페이지 이미지
PDF
ePub

RA étant de 2 pieds, & Tare D de 2 pieds aussi, l'espace parcouru sera de 4. Cet espace sera double du précedent: voilà donc une vitesse double. Voyons le tems que nous employons pour par1 courir, cet espace double*

8 6. Si l'on s'est appercu,que nous avons gagné en espace, on peut voir que nous avons perdu en tems : car la vitesse du Batteau étant augmentée, la Rame perdra son point d'appui autant de fois , que la vitesse du Batteau sera accelerée.

On a donné j coups de Rame avec une Pale mobile, &. chaque coup de Rame a donné 2 pieds : on a substitué une Pale fixe,& l'espace parcouru a été de 4 pieds; de sorte que les $ premiers coupsdeRame ont donné 1 o pieds de distance. Le nombre d.es coups de Rame, donnés dans 4 secondes, étant ainsi exprimé, il est clair, que l'espace double, que celui d'une Rame fixe parcoura, aura exigé 10 changemens : tl y a donc 10 instans de perdus, ^'eft-à-tìírej 8 secoades} d'où il fuit, que,

y.1 * *

J'espace étant double, le tems le fera auífi.

Cet examen nous a conduit à un prinV cipe généralement reçu , & qui est le fondement de la Mécanique.Le principe est, que ce qu'on gagne en vtteffe, on le perd m tems , & vice versa. . On doit donc conclure,que la mobilité de la Pale ne change rien à notre calcul, &c. qu'on peut prendre la Rame comme un Levier du second genre, qui a essentiellement ses proportions, quoiqu'elle ait un point d'appui mftbile.

87, J'avois dessein de fixer la grandeur

de la Pale eu égard à la longueur de la Rame; l'angle qu'elle doit faire avec la section verticale du Batteau : mais lors-, que j'ai examiné les diverses circonstan^ cesj ausquellesjaurois été obligé d'avoip égard, j'ai compris, que mon travail ten-* doit plus à la spéculation quà la pratique. Cette vûë m'a fait abandonner , sans hésites, un examen, qui, en exigeant un grand détail, me détournoit des observations utiles , ausqueiles je dois fixe-í ^'esorit de mon Lecteur,

88. II est tems, que nous examinions comment on doit déterminer la longueur la plus avantageuse, qu'on doit donner à la Rame, depuis l'Apostis jusqu'au centre de la Pale.

Nous avons vû, que.plus le bras du Levier CF est long, plus l'homme fait effort pour mouvoir le Batteau ; mais plus CF est long, plus CD est petit. Si nous augmentons f effort de la puissance , nous diminuons la grandeur de Tare, que le raïon P D doit décrire: or Tare diminuant), les coups de Rame augmentent; de forte que ce qu'on gagne en force, on le perd en tems; c'est un principe posé & qui est évident. II est auífi établi, que la Rame peut -être prise pour un Levier, qui a un point d'appui fixe; d'où il est aisé de conclure, que la situation la plus avantageuse consiste à trouver un point dans la Rame, qui, appuyé fur l'Apostis, la divise en deux, de façan que le produit du raïon P D par le Levier CP;, donne le plus grand de tous les

produits; ce qu'on ne pourra.avoir,qu'en faisant C P égal à C D. La Rame étant supposée de i a pieds , il est évident, que 6 est le seul nombre pris dans 12, qui multiplié par 6 autre partie de la Rame? donne le plus grand de tous les produits, que pourroit former tout autre nombre contenu dans 12 : mais 6 est la moitié de 12 ; donc il doit y avoir une égale distance depuis l'Apostis jusqu'au centre de la Pale,& depuis ce point jusqu'à celui où l'homme doit appliquer ses mains.

M. Pitot est, je pense, le premier, qui ait déterminé la position la plus avantageuse de la Rame. $Iais. il me semble, qu'il auroit dû faire voir auparavant, que la Rame peut être prise pour un Levier, qui a un point d'appui fixe; sans cette considération, je crois, que cette position est fausse. II est donc certain, qu'il l'a regardée comme telle , quoiqu'il n'en, ait pas fait mention.

8.9. Outre les difficultés, que nous aYQns tâché de lever pour assujettir le Mécanisme, de la Rame à des loìx, le Pere Dechalles dans son Art de naviguer, Livre iet, page 22. en forme deux presqu'insurmontables.

i°. On a plus de peine en avançant la Rame vers la Proue, & la soutenant hors de l'eau, qu'en la tiranr à foi, c'est-a" dire, dans la propre action de la Rame, 20. Le mouvement de la Rame produit deux réactions, une verticale, ôc l'autre selon une direction opposée à celle du Eatteau.

Ces considérations, ausquelles il est bien difficile d'avoir égard, avoient engagé le Pere Dechalles d'imaginer quel-* que Machine", qui ayant le mouvement plus uniforme, & étant exempte de mouvemens contraires, fìt.le même effet que la Rame. Pour cette fnijUavoit garni deux Roues de petitçs ailes, qui réprésentoient les Pales des Rames , & selon sa Théorie , tous les inconvénient de h Jlame étoient anéantis. Mais le succès 4ans la Pratique ne répondit; pas à se| espérances,.

« 이전계속 »