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^N stet,de Spire, de Coire & quelques autres de ses suf

jíib'.Argcm. fragans. Ils résolurent d'envoïer au pape pour lui det- ,27- mander l'absolution de Louis,&s'il la refufoit seras• sembler & délibérer sur ce qu'ils avoient à faire. Les envoies furent Ulric évêque de Coire,& Gerlac comte de Nassau, que le pape reçut agréablement; mais il leur dit à l'oreille presque en pleurant: Je suis bien disposé pour votre prince, mais le roi de France m'a écrit que si je l'absous fans son consentement, il me traitera plus mal que ses prédécesseurs n'ont traité Boniface. Ensuite le daufìn de Vienne, à la prière du pape, mena les envoïés par les montagnes jusqu'à Lausane. C'est amsi qu'Albert de Straíbourg raconte la, chose.

Le pape ne répondit point à Parchevêque de Maïence , qu'il tenoit pourexcomunié comme parjure & rebelle , mais il écrivit à l'archevêque de Cologne & à ses fuffragans une grande lettre où il dit, que la négo_ . „ ciation a été rompue par l'impatience des envoïés de

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». 3.4. &c. Louis de Bavière : que cette amure ne doit point être traitée ailleurs qu'en cour de Rome , & que le plus grand obstacle à la réconciliation de Louis font les préparatifs de guerre qu'il fait contre le roi de France, dont l'églife Romaine ne peut abandoner les intérêts, n'aïant jamais été abandonée par la France. La lettre est du premier de Juillet 1338. n. 10. Le quinzième du même mois les électeurs de Pem

Rtkiorf. p. pire , excepté le roi de Bohême , s'assemblèrent à Constaïm, au territoire de Maïence, où ils déclarèrent que tel étoit le droit & l'ancienne coutume de l'empire. Celui qui est élu roi des Romains par les princes électeurs, ou par la plus grande partie, même cn discorde, n'a besoin d'aprobation , de confirma- JTTg] tion, ni de consentement du S. siège pour prendre le titre de roi, ou pour administrer les biens & les droits 'de l'empirc. Ils s'assemblèrent aussi à Rens fur le Rhein, où ils s'engagèrent par serment à maintenir <dlb.p.ix9. 1 empire &c les droits contre tous lans exception , & t ^ 7jIy obliger tous ceux qu'ils pourroient: non-obstant toute dispense ou absolution. quoi fí les Juifs se trouvenc coupables, il les punira comme ils méritent: s'ils sont innocens, il exercera la sévérité des canons contre les auteurs de l'imposture. Quand l'évêque aura* ainsi exécuté fa commission: vous & les autres fidèles vcrrés clairement comment / vous devrés vous conduire en cette occasion. Cette lettre & la commission de l'évêque de Paísau sont du même jour vingt-neuvième d'Août 1338.

Ensuite l'empereur Louis convoqua une cour ou diète à Francfort, où par le conseil de quelques frères ^ 7ÍZ' Mineurs,il publia un décret daté du huitième d'Août, qui déclare nulles les procédures faites contre lui par Jean XXII. soutenant que le pape ne peut rien faire de semblable contre l'empereur que par attentat: parce que leurs jurisdictions font distinctes. Le décret est raifoné & l'on y combat premièrement cette proposition: Lá puissance impériale vient du pape, & celui qui est élu roi des Romains ne peut être nommé empereur & n'a aucune autorité ni jurifdiction, juf-rqu'à ce qu'il soit sacré & couroné par le pape: qui a la plénitude de puissance tant au temporel qu'au spirituel. On réfute cette proposition par plusieurs autorités du décret de Gratien & de la glose.

Ensuite l'empereur Louis oppose aux bulles de Jean p> 7*$. XXII. plusieurs nullités dans la forme, entre autres qu'il n'a point eu d'égard à l'apel par lui interjetté au futur concile. Sur quoi l'on difoit de la part du pape p. 77J. qu'on ne peut apeler de ses ordonances, parce qu'il n'a point de supérieur: mais l'empereur répond que le concile général est supérieur au pape, quand il s'agit de la foi & du droit divin; & le prouve par plusieurs

