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de Macaire, suivant la coutume des Arméniens, qui JTT changeoient de nom en entrant en religion : il mourut peuaprés savoir l'an 1170. Le roi Haïton second ne voulut point se faire couroner, & aïantpris Phabit des frères Mineurs , se fit nommer Jean: mais- il s<*mt.p.i}i. n'étoit que du tiers ordre, puisqu'il ne prétendoit pas f^/*^ arenoncer au roïaume. Sa sœur Marie épousa Michel Pachym. uk. fils aîné de Pempcreur Andronic, ce qui lui fit faire lx' '*gm un voïage#à CP. mais pendant son absence son frère Sebat prit la courone en 115)4. & Haïton étant revenu les Arméniens ne voulurent plus le reconoître pour roi. II étoit nécessaire d'expliquer ceci, parce que plusieurs auteurs modernes ont confondu deux de ces Haïtons, & quelques-uns tous les trois.

En Grèce les évêques séparés du patriarche Atha- Xlviii. nase se résolurent enfin à le reconoître par les pref- Evc?.1'" re"

r n 11. Ai- 1 * ) concilies

lantes instances de 1 empereur Andronic ; & lareù-.avec Atfunion se fit le dimanche des Rameaux onzième d'A- path^m^l vril 1305. Mais le patriarche d'Alexandrie nommé ÎX. ç. 10!' auíli Athanase demeura opiniâtre dans fa résolution de rejettér celui de CP. quoique l'empereur pût faire • pour le persuader. Il ne nommoit donc plus dans la liturgie ni Athanase de CP.ni l'empereur: c'est pourquoi les évêques vouloient Pôter lui-même des Diptyques. Toutefois ils ne se pressèrent pas de le faire, espérant qu'il changeroit d'avis & craignant de Paigrir davantage: outre que la cause ne paroissoit pas suffisante pour effacer son nom. Ils crurent donc plus sage de différer comme allant le retrancher s'il continuoit de résister, & cependant ils s'avisèrent de cc ménagement. Que le patriarche de CP. ne celebreroit point la liturgie, de peur que les diacres orficians avec

An. 150j, ^ nc fu^erft obligés de lire dans les Diptyques Xc nom de celui d'Alexandre •■> & que des prêtres eelebreroient seuls fans diacre. On le pratiqua ainsi dans le palais & même dans la grande église , non-ículemcnt les jours ordinaires, mais aux fêtes les plus solenînelles. Dés la fête de l'Orthodoxie que les Grecs célèbrent le premier dimanche de carême, quoique l'empereur fût présent & la foule du peuple tres grande, le patriarche ne parut point. Ce fut un prêt^ qui officia seul & à basse voix en sorte qu'on ne l'cntendoit point à cause du bruit. Ce fut la même chose aux fêtes de Pâques & à celle de saint George. XLIX. Le S. siège étoit toûjours vacant par la mesintelliArtifices du gence des cardinaux enfermés dans le conclave à Peto#' "rouse & divisés en deux factions presque égales. De J e. Viiìani. l'une étoit chef Matthieu Roflb des Uisins avec Frans/^tuM? <s°^s Gaétan neveu du pape Bonifaee : l'autre avoit par.3..titru. pour chef Napoléon des Ursins & le cardinal de Prato, qui vouloient rétablir leurs parens & leurs amis les Colonnes : les premiers-vouloient faire un pape Italien &c favorable aux amis de Bonifaee, les autres vouloient élire un François étant liés au roi Philipe & au parti Gibellin. Un jour le cardinal de Prato se trouvant en particulier avec François Gaétan lui dit: Nous faisons un grand mal & un grand préjudice à l'église en n'élisant point de pape. Il ne tient pas à moi, dit Gaétan j & l'autre reprit: Et si je trouvois un bon moïen fériés - vous content? Gaétan répondit qu'oui ; & la conclusion fut, que pour ôter tout soupçon une des factions choisiroit trois Ultramontains propres à être papes , que l'autre choisiroit dans quarante jours un de ces- trois, & que celui-là íeroit

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pape. La faction du cardinal Matthieu se chargea de choisir les trois, croïant prendre l'avantage ; & ils choisirent trois archevêques Ultramontains à leur égard , c'est-à-dire au nôtre de deçà les monts, faits par le pape Boniface, leurs amis de confiance, & en-' nemis du roi de France leur adversaire : tenant pour assuré que quel que fut celui que prendroit l'autre faction , ils auroient un pape à leur gré.

