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Congre- *-a Congrégation de Cadoiiin eut pour Fondateur le Cations De Bienheureux Giraud de Sales 5 & le Bienheureux Robert sYù Lpice! d'Arbrissel voulut bien y contribuer, puisqu'il lui céda le ir De Ca- lieu.de Cadoùin, avec le consentement de 1"Abbesse & des Douan. Religjeufes de Fontevraud l'an 1115. On y avoit déja commencé un Monastère de cet Ordre ; mais le Bienheureux Giraud de Sales y mit des Religieux de son Institut, ausquels il donna les Coutumes de Cîteaux. C'est cequiparoît par le titre de la fondation de l'Abbaïe de l'Absie en Gastine , quiétoit un Monastère de cette Congrégation,où il est marqué qu'elle fut fondée Tan u 10. sous la Règle de saint Benoît & l'Institut des Pères de Cîteaux ,par le Vénérable Giraud, qui y mit pour Abbé un de ses Disciples : Anno ab

ìncarnattone Domini I no.. funàatum ejt Cœnobium S.

Mari* Abfidt in primant Abbatiam pagi Picìa-vienfis , fecundunt Régulant S. Beneditfi, & Injlitutum patrum probatijsimorum Cijlertienfium Monachorum k Magíjïro Venerabili Ciraudeo. Et cet Acte fut passé en présence des Abbés de Cadoiiin & de Bournet.Ce dernier Monastère avoit été aussi fondé par le même Giraud de Sales l'an 1113. Pavillon die qu'il.y avoit seize célèbres Maisons de cet Ordre. II nomme entre les autres Grand-Selve , au Diocèse de Toulouse , Gondon, dans celui d'Agen, Dallone, au Diocèse de Limoges , Bournet , dans le Diocèse d'Angoulême , FontDouce & Chartres, au Diocèse de Xaintes, l'Absie, C hâtelieres & Bonnevaux, au Diocèse de Poitiers , & le Prieuré de Bragerac, qui, comme nous avons dit,passa à l'Ordre de Fontevraud. Mais il faut retrancher de ce nombre GrandSelve & Chartres: car Pavillon dit que le Bienheureux Giraud de Sales fonda l'Abbaïe de Grand-Selve : cependant elle ne fut fondée que l'an 1144. selon MM. de SainteMarthe j & Giraud mourut l'an 1117. selon le Martyrologe de Fontevraud: Pavillon pourroit bien avoir pris-SauveMajour, en Latin Silva-Major, qui fut fondé par un autre Geraud ou Girard l'an 1077. pour Grand-Selve, en Latin Grandts-Stlva. L'Abbaïe de Chartres fut aussi fondée en 1144. non pas fous la Règle de saint Benoît, mais ious celle de saint Augustin. II y avoit dans cette Congrégation des Monastères de Filles > mais les Religieux n'y demeuroienc pas comme dans ceux de Fontevraud , & elle étoit plutôt

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semblable a celle de Savigni. L'on ne fçait riewdo parcieu- Concrelier de la Vie de ce Fondateur : on a seulement la date de sa * *xAo«! mort, qui est marquée au 9. d'Août de l'an 1117. dans le Martyrologe de Fontevraud. Quelques Monastères font passés à l'Ordre de Cîteaux, quelques-ums fous la filiation de Clairvaux , d'autres fous celle de Pontigni j;& il y en a qui ont conservé feulement la Règle de saint Benoît,& quelques Ecrivains disent que Dallone étoitChcf de Congrégation.

Chronie. Malleaeexf. ad annum iiio. Pavillon , Vie du Bienheureux Robert; Sainte Marthe, Gdll. Chrift. Fleury* Hist. Eecles. T'om. XIVAiv. 66. & Lobineau >Hijt. de Breta* gne , liv. 4.

Chapitre XV.

De la Congrégation de Tiron, avec la Vie dit Bicnhett* reux Eernard £Ahherville, fondateur de cette Congre* gation.