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g autorités de Gratien & de la glose : car on n'alloit pas alors plus loin. Le docteur Albert de Strasbourg fut envoïé par Con Mb. p. 119. évêque à Avignon porter au pape des copies de ce de-* cret de Louis & de la résolution des princes de l'empire,pour en maintenir les droits ; & répresenter au pape C|ue l'évêque de Strasbourg ne pourroit plus résister a l'empereur Louis, ni se dispenser de lui faire hommage, &: reconoître qu'il tenoit de lui les droits régaliens. C'est Albert qui raporte ce fait dans sacronique , & il ajoûte : Le pape me parla durement du prince, c'est à- dire de Loiiis ; & je lui dis : Votre discours favorable Ta rendu plus glorieux que si vous lui aviés doné cent mille marcs d'argent. Alors ìe pape éclatant de rire dit: O il veut donc me rendre le mal pour le bien. Et ce rire fit voir que ses paroles dures ne venoient pas du fond du cœur. Lviii. Vers le même temps l'empereur Loiiis de Bavière Violences arrêta un mouvement violent des peuples, qui s'étoit

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Juifs. eleve en Allemagne contre les Juirs; &quiavoitcomRanu 133s. mencé en Autriche à cette occasion. En une ville nommée Pulca au diocèse de Passau, un homme laïque trouva devant la maison d'un Juif une hostie ensanglantée dans la rue fous de la paille. Le peuple crut que cette hostie étoit consacrée & la sit lever par le curé du lieu & porter dans l'église : où il se sit un grand concours de dévotion , supposant que le sang en avoit coulé par miracle des coups que les Juifs lui avoient donés. Sur ce soupçon & sans autre examen ni aucune procédure juridique, les Chrétiens commencèrent à se jetter sur les Juifs & en tuèrent plu*

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sieurs : mais les períones les plus sages jugeoient que c'étoit plutôt pour piller leurs biens, que pour vanger le prétendu sacrilège.

Cette conjecture étoit fortifiée par un pareil acci- *• I9' dent arrivé quelque temps auparavant à Neirmibourg au même diocèse de Passau : où. un certain clerc mit danS l'égliseune hostie trempée de sang, mais non consacrée ; & confessa depuis en présence de l'évêque Vernhard & d'autres persones dignes de foi, qu'il avoit ensanglanté cette hostie , pour en induire une présomption contre les Juifs. L'hostiefut adorée quelque temps comme étant le corps de N. S. mais enfin die se trouva mangée de vers. Un autre clerc en mit à la place une semblable, c'est-à-dire non consacrée & ensanglantée, qui fut honorée comme la première; & cette erreur duroit encore lors qu'Albert duc d'Autriche écrivit au pape Benoît une lettre, où aprés avoir raporté ces faits il demandoit comment il se devoir conduire.

: • ■ Le pape répondit: Ces faits méritent d'être examinés avec grand foin : puisque d'un côré rendre un cuire à une hostie non consacrée c'est se joiier du sacrement & tromper les fidèles; d'ailleurs si les Juifs ont commis le crime dont on les foupçonejOn ne le peut lai£ fer impuni, sans couvrir de honte notre religion & attirer î'indignation divine. C'est pourquoi nous chargeons l'évêque de Passau de s'informer exactement de toutes les circonstances de cette aftaire , prenant avec lui des persomges prudens & crai^nans Dieu, & interrogeant les témoins des lieux ou les choses se sont passées : en un mot emploïant tous les moïens convenables pour découvrir certainement la vérité. Apres

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Ces violences contre les Juifs s'étendirent plus loin dans la haute Allemagne, où un particulier qui se faisoit nommer le roi Armileder , assembla quantité de païsans & faisoit tuer tous les Juifs qu'il pouvoit trouver fous prétexte de zele pour la religion : mais à la fin ses troupes se jettérent ausfi. sur les Chrétiens. Ce qui obligea à leur résister ; & cc fut principalement l'empereur Louis de Bavière qui l'entreprit. Il fit si bien qu'il prit le chef de cette faction & le fit mourir, aprés quoi les autres se dispersèrent & disparurent. Lix. Cependant les évêques de Hongrie écrivirent au

cUrï? de** PaPc une gran£^e letti"c contenant leurs plaintes contre Hongrie. le roi & les seigneurs qui se réduisent à ce qui suit: falu*" vtt' Si-tôt qu'un prélat est mort les officiers du roi se sai22j. ìjtf.05 sissent de tous ses biens ecclésiastiques & patrimoR*in. 133s. niaux : en forte que son corps demeure plusieurs jours tf-*2' fans sépulture, parce que ses parens s'enfuient, de peur d être contraints par les tourmens à rendre ce qu'ils ont reçu du défunt,quoi qu'à juste titre. Pour mettre en possession celui qui a l'administration d'une église, les officiers du roi lui font païer une grande somme : en sorte que les biens de Téglife demeurent engagés. Le roi confère les églises cathédrales long

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