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des évêques & de tout Ic clergé pour le saint siège. ^N ~ Non-seulement ils laiííent à des laïques le personage d'accusateurs contre le pape, mais ils ne veulent pas . même se porter parties ; & ne consentent à la convocation du concile que par la nécessité des maux de l'église.

Le lendemain quinzième de Juin les mêmes prélats D'*t nti par un acte séparé sellé de trente-deux seaux , pro- /. mirent qu'en casque lepapeBoniface procédât contre le roi & ceux qui auroient adhéré à son apel, par excommunication, déposition, ou absolution du serment de fidélité : ils ne s'en prévaudroient point 8c ne laisseroient pas d'asiìster & défendre de tout leur pouvoir le roi & ses adherans. Le roi auílì de son p- "3- "f* côté promit sa protection aux prélats , aux barons & à tous les autres qui avoient adhéré à son apel, pour les mettre à couvert des procédures de Boniface: mais il fit saisir le temporel des prélats & des autres eccle- Fsiastiques qui étoient hors du roïaume ; & le jour de la saint Jean vingt-quatriéme du même mois de Juin, il fit lire publiquement son acte d'apel devant tout le £ clergé & le peuple dans le jardin du palais à Paris. En- t<>"xispTc?Ì: fuite le roi écrivit à toutes les églises & les commu- p• nautés régulières & séculières, qu'elles eussent à adhe- fíf*' l°9' rer à la convocation du concile & à l'apelrcomme on voit par les lettres du mercredi & du jeudi d'aprés la S. Jean,c'est-à-dire du vingt-six & du vingt-septième de Juin. L'université de Paris avoit donné son acte P- ll7- . d'adhésion dés le vendredi avant la saint Jean vin£t- p. tt*. uniéme de Juin,& le chapitre de Paris le dona le „ ,,. même jour : les frères Prêcheurs de Paris adhérèrent aufli à l'apel. Enfin dans les mois d'Août & de Sep- p m

An-. 1303. tcrnDrc le roiobtint plus deseptcents actes semblables de consentement & d'adhésion : des évêques, des chapitres de cathédrales &de collégiales, des abbés & des religieux de divers ordres, même des frères Mandians: des universitez, des seigneurs & des communautés des villes.

Le cardinal le Moine voïant le peu de succez de sa légation, se retira dés devant la saint Jean & retourna en cour de Rome plutôt que le pape ne pensoit: 4. p. 40. maiS pendant Ion iejour a Pans & cette annee 1303. u Dubreuil y fonda un collège pour des étudians en théologie,

6 1 Dubois au ^€U nomm^ a^ors ^e Chardonnet, & dans la maip.tfo. son où avoient logé les frères Mandians de Tordre de saint Augustin, & ce collège porte encore le nom du cardinal le Moine. Xxvin. L'empereur Andronic doutantíi le patriarche Jean Eglise de Cosme avoit valablement renoncé au siège de C P. c... aíîembla les évêques , le clergé & les moines, & paftxxxix. n. toit les journées a délibérer avec eux lur ce iujet. Ils Pachym. lib. fe trouvèrent partagés : ceux qui étoient attaches à x' 31' Jean Cosme disoient que n'aïant pû recevoir de satisfaction fur la calomnie répandue' contre lui, il avoit été contraint de renoncer , & qu'il reviendroit fì-tôt qu'on lui auroit fait justice. Quant à son prétendu serment,que ce n'étoit qu'une manière de pjrler qui lui avoit échapé dans l'excés de fa douleur. Les autres disoient qu'il avoit renoncé avec réflexion , & # que son serment étoit si sérieux, qu'il l'avoit inséré

dans l'actede fa demiflìon : qu'ainsi il n'étoit plus permis de reconnoître pour patriarche un homme convaincu de parjure. Aprés avoir perdu bien du temps à cette dispute, on convint de s'adreíTer à Jean luimême, pour savoir ce qu'il pensoit de sa renonciation & de son serment ; & pour cet effet on lui envoïa Athanase patriarche d'Alexandrie , avec deux évêques de la parr de l'empereur & du concile.

Il répondit par un écrit où il disoit, qu'il ne prétendoit point avoir fait un serment en usant d'une expreílìon qui lui étoit familière t & que íi tous les quarante évêques qui étoient aíTemblés -jugeoient fa renonciation valable , il se soumettoit à leurs avis: mais, ajoûtoit-il, s'il y en a seulement trois qui la jugent nulle, je fuis avec eux & je conserve le pouvoir que le saint Esprit m'a donné. Au reste , j'ai juste sujet de me plaindre de votre sacrée majesté & des évêques, en ce que depuis huit mois que j'ai été outragé vous ne m'en avez point fait de justice. Ce ne fera pas moi qui rendrai compte du préjudice qu'en reçoit l'cghfe. L'empereur aïant communiqué cette réponse au concile, les contestations entre les deux parties s'échauferent plus que devant, fans que l'on pût rien, conclure : toutefois on continuoit de nommer Jean aux prières publiques & ses gens gardoient toûjours le palais patriarcal.

