페이지 이미지
PDF
ePub

de courir trop loin > on risquerait de perdre le Vaisseau ennemi, s'il changeoit tant soit peu íà route. Or toute la difficulté se réduit, à trouver la véritable distance, à laquelle on doit revirer dessus.

Soit le Vaisseau A qui donne chasse au rig"e Vaisseau B. Supposons , que le Vaisseau A aille plus vîte, comme auparavant, que le Vaisseau B, avec cette restriction, cependant , que pour peu, qu'il retarde 1k marche, il perde son avantage.

Pour connoître le point, auquel le Vaisseau A doit revirer dessus, on pourroit y parvenir par la méthode que nous venons de donner ^ cependant fì le Vaisseau A. est beaucoup distant du Vaisseau B, on sera sort bien de courir parallélement au Vaisseau B ; jusqu'à ce que par la vîtesse,qu'on a de plus, on gagne quelque avantage. On dirigera ensuite avec le Compas ou avec le Graphomêtre , une route E D, qui donne D E un peu plus grand, que B D ( on suppose que le Vaisseau B a couru vers D ), afin qu'on ne perde rien en revirant. Si l'on coupe alors le VaisseauB,on s'en approchera,quoiqu'il change un peu fa routé;& pour l'atteindre, pn serala même Manœu vre,qui jettera infailliblement le Vaisseau A dans ses eaux.

Si la distance des deux bordées des Vaisseaux A & B est petite, il ne faudra pas perdre son tems, à courir parallélement,mais on coupera en faisant Tangle de la route avec le raïon visuel un peu plus grand, que celui de ce même raïon, & de la route du Vaisseau B, pour ne frien perdre en revirant. Enfin, tout le foin d'un Capitaine, qui donne chasse à un Vaisseau, consiste à relever très-íbuvent .avec le Gompas,lêVaisseau qu'U poursuit, afin de diriger sûrement fa route , pour, lui donner dessus.

iSu Mais fi au,lieu, de chasser,, on íè trouve, plus foible, & qu'on soit chassé par l'Ennemi, on observera exactement toutes les fautes, qu'il pourra faire; 8c on nç manquera pas de mettre tous ces avantages à profit. Si la Manœuvre, de ^Adversaire est bonne, le meilleur parti , -qu'on puisse prendre, est de changer souvent de route; de couper toutes les fois, qu'ilrevirerasuivous,sans s'embarrasserde tenir beaucoup le Vent. Joignant la ruse àl'habileté, on examinera, si le Vaisseau, que l'on monte, a quelqu'avantagesurie Vaisseau ennemi; ce qu'on connoîtra en le faisant aller de Vent Largue ou au plus près; car il y a des Vaisseaux, qui iront mieux d'une façon, que de l'autre. On tâchera de s'écarter ainsi, jusqu'à ce que le Vent changeant, on puisse profiter de cet avantage,

162. Cette Manoeuvre est très-importante & très-utile. II est dommage, qu'on ne puisse pas l'assujettir à des regles plus rigides. Inintelligence des Manœuvriers, $c la pratique y. ont beaucoup de part.. X-es. regles qu'on doit suivre pour les Abordages, pour k maniere de mettre en fane, ^investir une terre , d'affourcher , d'appareiller , d empêcher qu'un Vaisseau ne fajse Chapelle, &c. dépendent seules ales circonstances. & dq l'experieoceA . On sait, que la regle générale de la pre^ miere Manœuvre , je veux dire des Abou doges , consiste à élonger la Civadiere , & d'investir avec les Huniers à mi-Mât le Vaisseau ennemi par la Prouë , en gouvernant avec la Poulaine, Cette Manœuvre ne se fait, que lorsque le Vais" seau, qu'on aborde est arrêté. Les regles, qu'on suit, lorsqu'il fait Voile , exigeroient un grand détail: elles ne dépen^ dent que de la pratique, & peu des Malins les ignorent.

La seconde Manœuvre qu'on fait, pour tnettre en pane , c'est-à-dire , pour rendre un Vaisseau immobile, est fondée sur les, différentes situations des Voiles. On les contrarie les unes aux autres ; en forte que l'essort du Vent, qui se fait sur celles-ci, íbit contre-balancé par celui, qui se sait sur celles-là. Ces deux efforts contraires, se détruisant mutuellement;, le Vaisseau ne suit aucune direction, & il est ainsi qu'on le souhaite.

163, Ce que nous, disons, ici de ces Manœuvres, nous pourrions le dire des, f utres; & nous ne serions en cela, qu'apprendre, ce qu'on fait déja. Mon dessein n'est pas de traiter ces sortes de Manœuvres , qui ne dépendent, que de la pratique. Nous nous sommes bornés,dans cet Ouvçage, à examiner celles, qui font fortd amentales à la Manœuvre générale, & qui font soumises à des rëgles. Tel étoit notre Plan ; ce seroit beaucoup de l'avoir remplis On verra, en réduisant cette Théorie en pratique, combien les çegles, que nous avons établies font utiles , 6c quels avantages on en retirera.

Les personnes, qui seront curieuses de, íàvoir comment se font les dernieres Manœuvres , dont nous venons de parler , ainsi que plusieurs autres de même espece, pourront consulter le Traité de la Manoeuvre du Pere Hoste dans le lit* Tome de son Recueil des Traités de Mathématique. On trouvera aussi dans Y Exercice de la Manœuvre du Chevalier de Tourville y Livre très-rare , Tusage particulier de chaque Manœuvre.

« 이전계속 »