencé à régner. Il étoit de grande taille & de bonne mine, montrant beaucoup de dignité & de douceur.

xxx. L'empereur Andronic son petit fils étoit alors âge Jean d'A- de trente-six ans. L'année suivante 1333. avant que de

pri^patr. de partjr <je Qj> pQur ajier fajrc ja ^uCÍK en Macédoine,

r. 7. il remplit le siège patriarcal vacant gar le decés d'Isaïe Contacuz.. ^ arrive" peu de temps auparavant. Comme on propofoic p 1Í4. plusieurs sujets, Jean Cantacuzenegrand domestique conseilla à l'empereur de faire patriarche un prêtre nomme Jean,natif d'Apro ou Apri, autrement Theo^ dosiople en Thrace, d'une famille obscure, mais fort habile homme pour les fonctions de son ministère. Cantacuzéne l'avoit pris pour son chapelain domestique : mais peu de temps aprés il l'avoit placé dans le clergé imperial,oûil étoit fort estimé & fort agréable à l'empereur; en forte qu'il aprouvoit le dessein du grand domestique , de le faire patriarche si l'on pouvoir y réûíïir. Mais quand on le proposa aux évêques, ik le rejetterent tous auffi-tôt comme de concert, & l'empereur remit, le foin de cette afraire au grand domestique.

Celui-ci fans différer assembla les évêques dans l'églife des apôtres, & s'efforça de leur persuader d'élire Jean d'Apri pour patriarche : mais ils continuèrent de s'y opofer, & quelques-uns insistèrent fur ce que c*étoit un homme engagé dans les affaires temporelles , qui avoit femme & enfans dans fa maison. C'est que les Grecs soufrent bien aux prêtres de vivre dans le mariage, mais non pas aux évêques. Cantacuzéne répondit que Jean quitteroit fa femme, si d'ailleurs on le jugeoit digne du patriarcat : mais voïant que les évêques le refusaient toujours,íl rompit l'assemblée. Il en tint une autre dix jours aprés dans la même église, • où il dit aux évêques: Je ne prétens point vous persuader de mettre Jean fur le siège patriarcal, puisque vous ne l'avez pas agréable : mais il faut voir s'il est juste de lui doner le gouvernement d'une autre église, • puisqu'il n'y a aucun reproche- contre lui. Les évêqiaes ne fc défiant de rien" reçurent avec plaisir la proposition & déclarèrent Jean archevêque de Thessalonique.

504 H ISTO I R E EC C L E S I A S T IQUE;

Cântacuzéne voulut qu'ils en fissent un décret paî écrit , & ils le firent austì-tôt.

•Quand il l'eut entre les mains il dit: Si l'empereur nous difoit: Puisqu'après une meure délibération vous avés jugé Jean d'Apri digne de l'épiscopat, pourquoi ne seroit-il pas patriarche selon mon désir: que répondrions-nous, & quelle excuse plausible lui donnerion$-hous ? Le patriarche a-t'il besoin de recevoir d'enhaut quelque grâce ou quelque pouvoir, que ne puissent recevoir les autres évêques? Or il n'en est pas ainsi : tous les évêques des grandes & des petites villes participent également à la gracç : la différence de .l'éclat & de l'honeur. des sièges dépend de l'empereur , qui peut transférer à une plus grande ville celui qui a été jugé digne d'être évêque d'une moindre: à quoi donc sert de le choquer inutilement & alléguer des excuses si frivoles? A ce discours les évêques se regardèrent l'un l'autre , comme aïant été trompés -xne pouvant s'en dédire, ils élurent malgré eux Jean patriarche de Constantinople, & peu aprés il fut ordoné.

Ce que dit ici Cântacuzéne, que tous les évêques reçoivent une grâce égale, est vrai quant à la puissance essentielle à Tordre: mais quant à la différence de di• gnité & de jurisdiction; elle ne dépend pas, comme il prétend du prince , mais du consentement de l'église & de l'usage autorisé par les canons. Il est vrai qu'en ces distinctions l'église a suivi i'ordre du gouvernement temporel, en donant une plus grande autorité aux-évêques des villes qui étoient déja métropoles. II est vrai auíïì que les empereurs Grecs entreprenoiônt quelque fois fur le spirituel, & que souvent les

évêques évêques avoient trop de complaisance pour eux : mais ^N ^ du moins on obfervoic les formes canoniques, & les creg. ix. 14. évêques n'étoient élus que par des conciles. L'empereur Àndronic Paléologue, avant que de partir pour la Macédoine , recommanda au nouveau patriarche l'imperatrice son épouse &ses enfans :1e faisant aprés Dieu leur tuteur & leur gardien, s'il arrivoit quelque cas imprévu dans les affaires publiques. Il fit cette action solemnellement dans l'église de sainte Sophie , & en prit Dieu à témoin.

Deux miflionaires apostoliques se trouvèrent vers XXXI. ce temps là à CP. tous deux de Tordre des frères Prê- rSens'°' cheurs : l'un Italien nommé François de Camerino, Rain. Ijjj. l'autre Anglois nommé Richard. Etant venus à Avi- * I7'ì6' gnon ils rapportèrent au pape & aux* cardinaux en consistoire le désir que témoignoit l'empereur Andronic de se réiinir à l'église Romaine ; & le péril où I'empire de CP. étoit exposé de la part des infidèles iì la réiinion ne íe faisoit. Avant que de renvoïer ces mis, fionaires, le pape les fit tous deux ordoner évêques. François de Camerino fut archevêque de Vospio ou Bosphore dans la Gazarie, occupée alors par les Tartarcs. Cette ville étoit située fur le détroit que les an- . ciensnommoient Bosphore Cimmérien entre le Pont Euxin & les Palus Méotidés. Richard fut évêque de Chersone & eut ordre d'y bâtir une église de S. Clément .& d'y établir son siège, parce qu'on croioit que ce saint pape y avoit soufert le martyre.

En renvoïant ces deux prélats le pape les chargea Mi li.i9. d'une instruction pour la réunion des Grecs & de trois lettres, l'une à Tempercur Andronic, l'autre au patriarche & à tous les Grecs, la troisième à un Génois •'• Tome XIX. ** Sss

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