LA Congrégation de Tiron qui a étéauíîî regardée comme un Ordre particulier , eut pour Fondateur le Bienheureux Bernard qui fut encore un des Disciples du Bien-* heureux Robert d'Arbrissel, comme nous avons dit dans les Chapitres précédents. 11 vint au monde vers l'an 1046» dans le territoire d'Abbeville au pais de Ponthieu,de parenshonnestes, pieux & grands Hospitaliers , qui selon leursmoïens recevoient les pauvres &: les foulageoient dans leurs besoins avec beaucoup de charité. Ils eurent un foin particulier de faire élever Bernard dans la vertu & dans les Lettres où il fit de grands progrès. Dès fes plus tendres années it fit paroître un si grand amour pour la vie Religieuse, qu'il vouloit imiter les Religieux jusques dans leurs habits : ce qui lui attira la risée de ses compagnons. Mais il s'éleva ai» dessus des railleries, & à l'âge de vingt ans il quitta son pais & alla en Poitou avec trois de ses compagnons, qui touchés du même désir que lui, cherchoient à se retirer dans un Monastère où la régularité fût exactement observée.

Us s'arrêtèrent à Poitiers quelque tems, pendant lequel ils1 slnforrnerent des Observances Régulières, qui étoient sa Concrè- pratique dans les Monastères de cette Province. Ilyenavoít Cation un aux environs de Poitiers fous le nom de saint Cyprien, dit vulgairement saint Cyuran, dont Rainaud , qui avoit été Disciple de Robert Fondateur de celui de la Chaise Dieu, étoit Abbé. II y avoit aussi dans le .même Monastère plusieurs Religieux de maisons nobles, qui se rendoient encore plus recommandables par Péclat de leurs vertus, du nombre desquels étoit Hildebert, qui fut ensuite Abbé de Bourghde-Deols fur l'Indre & Archevêque de Bourges, aussi-bien que Gervais, qui fut Abbé de saint Savin , & Garnier qui avoit été Seigneur de Montmorillon. Bernard excité par leurs exemples,, se joignit à eux & reçut l'habit Monastique des mains de l'Abbé Renaud. Gervais , dont nous avons parlé , aïant été demandé pour être Abbé de saint Savin à douze lieuës de Poitiers fur la Gartemble > ne voulut point accepter cette Charge qu'on ne lui eût donné Bernard pour travailler avec lui au rétablissement de la Discipline Régulière, dont les Religieux de cette Abbaïe s'étoicnt éloignés. On lui accorda donc Bernard qui à l'âge de trente ans fut fait Prieur de ce Monastère. II eut beaucoup de part au rétablissement des Observances Régulières : mais il eutaupara-^ vant beaucoup à souffrir de l'Abbé Gervais & de ses Religieux qui ne faisoient point de scrupule de recourir à des moïens íïmoniaques pour procurer à leur Monastère une Eglise qu'ils vouloient lui loûmettre. II y eut même un Religieux qui eut la hardiesse de le fraper j mais Dieu vengea l'injure faiceà son serviteur : car ce Religieux quiavoic osé mettre la main sur lui mourut sur le champ. La persévérance de Bernard, son zele, sa douceur, son humilité, son assiduité à l'Oraison , sa fidélité à remplir tous ses devoirs , gagnèrent enfin le cœur des Religieux íes plus obstinés > ils changèrent de vie, & se soûmirent à la Reforme j & nôtre Saint après avoir donné vingt ans de ses foins 6c de ses veilles au rétablissement spirituel de cette Maison en qualité de Prieur , voïant que les Religieux vouloient le choifir pour remplir la place de Gervais,qui étoit mort dans la Palestine, il se retira, pour éviter cet honneur, & se cacha quelques tems dans une solitude du Maine , oùdemeuroientplusieurs Solitaires fous la conduite des Bienheureux Robert d'ArbriíIeL Vital de Mortain,& Raoul de la Futaïe.De-là il passa aux extrémités de la Bretagne,dans la presqu Isle de Chaus- Congrb. íèy sur la côte Septentrionale. Tilïm D1

