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~TZ 7*7, nommé Tean, qui étoit du conseil de l'empereur. Ces lettres ne contiennent que des exhortations générales à la réunion, & font toutes de même date savoir du quatrième d'Août 1333. Vadìng. t»d. Jean de Montcorvin archevêque de Cambalu mou*Rcgiftf\)ì rut cependant aprés avoir long-temps travaillé aux 137. mifíìons dans la grande Tartarie, & converti une

Ram. n. 31. grande multitude d'infidèles. A fa place le pape noma 32. &c archevêque de Cambalu Nicolas religieux du même ordre des frères Mineurs, qu'il fit sacrer par le cardinal Annibaldo évêque de Tufculum , & lui fit doner le pallium par deux cardinaux diacres. C'est ce que porte la bulle du dix-huitiéme de Septembre 1333. & par une autre du treizième de Février de Tannée suivante , le pape'lui permit d'emmener avec lui vingt frères clercs & six frères lais du même Ordre. Il le chargea auífi de lettres de recommandation pour le grand Can & d'autres princes Tartares. Roiin. n. 41. Vers le même temps le pape fit expédier une bulle où il done de grands pouvoirs aux frères Prêcheurs emploies dans les millions Orientales & Septentrionales : en voici la substance : Nous vous permétons . de baptiser, suivant la disposition du droit, ceux dont le baptême est douteux en disant: Si tu es baptisé je ne te rebaptise pas : mais si tu nel'es pas, je te baptise, & le reste. Cette disposition de droit est une décréExtra de taie d'Alexandre III. qui est la première autorité que jtpt.c. a. jc conojfl-e pOUs a(jminiftrcr le baptême sous condi

ì.pan.q.cg. don ; & c'est auíli celle que S. Thomas allègue fur ce

íl1 confier. ^ujet- ^es anciens cites par Graticn n'ufoient point de Dist. 4. c. cette précaution, sachant bien que Dieu conoît notre no. m. òc jmention & ne s'v peut tromper. La bulle continue': Nous accordons aussi aux évêques de votre Ordre ou ÂZ autres etant dans la communion du S. liège, d ordoner fous condition les fidèles de ces quartiers là , qui n'aïant pas été ordonés légitimement, n'ont pas laiflé d'exercer les fonctions ecclésiastiques ; & leur conférer les Ordres, tant mineurs que sacrés, en gardant les interstices autant qu'il fe pourra faire fans scandale. La bulle est du troisième d'Octobre. Par une autre du même jour il permet aux nouveaux convertis de demeurer mariés avec les perfones qui font leurs parentes ou alliées au quatrième degré ; & s'ils étoient gentils ôc mariés avant leur conversion, il le permet en quelque degré que ce soit,pourvû qu'il ne soit pas c Cawledéfendu par la loi divine. Sur quoi il cite la décrétale mus î.Extra d'Innocent III. f deDlV0rt'

La question de la vision béatifique agitée deux ans xxxn. auparavant fembloit aíToupie : mais elle fe réveilla ^is,i*nbéa! cette année plus vivement, & l'opinion du pape fut tifique. publiquement soutenue à Avignon, principalement c%rtâ^'J^l par quelques cardinaux, les uns pour lui plaire, les au- p. 7 5s. tres de peur de lui déplaire. Car un frère Prêcheur An- Du*0Hlai glois nomme Thomas Vallès aiant parle en chaire contre cette opinion, le pape le fit aussi- tôt mettre en prison : voulant non-feulement qu'on la foûtint,mais qu'on la prêchât. Et comme elle étoit rejettée à Paris par toute la faculté de théologie, on crut que c'étoit pour la soutenir que le pape y avoit envoie deux docteurs savoir Géraud Eude général des frèt es Mineurs, & un frère Prêcheur nommé Arnaud de S. Michel Vating. pénitencier du pape, qui difoient toutefois qu'ils é- 'WS**»*» toient envoïés pour traiter de lapaix entre le roi d'Angleterre & le roi d'Ecosse. Quand ils furent à Paris lc

^^~J~~7 général Geraud traita la question en présence d'une infinité d'étudians, soutenant que les ames des saints ne verront point Dieu de la vision béatifique jusqu'à la résurrection des corps & au jour du jugement : cc qui excita un grand murmure entre les étudians, & ils disoient qu'une telle erreur ne devoir point passer

t- 759' sans punition. Le frère Prêcheur qui accompagnoit Geraud voulut excuser le pape, & dit en un sermon qu'il ne tenoit point cette doctrine & ne l'avoit jamais tenue.