Cependant il vint en pensée à l'empereur Andronic que le parti le plus agréable à Dieu étoit celui des Arfenites , quoique les plus opofés à Jean Cosme: c'est pourquoi il voulut faire encore .une tentative pour les réunir aux autres. Il fit donc venir fecrettement & de nuit cinq des principaux d'entr'eux, & mit pour fondement de la négociation de conserver ce qui avoit été fait, soit l'ordination du patriarche Jean, soit celles des autres évêques : car pour Joseph, il n'en étoit plus mention. Or l'empereur craignoit qu'ea

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appaifant un parti on n'excitât l'autre, & il cherchoît une paix entière. Les Arsenites vouloient commencer par faire un nouveau patriarche , & difoient avoir un sujet convenable: mais pour mettre un fondement solide à la réunion , ils prétendoient qu'il ne fût ni élu ni ordonné par les évêques qui avoient eû part à la réunion avec les Latins, mais par ceux de leur parti feulement. Ils propofoient donc pour patriarche î'évêque de Marmaritza dans les iíles Cyclades, qui étoit déja vieux & de l'ancienne ordination,& n'avoit eû aucune part à ce qui s'étoit fait avec les Latins.

L'empereur s'étant informé quel il étoit, aprit qu'il y avoit contre lui de grands reproches : qu'il avoit rendu vénal le sacerdoce , qu'il avoit donné le même ordre à plufieurs perfones en même temps par une feule cérémonie, fans la faire fur chacun en particulier , & commis d'autres fautes contre les canons. L'empereur aïant proposé ces objections aux Arfev.Pojfm.not. nices, ils répondirent que la difficulté du temps deV- 54*- voit faire passer par dessus ; & l'empereur voulant absolument les ramener , ,nc crut pas non plus devoir y regarder de íî prés. Ainsi il promit d'aprouver tourte c' 34* qu'ils feroient, & la convention futredigée par écrit. On en étoit là & les prélats continuoient de disputer entre eux fur la renonciation & le ferment de Jean Cofme, quand il survint un incident qui changea la face des affaires, xxix Un moine nommé Menas qui passoit pour verRapcl du tueux & homme de mérite , conu de l'églife & de pmarche l'empereur, avoit coutume de visiter l'ancien patriarche Athanafe. Le quinzième de Janvier 1303. Menas vint chez l'empereur & lui fit dire qu'il avoit quelque

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chose à lui dire de nécessaire. L'empereur étoit occupé & lui envoïa dire d'attendre. Aprés s'être fait annoncer une seconde fois il dit: L'avis que j'ai à donner fera inutile s'il n'est reçu avant que la nuit s'avance. L'empereur le fit entrer aussitôt & lui donna audiance seul à seul. Seigneur, dit Menas, étant allé aujourd'hui voir le seigneur Athanase à mon ordinaire, je l'ai trouvé triste & pensif; & lui en aïant demandé la cause , il m'a dit : Je vois que cette ville est menacée de la colère de Dieu & je fouhaiterois que quelqu'un dît à l'empereur que je lui conseille d'envoïer dés cette nuit par tous les monastères ordonner des prières continuelles pour préserver la ville & tout le pais de famine , de peste, de tremblement de terre & d'innondation. J'ai raporté ce discours du patriarche au métropolitain d'Heraclée,& il ma pressé de venir trouver votre majesté pour lui en rendre compte.

L'empereur reçut agréablement ce discours ; & aïant fait reflexion aux menaces d'une punition divine, il crut que les deux plus pressantes étoientle tremblement de terre & l'inondation. Il envoïa donc par tous les monastères Tordre de commencer des prières fur le champ & en fit dire la cause. Il veilla lui-même selon fa coutume & occupé de la pensée du tremblement de terre, il crut en sentir un , mais íi.doux qu'à peine pouvoit-on s'en apercevoir. Il le prit pour un prélude de l'accompliílement de la prédiction & en attendoìt la fuite. Le dix- septième de Janvier vint un tremblement plus fort, fans toutefois être plus dangereux; & alors l'empereur fut convaincu de la prophétie , & transporté d'admiration il loiioit hautement le prophète, sans toutefois le nommer.

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