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£tant revenu ensuite dans fa première solitude dans le Perche, il y fut rencontré par Rainaud Abbé de saint Cyprien, qui 1 obligea de retourner avec lui dans son Monastere,dans le dessein de le faire élire pour son successeur. En effet cet Abbé étant mort quatre mois après , Bernard fut élu Abbé de ce Monastère, qu'il quitta quelque tems après à cause que les Religieux de Cluni prétendoient le soumettre à leur juridiction. II alla rejoindre le B. Robert d'Arbrissel qu'il accompagna dans ses Missions Apostoliques. Il fut ensuite à Rome pour défendre les droits de ion Monastère de saint Cyprien. U obtint ce qu'il demandoit, & rtfusa la dignité de Cardinal qui lui fut offerte par le 1 ape Pascha! 11. mais quoique le Pape leùt rétabli dans son Office, dont ill'avoic privé à la sollicitation des Religieux de Cluni, il ne voulut pas néanmoins retourner dans Ion Abbaïe : il aima mieux se retirer dans son ancienne solitude dans le Perche,où le Comte de Rotrou lui donna un lieu nommé Arajfes pour y bâtir un Monastère. Ce lieu qui est très agréable entouré de bois, & arrosé de plusieurs fontaines, qui couloient dans de grandes prairies , n'étoit éloigne de Nogent le Rotrou que d'un mille» & comme les Religieux de Cluni y avoient déja un Monastère, Béatrix mere du Comte de Rotrou appréhendant que le voisinage de ces deux Monastères necausât des querelles entre ces Religieux, persuada à son fils d'établir plutôt Bernard & ses Disciples dans le bois de Tiron. Ce fut-là que Bernard jetta lan 11 op. les fondemens du Monastère , qui a donné le nom à fa Congrégation. II ne fut d'abord bâti que de bois i Yves de Chartres Evcque de ce Diocèse favorisa <et établissement, & Bernard y dit la première Messe le jour de Pâques suivant.

Ce que la Comtesse du Perche avoit voulu éviter en empêchant que son fils ne donnât la Terre d'Arcisses à Bernard & à les disciples,arriva néanmoins, quoique ce Prince les eût établis en un autre endroic:car lesReli^icux deCluni

Î(rétendirent recevoir la dixme de ce lieu, & avoir droit ur les mortuaires. Mais Bernard qui ne cherchoit qu'à servir Dieu dans un esprit de paix , de charité & de renoncement à toutes choses, aima mieux leur abandonner entière*

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Congre ment le Monastère, &. alla trouver l'Evcque de Chartres-* Ti*on au^ue^ u demanda quelques-unes des terres qui appartenoient à son Eglise pour y construire un Monastère : ce Prélat du consentement de ses Chanoines y leur accorda un es

Îiace de terre fui la rivière de Tyron. Souchet qui rapporte a Charte de cette donation en date de lan 1113. ( & que les Continuateurs de Bellandus prétendent n'être que de 1114. ) croit nean.sloins que ce premier Monastère, que Bernard abandonna, avoit été bâti dans la Paroisse de Brunelle , qui dépendoit du Monastère de Nogent le Rotrou* & non pas à Tiron où ces Religieux n'ont jamais eu aucun droit. Quoiqu'il en soit, û" tôt que notre Saint eut obtenu le terrain , il y bâtit un Monastère, qui fut en peu de tems rempli d'un grand nombre de Religieux , qui s'estimoienc heureux d'y íervir Dieu fous fa conduite. II y recevoit tousceux qui avoient un véritable désir de se convertir, & il vouloit qu'on y exerçât toutes sortes d'arts , tant pour en bannir l'oisiveté, (mereordinaire de tous les vices ) quepour lui procurer les choses nécessaires à la vie , qui n'y ecoient pas en abondance dans ces commencemens. C'est pourquoi il y avoit des Peintres, des Sculpteurs, des Menuisiers, desSerruriers, des Massons, des Vignerons &des Laboureurs, «jui obéïssoient au commandement d'un ancien, & tout leur profit se mettoit en commun pour l'entretien des Religieux^ ce oui étant joint à tous les exercices de pieté &: de mortification qui font l'ame & le fondement de la vie Religieuse y . le saint Fondateur fut regardé comme le restaurateur de l'Ordre de laint Benoît, dont il faisoit revivre le premier esprit í de sorte que sa Congrégation ( qui conserva le nom du premier Monastère qu'elle posséda ) fut regardé comme nne excellente réforme de cet Ordre, par la régularité de ses Observances, qui étoient telles qu'elles avoient été dans» son commencement à Cluni,en Bourgogne, à Cave, en Italie , & en Sicile, & à Sauve-Majour en Guïenne. Dieu: donna une fi grande bénédiction , qu'elle eut environ ixante & cinq maisons de fa dépendance , tant Abbaïes» «jue Prieurés, & environ trente Eglises Paroissiales.

M. Bailler dit que le Bienheureux Viral de Mortain fut íí touché de 1 excellence de ce nouvel Institut,qu'il voulut soumettre i l'Abbaïe de Tiron tous les Monastères & toutes

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