Le premier des trois & leur plus affidé étoit Bertrand de Got archevêque de Bordeaux ; & le cardinal de Prato crut quec'étoit celui qui leur convenoit le mieux pour arriver à leur bur. Il est vrai qu'il étoitcréature de Boniface & point ami du roi de France, à cause des maux que Charles de Valois lui avoit faits dans la guerre de Gascogne : mai& le cardinal de Prato le conoiísoit pour homme ambitieux & intereste , & qui feroit aisément sa paix avec le roi. Ainsi lui & ceux de sa faction firent secrètement &par écrit leurs conventions avec l'autre faction, puis fans qu'elleen eût conoissance ils écrivirent au roi & lui envoïerent ce traité par des couriers ridelles que leur fournirent leurs marchands, & qui firent telle diligence qu'ilsvinrent de Perouse à Paris en onze jours. Par ces lettres ils prioient 1c roi de recevoir en grâce l'archevêque de Bordeaux, s'il vouloir se reconcilier lui-même-' avec l'église & relever ses amis les Colonnes, parce qu'il dépendoit de lui de le faire pape,

Le roi aïant reçu ces lettres , en eût une tres-grande joie & embrassa l'erttreprife avec ardeur. Il écrivic à l'archevêque des lettres pleines d'amitié, lui donant un rendés-vous pour conférer ensemble : savoir une abbaïe dans une forest prés S. Jean d'Angeh,oû le roi ~ 7~~ se rendit íìx jours aprés secrètement & avec peu de suite 6c l'archevêque de son côté. Aprés qu'ils eurenc oui la messe 6c fait ferment fur l'autel de le garder fidélité, le roi proposa au prélat avec de belles paroles de le reconcilier avec Charles de Valois, puis il lui dit : Il est en mon pouvoir de vous faire pape fi je veux , 6c c'est pour ce sujet que je fuis venu : en forte que si vous me promettes six grâces que j'ai à vous demander j je vous procurerai cette dignité. Alors pour lui montrer qu'il avoit ce pouvoir, il tira les lettres qu'il avoit reçues & le traité entre les deux factions des cardinaux.

L'archevêque aïant víì ces piéecs 6c transporté de joie, fe jetta aux pieds du roi 6c lui dit : Sire , je voi maintenant que vous m'aimés plus qu'homme du monde, 8c que vous me voulés rendre le bien pour le mal: vous n'avez qu'à commander , je ferai toûjours prêt à vous obéir. Le roi le releva 6c le baisa, puis lui dit: Voici les six grâces que je vous demande. La première que vous me réconciliés parfaitement avec l'églife 6c me fassiés pardoner le mal que j'ai fait à là prise de Boniface. La seconde de me rendre la communion à moi 6c à ceux qui m'ont suivi: la troisième que vous m'accordiés toutes les décimes de mon roïaume pendant cinq années, pour les frais que j'ai faits en la guerre contre les Flamans.: la quatrième , que vous anéantirés la mémoire du pape Boniface: la cinquième, que vous rendrés la dignité du cardinalat à Jacques 6c Pierre Colonne , 6c que vous ferés cardinaux quelques-uns de mes amis. Quant à la -sixième ^grace, je me réserve à la déclarer en temps 6c lieu, parce qu'elle est secrette& importante. L'archc: . í \

vêque promit 1c tout avec serment sur le corps de Au. Ijoí. notre Seigneur, & de plus donna pour otages son frère & deux de ses neveux j & le roi lui promit auíïi avec serment de le faire élire page. Api és quoi ils sc séparèrent tres-bons amis, &le roi emmena les otages fous prétexte de la reconciliation dcl'archcvêque avec Charles de Valois.

Si-tôt qu'il fut de retotfr à Paris il écrivit au car- L. dinal de Prato & à ceux de fa fiction ce qu'il avoit Clément V. fait, & qu'ils pouvoient élire en sûretél'archevêque de c u í'ape" Bordeaux; & l'affaire fut si bien conduite que la ré- • ponse arriva tres-secretement à Perouse en trentecinq jours. Le cardinal de Prato l'aïant reçue la corn- . muniqua aussi en secret à sa faction: puis ils dirent à la faction opposée: Nous nous assemblerons tous quand il vous plaira, nous voulons observer les conventions. Les deux factions se réunirent donc, & ratifièrent leur traité solemnellement par lettres & par . serments. Alors le cardinal de Prato aïant pris un texte de l'écriture convenable au sujet, fit un discours qu'il conclut en élisant au nom de tous pour pape Bertrand de Goth archevêque de Bordeaux, & on chanta le Te Deum avec grande joie. Ainsi furent trompés ceux de la faction de Boniface, qui croioient avoir pour pape Thommeenqui ils avoient le plus de confiance. Tout ce récit est tiré de l'histoire de Jean Villani.

Mais dans le décret autentique de cette élection en to.xi.conc.p. forme de lettre au nouveau pape les cardinaux disent ijo^ en substance : Le S. siège étant vacant par le decés de »• *• Benoist XI. nous entrâmes en conclaves à Perouse dans le palais où il demeuroit au temps de fa mort: mais quatre cardinaux en sortirent, savoir Jean évê

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