Kain.n.tf. Le pape lui même sachant que le roi Philipe étok alarmé du bruit que faisoit cette question , lui écrivit une lettre où il dit : Nous avons apris que vous aviés excité quelques.docteuis à prêcher que les ames saintes voient clairement l'cssence divine avant la résurrection; & que vous aviés repris asiés durement ceux qui refusoient de le faire. D'autres nous ont raporté, cc que nous eroïons entièrement, quecomme quelquesuns disoient qu'ils n'ofoient prêcher cette doctrine, vous leurs aviés dit qu'aucune crainte ne devoit les détourner de prêcher la vérité. Or comme S. Augustin & plusieurs autres docteurs font de différens avis fur cette question, nous en avons quelquefois fait mention dans nos sermons pour éclaircir la vérité : fans dire un mot de notre tête, mais raportant ks paroles de l'écriture & des pères. Et parce qu'on vous dit peutêtre que nous n'avons pas le degré de docteur en théologie, nous souhaiterions que vous vouluíïìés entendre ce que nous avons dit & écrit en cette matière.

•' . Nous l'avons doné à l'archevêque de Rouen pour vous l'expliquer, si vous y vouliés bien doner attention. Cependant nous vous prions de faite dire aux

:t r ï T ? La.-VR E TX€IVr. :• • ■ : * je? docteurs de Paris que fans s'étoner d'aucunes menaces, ^N ~ ~ ils* disent hardiment ce qu'ils jugeront à propos pour l'éclaircissement de la vérité, jusqu'à ce que le S. uége en ait á\itrement décidé. La lettre est du dix-huitiéme de Novembre.

Le général des frères Mineurs, qui étoit à Paris, sachant le scandale qu'avoit produit son sermon de c.Nang.p. le chagrin qu en avoit le roi, alla le trouver pour s'ex, *" eufer fur ce sujet: mais le roi craignant' d'être surpris par les discours artificieux de ce religieux,' dit qu'il l'entendroit volontiers en présence de quelques favans théologieìis. II fit donc venir dix docteurs des plus habiles qu'on put alors trouver à Paris, dont quatre étoient de Tordre des frères Mineurs, & en préíènce de Geraud Eude il leur demanda ce qu'ils pen- '•' '* soient de la doctrine qu'il avoit depuis peu prêchée • à Paris. Us la rejetterent tous, la déclarant fausse & hérétique : mais ils ne purent amener Getaud à leur 1 sentiment. > \:-V ■.. :,]■ A'ìct,.::'

Le roi n'étant pas content de cette «onférence, fit xxxin. apeler peu de jours aprés en fa maison du bois de Vin- , *vls dt7 cennes tous les doòteurs en théologie avec tous les e- Pkris. vêques & les abbés qui se trouvoient alors à Paris -ylôí il y fitaufïi apeler le général Geraud. Quand ils furent aíîîs le roi parlant rrançois leur fit deux questions -, Si les ames des saints voient dés maintenant la face de Dieu; & si certe vision cesserïi au jour du jugement, Cont ^ en forte qu'il en survienne une autre. A la prèmiere p. 7éo~ « question ils répondirent aífirmanvement: ajoutant que cette vision ne ceílera point au jour du jugement, mais qu'elle demeurera dans toute l'éternitéi Il.çst.yrai que qíiejques-uns dkentj.quecette viikâiJlçraçUisípar:^

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faite au jour du jugement : à quoi s'acorda le général Geraud,mais il parut que c'étoit comme malgré lui. Le roi pria tous les docteurs qui étoient présens.de doner cet avis par écrit ; ce qui fut fait. La lettfe avoir vingt-fìeuf seaux, autant qu'il se trouva là de docteurs; & on en fit trois exemplaires , dont un fut enVoïé au pape de la part du roi, qui lui demanda d'ailleurs d'aprouver la décision des docteurs de Paris. Car, ajoûta-t'il, ils'savent mieux ce qu'on doit croire en matière de foi, que les juristes & les autres clercs, qui ne savent que peu 011 point de théologie ; & nous châtierons ceux qui soutiennent le contrarie. Ce sont les paroles du moine de S. Denis écrivain du temps , qui a continué la cronique de Guillaume de Nangis.

Nous avons la lettre même des docteurs adressée au roi Philipe de Valois qui porte en tête leurs noms, savoir Pierre patriarche de Jérusalem , Pierre archevêque de Rouen, Guillaume Bernard chancelier de Paris, Nicolás de Lire de Tordre des frères Mineurs, & dix-neuf autres moins connus. Ils disent que le roi les assembla à Vincennes le quatrième dimanche de l'avent: c'étoit le dix* neuvième de Décembre cette année 1333. Ils ajoutent que le roi leur fit prêter serment dédire sincèrement ce qu'ils pensoient suri'état des ames saintes dépouillées de leurs corps. Us nomment les princes qui étoient présens, savoir Philipe roi de Navarre, Jean fils aîné du roi duc de Normandie , Louis duc de Bourbon, Charles frère du roi comte d'Alençon, & Gui comte de Blois. Puis ils nomment les prélats, savoir Guillaume archevêque d'Auch, Guillaume évêque de Paris, André d'Arras , Guillaume de Comrninges, Pierre de Rodés, Roger

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